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Dernière mise à jour le :  vendredi 02 décembre 2011                      

Nous sommes en permanence nécessaires à la création quotidienne du monde. Christiane SINGER

b. Santé et équilibre alimentaire 2011.11

b. Pour la vie ? 2011.06

b. La "communauté de foi" 2011.04

b. Stéphane Hessel 2011.03

b. Nouveau départ … pour une année 2010.12

b. Merci 2010.10

b. Dans le regard vers l'autre, nous naissons 2009.12

b. Force et courage 2009.11

b. Une histoire d’amour en guise d’adieu 2009.03

b. De "la paix avec soi-même" 2009.03

b. Nos "Vœux EPHATA" 2009.01 

b. Le moment présent 2009.01

b. Se retirer …  2008.10

b. Diaporama : La Morale du papillon  2008.07

b. Mes conseils pour s'aimer soi-même 2008.07

b. Estime de soi et souci de l’autre 2008.04

b. Mes conseils pour voir l’autre 2008.02

b. Equilibre 2008.01

b. Echanger pour se sentir moins seul  10.2007

b. Pourquoi pas moi ? 10.2007

b. Etre avec les autres en restant soi-même 09.2007

b. Silence et parole  09.2007

b. Hommage à Christiane Singer  08.2007

b. Ecouter l'autre ! 05.2007

b. Mort et dépendance 05.2007

b. Un échec ? Non, une expérience 02.2007

b. De qui notre bébé sera l'étranger ?  01.2006

b. Le bonheur ?  05.2006

b. Devenir soi sans s'isoler  05.2005

b. Expériences de vie personnelle  01.2005

b. Nouveau départ 10.2004

b. Oser être 05.2004

b. Oser être libre pour être présent au présent 11.2003

b. Ecoute et Partage 05.2003

***************

Visiteurs, amis qui lisez cette page, donnez-nous votre avis sur l'article lu en cliquant

 

b. Santé et équilibre alimentaire

 

Dans notre vie, nous sommes tous confrontés à des problèmes de santé qu'il nous faut résoudre au mieux. Le travail que j'ai mené auprès des agriculteurs-éleveurs m'a conduit à constater que le facteur alimentaire a une grande importance pour le maintien général d'un bon équilibre. Quand des problèmes lourds de santé se posent, cet équilibre devient alors essentiel.

 

C'est pourquoi de nombreuses publications parlent aujourd'hui de l'importance alimentaire et plus principalement de l'équilibre acido-basique. Cette notion qui peut sembler nouvelle, a en réalité été largement mise en évidence au début du 20e siècle par le docteur Paul Carton qui en a fait le socle de sa thérapie. L'œuvre du docteur Paul Carton prend sa source dans la pensée d'Hippocrate qui déclara "Que ton aliment soit ton médicament".

 

Le but militant que je poursuis (en tant que biologiste de terrain) est de diffuser dans un large public ces informations. Pour une initiation, c'est sous forme de recettes qu'il convient d'appliquer la découverte de l'équilibre acido-basique dans l'alimentation de tous les jours. Aussi je donne ces précisions avec un souci de brièveté :

           

- Dans notre organisme nous possédons environ 5 litres de sang qui sont en relation directe avec notre système digestif. Le sang distribue ensuite à l'ensemble du corps les éléments énergétiques (sucres) et les éléments de réparation (azoté).

- Le sang a un pH de 7,3, c'est-à-dire un équilibre acido-basique neutre et légèrement alcalin.

- Les aliments ont eux un pH très variable qui peut descendre jusqu'à 2,5 pour certains fruits, ce qui en fait des acides puissants.

- Imaginons en période estivale, l'ingestion, pour se désaltérer, d'un demi-litre de jus de fruit au pH 2,5. Ce liquide très acide va donc migrer dans le sang.

- Le pH du sang ne doit pratiquement pas varier, sinon se produisent de graves disfonctionnements. Face à cette agression, le sang va réagir en puisant dans le système lymphatique et dans les os le calcium nécessaire pour "neutraliser" ce liquide agressif.

- En pharmacie il est possible de trouver des papiers test qui permettent d'évaluer le pH des aliments.

- A titre expérimental; pour ramener un verre de jus de fruit acide pH 2,5 à la neutralité pH 7, il faut lui ajouter une cuillère à café de bicarbonate. Imaginons ce qui se passe dans l'organisme quand de telles quantités de minéraux sont prélevées…

 

Chacun peut alors comprendre comment, l'aliment ou le liquide très acide retire dans l'ensemble de l'organisme les minéraux basiques (calcium) fragilisant le système articulaire et osseux ainsi que le système immunitaire qui lutte moins efficacement contre les infections.

- Pour donner une indication d'ordre général, les prises d'aliments très acides doivent être des exceptions que l'organisme pourra supporter facilement. La logique sera donc de rechercher des aliments ou des liquides dont le pH se situe entre 4,5 et 7. Dans cette fourchette de pH, l'alimentation reste positive et ne demande pas d'effort digestif exagéré. L'ensemble des fonctions naturelles peut alors disposer de l'énergie nécessaire pour harmoniser sereinement la vie du corps et de l'esprit.

- Quelques exemples d'aliments végétaux recommandés :

La laitue, les courgettes, les potirons, les haricots verts (pH 4,5), les pommes de terre, le melon (pH 7), les pommes Golden, la mirabelle (ph 4,5), la banane (pH 7).

Les sous-produits animaux (viande, œufs, laitages) sont à un pH idéal, mais peuvent devenir acidifiants, ce qui pose un autre problème qui pourra être développé ultérieurement dans ces colonnes.

                                                                                                                      A suivre…

 

Compte rendu de l’Atelier ''Personnalité et Santé" du 18 novembre 2011

 

Jean-Marie Didon, ancien technicien de culture biologique.

(J. M. Didon se propose de répondre à toutes les questions que vous soulèverez ; jeanmarie.didon@gmail.com

 

Nous vous invitons à compléter le sondage ci-dessous pour nous donner rapidement votre avis :

 

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b. Pour la vie ?  

De jeunes tourtereaux sont amoureux. Voilà un sentiment à la fois commun et merveilleux et nous nous en réjouissons. Mais que ce jeune couple se marie « pour la vie » et nous serons plus circonspects car nous savons, surtout à notre époque, toutes les difficultés de la vie à deux dans la durée …

Un jeune très ouvert et courageux souhaite s’investir pour les autres. Nous admirons sa générosité et son altruisme. Mais qu’il s’engage dans la prêtrise « pour la vie » et nous craindrons peut-être pour sa témérité. 

Des parents conduisent leur enfant dans les fonds baptismaux. S’il s’agit d’un engagement des parents qui veulent partager leur foi, nous nous associerons à leur fête. Mais que, par ce baptême, l’Eglise engage un bébé « pour la vie », nous nous étonnons de cette mainmise … Même si le bébé devenu adolescent renouvelle par la suite les promesses de son baptême. Quelles promesses ? Pas les siennes évidemment.

Tous signent la bonne foi de leur engagement sur des registres … Mais ne faut-il pas être présomptueux pour s’engager ainsi « pour la vie » à 20, 25 ou même 30 ans ? Or l’intuition spontanée des jeunes générations qui repoussent cet engagement n’est-elle pas plus sage que les règles des institutions ancestrales qui l’imposent « pour la vie » ? …

Il y a peu, un fils de catholique était baptisé catholique, un fils de protestant, baptisé protestant, un fils de musulman, baptisé musulman et personne ne peut ignorer le contexte sociologique de la naissance qui, tout à fait naturellement, insère un nouveau-né dans son milieu. S’il ne s’agit que d’une coutume qui favorise ou facilite l’adoption d’un enfant dans sa communauté, nous l’apprécions bien évidemment. Mais que cette communauté utilise progressivement et au fur et à mesure des siècles son installation sociale pour s’imposer auprès d’une rivale, nous le constatons alors pour le déplorer. Par exemple quand elle consolide son emprise en « récupérant » par le baptême, peu après la naissance, les enfants de ses membres … Quand elle demande à un conjoint de se convertir pour que ses enfants soient acceptés … Quand elle impose le célibat à son clergé pour éviter tout démembrement de ses biens par héritage …

Il y a peu, un fils de paysan devenait paysan, un fils de médecin était réservé au monde médical, un fils de famille nombreuse dans une bonne famille chrétienne était appelé à la voie sacerdotale ! Mais l’amélioration des conditions de vie et l’évolution de la culture, permettent aujourd’hui à chacun d’élargir ses choix. Il est maintenant à peu près admis que la liberté et le respect des choix de chacun sont essentiels pour l’épanouissement individuel. On ne s’étonne pas qu’un fils de médecin devienne paysan, on ne s’offusque pas qu’un fils de catholique devienne moine bouddhiste. Et c’est heureux.

Mais des poches de résistances se constituent dans les milieux qui cherchent à conserver –inconsciemment ?- leurs privilèges. Pourquoi les parents sont-ils encore encouragés à baptiser « pour la vie » leur enfant très jeune ? Pourquoi un divorcé remarié est-il encore exclus de la communion « pour la vie » ? Pourquoi un prêtre doit-il encore rester célibataire « pour la vie » ? Sur ces points et bien d’autres la position de l’Eglise catholique est figée alors que le message évangélique est, pour sa part, très accueillant et très ouvert !

Pourquoi ne pas substituer à l’engagement dogmatique « pour la vie »  un engagement responsable, progressif, par étapes et par contrats successifs ? Un engagement qui éduque, qui permet de se construire petit à petit, en fonction de son évolution, de ses difficultés, de ses intérêts ou goûts ? Les amoureux pourraient se promettre fidélité, trois ans d’abord par exemple, puis dix ans quand ils accueillent leur enfant pour l’élever ensemble ; les parents s’engageraient ainsi aussi longtemps qu’ils le souhaitent mais ils n’engageraient jamais leur enfant à sa place; le prêtre renouvellerait son choix de ministère tous les cinq ans … Au terme de leur contrat, les uns et les autres pourraient le reconduire, le poursuivre, le consolider et le mûrir … Ils pourraient aussi prendre une autre voie sans se renier, sans rompre une promesse, sans être des lâches, sans se culpabiliser d’avoir évolué dans leur cheminement parce qu’ils ne se veulent pas hypocrites, parce qu’ils préfèrent agir sans se cacher …

Que les Eglises imposent leurs règles, on peut ne pas les partager et souhaiter les faire évoluer mais il nous revient aussi de respecter les particularités des différentes communautés. Par contre, comment se fait-il que la société civile laïque, au service du public en général, ait copié aussi servilement les méthodes religieuses ? Pourquoi le mariage civil est-il aussi imposé légalement « pour la vie » ? Actuellement, une fois sur deux au moins, il se conclut par un divorce qui est souvent difficile et toujours douloureux non seulement pour les « ex » mais aussi pour les enfants. Pourquoi ne se consomme-t-il pas d’abord pour un temps limité, avec une durée précisée à l’avance, puis avec un autre temps, le temps de se construire, le temps de progresser, le temps de se respecter et de respecter ses enfants ? Et dans la liberté, dans l’harmonie, pour le bonheur de tous. Et peut-être même, pourquoi pas finalement, « pour le reste de la vie », nous le souhaitons vraiment. 

Le 15 Mai 2011

Pascal JACQUOT

Répondez au sondage : "S'engager ou non pour la vie" ; Si vous souhaitez donner votre avis, cliquer

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b. La « communauté de foi » vise à aider chacun de ses membres à être fidèle au meilleur de lui-même

Les petites communautés sont, à mon sens, la seule voie possible par laquelle l’Eglise puisse remplir auprès de ses membres la mission qui lui est propre ; non seulement enseigner et gouverner de façon générale, mais éduquer et appeler à la vie spirituelle, et plus particulièrement à la foi en Jésus, avec tout ce que cela comporte pour chacun suivant ses possibilités, ses besoins, au long de son cheminement propre.

Mais tout groupe ne mérite pas nécessairement le nom de communauté, quoique souvent il se qualifie de la sorte. Il est très important de préciser la différence radicale qui existe entre une communauté et une collectivité qui forme ses membres du dehors en leur imposant, explicitement ou implicitement, pour son projet (action commune, combat, etc.), par sa pression sociologique (sous les espèces de l’autorité, de la solitude, de l’intimidation) une unité dans l’uniformité. La communauté, au contraire de la collectivité, s’efforce de cultiver en ses membres leur originalité propre, de les aider à être fidèles à leur réalité profonde et ainsi de développer leurs possibilités connues ou leurs potentialités encore inconscientes. Dans ces conditions elle le fait non par quelque pression sociologique comme la collectivité mais par la présence de ses membres les uns aux autres, unis dans et par l’effort de fidélité ; fidélité qui les rend d’autant plus différents les uns des autres qu’ils sont plus divers à l’origine et plus exactement dans leur voie.

L’unité de la communauté est le fruit de la fidélité de ses membres, elle se mérite à travers leur diversité qui converge dans la profondeur humaine perçue en chacun au niveau de l’universalité. Elle n’est pas un point de départ ou un projet, comme dans la collectivité, mais un fruit de la vie spirituelle, qui n’est jamais assez mûr pour être cueilli…

Au terme « communauté de base » qui est une dénomination très souvent utilisée pour désigner des groupes d’origines, de raisons d’être, de projets très différents, je préfère celui de communauté de foi ; communauté fondamentalement enracinée dans l’humain, dont, en outre, les membres, inspirés, appelés par la foi en Jésus, sont en voie de devenir disciples. Au-delà de l’adhésion à la christologie officielle, ils entrent peu à peu, grâce à leur vie spirituelle, dans l’intelligence de ce que Jésus à vécu et a été. Ces communautés ouvriront certainement de nouveaux chemins pour la mission de l’Eglise dans la mesure où elles auront la patience, la ténacité, de rester en union avec l’Eglise tout en devenant toujours davantage elles-mêmes, tout en assumant le risque avec foi et courage. [1]

 [1] Marcel Légaut , Patience et passion d’un croyant, Centurion, 1975, pp. 181-183

 

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b. Stephane Hessel

 

Etes vous croyant ?

Non. Mais j’ai beaucoup de respect pour les croyants. Je ne suis adepte d’aucun monothéisme, et je me méfie des religions et de l’emprise qu’elles peuvent avoir les unes par rapport aux autres. J’ai un sens du divin que je ne peux pas inscrire dans un credo particulier. Je crois que l’homme est responsable de sa morale et de son engagement, indépendamment du fait qu’une foi l’anime. Entre la foi d’une Eglise et la conscience d’une responsabilité individuelle, je choisis la conscience.

 

Vous avez alors foi en l’homme ?

Oui.

Echange avec Stéphane Hessel (tiré de Evangile et liberté, Mars 2011, N° 247)

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b. Nouveau départ … pour une année à découvrir…  

 

Partir, c’est avant tout sortir de soi.

Prendre l’univers comme centre,

Au lieu de son propre moi.

Briser la croûte d’égoïsme

Qui enferme chacun comme dans une prison.

 

Partir, c’est cesser de braquer une loupe

Sur mon petit monde ;

Cesser de tourner autour de moi-même

Comme si on était le centre de tout et de la terre.

 

Partir, ce n’est pas dévorer des kilomètres

Et atteindre des vitesses supersoniques.

C’est avant tout regarder,

S’ouvrir aux autres, aller à leur rencontre.

 

C’est trouver quelqu’un qui marche avec moi

Sur la même route,

Non pas pour me suivre comme mon ombre,

Mais pour voir d’autres choses que moi,

Et me les faire voir.

 

                                   Dom Helder Camara

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b. Merci

«Si la seule prière que tu faisais dans ta vie était "merci", ce serait suffisant.»
– Maître Eckhart

Dire merci à la vie... J’ai longtemps tenté de le faire à la fin de la journée, sans jamais vraiment réussir à le vibrer. Je voyais plutôt les raisons de m’inquiéter, à l’époque, et les petits drames intérieurs que j’avais l’habitude de me créer. Et remercier quoi, de toute façon? Je n’avais jamais cru en ce Dieu «Père Noël» qui livre des présents (ou non). Et comment aurais-je pu ressentir de la gratitude pour les trésors de ma vie alors que plusieurs vivaient de grandes souffrances? À mes yeux, cela n’avait pas de sens. S’il y avait ne serait-ce qu’une seule personne qui n’avait pas accès aux mêmes privilèges que moi, je ne voyais aucune raison de remercier quoi que ce soit.

Puis, au fil du temps, j’ai compris (du moins, je le crois...). Graduellement, en glissant doucement de ma tête vers mon cœur, un «merci» extrêmement vrai et profond a commencé à émerger naturellement de moi... Une sorte d’état de grâce, un débordement de joie. Ce n’était pas un «merci de» ou un «merci pour». Ce n’était pas un merci à la vie juste pour moi. En fait, c’était plutôt la vie elle-même qui disait merci à travers moi. Et j’ai finalement compris que la gratitude n’est pas un simple sentiment, mais bien l’essence de ce que nous sommes, de ce que je suis. «Merci» n’est pas un mot, c’est le sens de la vie. Et c’est pourquoi on se sent si bien lorsqu’on le dit.

Je vous dis donc un beau «merci».

Marie-Pier Charron  www.matinmagique.com

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b. Dans le regard vers l'autre, nous naissons à nous-mêmes

"Jamais vous ne pourrez vous voir vous-même dans un miroir. Un miroir peut être utile à votre toilette, voire indispensable, mais ce n'est pas dans un miroir que vous trouverez la révélation de vous-même. Vous ne pouvez pas vous regarder priant dans un miroir, vous ne pouvez pas vous voir comprenant dans un miroir. Votre vie profonde, celle par laquelle vous vous transformez vous-même, c'est une vie qui s'accomplit dans un regard vers l'autre.

Dès que le regard revient vers soi, tout l'émerveillement reflue et devient impossible. Quand on s'émerveille, c'est qu'on ne se regarde pas. Quand on prie, c'est qu'on est tourné vers un autre ; quand on aime vraiment, c'est qu'on est enraciné dans l'intimité d'un être aimé. Il est donc absolument impossible de se voir dans un miroir autrement que comme une caricature si l'on prétendait y trouver son secret.

La vie profonde échappe à la réflexion du miroir ; elle ne peut se connaître que dans un autre et pour lui. Quand vous vous oubliez parce que vous êtes devant un paysage qui vous ravit, ou devant une oeuvre d'art qui vous coupe le souffle, ou devant une pensée qui vous illumine, ou devant un sourire d'enfant qui vous émeut, vous sentez bien que vous existez, et c'est même à ces moments-là que votre existence prend tout son relief, mais vous le sentez d'autant plus fort que justement l'événement vous détourne de vous-même. C'est parce que vous ne vous regardez pas que vous vous voyez réellement et spirituellement, en regardant l'autre et en vous perdant en lui. C'est cela le miracle de la connaissance authentique. Dans le mouvement de libération où nous sortons de nous-mêmes, où nous sommes suspendus à un autre, nous éprouvons toute la valeur et toute la puissance de notre existence."..

Dans ce regard vers l'autre, nous naissons à nous-mêmes.

Maurice Zundel

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b. Force et courage

Il faut de la force pour affirmer son opinion ;
Il faut du courage pour l’assumer jusqu’au bout.

Il faut de la force pour prendre une décision ;
Il faut parfois du courage pour en assumer les conséquences.

Il faut de la force pour avancer ;
Il faut du courage pour accepter de s’être trompé.

Il faut de la force pour dénoncer ;
Il faut du courage pour se taire.

Il faut de la force pour gagner sa vie ;
Il faut du courage pour affronter la misère.

Il faut de la force pour dire non ;
Il faut du courage pour être capable d’affirmer son opinion sans violence.

Il faut de la force pour endurer l’injustice ;
Il faut du courage pour l’arrêter.

Il faut de la force pour vivre ;
Il faut du courage pour survivre.

collectif « Fraternité Migrants » à Angres (62) ATD Quart monde

http://www.atd-quartmonde.asso.fr/?Le-collectif-Fraternite-Migrants-s

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b. Une histoire d’amour et un bouquet de fleurs en guise d’adieu  2009.03

Un ami français écrit cette "histoire d'amour" pour ses collègues et nous la transmet du Québec où il réside maintenant :

Laissez moi vous raconter une belle histoire vécue il y a près de trois ans en accompagnant un malade de 90 ans, qui est resté  trois mois à la Maison Michel  Sarrazin. Ce monsieur était très agréable et serein après avoir eu une vie pleine : une belle famille dont la photo ornait un mur de sa chambre, une épouse encore vivante dans leur maison et qui venait tous les après midis avec un de leurs enfants.

Je m’étais pris d’amitié pour cet homme fort physiquement et moralement qui avait travaillé en région il y a de cela soixante ans, qui avait connu la crise et qui aimait évoquer ses souvenirs si on lui en donnait l’occasion. Il était aussi un passionné de musique, allant de La Bolduc à la musique classique et il aimait chanter au grand plaisir du personnel. Il m’arrivait d’aller lui tenir compagnie dans sa chambre en début d’après midi lorsque j’étais en service et que la demande était moindre. Un vendredi, alors que Gilles était au piano, trois bénévoles sont venus en une demi-heure l’inviter au salon. J’étais avec lui à ce moment là et la troisième fois il a acquiescé en disant : Si ça peut leur faire plaisir!  Mais il n’a pas chanté ce jour  car sa santé déclinait.

Il est décédé après une longue agonie comme un chêne qui refusait de se laisse abattre et j’ai eu le privilège de lui faire mes adieux, entouré de sa famille. Il a confié à sa femme qu’il avait été heureux à la Maison.

J’ai voulu l’accompagner jusqu’au bout et je suis allé avec mon épouse à ses funérailles, discrètement, sans me faire reconnaître par la famille. En écoutant le prêtre et les témoignages de ses enfants et petits enfants, j’ai pu mesurer l’ampleur de cette vie d’homme engagé  au service de sa communauté et de sa famille, le respect et l’admiration  de chacun. En sortant de l’église, j’avais le sentiment d’avoir à ma façon rendu hommage à cet homme que j’avais aimé.

Et puis, dans la même semaine de fin mai, en téléphonant à ma mère en France.je m’aperçois alors que mon père était décédé exactement dix ans auparavant, lui aussi d’un cancer. Mon père aurait eu l’âge de ce monsieur et je n’avais pas été auprès de lui dans les derniers mois. Je n’étais arrivé que pour l’enterrer.

Ainsi la Vie m’avait donné cette chance de me reprendre, de donner à cet homme l’attention, la bienveillance et l’accompagnement que je n’avais pas été en mesure de donner à mon père, et à moi, elle m’avait permis dans ce transfert d’apaiser un certain regret, une souffrance non reconnue.

Oui, la Vie est belle et généreuse!

Chacun(e) de nous qui travaillons  auprès des malades a sans doute une ou quelques belles histoires comme celle là à raconter. En général, on les garde à l’intime comme un cadeau sacré que la vie nous a fait. 

Ce Merci à la Vie de m’avoir fait découvrir la MMS, je veux vous l’adresser à vous tous qui travaillez ici car vous êtes la Vie à l’œuvre et cette œuvre c’est La Maison vivante, chacun(e) à sa place, de l’administration à l’entretien, des services professionnels à la cuisine, de la fondation à la jardinière, des comités aux différentes formes de bénévolat, de la formation à la pastorale.

Cette Vie, on en ressent les vibrations en y entrant, en y travaillant. Ici, on célèbre la Vie en étant à son service. Nous sommes au service d’une œuvre qui compte pour nous, qui nous inclut et nous dépasse. Par l’humanisation de la mort, nous humanisons la vie, nous la spiritualisons en ne soignant pas seulement le corps mais toute la personne, l’être entier accueilli comme être de relation.

 Chacun(e) devient une cellule d’un Grand Tout et permet par son engagement, son implication, sa consécration que cette grande œuvre de service auprès des malades se continue. Chacun(e) est une fleur qui s’offre à la vie, qui se donne. Être là, donner son plein. Le sourire est le parfum. Il est différent et unique pour chacun(e). L’accueil, la bienveillance, la bonté, l’humanisme, la discrétion, l’humilité, le respect, la compétence, la compassion , la qualité de présence, le geste tendre, le silence sont les différentes facettes de la Vie, de l’Amour. C’est le meilleur de nous-mêmes que nous développons et offrons à la Vie ici et le tout est une Merveille pour de très nombreuses familles qui sont passées par la Maison.

Comme les cellules d’un même organisme, nous sommes dépendants les uns des autres dans notre présence et notre action auprès des malades et la coordination ainsi que les relations entre les différents intervenants sont très importantes.  Mais ce qui nous réunit, ce qui crée l’unité d’intention puis d’action, c’est le ressenti affectif que chacun(e) a devant la détresse, la fragilité, la vulnérabilité du malade en fin de vie et de sa famille. Nous ne sommes pas neutres et notre sensibilité à cette réalité est ce qui nous anime par instinct de survie, à compenser par un geste, une caresse, un regard, un sourire, une implication, un soin professionnel.

La priorité à l’autre, la nécessité de disponibilité et d’adaptation aux conditions et circonstances (même si quelquefois ça grogne en dedans) nous permet de découvrir une disponibilité nouvelle en nous et nous fait grandir en liberté intérieure. En d’autres mots, c’est notre héritage d’humanisme chrétien qui nous anime. Ce Dieu qui a accompagné nos ancêtres depuis quatre siècles au Québec n’est peut être plus aussi présent sur les murs, mais il l’est assurément dans les cœurs. Ce Dieu Amour est le lien qui nous conduit, qui nous unit, qui nous anime auprès de ceux et celles dans le besoin.

 Michel Demougeot, bénévole aux soins

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b. De "la paix avec soi-même" 2009.03

 

Souvent, les spiritualités ont privilégié la recherche de la "paix intérieure", sans trop se préoccuper de la nécessité d'agir pour la paix en s'engageant dans les luttes pour la justice. Comment agir pour la paix dans le monde, ont-elles dit, si on n'est pas d’abord "en paix avec soi-même" ? Cette chronologie semble avoir la simplicité de l’évidence. Elle est pourtant fallacieuse. Faut-il attendre d'avoir atteint la plénitude de la “ paix intérieure ” pour se décider à agir pour la paix dans le monde ? Ne risque-t-on pas d'attendre longtemps ? Trop longtemps, quand les victimes de l'injustice n'en peuvent plus d'attendre. Comment “ être en paix avec soi-même ”, si on n’est pas en paix avec l’autre homme ? Comment connaître la “ paix intérieure ”, si on n'agit pas pour la paix dans le monde ? La violence qui meurtrit les autres hommes peut-elle laisser en paix ? L’urgence de la vie n’oblige-t-elle pas à être d’abord “ en paix avec l’autre ” ?

 

Le monde s'est ouvert au regard de l'homme de façon illimitée. Il lui lance des défis inédits. La tentation est grande, à la vue de cette société qui se donne en spectacle avec ses turpitudes et ses lâchetés, ses reniements et ses violences, de la fuir, de se replier sur soi, de cultiver les fleurs exotiques d'une spiritualité évanescente. Pareille attitude conduit loin de l'épreuve du réel et de la vie. On prétend rechercher la paix, mais on risque de n’être en quête que de son bien-être personnel. C'est une faute contre l'esprit de prétexter l'échec, toujours possible, des actions humaines pour se résigner à la déchéance et à l'iniquité du monde, se replier sur soi et se tourner vers la pure intériorité. Cette voie mène dans une impasse. Elle conduit les hommes dans les marges de l'histoire, et leur fait renoncer à toute action.

 

En Orient comme en Occident, trop de faux gourous prétendent enseigner la spiritualité en dehors des conflits, loin des débats et des combats politiques, à l'abri des rumeurs et des fureurs du monde. Il ne s’agit pas d’une spiritualité de la paix, mais d’une spiritualité de la tranquillité. Les disciples sont invités à se libérer des besoins, des désirs et des passions de leur ego dans un exercice solitaire. Cependant, la meilleure manière de désapprendre à se “ soucier de soi ” est d’apprendre à se “ soucier de l’autre ”.

 

Trop d'hommes se réclamant d'une spiritualité désincarnée discréditent le conflit sous le prétexte qu'il divise les hommes au lieu de les unir. De même, au nom de l'harmonie, des spiritualités en sont venues à enseigner le refus de s'impliquer dans les conflits. Mais pareille conception de l'harmonie est illusoire. Elle fait en réalité le lit de l'injustice et du désordre établi. Face à l’injustice, le conflit ne rompt pas l'harmonie, il veut l'établir. Non, ce qui divise les hommes, ce n'est ni le conflit ni la lutte, mais l'injustice, l'indifférence, la résignation et la lâcheté. La fonction du conflit est de créer les conditions de la justice qui  seule peut ré-unir les hommes.

 

En s'absentant des conflits, les "spirituels" ne pouvaient que méconnaître la non-violence. Certes, ils ne manquaient pas, à maintes occasions, de parler surabondamment d'amour, de célébrer sa toute-puissance, mais, désincarnés, leurs propos n'avaient aucune prise sur les événements. Pendant ce temps, les conflits ne cessaient de croître au risque que les pires violences ne s'y donnent libre cours. Et alors que les spirituels ignoraient les conflits, ces derniers ne les ignoraient pas. Rattrapés par les conflits, les spirituels, le plus souvent, ne savaient pas faire autrement que de recourir eux-mêmes à la violence. Ils s'en sont alors accommodés et, presque toujours, ils ont fini par la légitimer.

 

Ainsi, la spiritualité ne prend sa véritable signification que dans l’action pour la justice. Nous savons par expérience que l’action est la chose la plus difficile au monde, parce qu’elle bouscule notre tranquillité et notre confort. C’est pourquoi nous avons peur de l’action et que, trop souvent, nous n’avons pas le courage d’en prendre le risque. Le pire serait de justifier notre refus d’agir par une prétendue recherche spirituelle qui mobiliserait toutes nos énergies.

 

L'homme se connaît par la médiation de sa relation avec l'autre homme. L'être n'est pas une existence, mais une présence. Et la présence est une relation. Un lien. Il faut penser l'homme non pas dans son face à face narcissique de lui-même avec son moi, mais dans la relation dés-intéressée avec autrui. En définitive, la notion de “ paix avec soi-même ” ne peut avoir qu’un sens dérivé, largement impropre. Il ne s’agit que d’un langage allégorique, métaphorique. Trompeur. L’homme qui se retire du monde pour chercher la paix ne la trouvera pas. Aucune paix ne se construit dans la solitude. C’est par l’acte de  bonté envers l’autre que j’accède à la paix. C’est en recevant la paix de l’autre, que je peux dire “ je suis en paix ”. La paix est une dynamique qui s’inscrit au cœur des relations de l’homme avec l’autre homme. La paix est ouverture à l’altérité. C’est pourquoi elle est une épreuve de l’être. Mais c’est à travers cette épreuve que l'homme accomplit son humanité.

 

Jean-Marie Muller,  Philosophe et écrivain, porte parole national du Mouvement pour une Alternative Non-violente (MAN).

Il est l’auteur de nombreux ouvrages, dont un Dictionnaire de la non-violence paru en 2005 (Le Relié Poche, collection Sagesses, 408 p.)

 

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b. Nos « Vœux EPHATA  2009 », pour vous, pour nous, pour la planète :

 

.Diffuser notre « bien-être » vers les autres…

. Rayonner notre « mieux-être » autour de nous…

. Nous dé-centrer de notre Je pour aller vers le Nous,

.Utiliser notre « développement personnel » pour le bien d’autrui…

Et puis bien sûr nous faire plaisir surtout, nous distraire, danser, rire, aimer,

embrasser, étreindre, réveiller le feu là où nous passons : YALLA 2009 !!

« Que fait-on de ce qu’on sait ? Pourquoi pas partager la nourriture

que nous avons recueillie avec les êtres qui sont en souffrance ?

Il nous faut parler le langage de tous pour le bien de tous ».

 Charles Juliet

 

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b. Le moment présent 2009.01

 

Pour réaliser la valeur d’une année, demandez à un étudiant qui a doublé son année.

Pour prendre conscience de la valeur d’un mois, demandez à une mère qui a accouché prématurément.

Pour connaitre la valeur d’une semaine, demandez à l’éditeur d’un hebdomadaire.

Pour connaître la valeur d’une heure, demandez aux amoureux qui sont temporairement séparés.

Pour comprendre la valeur d’une minute, demandez à une personne qui a manqué son train.

Pour réaliser la valeur d’une seconde, demandez à celui qui vient juste d’éviter un accident.

Pour comprendre la valeur d’une milli-seconde, demandez à celui qui a gagné une médaille d’argent aux Jeux Olympiques.

Apprécions chaque moment que nous avons !

 

Hier fait partie de l’histoire.

Demain demeure un mystère.

Aujourd’hui est un cadeau.

C’est pour ça qu’on dit que c’est le présent !!!

 

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b. Se retirer …     10.2008

(A lire calmement et … au calme !)

Loin des soucis du travail, loin des exigences domestiques, loin des préoccupations de vacances, je me donne un moment. Un moment pour moi seul où je peux m’arrêter, me poser. Sans être dérangé par un coup de téléphone, une invitation … Et je m’assieds dans un cadre qui me plait. Sur un siège ni trop confortable pour éviter de sommeiller, ni trop rigide pour être mal à l’aise. Et je respire calmement, me décontractant, les yeux baissés, le regard souriant sur ce que je vois ou ce que je découvre intérieurement. Je sens ma respiration monter, descendre ; inspiration, expiration ; un, deux, une, deux... Paisiblement je recommence, je veille à ne pas quitter ma perception, je respire…  "J’inspire, j’expire… J’inspire, je sens les côtes qui se dilatent, j’expire, je me repose, je suis bien… ". Et je recommence et je recommence. Je continue encore mais soudain je constate que, malgré ma vigilance, j’ai fui mon siège, je suis parti vers un souci récent. Je ne m’inquiète surtout pas. Je l’accepte, je compte sur la patience de mon apprentissage. Au contraire. J’en profite pour saisir au vol cette préoccupation, pour la regarder en face, en la déchargeant de mes préjugés affectifs, en la regardant comme un bagage. Et je reviens à mon rythme respiratoire. Je vis, je suis bien, j’inspire, un, j’expire, deux… J’essaie de fixer mon attention sur cette cadence et j’y reviens chaque fois que j’ai été distrait…

Avec un peu d’entraînement, j’arrive maintenant à maitriser un peu mieux mon esprit, non pas en le contraignant mais en obtenant que lui, il ne me contraigne pas à renoncer à ce que je souhaite. Tout en comptant encore intérieurement, j’inspire, un, j’expire, deux, (et je peux aussi ajouter avant de reprendre le souffle quand je suis très calme, "je me repose, trois"), je commence à vivre avec mon souffle intérieur, avec mon être intérieur, un, deux, trois ; un, deux, trois… Et peut-être progressivement et parallèlement, un, je suis ici… ; deux, je suis ici-bas… ; trois, je suis comme je suis, sans plus, sans moins…  Un, je m’accepte ; deux, je me prends en main; trois, je vis avec tout moi… Le lendemain, je recommence, je garde ma distance, je fuis le jugement, j’observe, je constate ; mon cœur qui rythme ma poitrine m’invite au calme, à la sérénité et -beaucoup moins vite que les mots ne peuvent le dire-, je disparais en moi : un, je vis; deux, je vis encore ; trois, je vis toujours ; un, c’est un constat, … c’est simple, … c’est difficile aussi; un, … Mon attention se dissipe et part flirter avec d’autres intérêts. Je ne me décourage pas, je l’accepte et je persiste. Je recommence et avec l’expérience mon attention se transforme progressivement en concentration. Le surlendemain, je recommence encore, je me tiens droit, les yeux dans le vague ; Un, je suis au milieu de fleurs, deux, des fleurs qui bourgeonnent, trois, qui éclosent ; un, qui parfument, deux, s’épanouissent, trois, illuminent ; …durent le temps d’une rose, … perdent leurs pétales, … murissent ; …murissent encore, …sèment à tout vent, …se reproduisent…, disparaissent… Ma pensée accepte de suivre maintenant un peu ce que je souhaite mais elle ne répond pas encore à ma demande aussi docilement que mon corps…

Ainsi, toujours attentif au souffle d’air qui rythme mon recueillement, à l’écoute de la vie qui jette des bulles en moi, je reste moi-même, je médite, accueillant presque froidement, en tout cas le plus objectivement possible, non pas mes sentiments que je maitrise mais ce que je suis invité à observer. Je ne tombe pas dans l’euphorie, je discerne le beau, je l’admire; je ne sombre pas dans la colère, je spécifie le mal, je le combats. Je distingue la sincérité et l’hypocrisie, l’amour et le mépris, le partage et l’égoïsme. Et je prends conscience de ce que je suis, avec toutes ses couleurs et toutes ses ombres, je  suis au cœur de ce qui est moi, sans procès ; je sens un peu plus ce que je suis ; je prépare un peu mieux ce que je deviens…

Pascal Jacquot

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b. Diaporama : La Morale du papillon

Parfois l'effort est ce dont nous avons besoin dans notre vie...

Si l'on nous permettait de vivre sans rencontrer d'obstacles, nous serions limités, nous ne pourrions jamais "voler"...

Pour découvrir ce diaporama, cliquer

 

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b. Mes conseils pour s’aimer soi-même

 

1 Accepter qui l’on est

Cela peut prendre du temps, mais il me semble vital de commencer par s’accepter tel que l’on est, avec ses racines et ses blessures. Pour y parvenir, il est précieux de trouver une oreille attentive pour exprimer sa souffrance. Par l’écoute, je peux accepter progressivement ce qui m’est arrivé. Car je ne peux avancer qu’en partant de ce que je suis. Un enfant peut avoir été élevé par un père, une mère "toxique" (qui a maltraité son âme ou son corps). Il a besoin pour se construire de reconnaître que ses parents l’ont maltraité, que cela fait partie de son histoire.

 

2 Oser prendre des initiatives

Accepter permet d’oser à nouveau. Par exemple, j’avais des dons pour la musique, mais mes parents n’ont jamais voulu que je les cultive. J’accepte le fait qu’ils ne soient pas mélomanes. Mais au-delà de cette réalité, je prends conscience qu’ils n’ont pas le dernier mot sur mon existence. Je peux alors décider librement de prendre des cours de piano. Même si on ne s’aime pas beaucoup soi-même, il faut oser agir, en commençant par des initiatives ponctuelles. Si par exemple j’aime nager, je peux commencer à aller une heure à la piscine chaque semaine. En constatant que je retrouve un équilibre de vie, une forme de bien-être, je découvre alors que je prends du plaisir à oser être moi-même.

 

3 Donner gratuitement

C’est un cercle vertueux : si j’ai du plaisir à être moi-même, je ne suis pas loin de l’amour. En commençant à m’aimer un peu, je vais pouvoir aimer les autres sans user de puissance. J’apprends à nouer des relations gratuites, sans arrière pensée ni désir de manipulation. Je prends du plaisir à aimer, en me montrant sous mon vrai visage.

 

Jacques Poujol

Tiré de « Les essentiels », La Vie

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b. Estime de soi et souci de l’autre

 

 Comment trouver l’équilibre entre travail personnel et action politique ? Etienne Godinot propose de travailler à un « changement tridimensionnel » et d’oser les « pourquoi ? » qui nous permettront d’échapper aux routines et aux automatismes.

  

Pour Jacques Généreux, refonder la vision de l’homme sous-jacente à la société actuelle est un enjeu de survie. Il y a en effet de quoi être préoccupé par l’individualisme ambiant, par le courant du « Moi d’abord ! ». Le culte du corps voulu beau et parfait, de l’éternelle jeunesse, de la performance physique obligatoire amène à dépenser sans compter en cures d’amincissement, en viagra ou en chirurgie esthétique. Ce qui fait société, ce n’est plus la recherche de l’intérêt collectif à long terme, c’est la mobilisation de courte durée par l’émotion, orchestrée par les médias, ou les mobilisations de petites communautés, de micro-réseaux, voire de clans. Sans parler de la course effrénée aux biens matériels et du modèle économique qui menace les écosystèmes naturels.

 

Jacques Généreux pose aussi une question redoutable : Pourquoi et comment des millions d’individus persuadés que la coopération solidaire est cent fois préférable à la compétition solitaire restent-ils impuissants à refonder sur elle leur système économique et politique ?

 

De l’individu au collectif

 

Un trait apparaît évident dans le débat et dans le combat pour transformer l’homme et la société, un trait marquant et préoccupant : c’est le manque d’une vision globale du processus de changement. Certains prônent la transformation personnelle, l’intériorité, la conversion du regard, mais sont réticents envers l’engagement politique. D’autres agissent dans leur entreprise ou leur commune, mais font l’impasse sur l’action  politique dans le cadre national ou international. D’autres sont engagés en politique, mais oublient de travailler sur eux-mêmes ou de commencer l’action dans leur milieu de travail ou de vie. Or l’action, pour être cohérente, efficace, durable, doit être menée dans les trois champs à la fois :

-          le champ personnel,

-          le champ des organisations de vie et de travail,

-          le champ politique national et mondial, ou champ sociétal.

On  pourrait appeler cela le changement tridimensionnel. Il est possible d’agir dans les trois domaines à la fois, avec des niveaux d’implication évidemment différents dans chacun d’eux, selon le charisme de chacun. C’est là une déclinaison de la maxime « Penser globalement, agir localement ».

 

Un développement personnel qui ne génère pas un nouveau  regard sur le monde ni une action de transformation de la société est une masturbation psychologique. Inversement, une critique ou une action sociétales qui n’intègrent pas les dimensions culturelle et spirituelle risquent de déboucher sur un néo-matérialisme. Entre ces deux écueils, il y a place pour un développement personnel et collectif qui articule écologie, solidarité, non-violence et  spiritualité.

 

Un monde désenchanté

 

L’essence du néo-libéralisme consumériste n’est pas seulement la course aux biens matériels, mais la réification, c'est-à-dire la transformation en objet de tout ce qui existe : les êtres humains, les peuples, la nature. L’arbre est réduit à un paquet de molécules, la conscience à un paquet de neurones et le vivant à un paquet de gênes. Une issue à ce système est le ré-enchantement de tous les domaines : l’économie, l’agriculture, la science, l’architecture, l’éducation, la défense etc. Pour que l’être humain soit générateur de vie et de transformation du monde, il importe qu’il ait suffisamment confiance en soi et qu’il soit suffisamment relié à son être profond pour mettre en valeur ses potentiels. Cela nécessite un effort permanent d’introspection et de formation personnelle qui puisse aider chacun à être plus consistant et solide, plus à l’écoute de ses émotions et de ses intuitions profondes, plus critique et lucide sur ses propres faiblesses, misères, dysfonctionnements et contradictions, sur ceux de ses proches et de ses contemporains.

 

Foules embrigadées

 

Du nazisme au stalinisme, les régimes totalitaires ont réussi à convaincre des millions d’individus qu’ils incarnaient une vie nouvelle basée sur le travail, le dévouement, le courage, l’honneur et la communauté. L’évolution des sociétés a été principalement conditionnée par le fait que l’immense majorité des humains a laissé quelques individus particuliers prendre en main la destinée de la collectivité. Depuis l’aube de l’humanité, le pouvoir de changer le monde a été laissé aux dirigeants, aux héros et aux experts. Mais l’hypnotisme qu’Hitler, Mao ou Milosevic exerçaient sur les foules montre tout autant le manque de consistance de leurs admirateurs que le déséquilibre psychologique de leur héros. Hitler lui-même a désigné ses armes principales comme étant « la confusion mentale, les sentiments contradictoires, l’indécision et la panique ». Tant que chaque individu n’aura pas compris qu’il possède lui aussi le pouvoir de changer le monde, les choses ne pourront pas évoluer.

 

Pour cela, il faut être capable d’observer notre quotidien d’une manière neuve et totalement différente. Réfléchir à nos actes coutumiers comme si on les pratiquait pour la première fois. Voir les couleurs de nos actions et de nos décisions quotidiennes. Introduire dans notre vie de tous les jours une dimension poétique au sens étymologique du mot, c'est-à-dire un pouvoir de création et de transformation.

 

Réinventer le quotidien

 

La condition première pour changer le monde est d’agir soi-même en être libre :

-          Repérer les bifurcations, les carrefours dans notre vie, les possibilités de faire un choix qui influencera la suite des événements. Tout homme est confronté à ce type de décisions, pas seulement dans le choix d’un métier ou d’un conjoint, mais dans la banalité de son quotidien.

-          Oser les pourquoi, qui nous permettent d’échapper aux routines et aux automatismes.

-          Devenir moins prévisible, être capable de modifier de manière inattendue sa façon de penser ou d’agir face à une situation nouvelle ou une bifurcation dans sa vie.

 

Comment pouvons-nous alors agir ? En tant que consommateurs, notre pouvoir tient en une question : « Pourquoi acheter tel article plutôt qu’un autre ? ». En tant que citoyens, notre pouvoir individuel ne se trouve pas en priorité dans l’élaboration de nouvelles lois, mais dans la manière d’utiliser au quotidien celles qui existent. Qu’il s’agisse de refuser ou non l’ordre d’arrêter des Juifs ou de torturer des Algériens, qu’il s’agisse d’écrire ou non une lettre à un prisonnier d’opinion, la question à se poser est alors : «  Mon attitude envers les lois, les ordres, ou les sollicitations que je reçois me rend-elle les autres hommes proches ou lointains ? »

Nous pouvons enfin agir dans le domaine de nos relations avec nos proches. Notre manière d’exercer notre pouvoir sur nos proches, ou de le subir, peut nous aider à changer le monde, dans la famille, dans l’entreprise, à l’école. D’où l’importance de la communication non-violente et de la gestion positive des conflits interpersonnels.

 

Une éthique non-violente

 

Il y a des méthodes simples pour vivre mieux au niveau personnel : chercher à habiter le moment présent, prendre trois minutes trois fois par jour pour se relier à soi-même, ressentir de la gratitude pour ce qui va bien afin d’affronter mieux ce qui va mal, soigner son acuité de conscience et de cœur, développer l’estime de soi etc. De même pour mieux coopérer dans les groupes : cultiver la confiance en soi et en l’autre, accueillir la différence, s’ouvrir aux désaccords, prendre soin de nos colères, apprendre à dire non et à accueillir le non de l’autre sans soumission ni agression, partager ses propres valeurs, expliquer le sens et le bien fondé des règles.

 

Ce dynamisme personnel, appelé empowerment en anglais, se fonde sur l’estime de soi, le sentiment de sa compétence, la participation à l’action collective et la conscience critique. L’individu relié à ses forces de vie et à ce qui le nourrit intérieurement (et que chacun appelle à la façon : Dieu, l’Univers, la Transcendance etc.)  est alors apte à s’approprier ou à se réapproprier son pouvoir tant au niveau social que psychologique.

 

« Ce qui fait vraiment la démocratie, disait Henry-David Thoreau, ce n’est pas le type de bulletin de vote que je glisse tous les cinq ans dans l’urne, c’est le type d’individu que je glisse tous les matins hors de mon lit ».

 

Etienne Godinot, membre du Mouvement pour une alternative non-violente (MAN) et de l’Institut de recherche sur la résolution non-violente des conflits (IRNC)

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b Mes conseils pour voir l’autre

1-       Cultiver le silence

En lui seul se révèle le fond de l’âme, de la sienne propre et de celle de la personne rencontrée. Pour l’enraciner en soi, il importe à la fois de se protéger des verbiages dont notre monde est saturé et de s’accorder chaque jour des temps de silence. Silence de la parole mais également silence des pensées délétères qui virevoltent sans cesse en nous.

 

2-       Mettre entre parenthèses ses préjugés

Toute personne est habitée par une quête intime : la regarder uniquement en fonction d’une quelconque étiquette, c’est s’empêcher de percevoir la réalité qui l’anime profondément. La vie de l’âme est au-delà de toutes les options idéologiques.

 

3-       Etre dans l’admiration

Pour aller vers le mystère, il faut une certaine virginité, une nudité du regard, cultivés dans le silence intérieur. On confond trop souvent la naïveté –ce qui est près de la naissance- avec la crédulité, et, en réaction, on adopte une posture cynique ou désabusée. Pourtant seules la bienveillance et la capacité à s’émerveiller nous offrent de voir la beauté que cache celui ou celle que nous rencontrons, homme, femme, enfant, paysage.

 

4-       Relire notre route à la lumière de nos rencontres

Elles nous révèlent ce vers quoi nous allons. La rencontre d’un être est toujours révélatrice de ce que nous sommes. « On va toujours, en fin de compte, vers où l’on pèse », écrivait Saint-Exupéry. Découvrir le mystère d’une personne nous révèle en retour notre propre mystère et l’objet de la marche

Alain Vircondelet, écrivain

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b    EQUILIBRE

 

Nous savons tous qu’une balance, je parle d’une balance traditionnelle à plateaux bien sûr, n’obtient  son équilibre qu’après avoir obtenu son contrepoids exact et que cet équilibre reste cependant très fragile… Mais le groupe Oxfam Agir Ici 54 sur le Marché du monde n’a-t-il pas aussi exploité une balance pour interpeller les visiteurs en plaçant d’un côté un petit téléphone portable et de l’autre les quantités imposantes de marchandises nécessaires pour un Africain qui souhaitait ce téléphone ?

 

Nous avons tous remarqué que l’équilibre est toujours difficile à obtenir. Tandis que l’un le recherche à travers un régime drastique, un emploi du temps fort maitrisé, un autre ne semble pouvoir y goûter un peu qu’avec du flegme et des relations qui peuvent sembler capricieuses… Chacun assume son équilibre comme il peut avec plus ou moins de difficulté et c’est bien sûr la responsabilité individuelle de conduire sa vie pour obtenir un équilibre le plus solide possible.

Mais notre équilibre n’est en effet jamais totalement stable parce que nous évoluons, parce que les conditions de vie se modifient et nous ne sommes jamais à l’abri d’interpellations imprévues. Problèmes de santé, difficultés sentimentales, soucis professionnels, interpellations familiales, inquiétudes sociales ou politiques nous interpellent constamment, nous assaillent souvent et parfois même hélas nous écrasent…

 

Comment faire face, comment assumer le quotidien, comment garder l’équilibre dans les méandres de la vie, dans les épreuves imprévisibles ? Il n’y a évidemment pas de réponses simples et faciles. Mais j’ai toujours admiré la petite pierre qui avait un rôle unique dans un mur, la plus mauvaise tuile qui était indispensable dans une toiture, le moindre petit grain de sable qui fait partie de cet énorme tas permettant les constructions gigantesques. Alors, mon copain, mon voisin, noir ou blanc, sans papier ou à col blanc … comment pourrais-je les reconnaître moins que cette pierre, cette tuile ou ce grain de sable puisqu’ils font partie intégrante de ce monde précaire, de cette humanité désorientée, de ce peuple en marche ? Et moi aussi bien sûr qui fais partie de ce convoi non choisi, comment pourrais-je me déprécier et ne pas accepter un rôle  au moins aussi noble que cette pierre, cette tuile ou ce grain de sable ! Car en plus nous avons un intelligence, un cœur… Mais n’est-il pas indispensable que, pour nous en servir un peu mieux, nous continuions toujours à apprendre à écouter, partager spontanément, doucement, librement mais régulièrement.                                       

Pascal

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b  ECHANGER  POUR  SE  SENTIR  MOINS  SEUL,

 

Je peux bien sûr avoir mes avis, mes idées ; je peux faire les choix qui me semblent les meilleurs ; je peux croire que je n’avais pas d’autres solutions sur ma vie personnelle, sur mes enfants, sur ma relation amoureuse, sur ma situation professionnelle …

N’empêche que parfois, cela me semble un peu lourd, un peu difficile et je me sens bien seul pour assumer mes décisions…

Si je pouvais au moins parler à quelqu’un, un autre moi-même, à quelqu’un qui sache vraiment m’écouter sans porter aucun jugement, qui sache écouter mes problèmes, mes positions sans me critiquer …

Alors cela m’aiderait énormément parce que cela m’obligerait à faire moi-même le point de temps en temps, cela m’imposerait de clarifier mon point de vue pour être mieux compris, et le seul fait de communiquer ce que j’ai sur le cœur, que je ne peux partager à quiconque me redonnerait confiance…

Si, en plus, celui qui m’écoute, tout en respectant mes choix et sans vouloir arbitrer, me disait ce qu’il ferait lui-même s’il se trouvait dans une situation identique, me donnait son point de vue avec beaucoup de modestie parce qu’il souhaite aussi confier aussi lui-même ses préoccupations propres, alors l’échange serait un espace loyal de sincérité, un moment de partage vrai, une halte de sympathie qui regonfle…

 

Mais comment trouver ce quelqu’un qui aspire comme moi à partager sans être jugé, cet autre moi-même que je ne connais pas mais qui me côtoie peut-être sans me dire ses aspirations ? Comment rencontrer ceux ou celles qui aimeraient communiquer, échanger en respectant autant la diversité que l’altérité ?

Il y en a certainement dans mon entourage, dans mon voisinage, parmi mes amis, ma famille ou mes compagnons de travail mais je suis très réservé et la prudence m’invite à garder de la distance pour ne pas être déçu. Ma méfiance instinctive est certainement un gage d’expérience car certaines règles essentielles sont en effet indispensables pour éviter les déceptions.

Car il est vrai que la spontanéité ne suffit pas et que quelques précautions sont nécessaires. Ecoute et partage offre son expérience et son cadre qui permettent à tous ceux qui le souhaitent un échange sincère et respectueux. Alors, alors, que faire ?

Et bien déjà lire l’article qui suit : « Pourquoi pas moi ? »

Pascal Jacquot

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b POURQUOI  PAS  MOI ? …

 

Qui peut se vanter de n’avoir aucun problème, aucun souci, aucune épreuve ?

Qui peut trouver tout seul réponse à toutes ses demandes, à ses hantises, à ses souffrances ?

Qui peut confier ses inquiétudes ou ses projets personnels - qu’ils soient d’ordre familial, professionnel, relationnel, affectif, sexuel…- sans crainte d’être jugé, d’être critiqué mais avec l’espoir seulement d’être entendu et écouté avec attention ?

 

Si vous pouvez répondre « moi » à toutes ces questions, vous devez arrêter ici la lecture de cette page qui ne vous concerne pas. Mais si vous ne pouvez répondre, sachez alors que d’autres, beaucoup d’autres, sont comme vous et espèrent des lieux et des moments d’échanges vrais, sincères mais simples, discrets et respectueux.

 

Ce lieu d’écoute que vous attendez, ce moment de partage que vous désirez est à votre portée et ne dépend que de votre disponibilité. Et d’un petit effort car il y a toujours une marge entre un espoir et une réalité, un désir et une réalisation. En effet Ecoute et Partage existe. Et Ecoute et Partage peut vous accueillir avec beaucoup d’attention si vous le désirez. Car Ecoute et Partage vous attend avec vos difficultés, vos limites, vos espoirs, bref tel que vous êtes, ni ange, ni bête, mais simplement et merveilleusement femme ou homme.

 

Si vous préférez être accompagné d’un ami pour engager cette démarche, si vous souhaitez établir d’autres relations, vous agissez à votre rythme et selon vos possibilités. A Ecoute et Partage, chacun garde toute sa liberté, toutes ses convictions, toute son autonomie. Une seule condition cependant indispensable, écouter, apprendre à écouter. Et accepter parfois un peu de silence pour pouvoir s’écouter. Et quand deux ou trois se retrouvent… et apprennent à écouter, à s’écouter  pour  partager ce qui leur tient à cœur en toute confiance et en toute simplicité…, un nouveau groupe Ecoute et Partage nait…

 

A nos amis, à nos voisins, à nos collègues, à nos grands enfants qui vivent chacun dans leur orbite, avec leurs préoccupations, avec leurs questions, proposons avec confiance cet espace de dialogue*. Leur réponse, leur choix ne nous appartient pas mais il nous appartient d’offrir ce qui nous semble important, ce que nous aimerions découvrir si nous étions à leur place, une véritable écoute, un vrai partage…

 

Alors, surtout n’hésitez pas trop longtemps … car les années passent vite !

 

  Pascal Jacquot

* Voir la Présentation d’Ecoute et Partage 

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 b ETRE  AVEC  LES  AUTRES  EN  RESTANT  SOI-MEME

 

... Mais revenons aux besoins. Nous pouvons donc souvent nous couper totalement de nos sentiments et de nos besoins, c'est-à-dire interdire de les ressentir, de les écouter, et bien les « bétonner ». Toutefois, nous ne pouvons pas être dépourvus de sentiments et de besoins, même si souvent nous n’en sommes pas du tout conscients.

Cette conscience est précieuse parce que je crois de plus en plus que le fait de ressentir et de partager est ce qui nourrit le plus profondément notre nature humaine.

Ainsi notre bien être le plus intime et le plus essentiel naît de la qualité de la relation que nous entretenons avec nous même, avec les autres et avec les choses qui nous entourent.

 

N’est ce pas quand nous communiquons clairement avec nous même et avec nos proches , quand nous sommes bien reliés à nous et à ceux que nous aimons, quand les rapports  se vivent dans l’estime et la confiance, dans ce que j’appelle le « bien-être-ensemble » que nous ressentons les plus grandes joies ? A l’inverse, n’est-ce pas quand nous ne voyons plus clair en nous même, quand nous nous sentons coupés de nous et quand nous ne voyons plus clair  dans une relation, que nous nous sentons coupés d’une personne que nous aimons que nous éprouvons les plus grandes peines ?

Ainsi notre bonheur, notre bien être ne vient pas de ce que nous possédons, ni de ce que nous faisons, mais de comment nous vivons notre relation avec les êtres, les activités et les choses.

 

Depuis que je cherche à comprendre et à trouver un sens à la difficulté d’être, je constate que les personnes qui dégagent un bien être profond, une joie d’être au monde, sont celles qui privilégient non pas la multiplication des activités, des possessions, des rencontres, mais la qualité de la relation qu’elles entretiennent avec les êtres, les objets et les choses à faire, en commençant par la qualité de relation qu’elles entretiennent avec elles-mêmes.

 

Ces personnes ne cherchent pas à remplir leur vie de choses à faire ou de gens à voir, mais à remplir de vie les relations qu’elles nourrissent et les choses qu’elles font.

Extrait de « Cessez d’être gentil, soyez vrai » de Thomas d’Ansembourg

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b SILENCE et  PAROLE 

        ... Le silence est l'absence de bruits et de mots, mais, tu le sais, il recouvre une réalité plurielle : le silence peut être exigé dans certains lieux en certaines circonstances... Si certains silences sont lourds, d'autres sont nécessaires et fonctionnels. En effet, par bonheur, il existe des silences positifs, auxquels on ne saurait renoncer : le silence de respect devant la parole de l'autre; le silence que l'on choisit, car il est "un temps pour parler et un temps pour se taire" (Qo 3,7); le silence de l'amitié et de l'amour, où le langage non verbal permet au silence de devenir parole; le silence de la présence et de la plénitude, lorsqu'on est bien ensemble et que cela suffit; le silence qui est écoute amoureuse, attentive, contemplative, recueillie; le silence "d'une brise légère", qui se fait voix ténue comme pour Elie sur le mont Horeb (1R19, 12-13); et puis, il y a le silence intérieur, qui habite le coeur de chacun de nous, qui permet de faire place à la présence des autres et de Dieu...

        Mais pourquoi faire silence, pourquoi apprendre progressivement le silence ? Avant tout parce que dans le silence nous faisons l'expérience d'énergies qui génèrent une activité intellectuelle plus féconde : le silence stimule notre mémoire, il affine nos facultés de raisonnement et d'imagination. Oui, dans le silence, nous devenons plus réceptifs aux impressions transmises par nos sens : nous voyons, nous écoutons, nous sentons, nous touchons mieux ! Ainsi, lorsque nous voulons faire une caresse -ou la recevoir- le silence se fait tout naturel...

        Tu peux tenter l'expérience de la solitude. Tu verras que les heures durant lesquelles tu ne parles pas et n'écoutes ni mots, ni bruits te rendent différent; elles t'aident à écouter ce qui t'habite au plus profond de toi.

        Ainsi, nous prenons peu à peu conscience des raisons qui nous font parler. Nous faisons connaissance de réalités insoupçonnées: nos mots sont souvent des instruments de conquête ou de séduction, qui permettent à notre "moi" de gagner en puissance, d'acquérir un certain succès. Nous nous apercevons que nos paroles sont agressives ou intéressées, qu'elles visent un but non déclaré, qu'elles sont des outils de manipulation. Alors, dans le silence, nous apprenons à parler, à veiller toujours plus attentivement sur le style de notre communication afin que, dans le dialogue, nos mots soient toujours davantage source de communion et de paix...

Enzo Bianchi (Panorama)

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b    HOMMAGE  A  Christiane  SINGER

 

            Le 4 avril dernier, l’écrivaine Christiane Singer est morte d’un cancer. Un médecin lui avait annoncé le 1er septembre qu’il ne lui restait que six mois à vivre et elle a décidé de noter ses derniers fragments de vie, son expérience de la maladie car dit-elle "Je n’ai pas d’autre choix que de la partager. Rien qui m’appartienne en propre. Rien. Tout est expérience qui nous concerne tous".

            Son livre Derniers fragments d’un long voyage paru chez Albin Michel m’a beaucoup touché et j’aimerais en guise d’hommage à une amie de cœur lui redonner la parole, car elle a tenu à saisir le flot de ses pensées les plus intimes pour les rediriger vers ses lecteurs. Elle a reçu le prix de la Langue Française pour l’ensemble de son œuvre, cette langue dont elle fit sa patrie et qu’elle maniait si bien.

A son éditeur, elle écrivait le 2 mars 2007

"Comme promis et dans la joie…

Je crois que ce livre a vraiment sa lumière propre!

Quelle grâce j’ai reçu de lui livrer passage!!

Prends en soin, je t’en prie. Mon rêve serait qu’il paraisse le plus tôt possible. Ce serait une manière très forte d’entrer dans un espace neuf - peu importe où - mais neuf".

 

            Cet espace neuf dont elle parle m’apparait dans son journal de bord comme l’acceptation vécue de chaque instant présent à vivre pleinement ce que la vie lui offre, que ce soient les affres de la douleur dont elle dira  "j’ai été battue à plate couture", le mystère de l’enfer de la souffrance, "cette souffrance qui m’a abrasée, qui m’a rabotée jusqu’à la transparence, calcinée jusqu'à la dernière cellule", la joie et le bonheur de la rencontre de personnes admirables et aimantes, "toute cette foule amoureuse, toute cette foule d’êtres qui me portent" et enfin ses explorations d’autres mondes dont elle revient avec effort "pour témoigner auprès de ses frères humains" et dont elle nous dit "Je vous le jure. Quand il n’y a plus rien, il n’y a  que l’Amour, Il n’y a plus que l’Amour".

Cet amour qui vit en elle et qui est l’essence de ses livres précédents : La Passion, Seul ce qui brûle, entre autres et dont elle dit "la seule mesure de l’amour est sa démesure. L’amour exagéré, l‘amour démesuré, l’amour immodéré". Toute une invitation  "comme un grand appel à être vivants, à être dans la joie et à aimer immodérément".

            A 64 ans, Christiane Singer fait le deuil de sa vie de façon sereine et lucide avec une gratitude totale pour tout ce qu’elle a vécu, "une vie pleine à ras-bord",  aux côtés de ses fils, de son mari, de ses amis car pour elle, la mort n’est pas la fin de la vie. "Tout est entier, il ne manque rien. Si je dois aller tout est parfait. Ma dernière prière  Ne soyez pas déçus que la mort ait en apparence vaincu; ce n’est que l’apparence, la vérité est que tout est Vie. Je sors de la vie et j’entre en vie. Par un sombre ravin, j’ai passé  de la Vie à la Vie. Je ne suis qu’une VIVANTE qui voyage entre les mondes".

Parce qu’elle ne pouvait plus lutter, ni se dérober, elle rend les armes. Soulagement de celle qui n’a plus à lutter. "J’ai cru avec ravissement l’instant du passage venu. Une journée durant, j’étais dans l’extase du seuil. Et puis je suis revenue, Je vous demande avec une tendresse immense d’ôter de mon cœur toute pression par un souhait trop fort de me voir parmi vous".

Respect du mystère qu’est le passage, qu’est l’agonie. Cette agonie qui peut être apaisée par la prière, la lecture de paroles saintes et par cette foi démesurée qui l’habite, foi commune a toutes les religions, "autant de chemins de compassion pour donner forme, rite et matière à l’Invisible qui nous fonde".

Respect de l’expérience intime que vit le malade, le mystère que lui seul vit. "N’est respectueux que le non-savoir radical. C’est à ce prix que peut avoir lieu la rencontre quand le visiteur s’abstient de tout conseil, savoir théorique facilement acquis et surtout de la tentation d’aider".

 

            Le 1er mars 2007, madame Singer pose la plume. Elle a tout dit. Elle a pris le temps de nommer chaque personne rencontrée, de les remercier, de leur dire son amour, de partager sa gaieté, son bonheur, d’un bonheur sans fin, illimité qui ne veut rien, qui n’attend rien sinon l’émerveillement de chaque rencontre, de chaque seconde.

"Sachez que la manière dont je vis cette aventure est difficile à faire percevoir. Je suis habitée d’une liberté infinie.

De la où je suis, où je serai, je suis et je serai avec vous.

La main sur le cœur, je m’incline devant chacun de vous."

 

                        Je tenais à rendre hommage à Christiane Singer qui me touche au cœur et me nourrit par ses livres et que j’ai eu le privilège de rencontrer à une conférence à Montréal il y a quelques années.

 

                                                                                  Michel Demougeot

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 b ECOUTER  L' AUTRE

 

"Entendre ne veut pas dire écouter car l'ouïe est un sens mais l'écoute est un art."

Écouter est peut-être le plus beau cadeau que nous puissions faire à quelqu'un. Ce simple geste démontre à une personne qu’elle est importante pour nous et que ce qu’elle dit nous intéresse. Voici des approches qui favorisent une meilleure écoute:

1.        Savoir se taire

Avez-vous remarqué que les conversations sont remplies d'expressions du genre: "C'est comme moi quand..." ou bien "Ça me rappelle ce qui m'est arrivé..."? Bien souvent, nous recherchons dans ce que nous entendons des occasions de parler davantage de nous-mêmes. Écouter, c'est avant tout savoir se taire.

2.        Se concentrer sur l’autre

Écouter, c'est laisser tomber tout ce qui nous préoccupe pour donner son attention entière à l'autre. C’est le laisser diriger totalement la conversation. Essayez de vous concentrer sur ce que votre interlocuteur dit plutôt que de penser à ce que vous allez répondre. Écouter, ce n'est pas de chercher à répliquer, mais plutôt laisser l’autre trouver réponses à ses propres questions.

3.        Favoriser la confiance

Écouter c’est créer un environnement relationnel dans lequel l’autre se sent en confiance. Votre interlocuteur doit savoir que ce qu’il vous dit sera traité avec respect, et que les choses confidentielles resteront entre vous deux. Ceci crée un environnement favorable aux confidences et permet à votre interlocuteur, s’il le veut, d’aborder des sujets très personnels.

4.        Être ouvert

Écouter c'est accueillir l’autre avec respect tel qu'il se voit lui-même. C'est être ouvert sans juger à tous les sujets, à tous les comportements, à toutes les expériences et à toutes les solutions. Écouter, c’est surtout laisser à l'autre le temps et l'espace de trouver la voie qui est la sienne. Ne vous attendez pas à ce que les gens réfléchissent comme vous et soient sensibles aux mêmes choses que vous. Nous devons accepter comme une richesse les différences de l’autre. Écouter, ce n'est donc pas vouloir que l’autre soit comme nous et pense comme nous, c'est plutôt apprendre à découvrir les qualités de l’autre. C’est être attentif à ses préoccupations non pas aux nôtres.

5.        Comprendre et partager

Écouter c’est comprendre et autant que possible partager les sentiments de l’autre. Afin de réaliser ce partage, remémorez-vous une situation similaire à celle que votre interlocuteur décrit. Par exemple, si un ami nous raconte un évènement qui l'a embarrassé, remémorez-vous la dernière fois que vous avez été humilié. Puis, au moment opportun, décrirez brièvement ce que vous pensez comprendre de ses sentiments. Par exemple, vous pouvez lui dire: “Est-ce que tu te sentais sévèrement humilié?“. Évidemment, il est capital de poser ce genre de questions avec parcimonie et délicatesse.

Conclusion
La pratique de l’Écoute peut devenir une ouverture sur le monde parce qu’elle permet de comprendre ce que les autres vivent vraiment. C'est une expérience enrichissante sur le plan humain et personnel. Lorsque que vous avez un élan de générosité et que vous vous demandez quoi donner; alors donner de votre temps en écoutant les gens autour de vous. L’écoute nécessite du respect, de la persévérance, de la patience, et énormément d'ouverture d'esprit; mais en revanche, elle permet de recevoir beaucoup.

"Écouter, c'est permettre à l’autre de s’exprimer
afin qu’il trouve lui-même son propre chemin."

 

Ce texte a été publié dans le magasine "Vie & Santé" (Canada) de mai-juin 2005.

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 b MORT  et  DEPENDANCE

 

Mort et dépendance sont le sujet de conversations, de lec­tures, de discussions passionnées avec des ami(e)s de ma généra­tion. Nous avons peur de peser sur nos enfants, peur de la maison de retraite, vue tout à la fois comme un lieu d’entassement et de solitude, de discipline et de torture aseptisée parfois et, dans les meilleurs cas, d’une attente sans fin qui n’attend rien. Le lieu du désir impossible. La mort nous apparaît plus souhaitable, mais, si nous n’avons pas peur de la mort, en revanche, nous avons peur de mourir, parce que nous avons peur de souffrir. C’est du moins ce que nous disons.

 

Je ne suis pas sûre que les choses soient aussi simples. Le passage et l’après restent un mystère, et tout mystère est inquié­tant. S’il est une réalité que nous ne pouvons pas maîtriser, c’est bien celle-là. Certains se savent, se sentent entre les mains de Dieu et font confiance ; d’autres s’en tirent en se faisant, à partir de leur Foi, des représentations en image d’Epinal ; d’autres, enfin, refu­sent délibérément d’y penser, et quelques-uns se croient immor­tels. Il me semble, quant à moi, que ma seule « porte de sortie », ce soit d’accepter sans me résigner ; une acceptation positive, en quelque sorte. Cela me renvoie à des souvenirs d’adolescence : pendant les premiers bombardements, je me suis dit que si j’acceptais de mourir, je n’aurais plus peur. Et comme cela a mar­ché, et même m’a permis, non pas d’admirer, mais de me laisser subjuguer par l’aspect dantesque du ciel, j’ai pensé que c’était une attitude constructive. Alors, aujourd’hui, j’essaie de retrouver cette attitude d’acceptation positive en vivant pleinement le jour qui passe, en acceptant de ne pas savoir ce que sera mon lendemain, tout en le préparant de mon mieux ; c’est ce que j’appelle l’espé­rance. J’essaie de vivre la fraternité pour aller à la rencontre de l’Amour absolu. Je suis consciente de ma fragilité, mais fragilité n’est pas impuissance. La maladie d’Alzheimer qui a accablé mon mari pendant quinze ans a été l’occasion d’apprendre à lâcher prise sans renoncer à vivre. Le dépouillement n’est pas forcément signe de mort. Il peut être l’occasion d’une vie plus intériorisée. Je parlais, au début de ce texte, de la nécessité de porter une attention soutenue à ce que nous sommes en train de faire, sous peine de faire des bêtises parce que notre tête ne fonctionne plus aussi bien et que les sollicitations extérieures paralysent la marche de notre pensée. C’est une difficulté qui peut être source d’un bien. Nous avons là l’occasion de creuser notre sillon, d’approfondir notre recherche spirituelle. Le temps qui passe nous invite à réfléchir sur notre propre parcours. Si nous le faisons dans l’honnêteté de la lucidité, nous deviendrons plus indulgents pour les autres. Nous accéderons à la possibilité de pardonner au lieu de réchauf­fer les vieilles rancunes. Un vrai pardon, qui dit oui à la vie de toutes ses forces.

 

La sagesse qui serait l’apanage des vieux n’est pas le fruit naturel de la vieillesse. Je connais de vieux messieurs qui sont amers et de vieilles dames qui sont mesquines. La sagesse est le fruit d’un travail sur soi. Elle naît du dépassement positif des frus­trations. Pourquoi, alors, fait-on souvent rimer vieillesse et sagesse ? Eh bien ! Sans doute parce que, en vieillissant, les frustra­tions, on connaît bien ; pas besoin de les chercher... Elles se pré­sentent en rangs serrés ; et si nous ne faisons pas l’effort de nous adapter, c’est la loi du jeu de quilles. Chaque nouvelle frustration, c’est la boule qui va démolir un peu plus l’édifice. Mais, en revanche, chaque fois que nous aurons retrouvé un équilibre nou­veau après avoir vacillé, nous nous serons enrichis d’une expé­rience. La sagesse n’est pas l’ennemie du désir ; elle nous permet de le canaliser et de le rendre efficient. La société attend des vieux une sagesse qui ressemble à une forme d’absence ; elle en choisit un qu’elle loue à grand bruit, pour pouvoir discrètement faire taire les autres. La sagesse ne demande pas d’adopter profil bas, elle demande une certaine discrétion, ce qui n’est pas la même chose. La sagesse n’interdit pas les questionnements et les contestations ; elle laisse une part au doute. Elle ne propose pas de vérité monolithique et rassurante. Elle est ouverte à l’imprévu, mais elle sait que l’homme est inscrit dans une chaîne, avec un avant et un après.

 

Le tombeau vide de Pâques est une invitation à se mettre en route vers l’amour, plutôt qu’une réponse. Le sage, le vieux sage, est donc en route dans son propre chemin, qu’il débroussaille peu à peu en marchant vers sa mort, dans l’espérance que ce jour-là, Dieu aura du talent.

 Denise Lallich-Domenach  Etudes Sept.2002

 

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 b UN  ECHEC  ?  NON,  UNE  EXPERIENCE

 

Pour bien réussir sa vie et se donner une existence harmonieuse qui révèle toutes nos possibilités, il faudrait déjà se connaître. Or il n’est pas possible de se connaître avant d’avoir vécu ! Sommes-nous alors voués à ne pas réussir notre vie sinon par hasard ou chance exceptionnelle?

L’homme est en effet plus ou moins un aveugle poussé et entrainé par beaucoup d’autres aveugles dans une existence où, presque toujours trop tard, lui seul peut s’instruire de ce qu’elle est, de ce qu’elle pourrait être.

Que nous soyons timorés ou téméraires, dociles, courageux ou froussards, peu importe, nous rencontrons tous de toute façon des échecs. Des échecs ? Non pas. Mais des expériences parfois douloureuses. Et c’est tout à fait normal dans le cursus de chaque vie car elles prennent racine et force au plus profond de nous et sont fécondité irremplaçable pour ceux qui arrivent à en recueillir, dans la paix, les poignantes informations. Ces expériences peuvent être en nous l’écharde qui nous forcera à nous chercher au lieu de nous imaginer, à être ce que nous sommes vraiment, tout ce que nous sommes et rien que ce que nous sommes.

L’éducation que nous avons reçue ou celle que nous avons donnée –la moins imparfaite possible- est de toute façon impuissante à montrer autre chose que les gros plans des comportements humains. C’est à chacun de se construire, de cheminer … et, si possible, d’utiliser ses expériences (ses "échecs ?") pour bâtir solide.

L’amour par exemple, qui est la première étape manifeste de la marche de l’être vers sa destinée personnelle, demande à être cultivé au lieu d’être seulement cueilli. Chacun doit chercher sans cesse l’autre. Comment ne pas réduire l’amour naissant à l’attrait des sexes ? Comment ne pas faire inconsciemment de l’amour un remède assuré contre la solitude qui vient, ou contre l’insécurité de demain parce que son échec alors probable y conduira inévitablement ? Comment aimer l’enfant sans le posséder, comment l’aider à grandir ?

Qui nous donnera la délicatesse du cœur, sa chaleur rayonnante, sa stabilité, qui facilitera sa modestie, sa discrétion, sa patience, son ardeur, sa confiance, sa limpidité si nous ne la possédons pas déjà à un degré suffisant pour pouvoir la développer ? Oui, qui si ce ne sont les épreuves de la vie, les expériences, les "échecs" ?

Qui nous aidera à dépasser ce que notre paternité, maternité a de possessif, de limité auprès de nos enfants pour les inviter à prendre leur indépendance et à entrer dans la vie ? Qui favorisera notre ouverture sur des horizons élargis quand nos enfants s’éloignent dans leur destin et nous conduira même à communiquer avec des êtres disparus depuis longtemps, nous faisant franchir toutes distances de temps et de lieu ? Qui ? si ce ne sont pas les solitudes, les méditations, au pire les deuils, les maladies, le chômage, les expériences, les "échecs" ?

Notre société, si avide de confort superficiel, si généreuse de consommations inutiles, si conciliante devant les exigences immatures des jeunes, si émerveillée devant les formes avantageuses des corps, nous écrase souvent dans le conformisme majoritaire au lieu de valoriser nos richesses individuelles. Si nous ne pouvons pas compter sur elle, apprenons à compter sur nous pour apprécier nos expériences (et nos échecs !) non pas à nos dépens mais pour notre plus grande richesse afin de nous aider à gagner au fil des années un peu plus de modération, davantage d’équilibre et peut-être beaucoup de sagesse.

 

                                                                                              Pascal  JACQUOT 

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 b DE  QUI  NOTRE  BEBE  SERA  L'ETRANGER ?

Une histoire (vraie) de Noël.
 

« D’un jour à l'autre, je vais donner naissance à un bébé, un petit garçon. Son père et moi attendons sa venue dans une sorte de coton vertigineux, étrange et indicible.(…) Car cet enfant va avoir du mal à entrer dans les catégories pré-établies qu’on lui propose. Anatole Leclerc sera français, né de deux parents français, eux mêmes nés français. Et j'espère qu'il en sera fier. Mais évidemment, si on remonte jusqu'aux grands parents, ça se corse.
Sa grand-mère paternelle était une enfant cachée, elle a porté l'étoile jaune et ses parents sont morts d'êtres nés juifs sans avoir pu élever leurs filles. Pendant ce temps, ses arrières grands-parents maternels étaient résistants communistes. Son grand-père maternel (mon père) Algérien (depuis naturalisé) était un sans papier quand il a épousé sa grand-mère, (ma mère) française, et eu des enfants. En Algérie, pendant la guerre d'indépendance, les français ont fusillé tous les hommes de sa famille de plus de 17 ans, sans procès ; pendant ce temps, son grand-père paternel faisait la guerre d’Algérie en tant qu'appelé français du contingent Son grand père maternel fait le ramadan et s’intéresse au soufisme et à l’hindouisme, sa grand-mère maternelle est mystique et sophrologue, ses grands parents paternels sont athées, ses parents sont athées, tendance bouffeur de curés, imams, rabbins. Son grand père paternel est ingénieur retraité du nucléaire, et sa grand-mère maternelle est une soixante-huitarde écolo antinucléaire, sa grand-mère paternelle née juive grecque est une fan de Brassens tout comme son grand père maternel qui est parti d'Algérie, il y a trente ans, sa guitare sur le dos pour seul bagage.

 

Et c’est, entouré de cette famille tout ce qu¹il y a de plus française, qu’Anatole, Magyd, Woody, Leclerc fêtera son premier Noël(…).
Aujourd’hui le racisme existe toujours, l’injustice existe toujours, mais les grandes idées nous glissent entre les mains comme le sable du désert. Seul le mélange fait qu'on ne regarde plus l'autre comme un étranger mais qu’on voit chez lui ce qui nous lie à lui. Malheureusement nous vivons dans un pays où le manque cruel de mixité sociale pousse les gens à se cramponner à ce qui leur semble être le plus grand dénominateur commun. Et horreur, je constate que ce dénominateur est souvent la couleur, l’origine, la religion ou les trois à la fois Les français de souches, les français noirs, les français maghrébins, les français  musulmans, les français juifs ; chacun d’entre nous en acceptant de nous soumettre à ces étiquettes grossières, ouvrons la porte au pire des racismes. Nous donnons à Sarkozy, à le Pen et à tous les français qui ont peur de la différence, ce qu'ils demandent. Nous disons oui, nous sommes différents, acceptez-nous différents, donnez des quotas à nos différences, rendez-nous nos droits de victime de l'histoire ! Et nous tombons dans le piège que l'humanité semble incapable de dépasser, siècle après siècle. Et ce, malgré le fait scientifique qui fait de nous, toutes origines confondues, des êtres identiques de chair et de sang.


" Est-ce que je préfère ma sœur à ma cousine, ou ma cousine à sa copine la voisine ? " chante Magyd Cherfi, chanteur français, digne héritier de Brassens. Non ! Il faut leur rappeler que la naissance est une chose, mais que le choix de vie et les convictions en sont une autre. Non, je ne préfère pas forcément ma sœur à ma cousine, je ne suis pas constituée que de mon héritage familial, mais aussi de ce que j'ai appris et aimé toute ma vie et de ce que je choisis d'être ! Cessons de nous identifier à une couleur plutôt qu'à une autre, à une souffrance plutôt qu'à une autre

Si communauté il doit y avoir, c’est la communauté des Hommes et des Femmes libres.

Anatole, Magyd, Woody Leclerc va naître. Son père et moi ferons tout ce que nous pourrons pour lui éviter d'avoir un jour à souffrir de ce qu'il est. Mais je ne peux pas m'empêcher d'avoir peur (ce sentiment qui fait tant de mal) quand je pense à lui. De qui notre bébé sera l'étranger ? De personne, je l’espère.

 

Extraits d’un texte de Baya Kasmi écrit pendant la révolte des « Quartiers »,

 

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 b LE  BONHEUR

 

Avec la permission de Gérard, cet extrait de son courriel qui a permis à tous les membres du groupe EP1 d'"écouter et de partager" sur le bonheur :

 

Gérard a perdu la vue suite à une grave  maladie. Il est né en 1955  et a édité son premier conte pour enfant en janvier dernier (l’Harmattan, éditeur).

 

Dis, c’est quoi le bonheur ?

C’est une vaste question que pourrait poser un enfant à son papa. Si je veux l’aborder ici c’est que j’ai peut être une vision différente du bonheur.

Le bonheur je l’ai connu et le connais encore. Je l’ai connu tout le temps que j’ai été élevé par ma grand-mère. Tout était beau avec elle, tout, même les devoirs qu’elle me faisait faire en plus de l’école.

Le bonheur je le connais encore avec ma mère. Je lui dois beaucoup, tu sais, et je crois t’en avoir déjà parlé, mais je résumerais à ceci : elle m’a donné la vie trois fois. La première en me mettant au monde, la seconde lorsqu’elle à dit au chirurgien, en mars 1961, de m’opérer alors qu’il venait de lui apprendre que je n’en avais plus que pour douze jours et que je mourrais sur la table d’opération. Elle a quand même dit d’opérer et ce fut une réussite formidable, inattendue, non prévue, presque un miracle. La troisième fois ce fut ce jour de 1982 où je suis sorti de mon premier coma profond, très profond même, ce jour où j’ai entendu une petite voix appeler « Gérard,Gérard.. » sans cesse alors que mon corps était maintenu en vie sur le lit avec des tas d’appareils, et que moi j’étais une petite bille jaunâtre qui avançait lentement, si lentement vers cette voix qui appelait sans cesse « Gérard, Gérard ». La voix devenait de plus en plus audible. La petite bille jaunâtre  avançait lentement vers la voix. Soudain la voix est devenue toute proche. La petite bille jaunâtre a dit « tu es là maman ? » . La voix a dit « oui, c’est maman je suis là ». Alors la petite bille jaunâtre a réintégré le corps et celui-ci s’est assoupi.. Je me suis alors remis à vivre. (../..)

 

Si je ne quitte pas ma mère, c’est que je lui doit tant et que nous serions malheureux, l’un sans l’autre. Ma mère et mi formons une famille à nous deux seulement puisque il n’y a plus personne autour de nous, ni grand-mère, ni grand père, ni oncle ni tante ni frère, ni sœur, rien , rien du tout. Alors pourquoi casser cette fragile famille monoparentale. Nous vivons presque comme un couple, avec des bas quelque fois, mais si rares, plutôt des hauts et j’aime faire rire ma mère, le rire c’est du bonheur  et j’aime donner du bonheur.

 

(puis Gérard parle de sa maladie , son reste de vue qui lui fait voir des choses extraordinaire et qui prête à rire ou à sourire..)

 

Ces « vues » souvent inattendues me rappellent cette vérité que je veux oublier : je suis amblyope profond. Mais mon envie de vivre heureux domine et m’aide à surmonter ces moments difficiles.

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 b DEVENIR  SOI  SANS  S'ISOLER

 

Je ne sais pas si vous avez le don de l'ubiquité mais moi, je dois faire face chaque jour à des tâches si nombreuses que j'en ai parfois le tournis: préparer, téléphoner, nettoyer, acheter, conduire, répondre, prévoir, lire… et j'en passe. Comme vous, j'assume mes obligations quotidiennes, je suis assidu à mon travail, je m'occupe de… mon corps, mon cœur, mon conjoint, mes enfants, mes parents, mes collègues, mes amis… Et peut-être que je néglige encore l'essentiel. Alors ? Alors faut-il récapituler l'abécédaire de la sagesse de notre groupe ?

 

A - Se poser

Dans le tourbillon de mes activités habituelles, je me pose parfois pour faire le point, pour y voir plus clair, pour bien repérer l'indispensable du secondaire, pour accepter le silence qui permet de mieux entendre. Le silence qui parfois fait peur parce qu'il me parle au coeur. Loin du remue-ménage, des activités qui bouillonnent. "Se poser" n'est pas spontané et cela m'invite à une discipline. Pour m'aider à me poser seul, je m'impose de me poser aussi en groupe.

 

B - S'accueillir

Je ne suis pas un extra-terrestre mais tout simplement un être humain. Qui a besoin de manger, de se sentir utile, de faire l'amour, de progresser. Et d'apprendre à m'accepter tel que je suis, non pas tel que je voudrais être, tel que je souhaiterais être mais accueillir le moi nu, sans fard, sans chirurgie esthétique. Or s'accueillir n'est pas facile et demande le cheminement de toute une vie.

 

C - S'exprimer

Je n'ai pas la parole aisée. Je parle de moi avec maladresse mais verbaliser ce que je sais ou sens, traduire avec mes mots ce que je crois vrai, positif  me fait du bien. M'exprimer n'est pas spontané et invite à la modestie et à la simplicité.

 

D - Écouter

J'ai tellement à faire que je n'ai guère le temps d'écouter. Déjà de m'écouter. Alors écouter les autres !!! Pourtant écouter l'autre, un ami qui ose s'exprimer, qui "plonge", sans grand discours, sans éloquence, maladroitement peut-être mais qui se dit vraiment; écouter cet ami comme si c'était moi, avec la même attention, le même respect, le même silence; n'est-ce pas écouter la parole de la vie, les hésitations et le questionnement d'un autre moi ? Sa parole m'interpelle et j'apprends à l'accueillir avant de la discuter pour mieux la ressentir. Comme j'apprends aussi à accueillir la parole des prophètes, celle de Jésus, celle des sages. Pour mieux l'appréhender et m'en nourrir.

 

E - Devenir nous

S'écouter, écouter la parole de l'autre, écouter les messages de la vie, écouter les luttes des hommes qui combattent pour que leur vie soit respectée, écouter la Parole des grands initiés qui parlent au cœur de tout homme, c'est "devenir un peu plus nous" ensemble. En nous écoutant mutuellement, en nous comprenant un peu mieux, en partageant un peu plus nos espoirs et nos échecs, le "je" devient "soi", l'ermite se mêle au groupe, l'individualiste communie au destin collectif…

Tout cela est difficile à dire. Et encore plus difficile à vivre. Car les épreuves, les échecs fissurent l'enthousiasme. Ces échardes nous forcent à approfondir au lieu de fuir dans l'imagination, nous appellent à dépasser notre pauvreté pour accepter la réalité…  André Comte-Sponville nous invite néanmoins à la prudence en écrivant : "Tout le malheur des hommes vient de leur propension à décoller du réel, à s'installer en imagination ailleurs que là où ils sont".

 

Ecoute et Partage n'est pas épargné par les divergences de vue mais il apprend à les écouter. Il les entend et les respecte. S'il accepte chacun avec sa diversité et sa richesse propre, il sait aussi qu'il ne peut éxister qu'en étant en lien avec d'autres groupes qui cheminent et recherchent la même ouverture. Tout en étant fort attaché à son originalité, le groupe choisit donc de "ne pas s'isoler". Il fait actuellement partie du réseau d'Espérance 54 mais en gardant sa liberté, il ne s'inscrit nullement dans une démarche visant à faire évoluer l'Eglise.                                                                                Pascal  JACQUOT

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b  EXPERIENCES  DE  VIE PERSONNELLE

 

Quand ce groupe devient un lieu d’expression où il est possible de déposer des expériences de vie personnelle :

Nous livrons ici deux moments forts vécus autant par celui qui a amené le sujet que par ceux qui l’ont reçu.

La maltraitance d’une personne âgée 

Lors d’une tentative de dénoncer un tel acte, comment être cru et entendu par les professionnels du médico-social qui se couvrent ou ne veulent pas toujours voir la réalité ?

La question était alors de dépasser la culpabilité ressentie face à cette situation bloquée, où celui qui dénonce se retrouve seul.

Il semble important d’entretenir notre capacité à dire, à s’indigner, à s’opposer et résister pour protéger les autres.

Etre conforté dans cette position est nécessaire à un moment donné, dans une action que l’on mène seul pour l’un de nos proches. Se relier à des associations d’usagers peut aussi aider.

 

Intimidation dans une cave, vol de 50 euros et tentative de racket d’un jeune de 18 ans par deux de ses copains d’origine étrangère.

Toute la difficulté résidait dans « quelles actions et réactions avoir dans cette situation ? »

Ces jeunes gens avaient été ses amis, venaient chez lui, connaissaient bien ses parents.

La question de la protection de la victime se pose: le jeune de 18 ans est touché, a peur et subit surtout une incompréhension totale.

Lors du partage de cet événement, le groupe « Ecoute et Partage »  a pu contenir à ce moment toutes les idées à mettre en œuvre pour faire face à cette situation : elles étaient multiples et parfois opposées. Cela mettait bien en évidence la difficulté de trouver « la bonne façon de réagir ».

D’une part, la question de l’intervention de la loi a été largement évoquée.

D’autre part, même si nous étions tous persuadés qu’elle est une richesse, la dimension de la différence de valeurs et de culture abordée ce soir là, a ouvert sur la compréhension de modes de fonctionnement qui ne nous sont pas accessibles naturellement.

 

Cet échange a permis certainement de trouver un entre deux et de ne pas répondre de façon extrémiste (comme l’a d’ailleurs été ce méfait).

Même si l’option de faire une main courante à la police a été retenue, elle s’est accompagnée par une tentative d’échanger avec les jeunes, de les interpeller sur leurs agissements qui dépassaient notre entendement.

Il est vrai que la discussion n’a pas été simple comme si l’accès à la nuance, à la distance par rapport aux mots prononcés n’était pas possible.

Les mêmes mots ne semblent pas avoir le même sens. Le rappel à la loi a été mal perçu, comme impossible à entendre. Ceci dit, il a quand même eu le mérite d’être prononcé.

Tout est amplifié, excessif.

Le discours le plus entendu, a été celui du côté de l’affectif, celui du cœur…Heureusement peut-être… Sinon, tout cela aurait pu être sans issue ou en réponse à l’excès et la gravité des faits, dans quelque chose du « tout du côté de la loi » (une plainte). C’était cependant difficile d’oublier que ces trois jeunes étaient encore des copains un mois avant les faits.

 

La vie d'Ecoute et partage

 

Le groupe a pour chacun d’entre nous cette capacité d’accueillir les  « paroles des uns et des autres ». Le temps d’une pause et le temps d’y déposer ce qui nous anime, qui nous traverse l’esprit, qui nous entame, qui nous dérange et même qui nous fait souffrir.

Ce groupe nous semble peut-être à chacun une force dans notre parcours de vie ; force puisée dans la relation à l’autre, « aux autres » dans la richesse de leurs paroles énoncées  ; force trouvée à l’intérieur de chacun dans le désir d’adresser des paroles pour les partager…

Il apparaît d’ailleurs que les thèmes amenés ces derniers temps évoquent bien notre condition humaine dans cette dimension d’être relié aux autres hommes, de l’ajustement permanent que cela nécessite, de la place si souvent questionnée de l’homme dans différent groupe.

Chacun se livre ou livre une petite part de lui :

La parole… dire ce que l’on pense…comment est entendue ma parole par l’autre…elle peut être violente, génératrice de conflits…

Et puis, l’écoute des paroles des autres, les propos prennent du sens ou ne valent pas la peine … la capacité du retrait…

La transmission, donner, le bonheur à transmettre

Etre avec les autres, et non pas tout seul, ressentir cette force en nous (existence de Dieu ?) et percevoir le potentiel en l’autre.

Responsable de notre comportement, accepter nos limites, les reconnaître.

 

C’est en mettant au milieu du groupe tout ce beau matériel de paroles, de pensées, de réflexions et c’est en saisissant chacun à notre mesure cette nourriture pour l’intérioriser qu’Ecoute et Partage chemine. Nous sommes entraînés dans une aventure où alternent des moments de fermeture, puis d’ouverture, des moments vides qui se remplissent.

 

Pascale et Jean-Paul Mourot

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b  NOUVEAU  DEPART 

N

ous avons chacun nos occupations, nos responsabilités, nos soucis… et nous essayons de les porter au jour le jour, avec courage et sans trop d’appréhension mais cela nous semble lourd parfois. Il y a la vie professionnelle à assurer, les enfants à suivre, la maison à entretenir sans parler du conjoint, de la vie affective, des interpellations socio-politiques ou spirituelles… et de la santé, la sienne bien sûr mais aussi celle de ses proches. Coordonner tout cela en sachant écouter, voir, sentir ce qui se passe autour de soi, près de soi et en soi n’est pas simple. Alors, nous reste-t-il encore un peu d’espace pour goûter la vie, notre vie ? Et pour apprécier ce qui est vraiment essentiel pour nous ?

Quel que soit notre âge, l’étape que nous traversons actuellement semble s’emballer, devenir un peu folle. Le rythme des échéances s’accélère, les déplacements dévorent le temps. Nous avions prévu ceci ou cela et nous n’avons pu le réaliser. Nous aurions aimé rencontrer tel ami, visiter tel parent, réaliser tel aménagement pendant les vacances et c’est loupé, c’est remis aux calendes de l’espoir. Maintenant, c’est la rentrée et avec la cascade de nouvelles contraintes, il va falloir jouer serré et s’organiser pour ne pas se laisser dépassé ! Alors cette rentrée sera-t-elle celle d’un nouveau départ, celle où nous saurons mieux choisir entre l’essentiel et le secondaire, l’indispensable et le superflu, l’urgent et le non pressant ?

Oui, avant de commencer à compléter un planning, il est nécessaire de faire le point. Pour respecter nos besoins fondamentaux, pour réaliser le travail qui nous fait vivre, nous devons aussi savoir nous arrêter, pratiquer un sport, rire, méditer… Pour assumer nos responsabilités, nous devons équilibrer nos exigences… Comment pourrons-nous être efficaces si nous ne sommes pas vraiment nous-mêmes, si nous ne sommes pas à l’aise dans notre peau ? Il y a donc des orientations à se donner, des priorités et des limites à s’imposer, des choix concrets à décider et des engagements à respecter. Sans remettre à plus tard, sans attendre un demain plus souriant en caressant un espoir qui cache la réalité du présent. Car rien ne sert de se promettre ou de promettre à d’autres si l’on ne peut assumer. Et notre participation à un groupe, à une association, à une action militante est-elle bien fondée ? Correspond-elle bien à un besoin, à une attente essentiels pour moi ?

Prendre un temps d’arrêt, m’imposer un moment d’écoute, partager mes doutes autant que mes convictions, apprendre à entendre les appels sourds de mon corps ou de mon cœur autant que ceux de mon voisin, comprendre les réponses d’initiés qui donnent un sens à la vie autant que celles de mes amis qui pataugent dans les méandres de leur fleuve non tranquille ; me laisser interpeller par ma conscience intérieure et par mes compagnons qui sont eux-mêmes interpellés ; aimer, chercher à m’aimer d’abord moi-même comme je suis et pas seulement comme je voudrais être, accepter d’être aimé sans masque avec mes valeurs et mes fragilités ; me sentir membre à part entière d’un réseau solidaire tout en restant totalement libre de mes convictions ; être partie prenante dans un groupe où j’ai ma place, où je suis reconnu, un groupe qui se cherche sans se replier, sans s’isoler, un groupe qui est en lien avec la vie, le monde, ses interpellations, ses avancées, ses aberrations … Voilà ce que je peux découvrir et vivre avec le groupe Ecoute et Partage. Et en cette rentrée, c’est à moi, à moi seul, de choisir pour dire si c’est important, essentiel… ou secondaire dans ma vie.

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b  OSER ÊTRE

Pour beaucoup de nos contemporains, vivre, c’est déjà subsister, c'est-à-dire avoir de quoi manger et s’habiller, tenir le coup ou parfois en un mot, ne pas crever. La plupart de nos anciens considéraient comme superflu ce qui ne servait pas concrètement à nourrir ou tout ce qui ne semblait pas indispensable à la vie. Aujourd’hui, même en France pourtant 3ème pays le plus riche du monde, le droit essentiel à la vie n’est pas accordé à six millions de pauvres. Sans parler de toutes les pauvretés affectives, sentimentales, spirituelles. Mais même si nous avons la chance de ne pas avoir comme première préoccupation le gîte ou le couvert, la vie nous interpelle cependant car chacun rencontre au cours de sa vie son lot de surprises et de difficultés.

 

Nous n’avons choisi ni notre lieu de naissance, ni notre famille, ni notre milieu. Même notre métier, notre orientation, notre parcours ne sont souvent que partiellement notre choix. Mais, que nous l’acceptions ou non, c’est avec ce que nous avons reçu, avec le contexte qui est le nôtre, que nous sommes appelés à être en 2004. A être vraiment nous-mêmes. Or, même comblés par la sécurité financière, par le confort, beaucoup ne peuvent être satisfaits. Même si nous avons ce qui peut paraître indispensable pour vivre. Si nous avons en effet, nous ne sommes pas. Pour être vraiment, nous devons cheminer, progresser pour nous réaliser. Et malgré notre bonne volonté, nous ne serons toujours que partiellement car nous nous construisons petit à petit.

 

Nous avons (bénéficié ? d’) une éducation, une formation, des expériences diverses mais nous sommes invités à être vraiment nous-mêmes. Nous sommes appelés à oser utiliser notre indépendance, notre liberté, pour être, être un peu plus, être un peu mieux. Pour révéler et développer notre être comme le révélateur développe une photo en laissant apparaître le profil réel d’un personnage ! Chacun de nous est l’artisan de son propre développement. Notre époque offre des exemples d’ouverture, parfois de témérité, particulièrement riches qui appellent à l’optimisme et à la confiance. En nous libérant d’un conditionnement insidieux, de contraintes bourgeoises ou de tabous religieux, nous sommes conviés à d’abord nous respecter pour être un peu plus, un peu mieux nous-mêmes.

 

 Et nous sommes particulièrement heureux quand tombent les masques ou l’hypocrisie qui cachent la souffrance ou dissimulent la vérité. Nous sommes très touchés quand certains osent dire –parfois publiquement à la télé par exemple- leur parcours difficile. La mère célibataire qui arbore son ventre en chantant « j’ai fait un bébé toute seule » alors que les parents de bonne famille cachaient autrefois leur fille-mère dans un couvent. L’homo qui manifeste ouvertement délicatesse et amour profond et sincère pour un alter ego alors qu’il se sentait totalement exclu de la société. Le marié qui constate s’être trompé et s’engage loyalement dans une nouvelle relation. Le religieux qui ne se refuse plus un amour équilibrant pour respecter un célibat qui devait lui donner une disponibilité supplémentaire. L’adulte né sous x qui recherche ses origines. L’orphelin isolé qui rencontre ses frères et sœurs dispersés. Le déprimé qui refuse de s’isoler et cherche à partager ses projets. L’alcoolique qui fréquente un groupe d’alcooliques anonymes…

 

Si  certains prétendent aujourd’hui réhabiliter les vraies valeurs avec les méthodes intégristes qui poursuivent « l’axe du mal », il y a 2000 ans, un prophète n’hésita pas à affronter le politique, le social et surtout le religieux en invitant sans violence ses amis à s’affranchir de toutes les entraves pour trouver leur épanouissement :

« Va, je t’aime, désormais aime-toi aussi car personne ne te condamne »» dit-il à une femme soupçonnée d’adultère Jean 8. 3-11

Il est vrai que sa générosité, sa témérité humaine lui ont valu une condamnation réservée aux voyous. Il invitait pourtant tout simplement à « être ». Et il nous invite aujourd’hui encore à être. Tout simplement être pour que nous soyons ses témoins. A chacun de nous d’apprendre à oser être et c’est ce que, petit à petit, les membres d’Ecoute et Partage essaient concrètement.

 

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b  OSER  ÊTRE  LIBRE POUR  ÊTRE  PRÉSENT AU PRÉSENT

Qui pense vraiment que « la vie est un long fleuve tranquille » ? Et qui en réalité  ne vit ses choix, ses épreuves, ses orientations sans interpellations, sans souffrance ? Pourtant, même si nous nous trompons parfois, même si nous prenons de mauvais chemins, l’essentiel n’est-il pas qu’à travers nos choix, nos épreuves, nos orientations nous soyons toujours habités par une recherche d’équilibre, un désir de sagesse et même une soif d’absolu ?

Le philosophe Graf Durckheim disait : « Nous devons arrêter de chercher Dieu. Ce qu’il faut, c’est nous laisser trouver par Lui ». En effet dans notre vie, n’est-ce pas Lui qui nous cherche sans relâche ? N’est-ce pas Lui qui, à travers une dépression, a transformé notre paysage intérieur ? N’est-ce pas Lui qui, au milieu de notre vie professionnelle ou sentimentale, nous incite à trouver une vie un peu moins artificielle ? Lui qui, de jour en jour davantage, se révèle à nous ? C’est au cœur qu’Il nous parle, pour peu que nous consentions à faire en nous un peu de silence pour l’entendre.

Il ne sert à rien de vouloir transformer le monde si je ne me transforme pas moi-même. Ou plutôt si je ne me laisse pas transformer. Et cela, c’est le travail de toute ma vie. Comme beaucoup, je voudrais trouver le contact avec mon être essentiel. Mais il ne faut pas chercher. Il faut seulement se laisser trouver. Toute la vie spirituelle est là. Car l’Etre ne fait rien d’autre que nous chercher. Se laisser trouver, cela veut dire : laisser le Divin s’exprimer en nous, à travers nous, s’ouvrir pour qu’Il vienne. Ou pour ceux qui ne croient pas au Divin, « prendre le temps d’écouter la dimension de moi qui est reliée au divin qui est en moi » comme dit Jacques Salomé.

Ce Divin, celui que nous appelons par commodité Dieu, nous pourrions refuser de le nommer, sans doute parce que le nommer, c’est déjà le réduire, lui donner des limites. Mais essayer d’être un peu plus serein, devenir un lutteur pour renverser les idoles, chasser les marchands du temple, démasquer les sottises ou les hypocrisies, c’est Lui donner sa place, reconnaître simplement qu’Il compte pour nous, que nous Lui donnions d’ailleurs le nom de Yaweh, de Jésus, d’Allah ou du Boudha…Même si nous ne partageons pas ses attributs d’éternité, de créateur, de toute puissance, de divinité mais simplement que nous essayons de construire concrètement la communauté humaine qu’Il désire… Car Il habite en nous. Si nous le voulons, nous pouvons avoir un lien direct avec Lui à chaque instant de notre vie. Sans même avoir besoin du moindre intermédiaire. « Il est vrai –dit Oria, une femme de lumière comme l’appelle l’écrivain Jean Pierre Cartier,- que, dans notre inconscient, Il nous a trouvés de toute éternité. L’important pour transfigurer ce monde et nous-mêmes, c’est d’être conscient de ce lien d’amour, et de le vivre dans toutes les circonstances de la vie ».

Alors pourquoi sommes-nous sur cette terre ? Pour prendre le métro, aller travailler et rentrer le soir ? Pour avoir une belle maison, une belle voiture, un bon conjoint … et nous créer de nouveaux besoins superflus que nous cherchons à satisfaire ?… Ou pour apprendre à être libres, libres de trouver pourquoi nous avons été placés sur cette terre, libres de savoir ce que nous avons à faire parce que ce que nous avons à faire chacun est unique ? Oui libres. Alors n’hésitons pas, osons. Osons briser les fausses morales qu’on nous a inculquées, les fausses priorités que nous nous sommes créées. Et vivons. Sans attendre. Totalement présents au présent. Car « ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous le vêtirez. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture et le corps plus que le vêtement. Regardez les oiseaux du ciel, ils ne sèment ni ne moissonnent et votre Père Céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? » Mt 6 25-34

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b  ECOUTE  et  PARTAGE

            Les préoccupations des femmes, des hommes -et des jeunes- d’aujourd’hui sont souvent très concrètes : les conditions d’existence suffisent à mobiliser leurs énergies.  Beaucoup parmi eux, nous semble-t-il, sont cependant très sensibles aux besoins des autres à travers leurs propres difficultés. La solidarité ou les combats pour la justice les interpellent. Ils sont soucieux d’authenticité et savent s’engager dans des actions précises.

            Si, pour beaucoup d’hommes actuels, l’interrogation religieuse n’a guère de place et si le clivage entre croyants et agnostiques s’estompe, certains de nos contemporains sont toutefois interpellés par celui qui a faim, celui qui souffre, l’étranger, le malade, les sans papiers et sont attentifs au monde dans lequel ils vivent. Affrontés à la souffrance, aux épreuves, ils apprécient d’être accueillis, écoutés, visités et ils entendent facilement cette parole :

« Chaque fois que vous avez donné à manger à ceux qui ont faim, visité celui qui est malade, accueilli l’étranger, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits, qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » Matthieu 25- 34 à 46.

            Même si beaucoup ne se préoccupent guère de religion, certains essaient de vivre ce qu’ils croient. Si beaucoup ne « pratiquent » pas –c'est-à-dire ne fréquentent pas les offices religieux-, certains pratiquent en réalité l’essentiel en assumant personnellement la voie de l’autonomie pour répondre à leurs interrogations et en se construisant dans la réflexion et le dialogue.

            Chaque fois que quelqu’un fait en effet l’expérience d’une écoute attentive et d’une mise en commun loyale, il découvre étonné, émerveillé que les approches diversifiées viennent enrichir sa propre perception. On peut avoir des appréciations différentes sur des sujets brûlants (par exemple l’euthanasie, l’avortement, l’accueil des immigrés, l’aide des plus démunis), l’écoute vraie et le respect des convictions de l’autre n’estompent pas ou ne réduisent pas nos propres convictions mais peuvent les fortifier en nous interpellant et en nous invitant à les expliciter.

            Les femmes et les hommes de notre groupe souhaitent utiliser leur autonomie, leur liberté et leur responsabilité pour vivre une véritable cellule d’écoute et de partage. Le message évangélique et d’autres textes prophétiques nous permettent d’essayer d’incarner dans la vie les valeurs vivantes qui nous animent et de les vivifier. Nous savons qu’il ne faut rien attendre du ciel  - « Pourquoi regardez vous le ciel ? » (Actes de apôtre 1 , 11) – mais qu’il importe d’empoigner à pleines mains notre terre et notre chemin en humanité. Nous n’écoutons plus les « commandements », les vérités toutes faites et infaillibles, les réponses toutes données qui ne permettent pas un dialogue véritable. Nous sommes ouverts aux questions, aux appels et aux aspirations de l’humanité en recherche. Mais nous fuyons le fanatisme, les intégrismes des Ayatollahs ou des Bush qui utilisent Mahomet ou Dieu pour satisfaire en réalité leurs intérêts. Nous croyons que « vos fils et vos filles prophétiseront » comme l’annonçait le prophète Joël et qu’aujourd’hui l’Esprit continue à souffler où il veut (Jean 14.12).

                                                                Les membres d’Ecoute et Partage

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