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Ecoute et Partage
Dernière mise à jour le :
vendredi 02 décembre 2011
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Santé et équilibre alimentaire
2011.11
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Pour la vie ?
2011.06
b.
La "communauté de foi"
2011.04
b.
Stéphane
Hessel 2011.03
b.
Nouveau départ … pour une année 2010.12
b.
Merci 2010.10
b.
Dans le
regard vers l'autre, nous naissons 2009.12
b.
Force et courage 2009.11
b.
Une
histoire d’amour en guise d’adieu 2009.03
b.
De "la paix avec soi-même"
2009.03
b.
Nos "Vœux
EPHATA" 2009.01
b.
Le moment présent 2009.01
b.
Se retirer … 2008.10
b.
Diaporama : La Morale
du papillon 2008.07
b.
Mes conseils
pour s'aimer soi-même 2008.07
b.
Estime de soi et souci de l’autre 2008.04
b.
Mes
conseils pour
voir l’autre 2008.02
b.
Equilibre 2008.01
b.
Echanger
pour se sentir moins seul 10.2007
b.
Pourquoi pas moi
? 10.2007
b.
Etre avec les autres en restant soi-même
09.2007
b.
Silence et parole 09.2007
b.
Hommage à Christiane Singer
08.2007
b.
Ecouter l'autre !
05.2007
b.
Mort et dépendance
05.2007
b.
Un échec ? Non, une expérience
02.2007
b.
De qui notre bébé sera
l'étranger ? 01.2006
b.
Le
bonheur ? 05.2006
b.
Devenir
soi sans s'isoler 05.2005
b.
Expériences de vie personnelle
01.2005
b.
Nouveau départ
10.2004
b.
Oser
être 05.2004
b.
Oser être libre pour être présent au présent
11.2003
b.
Ecoute et Partage
05.2003
***************
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b.
Santé et équilibre alimentaire
Dans notre vie,
nous sommes tous confrontés à des
problèmes de santé qu'il nous faut
résoudre au mieux. Le travail que j'ai
mené auprès des agriculteurs-éleveurs
m'a conduit à constater que le facteur
alimentaire a une grande importance pour
le maintien général d'un bon équilibre.
Quand des problèmes lourds de santé se
posent, cet équilibre devient alors
essentiel.

C'est pourquoi
de nombreuses publications parlent
aujourd'hui de l'importance alimentaire
et plus principalement de l'équilibre
acido-basique. Cette notion qui peut
sembler nouvelle, a en réalité été
largement mise en évidence au début du
20e siècle par le docteur Paul Carton
qui en a fait le socle de sa thérapie.
L'œuvre du docteur Paul Carton prend sa
source dans la pensée d'Hippocrate qui
déclara "Que ton aliment soit ton
médicament".
Le but militant
que je poursuis (en tant que biologiste
de terrain) est de diffuser dans un
large public ces informations. Pour une
initiation, c'est sous forme de recettes
qu'il convient d'appliquer la découverte
de l'équilibre acido-basique dans
l'alimentation de tous les jours. Aussi
je donne ces précisions avec un souci de
brièveté :
- Dans notre
organisme nous possédons environ 5
litres de sang qui sont en relation
directe avec notre système digestif. Le
sang distribue ensuite à l'ensemble du
corps les éléments énergétiques (sucres)
et les éléments de réparation (azoté).
- Le sang a un
pH de 7,3, c'est-à-dire un équilibre
acido-basique neutre et légèrement
alcalin.
- Les aliments
ont eux un pH très variable qui peut
descendre jusqu'à 2,5 pour certains
fruits, ce qui en fait des acides
puissants.
- Imaginons en
période estivale, l'ingestion, pour se
désaltérer, d'un demi-litre de jus de
fruit au pH 2,5. Ce liquide très acide
va donc migrer dans le sang.
- Le pH du sang
ne doit pratiquement pas varier, sinon
se produisent de graves
disfonctionnements. Face à cette
agression, le sang va réagir en puisant
dans le système lymphatique et dans les
os le calcium nécessaire pour
"neutraliser" ce liquide agressif.
- En pharmacie
il est possible de trouver des papiers
test qui permettent d'évaluer le pH des
aliments.
- A titre
expérimental; pour ramener un verre de
jus de fruit acide pH 2,5 à la
neutralité pH 7, il faut lui ajouter une
cuillère à café de bicarbonate.
Imaginons ce qui se passe dans
l'organisme quand de telles quantités de
minéraux sont prélevées…
Chacun peut
alors comprendre comment, l'aliment ou
le liquide très acide retire dans
l'ensemble de l'organisme les minéraux
basiques (calcium) fragilisant le
système articulaire et osseux ainsi que
le système immunitaire qui lutte moins
efficacement contre les infections.
- Pour donner
une indication d'ordre général, les
prises d'aliments très acides doivent
être des exceptions que l'organisme
pourra supporter facilement. La logique
sera donc de rechercher des aliments ou
des liquides dont le pH se situe entre
4,5 et 7. Dans cette fourchette de pH,
l'alimentation reste positive et ne
demande pas d'effort digestif exagéré.
L'ensemble des fonctions naturelles peut
alors disposer de l'énergie nécessaire
pour harmoniser sereinement la vie du
corps et de l'esprit.
- Quelques
exemples d'aliments végétaux recommandés
:
La laitue, les
courgettes, les potirons, les haricots
verts (pH 4,5), les pommes de terre, le
melon (pH 7), les pommes Golden, la
mirabelle (ph 4,5), la banane (pH 7).
Les
sous-produits animaux (viande, œufs,
laitages) sont à un pH idéal, mais
peuvent devenir acidifiants, ce qui pose
un autre problème qui pourra être
développé ultérieurement dans ces
colonnes.
A suivre…
Compte rendu de
l’Atelier ''Personnalité et Santé" du 18
novembre 2011
Jean-Marie
Didon,
ancien technicien de culture biologique.
(J. M. Didon
se propose de répondre à toutes les
questions que vous soulèverez ;
jeanmarie.didon@gmail.com
Nous vous invitons à compléter le
sondage ci-dessous pour nous donner
rapidement votre avis :
De jeunes
tourtereaux sont amoureux. Voilà un
sentiment à la fois commun et
merveilleux et nous nous en réjouissons.
Mais que ce jeune couple se marie « pour
la vie » et nous serons plus
circonspects car nous savons, surtout à
notre époque, toutes les difficultés de
la vie à deux dans la durée …
Un jeune très
ouvert et courageux souhaite s’investir
pour les autres. Nous admirons sa
générosité et son altruisme. Mais qu’il
s’engage dans la prêtrise « pour la
vie » et nous craindrons peut-être pour
sa témérité.
Des parents
conduisent leur enfant dans les fonds
baptismaux. S’il s’agit d’un engagement
des parents qui veulent partager leur
foi, nous nous associerons à leur fête.
Mais que, par ce baptême, l’Eglise
engage un bébé « pour la vie », nous
nous étonnons de cette mainmise … Même
si le bébé devenu adolescent renouvelle
par la suite les promesses de son
baptême. Quelles promesses ? Pas les
siennes évidemment.
Tous signent la
bonne foi de leur engagement sur des
registres … Mais ne faut-il pas être
présomptueux pour s’engager ainsi « pour
la vie » à 20, 25 ou même 30 ans ? Or
l’intuition spontanée des jeunes
générations qui repoussent cet
engagement n’est-elle pas plus sage que
les règles des institutions ancestrales
qui l’imposent « pour la vie » ? …
Il y a peu, un
fils de catholique était baptisé
catholique, un fils de protestant,
baptisé protestant, un fils de musulman,
baptisé musulman et personne ne peut
ignorer le contexte sociologique de la
naissance qui, tout à fait
naturellement, insère un nouveau-né dans
son milieu. S’il ne s’agit que d’une
coutume qui favorise ou facilite
l’adoption d’un enfant dans sa
communauté, nous l’apprécions bien
évidemment. Mais que cette communauté
utilise progressivement et au fur et à
mesure des siècles son installation
sociale pour s’imposer auprès d’une
rivale, nous le constatons alors pour le
déplorer. Par exemple quand elle
consolide son emprise en « récupérant »
par le baptême, peu après la naissance,
les enfants de ses membres … Quand elle
demande à un conjoint de se convertir
pour que ses enfants soient acceptés …
Quand elle impose le célibat à son
clergé pour éviter tout démembrement de
ses biens par héritage …
Il y a peu, un
fils de paysan devenait paysan, un fils
de médecin était réservé au monde
médical, un fils de famille nombreuse
dans une bonne famille chrétienne était
appelé à la voie sacerdotale ! Mais
l’amélioration des conditions de vie et
l’évolution de la culture, permettent
aujourd’hui à chacun d’élargir ses
choix. Il est maintenant à peu près
admis que la liberté et le respect des
choix de chacun sont essentiels pour
l’épanouissement individuel. On ne
s’étonne pas qu’un fils de médecin
devienne paysan, on ne s’offusque pas
qu’un fils de catholique devienne moine
bouddhiste. Et c’est heureux.
Mais des poches de
résistances se constituent dans les
milieux qui cherchent à conserver
–inconsciemment ?- leurs privilèges.
Pourquoi les parents sont-ils encore
encouragés à baptiser « pour la vie »
leur enfant très jeune ? Pourquoi un
divorcé remarié est-il encore exclus de
la communion « pour la vie » ? Pourquoi
un prêtre doit-il encore rester
célibataire « pour la vie » ? Sur ces
points et bien d’autres la position de
l’Eglise catholique est figée alors que
le message évangélique est, pour sa
part, très accueillant et très ouvert !
Pourquoi ne pas
substituer à l’engagement dogmatique
« pour la vie » un engagement
responsable, progressif, par étapes et
par contrats successifs ? Un engagement
qui éduque, qui permet de se construire
petit à petit, en fonction de son
évolution, de ses difficultés, de ses
intérêts ou goûts ? Les amoureux
pourraient se promettre fidélité, trois
ans d’abord par exemple, puis dix ans
quand ils accueillent leur enfant pour
l’élever ensemble ; les parents
s’engageraient ainsi aussi longtemps
qu’ils le souhaitent mais ils
n’engageraient jamais leur enfant à sa
place; le prêtre renouvellerait son
choix de ministère tous les cinq ans …
Au terme de leur contrat, les uns et les
autres pourraient le reconduire, le
poursuivre, le consolider et le mûrir …
Ils pourraient aussi prendre une autre
voie sans se renier, sans rompre une
promesse, sans être des lâches, sans se
culpabiliser d’avoir évolué dans leur
cheminement parce qu’ils ne se veulent
pas hypocrites, parce qu’ils préfèrent
agir sans se cacher …
Que les Eglises
imposent leurs règles, on peut ne pas
les partager et souhaiter les faire
évoluer mais il nous revient aussi de
respecter les particularités des
différentes communautés. Par contre,
comment se fait-il que la société civile
laïque, au service du public en général,
ait copié aussi servilement les méthodes
religieuses ? Pourquoi le mariage civil
est-il aussi imposé légalement « pour la
vie » ? Actuellement, une fois sur deux
au moins, il se conclut par un divorce
qui est souvent difficile et toujours
douloureux non seulement pour les « ex »
mais aussi pour les enfants. Pourquoi ne
se consomme-t-il pas d’abord pour un
temps limité, avec une durée précisée à
l’avance, puis avec un autre temps, le
temps de se construire, le temps de
progresser, le temps de se respecter et
de respecter ses enfants ? Et dans la
liberté, dans l’harmonie, pour le
bonheur de tous. Et peut-être même,
pourquoi pas finalement, « pour le reste
de la vie », nous le souhaitons
vraiment.
Le 15 Mai 2011
Pascal JACQUOT
Répondez au
sondage : "S'engager ou non pour la vie"
;
Si vous souhaitez donner votre avis,
cliquer
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page ¿
b.
La « communauté de foi » vise à
aider chacun de ses membres à être
fidèle au meilleur de lui-même
Les petites
communautés sont, à mon sens, la seule
voie possible par laquelle l’Eglise
puisse remplir auprès de ses membres la
mission qui lui est propre ; non
seulement enseigner et gouverner de
façon générale, mais éduquer et appeler
à la vie spirituelle, et plus
particulièrement à la foi en Jésus, avec
tout ce que cela comporte pour chacun
suivant ses possibilités, ses besoins,
au long de son cheminement propre.
Mais tout
groupe ne mérite pas nécessairement le
nom de communauté, quoique souvent il se
qualifie de la sorte. Il est très
important de préciser la différence
radicale qui existe entre une communauté
et une collectivité qui forme ses
membres du dehors en leur imposant,
explicitement ou implicitement, pour son
projet (action commune, combat, etc.),
par sa pression sociologique (sous les
espèces de l’autorité, de la solitude,
de l’intimidation) une unité dans
l’uniformité. La communauté, au
contraire de la collectivité, s’efforce
de cultiver en ses membres leur
originalité propre, de les aider à être
fidèles à leur réalité profonde et ainsi
de développer leurs possibilités connues
ou leurs potentialités encore
inconscientes. Dans ces conditions elle
le fait non par quelque pression
sociologique comme la collectivité mais
par la présence de ses membres les uns
aux autres, unis dans et par l’effort de
fidélité ; fidélité qui les rend
d’autant plus différents les uns des
autres qu’ils sont plus divers à
l’origine et plus exactement dans leur
voie.
L’unité de la
communauté est le fruit de la fidélité
de ses membres, elle se mérite à travers
leur diversité qui converge dans la
profondeur humaine perçue en chacun au
niveau de l’universalité. Elle n’est pas
un point de départ ou un projet, comme
dans la collectivité, mais un fruit de
la vie spirituelle, qui n’est jamais
assez mûr pour être cueilli…
Au terme
« communauté de base » qui est une
dénomination très souvent utilisée pour
désigner des groupes d’origines, de
raisons d’être, de projets très
différents, je préfère celui de
communauté de foi ; communauté
fondamentalement enracinée dans
l’humain, dont, en outre, les membres,
inspirés, appelés par la foi en Jésus,
sont en voie de devenir disciples.
Au-delà de l’adhésion à la christologie
officielle, ils entrent peu à peu, grâce
à leur vie spirituelle, dans
l’intelligence de ce que Jésus à vécu et
a été. Ces communautés ouvriront
certainement de nouveaux chemins pour la
mission de l’Eglise dans la mesure où
elles auront la patience, la ténacité,
de rester en union avec l’Eglise tout en
devenant toujours davantage elles-mêmes,
tout en assumant le risque avec foi et
courage. [1]
[1]
Marcel Légaut , Patience et passion
d’un croyant, Centurion, 1975, pp.
181-183
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page ¿
b.
Stephane
Hessel
Etes vous
croyant ?
Non. Mais j’ai
beaucoup de respect pour les croyants.
Je ne suis adepte d’aucun monothéisme,
et je me méfie des religions et de
l’emprise qu’elles peuvent avoir les
unes par rapport aux autres. J’ai un
sens du divin que je ne peux pas
inscrire dans un credo particulier. Je
crois que l’homme est responsable de sa
morale et de son engagement,
indépendamment du fait qu’une foi
l’anime. Entre la foi d’une Eglise et la
conscience d’une responsabilité
individuelle, je choisis la conscience.
Vous avez
alors foi en l’homme ?
Oui.
Echange avec
Stéphane Hessel (tiré de Evangile et
liberté, Mars 2011, N° 247)
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page ¿
b.
Nouveau départ … pour une année à découvrir…
Partir, c’est avant tout sortir de soi.
Prendre l’univers comme centre,
Au lieu de son propre moi.
Briser la croûte d’égoïsme
Qui enferme chacun comme dans une prison.
Partir, c’est cesser de braquer une loupe
Sur mon petit monde ;
Cesser de tourner autour de moi-même
Comme si on était le centre de tout et de la terre.
Partir, ce n’est pas dévorer des kilomètres
Et atteindre des vitesses supersoniques.
C’est avant tout regarder,
S’ouvrir aux autres, aller à leur rencontre.
C’est trouver quelqu’un qui marche avec moi
Sur la même route,
Non pas pour me suivre comme mon ombre,
Mais pour voir d’autres choses que moi,
Et me les faire voir.
Dom Helder Camara
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page ¿
b.
Merci
«Si la seule prière que tu
faisais dans ta vie était "merci", ce serait suffisant.»
– Maître Eckhart
Dire merci à la vie... J’ai
longtemps tenté de le faire à la fin de la journée, sans jamais vraiment réussir
à le vibrer. Je voyais plutôt les raisons de m’inquiéter, à l’époque, et les
petits drames intérieurs que j’avais l’habitude de me créer. Et remercier quoi,
de toute façon? Je n’avais jamais cru en ce Dieu «Père Noël» qui livre des
présents (ou non). Et comment aurais-je pu ressentir de la gratitude pour les
trésors de ma vie alors que plusieurs vivaient de grandes souffrances? À mes
yeux, cela n’avait pas de sens. S’il y avait ne serait-ce qu’une seule personne
qui n’avait pas accès aux mêmes privilèges que moi, je ne voyais aucune raison
de remercier quoi que ce soit.
Puis, au fil du temps, j’ai compris (du moins, je le crois...). Graduellement,
en glissant doucement de ma tête vers mon cœur, un «merci» extrêmement vrai et
profond a commencé à émerger naturellement de moi... Une sorte d’état de grâce,
un débordement de joie. Ce n’était pas un «merci de» ou un «merci pour». Ce
n’était pas un merci à la vie juste pour moi. En fait, c’était plutôt la vie
elle-même qui disait merci à travers moi. Et j’ai finalement compris que la
gratitude n’est pas un simple sentiment, mais bien l’essence de ce que nous
sommes, de ce que je suis. «Merci» n’est pas un mot, c’est le sens de la
vie. Et c’est pourquoi on se sent si bien lorsqu’on le dit.
Je vous dis donc un beau «merci».
Marie-Pier Charron
www.matinmagique.com
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page ¿
b.
Dans le regard
vers l'autre, nous naissons à nous-mêmes
"Jamais vous ne
pourrez vous voir vous-même dans un miroir. Un miroir peut être utile à votre
toilette, voire indispensable, mais ce n'est pas dans un miroir que vous
trouverez la révélation de vous-même. Vous ne pouvez pas vous regarder priant
dans un miroir, vous ne pouvez pas vous voir comprenant dans un miroir. Votre
vie profonde, celle par laquelle vous vous transformez vous-même, c'est une vie
qui s'accomplit dans un regard vers l'autre.
Dès que le regard
revient vers soi, tout l'émerveillement reflue et devient impossible. Quand on
s'émerveille, c'est qu'on ne se regarde pas. Quand on prie, c'est qu'on est
tourné vers un autre ; quand on aime vraiment, c'est qu'on est enraciné dans
l'intimité d'un être aimé. Il est donc absolument impossible de se voir dans un
miroir autrement que comme une caricature si l'on prétendait y trouver son
secret.
La vie profonde
échappe à la réflexion du miroir ; elle ne peut se connaître que dans un autre
et pour lui. Quand vous vous oubliez parce que vous êtes devant un paysage qui
vous ravit, ou devant une oeuvre d'art qui vous coupe le souffle, ou devant une
pensée qui vous illumine, ou devant un sourire d'enfant qui vous émeut, vous
sentez bien que vous existez, et c'est même à ces moments-là que votre existence
prend tout son relief, mais vous le sentez d'autant plus fort que justement
l'événement vous détourne de vous-même. C'est parce que vous ne vous regardez
pas que vous vous voyez réellement et spirituellement, en regardant l'autre et
en vous perdant en lui. C'est cela le miracle de la connaissance authentique.
Dans le mouvement de libération où nous sortons de nous-mêmes, où nous sommes
suspendus à un autre, nous éprouvons toute la valeur et toute la puissance de
notre existence."..
Dans ce regard vers
l'autre, nous naissons à nous-mêmes.
Maurice Zundel
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page ¿
b.
Force et courage
Il faut de la force pour affirmer son opinion ;
Il faut du courage pour l’assumer jusqu’au bout.
Il faut de la force pour prendre une décision ;
Il faut parfois du courage pour en assumer les conséquences.
Il faut de la force pour avancer ;
Il faut du courage pour accepter de s’être trompé.
Il faut de la force pour dénoncer ;
Il faut du courage pour se taire.
Il faut de la force pour gagner sa vie ;
Il faut du courage pour affronter la misère.
Il faut de la force pour dire non ;
Il faut du courage pour être capable d’affirmer son opinion sans violence.
Il faut de la force pour endurer l’injustice ;
Il faut du courage pour l’arrêter.
Il faut de la force pour vivre ;
Il faut du courage pour survivre.
collectif « Fraternité
Migrants » à Angres (62) ATD Quart monde
http://www.atd-quartmonde.asso.fr/?Le-collectif-Fraternite-Migrants-s
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page ¿
b.
Une
histoire d’amour et un bouquet de fleurs en guise d’adieu 2009.03
Un ami
français écrit cette "histoire d'amour" pour ses collègues et nous la
transmet du Québec où il réside maintenant :
Laissez moi
vous raconter une belle histoire vécue il y a près de trois ans en accompagnant
un malade de 90 ans, qui est resté trois mois à la Maison Michel
Sarrazin. Ce monsieur était très agréable et serein après avoir eu une
vie pleine : une belle famille dont la photo ornait un mur de sa chambre, une
épouse encore vivante dans leur maison et qui venait tous les après midis avec
un de leurs enfants.
Je m’étais
pris d’amitié pour cet homme fort physiquement et moralement qui avait travaillé
en région il y a de cela soixante ans, qui avait connu la crise et qui aimait
évoquer ses souvenirs si on lui en donnait l’occasion. Il était aussi un
passionné de musique, allant de La Bolduc à la musique classique et il aimait
chanter au grand plaisir du personnel. Il m’arrivait d’aller lui tenir compagnie
dans sa chambre en début d’après midi lorsque j’étais en service et que la
demande était moindre. Un vendredi, alors que Gilles était au piano, trois
bénévoles sont venus en une demi-heure l’inviter au salon. J’étais avec lui à ce
moment là et la troisième fois il a acquiescé en disant : Si ça peut leur faire
plaisir! Mais il n’a pas chanté ce jour car sa santé déclinait.
Il est décédé
après une longue agonie comme un chêne qui refusait de se laisse abattre et j’ai
eu le privilège de lui faire mes adieux, entouré de sa famille. Il a confié à sa
femme qu’il avait été heureux à la Maison.
J’ai voulu
l’accompagner jusqu’au bout et je suis allé avec mon épouse à ses funérailles,
discrètement, sans me faire reconnaître par la famille. En écoutant le prêtre et
les témoignages de ses enfants et petits enfants, j’ai pu mesurer l’ampleur de
cette vie d’homme engagé au service de sa communauté et de sa famille, le
respect et l’admiration de chacun. En sortant de l’église, j’avais le sentiment
d’avoir à ma façon rendu hommage à cet homme que j’avais aimé.
Et puis, dans
la même semaine de fin mai, en téléphonant à ma mère en France.je m’aperçois
alors que mon père était décédé exactement dix ans auparavant, lui aussi d’un
cancer. Mon père aurait eu l’âge de ce monsieur et je n’avais pas été auprès de
lui dans les derniers mois. Je n’étais arrivé que pour l’enterrer.
Ainsi la Vie
m’avait donné cette chance de me reprendre, de donner à cet homme l’attention,
la bienveillance et l’accompagnement que je n’avais pas été en mesure de donner
à mon père, et à moi, elle m’avait permis dans ce transfert d’apaiser un certain
regret, une souffrance non reconnue.
Oui, la Vie
est belle et généreuse!
Chacun(e) de
nous qui travaillons auprès des malades a sans doute une ou quelques belles
histoires comme celle là à raconter. En général, on les garde à l’intime comme
un cadeau sacré que la vie nous a fait.
Ce Merci à la
Vie de m’avoir fait découvrir la MMS, je veux vous l’adresser à vous tous qui
travaillez ici car vous êtes la Vie à l’œuvre et cette œuvre c’est La Maison
vivante, chacun(e) à sa place, de l’administration à l’entretien, des services
professionnels à la cuisine, de la fondation à la jardinière, des comités aux
différentes formes de bénévolat, de la formation à la pastorale.
Cette Vie, on
en ressent les vibrations en y entrant, en y travaillant. Ici, on célèbre la Vie
en étant à son service. Nous sommes au service d’une œuvre qui compte pour nous,
qui nous inclut et nous dépasse. Par l’humanisation de la mort, nous humanisons
la vie, nous la spiritualisons en ne soignant pas seulement le corps mais toute
la personne, l’être entier accueilli comme être de relation.
Chacun(e)
devient une cellule d’un Grand Tout et permet par son engagement, son
implication, sa consécration que cette grande œuvre de service auprès des
malades se continue. Chacun(e) est une fleur qui s’offre à la vie, qui se donne.
Être là, donner son plein. Le sourire est le parfum. Il est différent et unique
pour chacun(e). L’accueil, la bienveillance, la bonté, l’humanisme, la
discrétion, l’humilité, le respect, la compétence, la compassion , la qualité de
présence, le geste tendre, le silence sont les différentes facettes de la Vie,
de l’Amour. C’est le meilleur de nous-mêmes que nous développons et offrons à la
Vie ici et le tout est une Merveille pour de très nombreuses familles qui sont
passées par la Maison.
Comme les
cellules d’un même organisme, nous sommes dépendants les uns des autres dans
notre présence et notre action auprès des malades et la coordination ainsi que
les relations entre les différents intervenants sont très importantes. Mais ce
qui nous réunit, ce qui crée l’unité d’intention puis d’action, c’est le
ressenti affectif que chacun(e) a devant la détresse, la fragilité, la
vulnérabilité du malade en fin de vie et de sa famille. Nous ne sommes pas
neutres et notre sensibilité à cette réalité est ce qui nous anime par instinct
de survie, à compenser par un geste, une caresse, un regard, un sourire, une
implication, un soin professionnel.
La priorité à
l’autre, la nécessité de disponibilité et d’adaptation aux conditions et
circonstances (même si quelquefois ça grogne en dedans) nous permet de découvrir
une disponibilité nouvelle en nous et nous fait grandir en liberté intérieure.
En d’autres mots, c’est notre héritage d’humanisme chrétien qui nous anime. Ce
Dieu qui a accompagné nos ancêtres depuis quatre siècles au Québec n’est peut
être plus aussi présent sur les murs, mais il l’est assurément dans les cœurs.
Ce Dieu Amour est le lien qui nous conduit, qui nous unit, qui nous anime auprès
de ceux et celles dans le besoin.
Michel
Demougeot, bénévole aux soins
Haut de
page ¿
b.
De "la paix
avec soi-même" 2009.03
Souvent, les spiritualités ont privilégié la
recherche de la "paix intérieure", sans trop se préoccuper de la nécessité
d'agir pour la paix en s'engageant dans les luttes pour la justice. Comment agir
pour la paix dans le monde, ont-elles dit, si on n'est pas d’abord "en
paix avec soi-même" ? Cette chronologie semble avoir la simplicité de
l’évidence. Elle est pourtant fallacieuse. Faut-il attendre d'avoir atteint la
plénitude de la “ paix intérieure ” pour se décider à agir pour la paix dans le
monde ? Ne risque-t-on pas d'attendre longtemps ? Trop longtemps, quand les
victimes de l'injustice n'en peuvent plus d'attendre. Comment “ être en paix
avec soi-même ”, si on n’est pas en paix avec l’autre homme ? Comment connaître
la “ paix intérieure ”, si on n'agit pas pour la paix dans le monde ? La
violence qui meurtrit les autres hommes peut-elle laisser en paix ? L’urgence de
la vie n’oblige-t-elle pas à être d’abord “ en paix avec l’autre ” ?
Le monde s'est ouvert au regard de l'homme de façon
illimitée. Il lui lance des défis inédits. La tentation est grande, à la vue de
cette société qui se donne en spectacle avec ses turpitudes et ses lâchetés, ses
reniements et ses violences, de la fuir, de se replier sur soi, de cultiver les
fleurs exotiques d'une spiritualité évanescente. Pareille attitude conduit loin
de l'épreuve du réel et de la vie. On prétend rechercher la paix, mais on risque
de n’être en quête que de son bien-être personnel. C'est une faute contre
l'esprit de prétexter l'échec, toujours possible, des actions humaines pour se
résigner à la déchéance et à l'iniquité du monde, se replier sur soi et se
tourner vers la pure intériorité. Cette voie mène dans une impasse. Elle conduit
les hommes dans les marges de l'histoire, et leur fait renoncer à toute action.
En Orient comme en Occident, trop de faux gourous
prétendent enseigner la spiritualité en dehors des conflits, loin des débats et
des combats politiques, à l'abri des rumeurs et des fureurs du monde. Il ne
s’agit pas d’une spiritualité de la paix, mais d’une spiritualité de la
tranquillité. Les disciples sont invités à se libérer des besoins, des désirs et
des passions de leur ego dans un exercice solitaire. Cependant, la meilleure
manière de désapprendre à se “ soucier de soi ” est d’apprendre à se “ soucier
de l’autre ”.
Trop d'hommes se réclamant d'une spiritualité
désincarnée discréditent le conflit sous le prétexte qu'il divise les hommes au
lieu de les unir. De même, au nom de l'harmonie, des spiritualités en sont
venues à enseigner le refus de s'impliquer dans les conflits. Mais pareille
conception de l'harmonie est illusoire. Elle fait en réalité le lit de
l'injustice et du désordre établi. Face à l’injustice, le conflit ne rompt pas
l'harmonie, il veut l'établir. Non, ce qui divise les hommes, ce n'est ni le
conflit ni la lutte, mais l'injustice, l'indifférence, la résignation et la
lâcheté. La fonction du conflit est de créer les conditions de la justice qui
seule peut ré-unir les hommes.
En s'absentant des conflits, les "spirituels" ne
pouvaient que méconnaître la non-violence. Certes, ils ne manquaient pas, à
maintes occasions, de parler surabondamment d'amour, de célébrer sa
toute-puissance, mais, désincarnés, leurs propos n'avaient aucune prise sur les
événements. Pendant ce temps, les conflits ne cessaient de croître au risque que
les pires violences ne s'y donnent libre cours. Et alors que les spirituels
ignoraient les conflits, ces derniers ne les ignoraient pas. Rattrapés par les
conflits, les spirituels, le plus souvent, ne savaient pas faire autrement que
de recourir eux-mêmes à la violence. Ils s'en sont alors accommodés et, presque
toujours, ils ont fini par la légitimer.
Ainsi, la spiritualité ne prend sa véritable
signification que dans l’action pour la justice. Nous savons par expérience que
l’action est la chose la plus difficile au monde, parce qu’elle bouscule notre
tranquillité et notre confort. C’est pourquoi nous avons peur de l’action et
que, trop souvent, nous n’avons pas le courage d’en prendre le risque. Le pire
serait de justifier notre refus d’agir par une prétendue recherche spirituelle
qui mobiliserait toutes nos énergies.
L'homme se connaît par la médiation
de sa relation avec l'autre homme. L'être n'est pas une existence, mais une
présence. Et la présence est une relation. Un lien. Il faut penser l'homme non
pas dans son face à face narcissique de lui-même avec son moi, mais dans la
relation dés-intéressée avec autrui. En définitive, la notion de “ paix
avec soi-même ” ne peut avoir qu’un sens dérivé, largement impropre. Il ne
s’agit que d’un langage allégorique, métaphorique. Trompeur. L’homme qui se
retire du monde pour chercher la paix ne la trouvera pas. Aucune paix ne se
construit dans la solitude. C’est par l’acte de bonté envers l’autre que
j’accède à la paix. C’est en recevant la paix de l’autre, que je peux dire “ je
suis en paix ”. La paix est une dynamique qui s’inscrit au cœur des relations de
l’homme avec l’autre homme. La paix est ouverture à l’altérité. C’est pourquoi
elle est une épreuve de l’être. Mais c’est à travers cette épreuve que l'homme
accomplit son humanité.
Jean-Marie Muller, Philosophe
et écrivain, porte parole national du Mouvement pour une Alternative
Non-violente (MAN).
Il est l’auteur de nombreux ouvrages,
dont un Dictionnaire de la non-violence paru en 2005 (Le Relié Poche,
collection Sagesses, 408 p.)
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b.
Nos « Vœux EPHATA 2009 »,
pour vous, pour nous, pour la planète :
.Diffuser notre « bien-être » vers les autres…
.
Rayonner notre « mieux-être » autour de nous…
.
Nous dé-centrer de notre Je pour aller vers le Nous,
.Utiliser notre « développement personnel » pour le bien d’autrui…
Et
puis bien sûr nous faire plaisir surtout, nous distraire, danser, rire, aimer,
embrasser, étreindre, réveiller le feu là où nous passons : YALLA 2009 !!
« Que fait-on de ce qu’on sait ? Pourquoi pas partager la nourriture
que
nous avons recueillie avec les êtres qui sont en souffrance ?
Il
nous faut parler le langage de tous pour le bien de tous ».
Charles
Juliet
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b.
Le moment présent 2009.01
Pour réaliser la valeur d’une année, demandez à un étudiant qui a doublé
son année.
Pour prendre conscience de la valeur d’un mois, demandez à une mère qui a
accouché prématurément.
Pour connaitre la valeur d’une semaine, demandez à l’éditeur d’un
hebdomadaire.
Pour connaître la valeur d’une heure, demandez aux amoureux qui sont
temporairement séparés.
Pour comprendre la valeur d’une minute, demandez à une personne qui a
manqué son train.
Pour réaliser la valeur d’une seconde, demandez à celui qui vient juste
d’éviter un accident.
Pour comprendre la valeur d’une milli-seconde, demandez à celui qui a
gagné une médaille d’argent aux Jeux Olympiques.
Apprécions chaque moment que nous avons !
Hier fait partie de l’histoire.
Demain demeure un mystère.
Aujourd’hui est un cadeau.
C’est pour ça
qu’on dit que c’est le présent !!!
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b.
Se retirer … 10.2008
(A lire calmement et … au
calme !)
Loin des soucis du travail,
loin des exigences domestiques, loin des préoccupations de vacances, je me donne
un moment. Un moment pour moi seul où je peux m’arrêter, me poser. Sans être
dérangé par un coup de téléphone, une invitation … Et je m’assieds dans un cadre
qui me plait. Sur un siège ni trop confortable pour éviter de sommeiller, ni
trop rigide pour être mal à l’aise. Et je respire calmement, me décontractant,
les yeux baissés, le regard souriant sur ce que je vois ou ce que je découvre
intérieurement. Je sens ma respiration monter, descendre ; inspiration,
expiration ; un, deux, une, deux... Paisiblement je recommence, je veille à ne
pas quitter ma perception, je respire… "J’inspire, j’expire… J’inspire, je sens
les côtes qui se dilatent, j’expire, je me repose, je suis bien… ". Et je
recommence et je recommence. Je continue encore mais soudain je constate que,
malgré ma vigilance, j’ai fui mon siège, je suis parti vers un souci récent. Je
ne m’inquiète surtout pas. Je l’accepte, je compte sur la patience de mon
apprentissage. Au contraire. J’en profite pour saisir au vol cette
préoccupation, pour la regarder en face, en la déchargeant de mes préjugés
affectifs, en la regardant comme un bagage. Et je reviens à mon rythme
respiratoire. Je vis, je suis bien, j’inspire, un, j’expire, deux… J’essaie de
fixer mon attention sur cette cadence et j’y reviens chaque fois que j’ai été
distrait…
Avec un peu d’entraînement,
j’arrive maintenant à maitriser un peu mieux mon esprit, non pas en le
contraignant mais en obtenant que lui, il ne me contraigne pas à renoncer à ce
que je souhaite. Tout en comptant encore intérieurement, j’inspire, un,
j’expire, deux, (et je peux aussi ajouter avant de reprendre le souffle quand je
suis très calme, "je me repose, trois"), je commence à vivre avec mon souffle
intérieur, avec mon être intérieur, un, deux, trois ; un, deux, trois… Et
peut-être progressivement et parallèlement, un, je suis ici… ; deux, je suis
ici-bas… ; trois, je suis comme je suis, sans plus, sans moins… Un, je
m’accepte ; deux, je me prends en main; trois, je vis avec tout moi… Le
lendemain, je recommence, je garde ma distance, je fuis le jugement, j’observe,
je constate ; mon cœur qui rythme ma poitrine m’invite au calme, à la sérénité
et -beaucoup moins vite que les mots ne peuvent le dire-, je disparais en moi :
un, je vis; deux, je vis encore ; trois, je vis toujours ; un, c’est un constat,
… c’est simple, … c’est difficile aussi; un, … Mon attention se dissipe et part
flirter avec d’autres intérêts. Je ne me décourage pas, je l’accepte et je
persiste. Je recommence et avec l’expérience mon attention se transforme
progressivement en concentration. Le surlendemain, je recommence encore, je me
tiens droit, les yeux dans le vague ; Un, je suis au milieu de fleurs, deux, des
fleurs qui bourgeonnent, trois, qui éclosent ; un, qui parfument, deux,
s’épanouissent, trois, illuminent ; …durent le temps d’une rose, … perdent leurs
pétales, … murissent ; …murissent encore, …sèment à tout vent, …se
reproduisent…, disparaissent… Ma pensée accepte de suivre maintenant un peu ce
que je souhaite mais elle ne répond pas encore à ma demande aussi docilement que
mon corps…
Ainsi, toujours attentif au
souffle d’air qui rythme mon recueillement, à l’écoute de la vie qui jette des
bulles en moi, je reste moi-même, je médite, accueillant presque froidement, en
tout cas le plus objectivement possible, non pas mes sentiments que je maitrise
mais ce que je suis invité à observer. Je ne tombe pas dans l’euphorie, je
discerne le beau, je l’admire; je ne sombre pas dans la colère, je spécifie le
mal, je le combats. Je distingue la sincérité et l’hypocrisie, l’amour et le
mépris, le partage et l’égoïsme. Et je prends conscience de ce que je suis, avec
toutes ses couleurs et toutes ses ombres, je suis au cœur de ce qui est moi,
sans procès ; je sens un peu plus ce que je suis ; je prépare un peu mieux ce
que je deviens…
Pascal Jacquot
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b.
Diaporama :
La Morale du papillon
Parfois
l'effort est ce dont nous avons besoin dans notre vie...
Si l'on nous permettait de vivre
sans rencontrer d'obstacles, nous serions limités, nous ne pourrions jamais
"voler"...
Pour découvrir ce diaporama,
cliquer
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page ¿
b.
Mes conseils pour
s’aimer soi-même
1 Accepter qui l’on est
Cela peut prendre du temps, mais il me semble vital de commencer par
s’accepter tel que l’on est, avec ses racines et ses blessures. Pour y
parvenir, il est précieux de trouver une oreille attentive pour exprimer sa
souffrance. Par l’écoute, je peux accepter progressivement ce qui m’est
arrivé. Car je ne peux avancer qu’en partant de ce que je suis. Un enfant
peut avoir été élevé par un père, une mère "toxique" (qui a maltraité son
âme ou son corps). Il a besoin pour se construire de reconnaître que ses
parents l’ont maltraité, que cela fait partie de son histoire.
2 Oser prendre des initiatives
Accepter permet d’oser à nouveau. Par exemple, j’avais des dons pour la
musique, mais mes parents n’ont jamais voulu que je les cultive. J’accepte
le fait qu’ils ne soient pas mélomanes. Mais au-delà de cette réalité, je
prends conscience qu’ils n’ont pas le dernier mot sur mon existence. Je peux
alors décider librement de prendre des cours de piano. Même si on ne s’aime
pas beaucoup soi-même, il faut oser agir, en commençant par des initiatives
ponctuelles. Si par exemple j’aime nager, je peux commencer à aller une
heure à la piscine chaque semaine. En constatant que je retrouve un
équilibre de vie, une forme de bien-être, je découvre alors que je prends du
plaisir à oser être moi-même.
3 Donner gratuitement
C’est un cercle vertueux : si j’ai du plaisir à être moi-même, je ne suis
pas loin de l’amour. En commençant à m’aimer un peu, je vais pouvoir aimer
les autres sans user de puissance. J’apprends à nouer des relations
gratuites, sans arrière pensée ni désir de manipulation. Je prends du
plaisir à aimer, en me montrant sous mon vrai visage.
Jacques Poujol
Tiré de « Les
essentiels », La Vie
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b.
Estime de soi et souci de
l’autre
Comment
trouver l’équilibre entre travail personnel et action politique ? Etienne
Godinot propose de travailler à un « changement tridimensionnel » et d’oser
les « pourquoi ? » qui nous permettront d’échapper aux routines et aux
automatismes.
Pour Jacques
Généreux, refonder la vision de l’homme sous-jacente à la société actuelle
est un enjeu de survie. Il y a en effet de quoi être préoccupé par
l’individualisme ambiant, par le courant du « Moi d’abord ! ». Le culte du
corps voulu beau et parfait, de l’éternelle jeunesse, de la performance
physique obligatoire amène à dépenser sans compter en cures d’amincissement,
en viagra ou en chirurgie esthétique. Ce qui fait société, ce n’est plus la
recherche de l’intérêt collectif à long terme, c’est la mobilisation de
courte durée par l’émotion, orchestrée par les médias, ou les mobilisations
de petites communautés, de micro-réseaux, voire de clans. Sans parler de la
course effrénée aux biens matériels et du modèle économique qui menace les
écosystèmes naturels.
Jacques
Généreux pose aussi une question redoutable : Pourquoi et comment des
millions d’individus persuadés que la coopération solidaire est cent fois
préférable à la compétition solitaire restent-ils impuissants à refonder sur
elle leur système économique et politique ?
De l’individu au collectif
Un trait
apparaît évident dans le débat et dans le combat pour transformer l’homme et
la société, un trait marquant et préoccupant : c’est le manque d’une vision
globale du processus de changement. Certains prônent la transformation
personnelle, l’intériorité, la conversion du regard, mais sont réticents
envers l’engagement politique. D’autres agissent dans leur entreprise ou
leur commune, mais font l’impasse sur l’action politique dans le cadre
national ou international. D’autres sont engagés en politique, mais oublient
de travailler sur eux-mêmes ou de commencer l’action dans leur milieu de
travail ou de vie. Or l’action, pour être cohérente, efficace, durable, doit
être menée dans les trois champs à la fois :
-
le champ personnel,
-
le champ des organisations de vie et de travail,
-
le champ politique national et mondial, ou champ sociétal.
On pourrait appeler cela le changement tridimensionnel. Il est possible
d’agir dans les trois domaines à la fois, avec des niveaux d’implication
évidemment différents dans chacun d’eux, selon le charisme de chacun. C’est
là une déclinaison de la maxime « Penser globalement, agir localement ».
Un
développement personnel qui ne génère pas un nouveau regard sur le monde ni
une action de transformation de la société est une masturbation
psychologique. Inversement, une critique ou une action sociétales qui
n’intègrent pas les dimensions culturelle et spirituelle risquent de
déboucher sur un néo-matérialisme. Entre ces deux écueils, il y a place pour
un développement personnel et collectif qui articule écologie, solidarité,
non-violence et spiritualité.
Un monde
désenchanté
L’essence du
néo-libéralisme consumériste n’est pas seulement la course aux biens
matériels, mais la réification, c'est-à-dire la transformation en objet de
tout ce qui existe : les êtres humains, les peuples, la nature. L’arbre est
réduit à un paquet de molécules, la conscience à un paquet de neurones et le
vivant à un paquet de gênes. Une issue à ce système est le ré-enchantement
de tous les domaines : l’économie, l’agriculture, la science,
l’architecture, l’éducation, la défense etc. Pour que l’être humain soit
générateur de vie et de transformation du monde, il importe qu’il ait
suffisamment confiance en soi et qu’il soit suffisamment relié à son être
profond pour mettre en valeur ses potentiels. Cela nécessite un effort
permanent d’introspection et de formation personnelle qui puisse aider
chacun à être plus consistant et solide, plus à l’écoute de ses émotions et
de ses intuitions profondes, plus critique et lucide sur ses propres
faiblesses, misères, dysfonctionnements et contradictions, sur ceux de ses
proches et de ses contemporains.
Foules
embrigadées
Du nazisme au
stalinisme, les régimes totalitaires ont réussi à convaincre des millions
d’individus qu’ils incarnaient une vie nouvelle basée sur le travail, le
dévouement, le courage, l’honneur et la communauté. L’évolution des sociétés
a été principalement conditionnée par le fait que l’immense majorité des
humains a laissé quelques individus particuliers prendre en main la destinée
de la collectivité. Depuis l’aube de l’humanité, le pouvoir de changer le
monde a été laissé aux dirigeants, aux héros et aux experts. Mais
l’hypnotisme qu’Hitler, Mao ou Milosevic exerçaient sur les foules montre
tout autant le manque de consistance de leurs admirateurs que le
déséquilibre psychologique de leur héros. Hitler lui-même a désigné ses
armes principales comme étant « la confusion mentale, les sentiments
contradictoires, l’indécision et la panique ». Tant que chaque individu
n’aura pas compris qu’il possède lui aussi le pouvoir de changer le monde,
les choses ne pourront pas évoluer.
Pour cela, il
faut être capable d’observer notre quotidien d’une manière neuve et
totalement différente. Réfléchir à nos actes coutumiers comme si on les
pratiquait pour la première fois. Voir les couleurs de nos actions et de nos
décisions quotidiennes. Introduire dans notre vie de tous les jours une
dimension poétique au sens étymologique du mot, c'est-à-dire un pouvoir de
création et de transformation.
Réinventer
le quotidien
La condition
première pour changer le monde est d’agir soi-même en être libre :
-
Repérer les bifurcations, les carrefours dans notre vie, les
possibilités de faire un choix qui influencera la suite des événements. Tout
homme est confronté à ce type de décisions, pas seulement dans le choix d’un
métier ou d’un conjoint, mais dans la banalité de son quotidien.
-
Oser les pourquoi, qui nous permettent d’échapper aux routines
et aux automatismes.
-
Devenir moins prévisible, être capable de modifier de manière
inattendue sa façon de penser ou d’agir face à une situation nouvelle ou une
bifurcation dans sa vie.
Comment
pouvons-nous alors agir ? En tant que consommateurs, notre pouvoir tient en
une question : « Pourquoi acheter tel article plutôt qu’un autre ? ». En
tant que citoyens, notre pouvoir individuel ne se trouve pas en priorité
dans l’élaboration de nouvelles lois, mais dans la manière d’utiliser au
quotidien celles qui existent. Qu’il s’agisse de refuser ou non l’ordre
d’arrêter des Juifs ou de torturer des Algériens, qu’il s’agisse d’écrire ou
non une lettre à un prisonnier d’opinion, la question à se poser est alors :
« Mon attitude envers les lois, les ordres, ou les sollicitations que je
reçois me rend-elle les autres hommes proches ou lointains ? »
Nous pouvons
enfin agir dans le domaine de nos relations avec nos proches. Notre manière
d’exercer notre pouvoir sur nos proches, ou de le subir, peut nous aider à
changer le monde, dans la famille, dans l’entreprise, à l’école. D’où
l’importance de la communication non-violente et de la gestion positive des
conflits interpersonnels.
Une éthique
non-violente
Il y a des
méthodes simples pour vivre mieux au niveau personnel : chercher à habiter
le moment présent, prendre trois minutes trois fois par jour pour se relier
à soi-même, ressentir de la gratitude pour ce qui va bien afin d’affronter
mieux ce qui va mal, soigner son acuité de conscience et de cœur, développer
l’estime de soi etc. De même pour mieux coopérer dans les groupes : cultiver
la confiance en soi et en l’autre, accueillir la différence, s’ouvrir aux
désaccords, prendre soin de nos colères, apprendre à dire non et à
accueillir le non de l’autre sans soumission ni agression, partager ses
propres valeurs, expliquer le sens et le bien fondé des règles.
Ce dynamisme
personnel, appelé empowerment en anglais, se fonde sur
l’estime de soi, le sentiment de sa compétence, la participation à l’action
collective et la conscience critique. L’individu relié à ses forces de vie
et à ce qui le nourrit intérieurement (et que chacun appelle à la façon :
Dieu, l’Univers, la Transcendance etc.) est alors apte à s’approprier ou à
se réapproprier son pouvoir tant au niveau social que psychologique.
« Ce qui fait vraiment la
démocratie, disait Henry-David Thoreau, ce n’est pas le type de bulletin de
vote que je glisse tous les cinq ans dans l’urne, c’est le type d’individu
que je glisse tous les matins hors de mon lit ».
Etienne Godinot, membre du Mouvement pour une alternative non-violente (MAN)
et de l’Institut de recherche sur la résolution non-violente des conflits (IRNC)
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b
Mes conseils pour
voir l’autre
1-
Cultiver le silence
En lui seul se
révèle le fond de l’âme, de la sienne propre et de celle de la personne
rencontrée. Pour l’enraciner en soi, il importe à la fois de se protéger des
verbiages dont notre monde est saturé et de s’accorder chaque jour des temps
de silence. Silence de la parole mais également silence des pensées
délétères qui virevoltent sans cesse en nous.
2-
Mettre entre parenthèses ses préjugés
Toute personne
est habitée par une quête intime : la regarder uniquement en fonction d’une
quelconque étiquette, c’est s’empêcher de percevoir la réalité qui l’anime
profondément. La vie de l’âme est au-delà de toutes les options
idéologiques.
3- Etre
dans l’admiration
Pour aller vers
le mystère, il faut une certaine virginité, une nudité du regard, cultivés
dans le silence intérieur. On confond trop souvent la naïveté –ce qui est
près de la naissance- avec la crédulité, et, en réaction, on adopte une
posture cynique ou désabusée. Pourtant seules la bienveillance et la
capacité à s’émerveiller nous offrent de voir la beauté que cache celui ou
celle que nous rencontrons, homme, femme, enfant, paysage.
4-
Relire notre route à la lumière de nos rencontres
Elles nous
révèlent ce vers quoi nous allons. La rencontre d’un être est toujours
révélatrice de ce que nous sommes. « On va toujours, en fin de compte, vers
où l’on pèse », écrivait Saint-Exupéry. Découvrir le mystère d’une personne
nous révèle en retour notre propre mystère et l’objet de la marche
Alain
Vircondelet, écrivain
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b
EQUILIBRE
Nous savons tous qu’une balance, je parle d’une balance traditionnelle à
plateaux bien sûr, n’obtient son équilibre qu’après avoir obtenu son
contrepoids exact et que cet équilibre reste cependant très fragile… Mais le
groupe Oxfam Agir Ici 54 sur le Marché du monde n’a-t-il pas aussi exploité une
balance pour interpeller les visiteurs en plaçant d’un côté un petit téléphone
portable et de l’autre les quantités imposantes de marchandises nécessaires pour
un Africain qui souhaitait ce téléphone ?
Nous avons tous remarqué que l’équilibre est toujours difficile à obtenir.
Tandis que l’un le recherche à travers un régime drastique, un emploi du temps
fort maitrisé, un autre ne semble pouvoir y goûter un peu qu’avec du flegme et
des relations qui peuvent sembler capricieuses… Chacun assume son équilibre
comme il peut avec plus ou moins de difficulté et c’est bien sûr la
responsabilité individuelle de conduire sa vie pour obtenir un équilibre le plus
solide possible.
Mais notre équilibre n’est en effet jamais totalement stable parce que nous
évoluons, parce que les conditions de vie se modifient et nous ne sommes jamais
à l’abri d’interpellations imprévues. Problèmes de santé, difficultés
sentimentales, soucis professionnels, interpellations familiales, inquiétudes
sociales ou politiques nous interpellent constamment, nous assaillent souvent et
parfois même hélas nous écrasent…
Comment faire face, comment assumer le quotidien, comment garder l’équilibre
dans les méandres de la vie, dans les épreuves imprévisibles ? Il n’y a
évidemment pas de réponses simples et faciles. Mais j’ai toujours admiré la
petite pierre qui avait un rôle unique dans un mur, la plus mauvaise tuile qui
était indispensable dans une toiture, le moindre petit grain de sable qui fait
partie de cet énorme tas permettant les constructions gigantesques. Alors, mon
copain, mon voisin, noir ou blanc, sans papier ou à col blanc … comment
pourrais-je les reconnaître moins que cette pierre, cette tuile ou ce grain de
sable puisqu’ils font partie intégrante de ce monde précaire, de cette humanité
désorientée, de ce peuple en marche ? Et moi aussi bien sûr qui fais partie de
ce convoi non choisi, comment pourrais-je me déprécier et ne pas accepter un
rôle au moins aussi noble que cette pierre, cette tuile ou ce grain de sable !
Car en plus nous avons un intelligence, un cœur… Mais n’est-il pas indispensable
que, pour nous en servir un peu mieux, nous continuions toujours à apprendre à
écouter, partager spontanément, doucement, librement mais
régulièrement.
Pascal
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page ¿
b
ECHANGER
POUR SE SENTIR MOINS SEUL,
Je peux bien sûr avoir mes avis, mes idées ; je peux faire les choix qui me
semblent les meilleurs ; je peux croire que je n’avais pas d’autres solutions
sur ma vie personnelle, sur mes enfants, sur ma relation amoureuse, sur ma
situation professionnelle …
N’empêche que parfois, cela me semble un peu lourd, un peu difficile et je me
sens bien seul pour assumer mes décisions…
Si je pouvais au moins parler à quelqu’un, un autre moi-même, à quelqu’un qui
sache vraiment m’écouter sans porter aucun jugement, qui sache écouter mes
problèmes, mes positions sans me critiquer …
Alors cela m’aiderait énormément parce que cela m’obligerait à faire moi-même le
point de temps en temps, cela m’imposerait de clarifier mon point de vue pour
être mieux compris, et le seul fait de communiquer ce que j’ai sur le cœur, que
je ne peux partager à quiconque me redonnerait confiance…
Si, en plus, celui qui m’écoute, tout en respectant mes choix et sans vouloir
arbitrer, me disait ce qu’il ferait lui-même s’il se trouvait dans une situation
identique, me donnait son point de vue avec beaucoup de modestie parce qu’il
souhaite aussi confier aussi lui-même ses préoccupations propres, alors
l’échange serait un espace loyal de sincérité, un moment de partage vrai, une
halte de sympathie qui regonfle…
Mais comment trouver ce quelqu’un qui aspire comme moi à partager sans être
jugé, cet autre moi-même que je ne connais pas mais qui me côtoie peut-être sans
me dire ses aspirations ? Comment rencontrer ceux ou celles qui aimeraient
communiquer, échanger en respectant autant la diversité que l’altérité ?
Il y en a certainement dans mon entourage, dans mon voisinage, parmi mes amis,
ma famille ou mes compagnons de travail mais je suis très réservé et la prudence
m’invite à garder de la distance pour ne pas être déçu. Ma méfiance instinctive
est certainement un gage d’expérience car certaines règles essentielles sont en
effet indispensables pour éviter les déceptions.
Car il est vrai que la spontanéité ne suffit pas et que quelques précautions
sont nécessaires. Ecoute et partage offre son expérience et son cadre qui
permettent à tous ceux qui le souhaitent un échange sincère et respectueux.
Alors, alors, que faire ?
Et bien déjà lire
l’article qui suit : « Pourquoi pas moi ? »
Pascal Jacquot
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page ¿
b
POURQUOI PAS MOI ? …
Qui peut se vanter de n’avoir aucun problème,
aucun souci, aucune épreuve ?
Qui peut trouver tout seul réponse à toutes ses
demandes, à ses hantises, à ses souffrances ?
Qui peut confier ses inquiétudes ou ses projets
personnels - qu’ils soient d’ordre familial, professionnel, relationnel,
affectif, sexuel…- sans crainte d’être jugé, d’être critiqué mais avec l’espoir
seulement d’être entendu et écouté avec attention ?
Si vous pouvez répondre « moi » à toutes ces
questions, vous devez arrêter ici la lecture de cette page qui ne vous concerne
pas. Mais si vous ne pouvez répondre, sachez alors que d’autres, beaucoup
d’autres, sont comme vous et espèrent des lieux et des moments d’échanges vrais,
sincères mais simples, discrets et respectueux.
Ce lieu d’écoute que vous attendez, ce moment de
partage que vous désirez est à votre portée et ne dépend que de votre
disponibilité. Et d’un petit effort car il y a toujours une marge entre un
espoir et une réalité, un désir et une réalisation. En effet Ecoute et Partage
existe. Et Ecoute et Partage peut vous accueillir avec beaucoup d’attention si
vous le désirez. Car Ecoute et Partage vous attend avec vos difficultés, vos
limites, vos espoirs, bref tel que vous êtes, ni ange, ni bête, mais simplement
et merveilleusement femme ou homme.
Si vous préférez être accompagné d’un ami pour
engager cette démarche, si vous souhaitez établir d’autres relations, vous
agissez à votre rythme et selon vos possibilités. A Ecoute et Partage, chacun
garde toute sa liberté, toutes ses convictions, toute son autonomie. Une seule
condition cependant indispensable, écouter, apprendre à écouter. Et accepter
parfois un peu de silence pour pouvoir s’écouter. Et quand deux ou trois se
retrouvent… et apprennent à écouter, à s’écouter pour partager ce qui leur
tient à cœur en toute confiance et en toute simplicité…, un nouveau groupe
Ecoute et Partage nait…
A nos amis, à nos voisins, à nos collègues, à nos
grands enfants qui vivent chacun dans leur orbite, avec leurs préoccupations,
avec leurs questions, proposons avec confiance cet espace de dialogue*. Leur
réponse, leur choix ne nous appartient pas mais il nous appartient d’offrir ce
qui nous semble important, ce que nous aimerions découvrir si nous étions à leur
place, une véritable écoute, un vrai partage…
Alors, surtout n’hésitez pas trop longtemps … car
les années passent vite !
Pascal Jacquot
* Voir la
Présentation d’Ecoute et
Partage
Haut de
page ¿
b
ETRE
AVEC LES AUTRES EN RESTANT SOI-MEME
... Mais revenons aux besoins. Nous pouvons donc
souvent nous couper totalement de nos sentiments et de nos besoins, c'est-à-dire
interdire de les ressentir, de les écouter, et bien les « bétonner ». Toutefois,
nous ne pouvons pas être dépourvus de sentiments et de besoins, même si souvent
nous n’en sommes pas du tout conscients.
Cette conscience est précieuse parce que je crois
de plus en plus que le fait de ressentir et de partager est ce qui nourrit le
plus profondément notre nature humaine.
Ainsi notre bien être le plus intime et le plus
essentiel naît de la qualité de la relation que nous entretenons avec nous même,
avec les autres et avec les choses qui nous entourent.
N’est ce pas quand nous communiquons clairement
avec nous même et avec nos proches , quand nous sommes bien reliés à nous et à
ceux que nous aimons, quand les rapports se vivent dans l’estime et la
confiance, dans ce que j’appelle le « bien-être-ensemble » que nous ressentons
les plus grandes joies ? A l’inverse, n’est-ce pas quand nous ne voyons plus
clair en nous même, quand nous nous sentons coupés de nous et quand nous ne
voyons plus clair dans une relation, que nous nous sentons coupés d’une
personne que nous aimons que nous éprouvons les plus grandes peines ?
Ainsi notre bonheur, notre bien être ne vient pas
de ce que nous possédons, ni de ce que nous faisons, mais de
comment nous vivons notre relation avec les êtres, les activités et les
choses.
Depuis que je cherche à comprendre et à trouver un
sens à la difficulté d’être, je constate que les personnes qui dégagent un bien
être profond, une joie d’être au monde, sont celles qui privilégient non pas la
multiplication des activités, des possessions, des rencontres, mais la qualité
de la relation qu’elles entretiennent avec les êtres, les objets et les choses à
faire, en commençant par la qualité de relation qu’elles entretiennent avec
elles-mêmes.
Ces personnes ne
cherchent pas à remplir leur vie de choses à faire ou de gens à voir, mais à
remplir de vie les relations qu’elles nourrissent et les choses qu’elles font.
Extrait de « Cessez d’être gentil, soyez vrai » de
Thomas d’Ansembourg
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SILENCE et PAROLE
... Le
silence est l'absence de bruits et de mots, mais, tu le sais, il recouvre une
réalité plurielle : le silence peut être exigé dans certains lieux en certaines
circonstances... Si certains silences sont lourds, d'autres sont nécessaires et
fonctionnels. En effet, par bonheur, il existe des silences positifs, auxquels
on ne saurait renoncer : le silence de respect devant la parole de l'autre; le
silence que l'on choisit, car il est "un temps pour parler et un temps pour se
taire" (Qo 3,7); le silence de l'amitié et de l'amour, où le langage non verbal
permet au silence de devenir parole; le silence de la présence et de la
plénitude, lorsqu'on est bien ensemble et que cela suffit; le silence qui est
écoute amoureuse, attentive, contemplative, recueillie; le silence "d'une brise
légère", qui se fait voix ténue comme pour Elie sur le mont Horeb (1R19, 12-13);
et puis, il y a le silence intérieur, qui habite le coeur de chacun de nous, qui
permet de faire place à la présence des autres et de Dieu...
Mais
pourquoi faire silence, pourquoi apprendre progressivement le silence ? Avant
tout parce que dans le silence nous faisons l'expérience d'énergies qui génèrent
une activité intellectuelle plus féconde : le silence stimule notre mémoire, il
affine nos facultés de raisonnement et d'imagination. Oui, dans le silence, nous
devenons plus réceptifs aux impressions transmises par nos sens : nous voyons,
nous écoutons, nous sentons, nous touchons mieux ! Ainsi, lorsque nous voulons
faire une caresse -ou la recevoir- le silence se fait tout naturel...
Tu peux
tenter l'expérience de la solitude. Tu verras que les heures durant lesquelles
tu ne parles pas et n'écoutes ni mots, ni bruits te rendent différent; elles
t'aident à écouter ce qui t'habite au plus profond de toi.
Ainsi,
nous prenons peu à peu conscience des raisons qui nous font parler. Nous faisons
connaissance de réalités insoupçonnées: nos mots sont souvent des instruments de
conquête ou de séduction, qui permettent à notre "moi" de gagner en puissance,
d'acquérir un certain succès. Nous nous apercevons que nos paroles sont
agressives ou intéressées, qu'elles visent un but non déclaré, qu'elles sont des
outils de manipulation. Alors, dans le silence, nous apprenons à parler, à
veiller toujours plus attentivement sur le style de notre communication afin
que, dans le dialogue, nos mots soient toujours davantage source de communion et
de paix...
Enzo Bianchi (Panorama)
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HOMMAGE A Christiane
SINGER
Le 4 avril dernier, l’écrivaine Christiane Singer est morte d’un
cancer. Un médecin lui avait annoncé le 1er septembre qu’il ne lui
restait que six mois à vivre et elle a décidé de noter ses derniers fragments
de vie, son expérience de la maladie car dit-elle "Je n’ai pas d’autre
choix que de la partager. Rien qui m’appartienne en propre. Rien. Tout est
expérience qui nous concerne tous".
Son livre Derniers fragments d’un long voyage
paru chez Albin Michel m’a beaucoup
touché et j’aimerais en guise d’hommage à une amie de cœur lui redonner la
parole, car elle a tenu à saisir le flot de ses pensées les plus intimes pour
les rediriger vers ses lecteurs. Elle a reçu le prix de la Langue Française pour
l’ensemble de son œuvre, cette langue dont elle fit sa patrie et qu’elle maniait
si bien.
A son éditeur, elle écrivait le 2 mars 2007
"Comme promis et dans la joie…
Je crois que ce livre a vraiment sa lumière propre!
Quelle grâce j’ai reçu de lui livrer passage!!
Prends en soin, je t’en prie. Mon rêve serait qu’il paraisse
le plus tôt possible. Ce serait une manière très forte d’entrer dans un espace
neuf - peu importe où - mais neuf".
Cet espace neuf
dont elle parle m’apparait dans son journal de bord comme l’acceptation vécue de
chaque instant présent à vivre pleinement ce que la vie lui offre, que ce soient
les affres de la douleur dont elle dira "j’ai été battue à plate
couture", le mystère de l’enfer de la souffrance, "cette
souffrance qui m’a abrasée, qui m’a rabotée jusqu’à la transparence, calcinée
jusqu'à la dernière cellule", la joie et le bonheur de la rencontre de
personnes admirables et aimantes, "toute cette foule amoureuse, toute cette
foule d’êtres qui me portent" et enfin ses explorations d’autres
mondes dont elle revient avec effort "pour témoigner auprès de ses frères
humains" et dont elle nous dit "Je vous le jure. Quand il n’y a plus
rien, il n’y a que l’Amour, Il n’y a plus que l’Amour".
Cet amour qui vit en elle et qui est l’essence de ses livres précédents : La
Passion, Seul ce qui brûle, entre autres et dont elle dit "la seule
mesure de l’amour est sa démesure. L’amour exagéré, l‘amour démesuré, l’amour
immodéré". Toute une invitation "comme un grand appel à
être vivants, à être dans la joie et à aimer immodérément".
A 64 ans,
Christiane Singer fait le deuil de sa vie de façon sereine et lucide avec une
gratitude totale pour tout ce qu’elle a vécu, "une vie pleine à ras-bord",
aux côtés de ses fils, de son mari, de ses amis car pour elle, la mort n’est
pas la fin de la vie. "Tout est entier, il ne manque rien. Si je dois
aller tout est parfait. Ma dernière prière Ne soyez pas déçus que la mort ait
en apparence vaincu; ce n’est que l’apparence, la vérité est que tout est Vie.
Je sors de la vie et j’entre en vie. Par un sombre ravin, j’ai passé de la Vie
à la Vie. Je ne suis qu’une VIVANTE qui voyage entre les mondes".
Parce qu’elle ne pouvait plus lutter, ni se dérober, elle rend les armes.
Soulagement de celle qui n’a plus à lutter. "J’ai cru avec ravissement
l’instant du passage venu. Une journée durant, j’étais dans l’extase du seuil.
Et puis je suis revenue, Je vous demande avec une tendresse immense d’ôter de
mon cœur toute pression par un souhait trop fort de me voir parmi vous".
Respect du mystère qu’est le passage, qu’est l’agonie. Cette agonie qui peut
être apaisée par la prière, la lecture de paroles saintes et par cette foi
démesurée qui l’habite, foi commune a toutes les religions, "autant de
chemins de compassion pour donner forme, rite et matière à l’Invisible qui nous
fonde".
Respect de l’expérience intime que vit le malade, le mystère que lui seul vit. "N’est
respectueux que le non-savoir radical. C’est à ce prix que peut avoir lieu la
rencontre quand le visiteur s’abstient de tout conseil, savoir théorique
facilement acquis et surtout de la tentation d’aider".
Le 1er
mars 2007, madame Singer pose la plume. Elle a tout dit. Elle a pris le temps de
nommer chaque personne rencontrée, de les remercier, de leur dire son amour, de
partager sa gaieté, son bonheur, d’un bonheur sans fin, illimité qui ne veut
rien, qui n’attend rien sinon l’émerveillement de chaque rencontre, de chaque
seconde.
"Sachez que la manière dont je vis cette aventure est difficile à faire
percevoir. Je suis habitée d’une liberté infinie.
De la où je suis, où je serai, je suis et je serai avec vous.
La main sur le cœur, je m’incline devant chacun de vous."
Je tenais à rendre hommage à Christiane Singer qui me
touche au cœur et me nourrit par ses livres et que j’ai eu le privilège de
rencontrer à une conférence à Montréal il y a quelques années.
Michel Demougeot
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ECOUTER
L' AUTRE
"Entendre ne veut pas dire écouter
car l'ouïe est un sens mais l'écoute est un art."
Écouter est peut-être le
plus beau cadeau que nous puissions faire à quelqu'un. Ce simple geste démontre
à une personne qu’elle est importante pour nous et que ce qu’elle dit nous
intéresse. Voici des approches qui favorisent une meilleure écoute:
1.
Savoir se
taire
Avez-vous remarqué que
les conversations sont remplies d'expressions du genre: "C'est comme moi
quand..." ou bien "Ça me rappelle ce qui m'est arrivé..."? Bien souvent, nous
recherchons dans ce que nous entendons des occasions de parler davantage de
nous-mêmes. Écouter, c'est avant tout savoir se taire.
2.
Se
concentrer sur l’autre
Écouter, c'est laisser
tomber tout ce qui nous préoccupe pour donner son attention entière à l'autre.
C’est le laisser diriger totalement la conversation. Essayez de vous concentrer
sur ce que votre interlocuteur dit plutôt que de penser à ce que vous allez
répondre. Écouter, ce n'est pas de chercher à répliquer, mais plutôt laisser
l’autre trouver réponses à ses propres questions.
3.
Favoriser
la confiance
Écouter c’est créer un
environnement relationnel dans lequel l’autre se sent en confiance. Votre
interlocuteur doit savoir que ce qu’il vous dit sera traité avec respect, et que
les choses confidentielles resteront entre vous deux. Ceci crée un environnement
favorable aux confidences et permet à votre interlocuteur, s’il le veut,
d’aborder des sujets très personnels.
4.
Être
ouvert
Écouter c'est accueillir
l’autre avec respect tel qu'il se voit lui-même. C'est être ouvert sans juger à
tous les sujets, à tous les comportements, à toutes les expériences et à toutes
les solutions. Écouter, c’est surtout laisser à l'autre le temps et l'espace de
trouver la voie qui est la sienne. Ne vous attendez pas à ce que les gens
réfléchissent comme vous et soient sensibles aux mêmes choses que vous. Nous
devons accepter comme une richesse les différences de l’autre. Écouter, ce n'est
donc pas vouloir que l’autre soit comme nous et pense comme nous, c'est plutôt
apprendre à découvrir les qualités de l’autre. C’est être attentif à ses
préoccupations non pas aux nôtres.
5.
Comprendre
et partager
Écouter c’est comprendre
et autant que possible partager les sentiments de l’autre. Afin de réaliser ce
partage, remémorez-vous une situation similaire à celle que votre interlocuteur
décrit. Par exemple, si un ami nous raconte un évènement qui l'a embarrassé,
remémorez-vous la dernière fois que vous avez été humilié. Puis, au moment
opportun, décrirez brièvement ce que vous pensez comprendre de ses sentiments.
Par exemple, vous pouvez lui dire: “Est-ce que tu te sentais sévèrement
humilié?“. Évidemment, il est capital de poser ce genre de questions avec
parcimonie et délicatesse.
Conclusion
La pratique de l’Écoute peut devenir une ouverture sur le monde parce qu’elle
permet de comprendre ce que les autres vivent vraiment. C'est une expérience
enrichissante sur le plan humain et personnel. Lorsque que vous avez un élan de
générosité et que vous vous demandez quoi donner; alors donner de votre temps en
écoutant les gens autour de vous. L’écoute nécessite du respect, de la
persévérance, de la patience, et énormément d'ouverture d'esprit; mais en
revanche, elle permet de recevoir beaucoup.
"Écouter, c'est permettre à l’autre
de s’exprimer
afin qu’il trouve lui-même son propre chemin."
Ce texte a été publié dans le
magasine "Vie & Santé" (Canada) de mai-juin 2005.
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MORT
et DEPENDANCE
Mort et
dépendance sont le sujet de conversations, de lectures, de discussions
passionnées avec des ami(e)s de ma génération. Nous avons peur de peser sur nos
enfants, peur de la maison de retraite, vue tout à la fois comme un lieu
d’entassement et de solitude, de discipline et de torture aseptisée parfois et,
dans les meilleurs cas, d’une attente sans fin qui n’attend rien. Le lieu du
désir impossible. La mort nous apparaît plus souhaitable, mais, si nous n’avons
pas peur de la mort, en revanche, nous avons peur de mourir, parce que nous
avons peur de souffrir. C’est du moins ce que nous disons.
Je ne suis pas
sûre que les choses soient aussi simples. Le passage et l’après restent un
mystère, et tout mystère est inquiétant. S’il est une réalité que nous ne
pouvons pas maîtriser, c’est bien celle-là. Certains se savent, se sentent entre
les mains de Dieu et font confiance ; d’autres s’en tirent en se faisant, à
partir de leur Foi, des représentations en image d’Epinal ; d’autres, enfin,
refusent délibérément d’y penser, et quelques-uns se croient immortels. Il me
semble, quant à moi, que ma seule « porte de sortie », ce soit d’accepter sans
me résigner ; une acceptation positive, en quelque sorte. Cela me renvoie à des
souvenirs d’adolescence : pendant les premiers bombardements, je me suis dit que
si j’acceptais de mourir, je n’aurais plus peur. Et comme cela a marché, et
même m’a permis, non pas d’admirer, mais de me laisser subjuguer par l’aspect
dantesque du ciel, j’ai pensé que c’était une attitude constructive. Alors,
aujourd’hui, j’essaie de retrouver cette attitude d’acceptation positive en
vivant pleinement le jour qui passe, en acceptant de ne pas savoir ce que sera
mon lendemain, tout en le préparant de mon mieux ; c’est ce que j’appelle l’espérance.
J’essaie de vivre la fraternité pour aller à la rencontre de l’Amour absolu. Je
suis consciente de ma fragilité, mais fragilité n’est pas impuissance. La
maladie d’Alzheimer qui a accablé mon mari pendant quinze ans a été
l’occasion d’apprendre à lâcher prise sans renoncer à vivre. Le dépouillement
n’est pas forcément signe de mort. Il peut être l’occasion d’une vie plus
intériorisée. Je parlais, au début de ce texte, de la nécessité de porter une
attention soutenue à ce que nous sommes en train de faire, sous peine de faire
des bêtises parce que notre tête ne fonctionne plus aussi bien et que les
sollicitations extérieures paralysent la marche de notre pensée. C’est une
difficulté qui peut être source d’un bien. Nous avons là l’occasion de creuser
notre sillon, d’approfondir notre recherche spirituelle. Le temps qui passe nous
invite à réfléchir sur notre propre parcours. Si nous le faisons dans
l’honnêteté de la lucidité, nous deviendrons plus indulgents pour les autres.
Nous accéderons à la possibilité de pardonner au lieu de réchauffer les
vieilles rancunes. Un vrai pardon, qui dit oui à la vie de toutes ses forces.
La sagesse qui
serait l’apanage des vieux n’est pas le fruit naturel de la vieillesse. Je
connais de vieux messieurs qui sont amers et de vieilles dames qui sont
mesquines. La sagesse est le fruit d’un travail sur soi. Elle naît du
dépassement positif des frustrations. Pourquoi, alors, fait-on souvent rimer
vieillesse et sagesse ? Eh bien ! Sans doute parce que, en vieillissant, les
frustrations, on connaît bien ; pas besoin de les chercher... Elles se
présentent en rangs serrés ; et si nous ne faisons pas l’effort de nous
adapter, c’est la loi du jeu de quilles. Chaque nouvelle frustration, c’est la
boule qui va démolir un peu plus l’édifice. Mais, en revanche, chaque fois que
nous aurons retrouvé un équilibre nouveau après avoir vacillé, nous nous serons
enrichis d’une expérience. La sagesse n’est pas l’ennemie du désir ; elle nous
permet de le canaliser et de le rendre efficient. La société attend des vieux
une sagesse qui ressemble à une forme d’absence ; elle en choisit un qu’elle
loue à grand bruit, pour pouvoir discrètement faire taire les autres. La sagesse
ne demande pas d’adopter profil bas, elle demande une certaine discrétion, ce
qui n’est pas la même chose. La sagesse n’interdit pas les questionnements et
les contestations ; elle laisse une part au doute. Elle ne propose pas de vérité
monolithique et rassurante. Elle est ouverte à l’imprévu, mais elle sait que
l’homme est inscrit dans une chaîne, avec un avant et un après.
Le tombeau vide de Pâques est une invitation à se
mettre en route vers l’amour, plutôt qu’une réponse. Le sage, le vieux sage, est
donc en route dans son propre chemin, qu’il débroussaille peu à peu en marchant
vers sa mort, dans l’espérance que ce jour-là, Dieu aura du talent.
Denise Lallich-Domenach
Etudes Sept.2002
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b
UN ECHEC ? NON, UNE
EXPERIENCE
Pour bien réussir sa vie et se donner une existence harmonieuse qui révèle
toutes nos possibilités, il faudrait déjà se connaître. Or il n’est pas possible
de se connaître avant d’avoir vécu ! Sommes-nous alors voués à ne pas réussir
notre vie sinon par hasard ou chance exceptionnelle?
L’homme est en effet plus ou moins un aveugle poussé et entrainé par beaucoup
d’autres aveugles dans une existence où, presque toujours trop tard, lui seul
peut s’instruire de ce qu’elle est, de ce qu’elle pourrait être.
Que nous soyons timorés ou téméraires, dociles, courageux ou froussards, peu
importe, nous rencontrons tous de toute façon des échecs. Des échecs ? Non pas.
Mais des expériences parfois douloureuses. Et c’est tout à fait normal dans le
cursus de chaque vie car elles prennent racine et force au plus profond de nous
et sont fécondité irremplaçable pour ceux qui arrivent à en recueillir, dans la
paix, les poignantes informations. Ces expériences peuvent être en nous
l’écharde qui nous forcera à nous chercher au lieu de nous imaginer, à être ce
que nous sommes vraiment, tout ce que nous sommes et rien que ce que nous
sommes.
L’éducation que nous avons reçue ou celle que nous avons donnée –la moins
imparfaite possible- est de toute façon impuissante à montrer autre chose que
les gros plans des comportements humains. C’est à chacun de se construire, de
cheminer … et, si possible, d’utiliser ses expériences (ses "échecs ?") pour
bâtir solide.
L’amour par exemple, qui est la première étape manifeste de la marche de l’être
vers sa destinée personnelle, demande à être cultivé au lieu d’être seulement
cueilli. Chacun doit chercher sans cesse l’autre. Comment ne pas réduire l’amour
naissant à l’attrait des sexes ? Comment ne pas faire inconsciemment de l’amour
un remède assuré contre la solitude qui vient, ou contre l’insécurité de demain
parce que son échec alors probable y conduira inévitablement ? Comment aimer
l’enfant sans le posséder, comment l’aider à grandir ?
Qui nous donnera la délicatesse du cœur, sa chaleur rayonnante, sa stabilité,
qui facilitera sa modestie, sa discrétion, sa patience, son ardeur, sa
confiance, sa limpidité si nous ne la possédons pas déjà à un degré suffisant
pour pouvoir la développer ? Oui, qui si ce ne sont les épreuves de la vie, les
expériences, les "échecs" ?
Qui nous aidera à dépasser ce que notre paternité, maternité a de possessif, de
limité auprès de nos enfants pour les inviter à prendre leur indépendance et à
entrer dans la vie ? Qui favorisera notre ouverture sur des horizons élargis
quand nos enfants s’éloignent dans leur destin et nous conduira même à
communiquer avec des êtres disparus depuis longtemps, nous faisant franchir
toutes distances de temps et de lieu ? Qui ? si ce ne sont pas les solitudes,
les méditations, au pire les deuils, les maladies, le chômage, les expériences,
les "échecs" ?
Notre société, si avide de confort superficiel, si généreuse de consommations
inutiles, si conciliante devant les exigences immatures des jeunes, si
émerveillée devant les formes avantageuses des corps, nous écrase souvent dans
le conformisme majoritaire au lieu de valoriser nos richesses individuelles. Si
nous ne pouvons pas compter sur elle, apprenons à compter sur nous pour
apprécier nos expériences (et nos échecs !) non pas à nos dépens mais pour notre
plus grande richesse afin de nous aider à gagner au fil des années un peu plus
de modération, davantage d’équilibre et peut-être beaucoup de sagesse.
Pascal JACQUOT
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b
DE
QUI NOTRE BEBE SERA L'ETRANGER ?
Une histoire (vraie) de Noël.
« D’un jour à l'autre, je vais
donner naissance à un bébé, un petit garçon. Son père et moi attendons sa venue
dans une sorte de coton vertigineux, étrange et indicible.(…) Car cet enfant va
avoir du mal à entrer dans les catégories pré-établies qu’on lui propose.
Anatole Leclerc sera français, né de deux parents français, eux mêmes nés
français. Et j'espère qu'il en sera fier. Mais évidemment, si on remonte
jusqu'aux grands parents, ça se corse.
Sa grand-mère paternelle était une enfant cachée, elle a porté l'étoile jaune et
ses parents sont morts d'êtres nés juifs sans avoir pu élever leurs filles.
Pendant ce temps, ses arrières grands-parents maternels étaient résistants
communistes. Son grand-père maternel (mon père) Algérien (depuis naturalisé)
était un sans papier quand il a épousé sa grand-mère, (ma mère) française, et eu
des enfants. En Algérie, pendant la guerre d'indépendance, les français ont
fusillé tous les hommes de sa famille de plus de 17 ans, sans procès ; pendant
ce temps, son grand-père paternel faisait la guerre d’Algérie en tant qu'appelé
français du contingent Son grand père maternel fait le ramadan et s’intéresse au
soufisme et à l’hindouisme, sa grand-mère maternelle est mystique et
sophrologue, ses grands parents paternels sont athées, ses parents sont athées,
tendance bouffeur de curés, imams, rabbins. Son grand père paternel est
ingénieur retraité du nucléaire, et sa grand-mère maternelle est une
soixante-huitarde écolo antinucléaire, sa grand-mère paternelle née juive
grecque est une fan de Brassens tout comme son grand père maternel qui est parti
d'Algérie, il y a trente ans, sa guitare sur le dos pour seul bagage.
Et c’est, entouré de cette famille tout ce qu¹il y a de plus française,
qu’Anatole, Magyd, Woody, Leclerc fêtera son premier Noël(…).
Aujourd’hui le racisme existe toujours, l’injustice existe toujours, mais les
grandes idées nous glissent entre les mains comme le sable du désert. Seul le
mélange fait qu'on ne regarde plus l'autre comme un étranger mais qu’on voit
chez lui ce qui nous lie à lui. Malheureusement nous vivons dans un pays où le
manque cruel de mixité sociale pousse les gens à se cramponner à ce qui leur
semble être le plus grand dénominateur commun. Et horreur, je constate que ce
dénominateur est souvent la couleur, l’origine, la religion ou les trois à la
fois Les français de souches, les français noirs, les français maghrébins, les
français musulmans, les français juifs ; chacun d’entre nous en acceptant de
nous soumettre à ces étiquettes grossières, ouvrons la porte au pire des
racismes. Nous donnons à Sarkozy, à le Pen et à tous les français qui ont peur
de la différence, ce qu'ils demandent. Nous disons oui, nous sommes différents,
acceptez-nous différents, donnez des quotas à nos différences, rendez-nous nos
droits de victime de l'histoire ! Et nous tombons dans le piège que l'humanité
semble incapable de dépasser, siècle après siècle. Et ce, malgré le fait
scientifique qui fait de nous, toutes origines confondues, des êtres identiques
de chair et de sang.
" Est-ce que je préfère ma sœur à ma cousine, ou ma cousine à sa copine la
voisine ? " chante Magyd Cherfi, chanteur français, digne héritier de Brassens.
Non ! Il faut leur rappeler que la naissance est une chose, mais que le choix de
vie et les convictions en sont une autre. Non, je ne préfère pas forcément ma
sœur à ma cousine, je ne suis pas constituée que de mon héritage familial, mais
aussi de ce que j'ai appris et aimé toute ma vie et de ce que je choisis d'être
! Cessons de nous identifier à une couleur plutôt qu'à une autre, à une
souffrance plutôt qu'à une autre
Si communauté il doit y avoir, c’est la communauté des Hommes et des Femmes
libres.
Anatole, Magyd, Woody Leclerc va naître. Son père et moi ferons tout ce que nous
pourrons pour lui éviter d'avoir un jour à souffrir de ce qu'il est. Mais je ne
peux pas m'empêcher d'avoir peur (ce sentiment qui fait tant de mal) quand je
pense à lui. De qui notre bébé sera l'étranger ? De personne, je
l’espère.
Extraits d’un
texte de Baya Kasmi écrit pendant la révolte des « Quartiers »,
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LE BONHEUR
Avec la
permission de Gérard, cet extrait de son courriel qui a permis à tous les
membres du groupe EP1 d'"écouter et de partager" sur le bonheur :
Gérard a perdu
la vue suite à une grave maladie. Il est né en 1955 et a édité son premier
conte pour enfant en janvier dernier (l’Harmattan, éditeur).
Dis, c’est quoi le
bonheur ?
C’est une vaste
question que pourrait poser un enfant à son papa. Si je veux l’aborder ici c’est
que j’ai peut être une vision différente du bonheur.
Le bonheur je l’ai
connu et le connais encore. Je l’ai connu tout le temps que j’ai été élevé par
ma grand-mère. Tout était beau avec elle, tout, même les devoirs qu’elle me
faisait faire en plus de l’école.
Le bonheur je le
connais encore avec ma mère. Je lui dois beaucoup, tu sais, et je crois t’en
avoir déjà parlé, mais je résumerais à ceci : elle m’a donné la vie trois fois.
La première en me mettant au monde, la seconde lorsqu’elle à dit au chirurgien,
en mars 1961, de m’opérer alors qu’il venait de lui apprendre que je n’en avais
plus que pour douze jours et que je mourrais sur la table d’opération. Elle a
quand même dit d’opérer et ce fut une réussite formidable, inattendue, non
prévue, presque un miracle. La troisième fois ce fut ce jour de 1982 où je suis
sorti de mon premier coma profond, très profond même, ce jour où j’ai entendu
une petite voix appeler « Gérard,Gérard.. » sans cesse alors que mon corps était
maintenu en vie sur le lit avec des tas d’appareils, et que moi j’étais une
petite bille jaunâtre qui avançait lentement, si lentement vers cette voix qui
appelait sans cesse « Gérard, Gérard ». La voix devenait de plus en plus
audible. La petite bille jaunâtre avançait lentement vers la voix. Soudain la
voix est devenue toute proche. La petite bille jaunâtre a dit « tu es là
maman ? » . La voix a dit « oui, c’est maman je suis là ». Alors la petite bille
jaunâtre a réintégré le corps et celui-ci s’est assoupi.. Je me suis alors remis
à vivre. (../..)
Si je ne quitte pas
ma mère, c’est que je lui doit tant et que nous serions malheureux, l’un sans
l’autre. Ma mère et mi formons une famille à nous deux seulement puisque il n’y
a plus personne autour de nous, ni grand-mère, ni grand père, ni oncle ni tante
ni frère, ni sœur, rien , rien du tout. Alors pourquoi casser cette fragile
famille monoparentale. Nous vivons presque comme un couple, avec des bas quelque
fois, mais si rares, plutôt des hauts et j’aime faire rire ma mère, le rire
c’est du bonheur et j’aime donner du bonheur.
(puis Gérard parle de sa maladie ,
son reste de vue qui lui fait voir des choses extraordinaire et qui prête à rire
ou à sourire..)
Ces « vues »
souvent inattendues me rappellent cette vérité que je veux oublier : je suis
amblyope profond. Mais mon envie de vivre heureux domine et m’aide à surmonter
ces moments difficiles.
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b
DEVENIR SOI SANS
S'ISOLER
Je ne sais pas si vous avez le don de l'ubiquité mais moi, je dois faire face
chaque jour à des tâches si nombreuses que j'en ai parfois le tournis: préparer,
téléphoner, nettoyer, acheter, conduire, répondre, prévoir, lire… et j'en passe.
Comme vous, j'assume mes obligations quotidiennes, je suis assidu à mon travail,
je m'occupe de… mon corps, mon cœur, mon conjoint, mes enfants, mes parents, mes
collègues, mes amis… Et peut-être que je néglige encore l'essentiel. Alors ?
Alors faut-il récapituler l'abécédaire de la sagesse de notre groupe ?
A - Se poser
Dans le tourbillon de mes activités habituelles, je me pose parfois pour faire
le point, pour y voir plus clair, pour bien repérer l'indispensable du
secondaire, pour accepter le silence qui permet de mieux entendre. Le silence
qui parfois fait peur parce qu'il me parle au coeur. Loin du remue-ménage, des
activités qui bouillonnent. "Se poser" n'est pas spontané et cela m'invite à une
discipline. Pour m'aider à me poser seul, je m'impose de me poser aussi en
groupe.
B - S'accueillir
Je ne suis pas un extra-terrestre mais tout simplement un être humain. Qui a
besoin de manger, de se sentir utile, de faire l'amour, de progresser. Et
d'apprendre à m'accepter tel que je suis, non pas tel que je voudrais être, tel
que je souhaiterais être mais accueillir le moi nu, sans fard, sans chirurgie
esthétique. Or s'accueillir n'est pas facile et demande le cheminement de toute
une vie.
C - S'exprimer
Je n'ai pas la parole aisée. Je parle de moi avec maladresse mais verbaliser ce
que je sais ou sens, traduire avec mes mots ce que je crois vrai, positif me
fait du bien. M'exprimer n'est pas spontané et invite à la modestie et à la
simplicité.
D - Écouter
J'ai tellement à faire que je n'ai guère le temps d'écouter. Déjà de m'écouter.
Alors écouter les autres !!! Pourtant écouter l'autre, un ami qui ose
s'exprimer, qui "plonge", sans grand discours, sans éloquence, maladroitement
peut-être mais qui se dit vraiment; écouter cet ami comme si c'était moi, avec
la même attention, le même respect, le même silence; n'est-ce pas écouter la
parole de la vie, les hésitations et le questionnement d'un autre moi ? Sa
parole m'interpelle et j'apprends à l'accueillir avant de la discuter pour mieux
la ressentir. Comme j'apprends aussi à accueillir la parole des prophètes, celle
de Jésus, celle des sages. Pour mieux l'appréhender et m'en nourrir.
E - Devenir nous
S'écouter, écouter la parole de l'autre, écouter les messages de la vie, écouter
les luttes des hommes qui combattent pour que leur vie soit respectée, écouter
la Parole des grands initiés qui parlent au cœur de tout homme, c'est "devenir
un peu plus nous" ensemble. En nous écoutant mutuellement, en nous comprenant un
peu mieux, en partageant un peu plus nos espoirs et nos échecs, le "je" devient
"soi", l'ermite se mêle au groupe, l'individualiste communie au destin
collectif…
Tout cela est difficile à dire. Et encore plus difficile à vivre. Car les
épreuves, les échecs fissurent l'enthousiasme. Ces échardes nous forcent à
approfondir au lieu de fuir dans l'imagination, nous appellent à dépasser notre
pauvreté pour accepter la réalité… André
Comte-Sponville nous invite néanmoins à la prudence en écrivant : "Tout le
malheur des hommes vient de leur propension à décoller du réel, à s'installer en
imagination ailleurs que là où ils sont".
Ecoute et Partage n'est pas épargné par les divergences de vue mais il apprend à
les écouter. Il les entend et les respecte. S'il accepte chacun avec sa
diversité et sa richesse propre, il sait aussi qu'il ne peut éxister qu'en étant
en lien avec d'autres groupes qui cheminent et recherchent la même ouverture.
Tout en étant fort attaché à son originalité, le groupe choisit donc de "ne pas
s'isoler". Il fait actuellement partie du réseau d'Espérance 54 mais en gardant
sa liberté, il ne s'inscrit nullement dans une démarche visant à faire évoluer
l'Eglise.
Pascal JACQUOT
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b
EXPERIENCES DE VIE PERSONNELLE
Quand ce groupe
devient un lieu d’expression où il est possible de déposer des expériences de
vie personnelle :
Nous livrons ici
deux moments forts vécus autant par celui qui a amené le sujet que par ceux qui
l’ont reçu.
La maltraitance d’une
personne âgée
Lors d’une
tentative de dénoncer un tel acte, comment être cru et entendu par les
professionnels du médico-social qui se couvrent ou ne veulent pas toujours voir
la réalité ?
La question était
alors de dépasser la culpabilité ressentie face à cette situation bloquée, où
celui qui dénonce se retrouve seul.
Il semble important
d’entretenir notre capacité à dire, à s’indigner, à s’opposer et résister pour
protéger les autres.
Etre conforté dans
cette position est nécessaire à un moment donné, dans une action que l’on mène
seul pour l’un de nos proches. Se relier à des associations d’usagers peut aussi
aider.
Intimidation dans une cave,
vol de 50 euros et tentative de racket d’un jeune de 18 ans par deux de ses
copains d’origine étrangère.
Toute la
difficulté résidait dans « quelles actions et réactions avoir dans cette
situation ? »
Ces jeunes
gens avaient été ses amis, venaient chez lui, connaissaient bien ses parents.
La question de
la protection de la victime se pose: le jeune de 18 ans est touché, a peur et
subit surtout une incompréhension totale.
Lors du
partage de cet événement, le groupe « Ecoute et Partage » a pu contenir à ce
moment toutes les idées à mettre en œuvre pour faire face à cette situation :
elles étaient multiples et parfois opposées. Cela mettait bien en évidence la
difficulté de trouver « la bonne façon de réagir ».
D’une part, la
question de l’intervention de la loi a été largement évoquée.
D’autre part,
même si nous étions tous persuadés qu’elle est une richesse, la dimension de la
différence de valeurs et de culture abordée ce soir là, a ouvert sur la
compréhension de modes de fonctionnement qui ne nous sont pas accessibles
naturellement.
Cet échange a
permis certainement de trouver un entre deux et de ne pas répondre de façon
extrémiste (comme l’a d’ailleurs été ce méfait).
Même si
l’option de faire une main courante à la police a été retenue, elle s’est
accompagnée par une tentative d’échanger avec les jeunes, de les interpeller sur
leurs agissements qui dépassaient notre entendement.
Il est vrai
que la discussion n’a pas été simple comme si l’accès à la nuance, à la distance
par rapport aux mots prononcés n’était pas possible.
Les mêmes mots
ne semblent pas avoir le même sens. Le rappel à la loi a été mal perçu, comme
impossible à entendre. Ceci dit, il a quand même eu le mérite d’être prononcé.
Tout est
amplifié, excessif.
Le discours le
plus entendu, a été celui du côté de l’affectif, celui du cœur…Heureusement
peut-être… Sinon, tout cela aurait pu être sans issue ou en réponse à l’excès et
la gravité des faits, dans quelque chose du « tout du côté de la loi » (une
plainte). C’était cependant difficile d’oublier que ces trois jeunes étaient
encore des copains un mois avant les faits.
La vie d'Ecoute
et partage
Le groupe a
pour chacun d’entre nous cette capacité d’accueillir les « paroles des uns et
des autres ». Le temps d’une pause et le temps d’y déposer ce qui nous anime,
qui nous traverse l’esprit, qui nous entame, qui nous dérange et même qui nous
fait souffrir.
Ce groupe nous
semble peut-être à chacun une force dans notre parcours de vie ; force puisée
dans la relation à l’autre, « aux autres » dans la richesse de leurs paroles
énoncées ; force trouvée à l’intérieur de chacun dans le désir d’adresser des
paroles pour les partager…
Il apparaît
d’ailleurs que les thèmes amenés ces derniers temps évoquent bien notre
condition humaine dans cette dimension d’être relié aux autres hommes, de
l’ajustement permanent que cela nécessite, de la place si souvent questionnée de
l’homme dans différent groupe.
Chacun se livre ou
livre une petite part de lui :
La parole… dire
ce que l’on pense…comment est entendue ma parole par l’autre…elle peut être
violente, génératrice de conflits…
Et puis,
l’écoute des paroles des autres, les propos prennent du sens ou ne valent
pas la peine … la capacité du retrait…
La transmission,
donner, le bonheur à transmettre
Etre avec
les autres, et non pas tout seul, ressentir cette force en nous
(existence de Dieu ?) et percevoir le potentiel en l’autre.
Responsable
de notre comportement, accepter nos limites, les reconnaître.
C’est en mettant au
milieu du groupe tout ce beau matériel de paroles, de pensées, de
réflexions et c’est en saisissant chacun à notre mesure cette
nourriture pour l’intérioriser qu’Ecoute et Partage chemine. Nous sommes
entraînés dans une aventure où alternent des moments de fermeture, puis
d’ouverture, des moments vides qui se remplissent.
Pascale et Jean-Paul Mourot
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b
NOUVEAU DEPART …
ous avons chacun nos occupations, nos responsabilités, nos
soucis… et nous essayons de les porter au jour le jour, avec courage et sans
trop d’appréhension mais cela nous semble lourd parfois. Il y a la vie
professionnelle à assurer, les enfants à suivre, la maison à entretenir sans
parler du conjoint, de la vie affective, des interpellations socio-politiques ou
spirituelles… et de la santé, la sienne bien sûr mais aussi celle de ses
proches. Coordonner tout cela en sachant écouter, voir, sentir ce qui se passe
autour de soi, près de soi et en soi n’est pas simple. Alors, nous reste-t-il
encore un peu d’espace pour goûter la vie, notre vie ? Et pour apprécier ce qui
est vraiment essentiel pour nous ?
Quel que soit notre âge, l’étape que nous traversons
actuellement semble s’emballer, devenir un peu folle. Le rythme des échéances
s’accélère, les déplacements dévorent le temps. Nous avions prévu ceci ou cela
et nous n’avons pu le réaliser. Nous aurions aimé rencontrer tel ami, visiter
tel parent, réaliser tel aménagement pendant les vacances et c’est loupé, c’est
remis aux calendes de l’espoir. Maintenant, c’est la rentrée et avec la cascade
de nouvelles contraintes, il va falloir jouer serré et s’organiser pour ne pas
se laisser dépassé ! Alors cette rentrée sera-t-elle celle d’un nouveau
départ, celle où nous saurons mieux choisir entre l’essentiel et le
secondaire, l’indispensable et le superflu, l’urgent et le non pressant ?
Oui, avant de commencer à compléter un planning, il est
nécessaire de faire le point. Pour respecter nos besoins fondamentaux, pour
réaliser le travail qui nous fait vivre, nous devons aussi savoir nous arrêter,
pratiquer un sport, rire, méditer… Pour assumer nos responsabilités, nous devons
équilibrer nos exigences… Comment pourrons-nous être efficaces si nous ne sommes
pas vraiment nous-mêmes, si nous ne sommes pas à l’aise dans notre peau ? Il y a
donc des orientations à se donner, des priorités et des limites à s’imposer, des
choix concrets à décider et des engagements à respecter. Sans remettre à plus
tard, sans attendre un demain plus souriant en caressant un espoir qui cache la
réalité du présent. Car rien ne sert de se promettre ou de promettre à d’autres
si l’on ne peut assumer. Et notre participation à un groupe, à une association,
à une action militante est-elle bien fondée ? Correspond-elle bien à un besoin,
à une attente essentiels pour moi ?
Prendre un temps d’arrêt, m’imposer un moment d’écoute,
partager mes doutes autant que mes convictions, apprendre à entendre les appels
sourds de mon corps ou de mon cœur autant que ceux de mon voisin, comprendre les
réponses d’initiés qui donnent un sens à la vie autant que celles de mes amis
qui pataugent dans les méandres de leur fleuve non tranquille ; me laisser
interpeller par ma conscience intérieure et par mes compagnons qui sont
eux-mêmes interpellés ; aimer, chercher à m’aimer d’abord moi-même comme je suis
et pas seulement comme je voudrais être, accepter d’être aimé sans masque avec
mes valeurs et mes fragilités ; me sentir membre à part entière d’un réseau
solidaire tout en restant totalement libre de mes convictions ; être partie
prenante dans un groupe où j’ai ma place, où je suis reconnu, un groupe qui se
cherche sans se replier, sans s’isoler, un groupe qui est en lien avec la vie,
le monde, ses interpellations, ses avancées, ses aberrations … Voilà ce que je
peux découvrir et vivre avec le groupe Ecoute et Partage. Et en cette
rentrée, c’est à moi, à moi seul, de choisir pour dire si c’est important,
essentiel… ou secondaire dans ma vie.
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b
OSER ÊTRE
Pour beaucoup de nos contemporains, vivre, c’est déjà subsister, c'est-à-dire
avoir de quoi manger et s’habiller, tenir le coup ou parfois en un mot, ne pas
crever. La plupart de nos anciens considéraient comme superflu ce qui ne
servait pas concrètement à nourrir ou tout ce qui ne semblait pas
indispensable à la vie. Aujourd’hui, même en France pourtant 3ème
pays le plus riche du monde, le droit essentiel à la vie n’est pas accordé à
six millions de pauvres. Sans parler de toutes les pauvretés affectives,
sentimentales, spirituelles. Mais même si nous avons la chance de ne pas avoir
comme première préoccupation le gîte ou le couvert, la vie nous interpelle
cependant car chacun rencontre au cours de sa vie son lot de surprises et de
difficultés.
Nous n’avons choisi ni notre lieu de naissance, ni notre famille, ni notre
milieu. Même notre métier, notre orientation, notre parcours ne sont souvent que
partiellement notre choix. Mais, que nous l’acceptions ou non, c’est avec ce que
nous avons reçu, avec le contexte qui est le nôtre, que nous sommes appelés à
être en 2004. A être vraiment nous-mêmes. Or, même comblés par
la sécurité financière, par le confort, beaucoup ne peuvent être satisfaits.
Même si nous avons ce qui peut paraître indispensable pour vivre. Si nous
avons en effet, nous ne sommes pas. Pour être vraiment,
nous devons cheminer, progresser pour nous réaliser. Et malgré notre bonne
volonté, nous ne serons toujours que partiellement car nous nous
construisons petit à petit.
Nous avons (bénéficié ? d’) une éducation, une formation, des expériences
diverses mais nous sommes invités à être vraiment nous-mêmes. Nous sommes
appelés à oser utiliser notre indépendance, notre liberté, pour être, être un
peu plus, être un peu mieux. Pour révéler et développer notre être
comme le révélateur développe une photo en laissant apparaître le profil réel
d’un personnage ! Chacun de nous est l’artisan de son propre développement.
Notre époque offre des exemples d’ouverture, parfois de témérité,
particulièrement riches qui appellent à l’optimisme et à la confiance. En nous
libérant d’un conditionnement insidieux, de contraintes bourgeoises ou de tabous
religieux, nous sommes conviés à d’abord nous respecter pour être un peu
plus, un peu mieux nous-mêmes.
Et nous sommes particulièrement heureux quand tombent les masques ou
l’hypocrisie qui cachent la souffrance ou dissimulent la vérité. Nous sommes
très touchés quand certains osent dire –parfois publiquement à la télé par
exemple- leur parcours difficile. La mère célibataire qui arbore son ventre en
chantant « j’ai fait un bébé toute seule » alors que les parents de bonne
famille cachaient autrefois leur fille-mère dans un couvent. L’homo qui
manifeste ouvertement délicatesse et amour profond et sincère pour un alter ego
alors qu’il se sentait totalement exclu de la société. Le marié qui constate
s’être trompé et s’engage loyalement dans une nouvelle relation. Le religieux
qui ne se refuse plus un amour équilibrant pour respecter un célibat qui devait
lui donner une disponibilité supplémentaire. L’adulte né sous x qui recherche
ses origines. L’orphelin isolé qui rencontre ses frères et sœurs dispersés. Le
déprimé qui refuse de s’isoler et cherche à partager ses projets. L’alcoolique
qui fréquente un groupe d’alcooliques anonymes…
Si certains prétendent aujourd’hui réhabiliter les vraies valeurs avec les
méthodes intégristes qui poursuivent « l’axe du mal », il y a 2000 ans, un
prophète n’hésita pas à affronter le politique, le social et surtout le
religieux en invitant sans violence ses amis à s’affranchir de toutes les
entraves pour trouver leur épanouissement :
« Va, je t’aime, désormais aime-toi aussi car personne ne te condamne »» dit-il
à une femme soupçonnée d’adultère Jean 8. 3-11
Il est vrai que sa générosité, sa témérité humaine lui ont valu une condamnation
réservée aux voyous. Il invitait pourtant tout simplement à « être ». Et
il nous invite aujourd’hui encore à être. Tout simplement être
pour que nous soyons ses témoins. A chacun de nous d’apprendre à oser être
et c’est ce que, petit à petit, les membres d’Ecoute et Partage essaient
concrètement.
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OSER ÊTRE LIBRE POUR ÊTRE PRÉSENT AU PRÉSENT
Qui pense vraiment que « la vie est un long fleuve
tranquille » ? Et qui en réalité ne vit ses choix, ses épreuves, ses
orientations sans interpellations, sans souffrance ? Pourtant, même si nous nous
trompons parfois, même si nous prenons de mauvais chemins, l’essentiel n’est-il
pas qu’à travers nos choix, nos épreuves, nos orientations nous soyons toujours
habités par une recherche d’équilibre, un désir de sagesse et même une soif
d’absolu ?
Le philosophe Graf Durckheim disait : « Nous devons arrêter
de chercher Dieu. Ce qu’il faut, c’est nous laisser trouver par Lui ». En effet
dans notre vie, n’est-ce pas Lui qui nous cherche sans relâche ? N’est-ce pas
Lui qui, à travers une dépression, a transformé notre paysage intérieur ?
N’est-ce pas Lui qui, au milieu de notre vie professionnelle ou sentimentale,
nous incite à trouver une vie un peu moins artificielle ? Lui qui, de jour en
jour davantage, se révèle à nous ? C’est au cœur qu’Il nous parle, pour peu que
nous consentions à faire en nous un peu de silence pour l’entendre.
Il ne sert à rien de vouloir transformer le monde si je ne
me transforme pas moi-même. Ou plutôt si je ne me laisse pas transformer. Et
cela, c’est le travail de toute ma vie. Comme beaucoup, je voudrais trouver le
contact avec mon être essentiel. Mais il ne faut pas chercher. Il faut seulement
se laisser trouver. Toute la vie spirituelle est là. Car l’Etre ne fait rien
d’autre que nous chercher. Se laisser trouver, cela veut dire : laisser le Divin
s’exprimer en nous, à travers nous, s’ouvrir pour qu’Il vienne. Ou pour ceux qui
ne croient pas au Divin, « prendre le temps d’écouter la dimension de moi qui
est reliée au divin qui est en moi » comme dit Jacques Salomé.
Ce Divin, celui que nous appelons par commodité Dieu, nous
pourrions refuser de le nommer, sans doute parce que le nommer, c’est déjà le
réduire, lui donner des limites. Mais essayer d’être un peu plus serein, devenir
un lutteur pour renverser les idoles, chasser les marchands du temple, démasquer
les sottises ou les hypocrisies, c’est Lui donner sa place, reconnaître
simplement qu’Il compte pour nous, que nous Lui donnions d’ailleurs le nom de
Yaweh, de Jésus, d’Allah ou du Boudha…Même si nous ne partageons pas ses
attributs d’éternité, de créateur, de toute puissance, de divinité mais
simplement que nous essayons de construire concrètement la communauté humaine
qu’Il désire… Car Il habite en nous. Si nous le voulons, nous pouvons avoir un
lien direct avec Lui à chaque instant de notre vie. Sans même avoir besoin du
moindre intermédiaire. « Il est vrai –dit Oria, une femme de lumière comme
l’appelle l’écrivain Jean Pierre Cartier,- que, dans notre inconscient, Il nous
a trouvés de toute éternité. L’important pour transfigurer ce monde et
nous-mêmes, c’est d’être conscient de ce lien d’amour, et de le vivre dans
toutes les circonstances de la vie ».
Alors pourquoi sommes-nous sur cette terre ? Pour prendre
le métro, aller travailler et rentrer le soir ? Pour avoir une belle maison, une
belle voiture, un bon conjoint … et nous créer de nouveaux besoins superflus que
nous cherchons à satisfaire ?… Ou pour apprendre à être libres, libres de
trouver pourquoi nous avons été placés sur cette terre, libres de savoir ce que
nous avons à faire parce que ce que nous avons à faire chacun est unique ? Oui
libres. Alors n’hésitons pas, osons. Osons briser les fausses morales qu’on nous
a inculquées, les fausses priorités que nous nous sommes créées. Et vivons. Sans
attendre. Totalement présents au présent. Car « ne vous inquiétez pas pour votre
vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous le vêtirez. La vie
n’est-elle pas plus que la nourriture et le corps plus que le vêtement. Regardez
les oiseaux du ciel, ils ne sèment ni ne moissonnent et votre Père Céleste les
nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? » Mt 6 25-34
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ECOUTE et PARTAGE
Les préoccupations des femmes, des hommes -et des jeunes- d’aujourd’hui sont
souvent très concrètes : les conditions d’existence suffisent à mobiliser
leurs énergies. Beaucoup parmi eux, nous semble-t-il, sont cependant
très sensibles aux besoins des autres à travers leurs propres difficultés. La
solidarité ou les combats pour la justice les interpellent. Ils sont soucieux
d’authenticité et savent s’engager dans des actions précises.
Si, pour beaucoup d’hommes actuels,
l’interrogation religieuse n’a guère de place et si le clivage entre croyants
et agnostiques s’estompe, certains de nos contemporains sont toutefois
interpellés par celui qui a faim, celui qui souffre, l’étranger, le malade,
les sans papiers et sont attentifs au monde dans lequel ils vivent. Affrontés
à la souffrance, aux épreuves, ils apprécient d’être accueillis, écoutés,
visités et ils entendent facilement cette parole :
« Chaque fois que vous avez donné à manger à ceux qui ont
faim, visité celui qui est malade, accueilli l’étranger, chaque fois que vous
l’avez fait à l’un de ces petits, qui sont mes frères, c’est à moi que vous
l’avez fait » Matthieu 25- 34 à 46.
Même si beaucoup ne se préoccupent guère de
religion, certains essaient de vivre ce qu’ils croient. Si beaucoup ne
« pratiquent » pas –c'est-à-dire ne fréquentent pas les offices religieux-,
certains pratiquent en réalité l’essentiel en assumant personnellement la voie
de l’autonomie pour répondre à leurs interrogations et en se construisant dans
la réflexion et le dialogue.
Chaque fois que quelqu’un fait en effet
l’expérience d’une écoute attentive et d’une mise en
commun loyale, il découvre étonné, émerveillé que les approches
diversifiées viennent enrichir sa propre perception. On peut avoir des
appréciations différentes sur des sujets brûlants (par exemple l’euthanasie,
l’avortement, l’accueil des immigrés, l’aide des plus démunis), l’écoute vraie
et le respect des convictions de l’autre n’estompent pas ou ne réduisent pas
nos propres convictions mais peuvent les fortifier en nous interpellant et en
nous invitant à les expliciter.
Les femmes et les hommes de notre groupe
souhaitent utiliser leur autonomie, leur liberté et leur responsabilité pour
vivre une véritable cellule d’écoute et de partage. Le message évangélique et
d’autres textes prophétiques nous permettent d’essayer d’incarner dans la vie
les valeurs vivantes qui nous animent et de les vivifier. Nous savons qu’il ne
faut rien attendre du ciel - « Pourquoi regardez vous le ciel ? » (Actes de
apôtre 1 , 11) – mais qu’il importe d’empoigner à pleines mains notre terre et
notre chemin en humanité. Nous n’écoutons plus les « commandements », les
vérités toutes faites et infaillibles, les réponses toutes données qui ne
permettent pas un dialogue véritable. Nous sommes ouverts aux questions, aux
appels et aux aspirations de l’humanité en recherche. Mais nous fuyons le
fanatisme, les intégrismes des Ayatollahs ou des Bush qui utilisent Mahomet ou
Dieu pour satisfaire en réalité leurs intérêts. Nous croyons que « vos fils et
vos filles prophétiseront » comme l’annonçait le prophète Joël et
qu’aujourd’hui l’Esprit continue à souffler où il veut (Jean 14.12).
Les
membres d’Ecoute et Partage
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Retour Ecoute et Partage
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