"Peut-on sortir
du nucléaire ?" est une question aussi
vaine que "Peut-on abolir les
privilèges ?". Non, nous ne le pouvions
pas ; et pourtant, nous l’avons fait.
Les seules questions valables sont donc
les suivantes : "Doit-on abolir les
privilèges ?" ; "Doit-on abolir la
peine de mort ?"; "Doit-on interdire
l’utilisation de l’énergie nucléaire ?".
La véritable
question est celle de la légitimité de
la politique nucléaire civil. Notre
thèse est simple et claire : cette
acceptabilité est nulle. Nulle, car on
n’a pas le droit de prendre un risque
aussi incommensurable que celui d’un
accident nucléaire majeur à l’échelle du
territoire national ; nulle, car on n’a
pas le droit de léguer à la nation
française future des déchets radioactifs
de très longue vie, dont chacun ignore à
ce jour s’il est possible d’en faire
quelque chose de raisonnable (et dont
tout porte même à croire que rien de
raisonnable ne peut en être fait) ;
nulle, car on n’a pas le droit de faire
dépendre la nation française de
l’importation de minerai d’uranium
situé pour l’essentiel dans des zones
géopolitiquement instables. Nulle donc,
car on n’a pas le droit de rendre les
citoyens d’un Etat prétendument libre à
ce point dépendants qu’en cas de crise
majeure, non seulement ils n’auront plus
ni éclairage, ni chauffage, mais qu’ils
ne pourront même plus accéder aux
informations officielles par le biais de
la radio, de la télévision ou
d’Internet. La politique nucléaire
française, qui a poussé jusqu’à
l’extrême l’expérience des moutons de
Panurge vers le confort facile de la
falaise dorée, n’a plus qu’une
solution : accepter sa remise en cause
radicale. Nier cela, ce serait nier
l’exigence minimale du socle
républicain, celui de la protection du
territoire national et de ses membres.
…
Article de J-C
Mathias, paru dans les "Cahiers de l’Entre-Deux-Mers"
n°100
M (garçon),
12 ans, arrivé en France il y a 18 mois,
élève en 6ème,
logeant à l’hôtel dans la même chambre
que ses deux sœurs, sans poste de
télévision, sans connexion Internet,
avec une petite table à « partager »
entre eux pour faire les devoirs.
Premier devoir de
SVT[1]
à rendre la semaine suivante :
Sujet très intéressant mais qui commence
ainsi : « Allez sur Internet et
connectez-vous pour obtenir la carte
d’État-major à l’échelle X sur laquelle
apparaît le collège ».
Et toutes les questions suivantes font
appel à la lecture de cette carte… En
plus de la connexion Internet, il manque
à M une aide (traducteur) pour saisir
complètement et de façon précise
l’intitulé des questions qui ne font pas
toujours appel au langage courant….
Deuxième sujet de SVT, toujours à rendre
la semaine suivante : Choisir un exemple
d’activité de l’homme qui modifie son
environnement en positif ou en négatif :
construire un panneau d’informations
explicatives sur ce sujet. Ballotté
depuis sa naissance sur les routes de
l’exil, M n’a jamais eu accès à
l’information sur ces problèmes liés à
l’activité humaine et à l’environnement
dans une langue qu’il maîtrise
parfaitement. Réchauffement climatique,
effet de serre, pollutions en tout
genre… il n’en avait jamais entendu
parler auparavant.
Une aide à la maison serait nécessaire,
mais il n’y a pas de maison, il y a un
hôtel où l’accès est interdit à toute
personne non-résidente.
D (fille),
en France depuis environ 18 mois, élève
de 3ème en juin 2011.
Problème de maths posé en devoir
surveillé au collège : Monsieur X
possède un jardin en forme de trapèze
(un trapèze, elle sait ce que c’est,
elle l’a vu en classe) qui comporte deux
parties dont il est dit que l’une,
rectangulaire est un potager et l’autre
une pelouse. La question est de
déterminer la position de la limite
entre « la partie cultivée et le gazon
pour que les deux
soient égales ». Elle n’a pas su
résoudre le problème et a eu 0 n’ayant
pas compris que la partie cultivée,
c’est le potager et que le gazon, c’est
la pelouse. Une fois éliminé ce problème
de vocabulaire, la solution était très
vite fournie (et exacte).
D, russophone,
avait choisi au collège le russe comme
LV[2]2
de façon à concentrer ses efforts sur
les autres matières. En fin de 3ème,
elle est orientée vers un lycée
professionnel en vue d’un bac pro
comptabilité, et, mauvaise surprise à la
rentrée, pour un bac pro, les deux
langues vivantes obligatoires doivent
être choisies parmi anglais, allemand,
espagnol ou italien (nouvelle loi !).
Elles doivent être enseignées de
préférence dans l‘établissement sinon
une formation par correspondance est
autorisée, mais il faut s’assurer auprès
du rectorat que l’on pourra passer la
langue choisie.
Aucune formation
n’est donc dispensée par le CNED[3]
en russe LV2. Donc pour le bac pro, en
avant
pour l’échec.
Dans l’école de la République, des
bonnes volontés existent, mais les
difficultés des enfants des migrants ne
sont pas toujours perçues et, à
fortiori, les réflexions sur des
solutions manquent.
Hélas, beaucoup d’enfants français de
milieux défavorisés se heurtent aux
mêmes problèmes.
En utilisant la métaphore de l'aimant et
de la limaille de fer, Olivier Clerc
montre que la médecine moderne, depuis
Pasteur, s'est développée selon les
mêmes "lignes de force" que la religion
chrétienne, et plus particulièrement
catholique, dont elle a adopté les
croyances, les dogmes, les rites et
pratiques, sous des formes à peine
différentes, devenant ainsi une sorte de
religion masquée :
- le médecin a pris la place du prêtre ;
- la recherche de la santé remplace la
quête du salut ;
- l'espoir de l'immortalité (par
clonage, manipulations génétiques, etc.)
l'emporte sur l'attente de la vie
éternelle ;
- la vaccination joue le même rôle
initiatique que le baptême ;
- et un hypothétique vaccin universel
sauvera demain l'humanité de toutes les
maladies, comme le Sauveur a racheté
tous les péchés du monde.
Le pouvoir médical est aujourd'hui allié
à l'État, comme l'était hier l'Église.
Les « charlatans » sont poursuivis comme
les « hérétiques » d'autrefois, et le
dogmatisme prévaut sur l'ouverture à des
théories « pas catholiques ». Un même
esprit de déresponsabilisation
caractérise le discours médical actuel
et les sermons du passé. L'homme est
aujourd'hui aliéné de son corps comme
hier de son âme. Il continue d'être
manipulé par la peur et par des espoirs
infantiles
Médecine, religion et peur par
Olivier Clerc, Editions Jouvence.
… La question de l’explosion de la
pauvreté, est devenue un phénomène aussi
banal que la rentrée des classes ou le
passage de l’heure d’été à l’heure
d’hiver. Jusqu’à quand va-t-on tolérer
que les pays développés créent des
pauvres à marche forcée, comme s’il
s’agissait d’une fatalité maléfique ? En
France, l’Institut national de la
statistique relevait récemment que le
nombre de pauvres avait franchi un
nouveau record pour atteindre 8,2
millions de personnes. Faut-il se
contenter de les envoyer aux Restos du
cœur ou agir pour les sortir de
l’engrenage de la misère de masse ?
Pleurer sur le sort des plus démunis
sans passer les choix publics au tamis
du jugement afin d’en évaluer les
conséquences concrètes, c’est le comble
de l’hypocrisie. Faire des « marchés »
les juges suprêmes de la politique
économique, laisser le capitalisme fou
imposer sa loi, refuser de mettre les
banques à la raison, puis verser une
larme sur les retombées d’un tel jeu de
massacre, c’est tomber sous le coup du
paradoxe de Bossuet qui disait :
« Dieu se rit des hommes qui se
plaignent des conséquences alors qu’ils
en chérissent les causes. »
Au sein de l’élite, nombreux sont ceux
qui espèrent ainsi reconstituer leur
prestige moral à bon compte. Les
bourgeois d’antan avaient leurs
pauvres, à qui ils versaient une pièce
au sortir de la messe. Leurs descendants
déduisent de leurs impôts les quelques
sous versés aux associations
humanitaires. L’histoire n’en est pas
plus morale pour autant.
Je viens de
terminer la lecture du livre "Dans le
silence des oliviers" de Michel
Benoit et je voudrais exprimer
succinctement mes réactions.
Dans un
premier moment, je me suis dit que
ce récit présenté en roman n'attirerait
ni les amateurs d'extraordinaire, ni les
chercheurs de spiritualité.
Mais
rapidement, au fur et mesure de la
lecture, je me suis laissé fortement
impressionner par ce cheminement vécu en
direct par les questionnements,
épreuves, appels portés par Jésus.
J'ai
apprécié à travers la progression
dans le temps tout ce qui permet de
mieux comprendre ses réactions, son
évolution, ses craintes, ses doutes, sa
souffrance, sa grande solitude ... Avec
le "Mal" puissant qui reste toujours
actif et sape les efforts. Avec la
méditation dans le silence qui est la
base de l'écoute et du cheminement. Sans
s'appuyer sur des miracles qui ne sont
que des phénomènes naturels ! Et
surtout, sans trahir la "Parole".
En
préservant la sobriété des citations
évangéliques mais en plaçant cette
Parole dans un cadre géographique et
historique concret, on devine mieux ce
qui a pu réellement se passer ...
C’est une
analyse profonde, sérieuse, à la fois
claire, précise et très judicieuse qui
traduit une ambiance, une époque et
présente un message "crédible" qui ne
tombe pas du ciel mais se construit
progressivement à travers des évènements
humains.
Le tout dans un style facile,
agréable, non prétentieux et non réservé
à une élite ...
Après le
livre "Dieu malgré lui" qui a été
pour moi une révélation, ce roman
rassemble une recherche et met en
scène des hypothèses mûries, notamment
celle du 13è apôtre "bien aimé".
Il
traduit concrètement une démarche pour
mieux en cerner la vraisemblance tout en
valorisant la portée exceptionnelle du
témoignage de l'homme Jésus, un grand
prophète, un croyant engagé mais
certainement pas un dieu.
Ce travail
portera ses fruits car les hommes
bienveillants qui cherchent à accueillir
le "bonheur" avec leur cœur peuvent
entendre facilement cette approche.
Tard dans la soirée du 1er
mai, le Président Obama déclare à la
télévision : « Je suis
en mesure
d’annoncer aux Américains et au monde
que les États-Unis ont mené une
opération qui a tué Oussama Ben Laden.
(…) Justice a été faite. Justice has
been done. » Oui, mais quelle
justice a été faite ? Le Président
américain précise qu’il avait « autorisé
une opération destinée à capturer
Oussama Ben Laden et à le présenter
devant la justice. » Si tel était bien
l’objectif recherché, alors l’opération
conduite par les militaires des forces
spéciales américaines a échoué. La mort
de Ben Laden signifie au contraire qu’il
ne rendra jamais compte de ses actes
devant la justice. Ben Laden n’a pas été
capturé, il a été tué. Il n’a pas été
jugé, il a été exécuté. On nous dit que
la photo de son cadavre est « atroce ».
Son meurtre est un acte de violence, il
n’est pas un acte de justice. La justice
des hommes civilisés est un acte
d’humanité et non de violence.
Il y a tout lieu de penser que
l’objectif des Américains n’était pas de
capturer Ben Laden, mais de le tuer.
Détenir comme prisonnier le leader d’Al
Quaïda aurait posé à l’État américain
des problèmes ingérables. Et pouvait-il
se permettre d’instruire le procès de
Ben Laden devant un tribunal dont il
aurait fait une tribune ? Tout compte
fait, sa disparition l’arrange bien.
Trop bien. Le 16 mars 2010, Eric Holder,
le ministre de la Justice américain,
avait déclaré devant le Congrès
qu’Oussama Ben Laden ne serait « jamais
traduit devant un tribunal américain »
parce qu’il serait tué au moment de son
arrestation. « La réalité, avait précisé
le ministre, est qu’on lira ses droits
au cadavre d’Oussama Ben Laden. »
La mort de Ben Laden correspond à une
certaine logique, mais c’est seulement
la logique de la vengeance. Ce n’est pas
la justice qui a été faite, mais la
vengeance. Quelle autre motivation à ce
meurtre que la seule recherche de la
vengeance ? Quel autre bénéfice le
peuple américain peut-il espérer de
cette mort que la satisfaction de son
désir de vengeance ? Quand la plus
grande puissance militaire du monde tue
un homme désarmé qui vit dans une maison
de campagne, où est le progrès de la
justice ? Où le progrès de la liberté ?
Où celui des droits de l’Homme ? Où
l’avancée de la civilisation ? Où celle
de la paix ? Où celle de la démocratie ?
Tuer un homme, ce n’est pas défendre une
cause, c’est tuer un homme.
L’immersion en mer du corps de Ben
Laden, quelles que soient les
précautions qui ont pu être prises, est
non seulement contraire aux règles de
l’islam, elle est contraire aux lois de
l’humanité. Comme si le meurtre de
l’ennemi ne suffisait pas et qu’il
fallait pourvoir à son anéantissement.
Certes, nul ne peut avoir oublié
l’horreur des attentats du 11 septembre
2001 qui a traumatisé le peuple
américain. Ben Laden, comme l’a souligné
Barack Obama, était « responsable du
meurtre de milliers d’hommes, de femmes
et d’enfants innocents ». Mais en quoi
le meurtre de Ben Laden rend-il justice
aux victimes et à leurs familles ? Ce
meurtre ne satisfait que la justice
archaïque de la loi du talion dont la
caractéristique est précisément de
redoubler la violence. Ce meurtre ne
fait que banaliser la mort.
Certes, le terrorisme islamiste fait
peser une réelle menace sur les
démocraties et celles-ci ont le droit et
le devoir de se défendre. Mais le
meurtre de Ben Laden mérite-t-il d’être
salué comme une grande victoire de la
démocratie sur le terrorisme ? Est-il de
nature à renforcer la sécurité des
démocraties ? Rien n’est moins sûr.
L’élimination de Ben Laden ne saurait
affaiblir l’idéologie du terrorisme.
D’aucuns vont certainement vouloir
venger la mort de celui qui a été
martyrisé. Point n’est besoin d’être un
grand expert pour penser qu’une
radicalisation des réseaux terroristes
est fort probable et que, de ce fait,
les risques d’attentats sont accrus. Là
encore, tout cela est conforme à la
logique de la violence.
Aussitôt, peu après minuit, de
Washington à New York des milliers
d’Américains sont descendus dans la rue
et se sont rassemblés pour fêter cette
mort comme on fête une magnifique
victoire. La télévision américaine nous
a montré des images de foules en liesse
chantant et dansant pour hurler leur
joie. « USA, USA ! », criaient en riant
à gorge déployée ces femmes et ces
hommes pour exprimer leur fierté d’être
Américains.
En France, tous ceux qui s’appliquent à
tenir un langage politiquement correct
ont affirmé qu’ils se réjouissaient de
la mort de Ben Laden qui signifiait à
leurs yeux une victoire de la démocratie
sur le terrorisme. Tous semblent
s’accorder avec le communiqué publié le
2 mai par la Présidence de la République
française : « Justice est faite ». Et
tous semblent se satisfaire de cette
justice expéditive.
Certes, il suffit d’un peu de
psychologie pour comprendre la
satisfaction et le soulagement ressentis
par ceux-là mêmes qui ont été
douloureusement meurtris par les
agissements criminels de Ben Laden.
C’est « humain », « bien humain ». Mais
cette compréhension compatissante ne
saurait venir donner raison aux
manifestations exorbitantes qui ont eu
lieu. La décence aurait voulu que cette
satisfaction soit retenue au lieu
qu’elle laisse place à une explosion
débridée de jouissance. En ces
circonstances, il faut nous ressouvenir
des paroles d’humanité du poète : « Seul
le silence est grand ; tout le reste est
faiblesse… » Si j’osais, j’ajouterais :
danser, chanter, crier, est également
lâche…
Comment l’homme peut-il fêter la mort en
criant de joie ? Ne faut-il pas pour
cela que la violence soit profondément
ancrée dans son cœur et dans son
esprit ? Ne faut-il pas pour cela que la
violence ait détruit toute une part de
l’humanité en lui ? Comment l’homme
peut-il respecter l’humanité en lui s’il
ne respecte pas l’humanité en l’autre,
fut-il son pire ennemi ? Le sang de
l’ennemi est toujours le sang de
l’humanité. Le meurtre est toujours un
échec, un drame et un malheur. La
tragédie de la violence c’est
précisément qu’elle enferme chacun des
deux adversaires dans un engrenage où
l’un et l’autre finissent par perdre le
sens sacré de la vie. Chacun reste
prisonnier de la logique de la violence
qui est une logique de mort.
Jean-Marie Muller,
Philosophe et écrivain. porte parole du
Mouvement pour une Alternative
Non-violente ( MAN :
www.nonviolence.fr
)
"Le motif de base de la Résistance était l'indignation.
Nous, vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la
France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre
l'héritage de la Résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais,
indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques , intellectuels et
l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser
impressionner par l'actuelle dictature internationale des marchés financiers qui
menace la paix et la démocratie.
Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous, d'avoir
votre motif d'indignation. C'est précieux. Quand quelque chose vous indigne come
j'ai été indigné par le nazisme, alors on devient militant, fort et engagé. On
rejoint le courant de l'histoire et le grand courant de l'histoire doit se
poursuivre grâce à chacun. Et ce courant va vers plus de justice, plus de
liberté ..."
Tiré de "Indignez-vous" par Stephan HESSEL Editions
Indigène
Ancien déporté et résistant, ancien ambassadeur,
co-rédacteur de la Déclaration Universelle des Droits de l'homme, Stéphan Hessel
a 93 ans.
Indignations :
"L'injustice, en particulier dans le choix
des hommes. Et l'utilisation quasi éhontée, quotidienne, du mensonge."
Général J. L. Georgelin;
"La souffrance en général, et plus particulièrement
celle des enfants. L'injustice ... La trahison .... La désinvolture ... " J.
C. Casadesus;
"Ce qui m'indigne, c'est que l'école ne joue plus son
rôle d'ascenseur social." M. Erra;
"Je suis indigné que l'on puisse faire fortune en
faisant de la politique". Marc Blondel;
"Je suis horrifié par les dégâts que le trio industrie
agroalimentaire - grande distribution - publicité commet sur notre agriculture
paysanne et notre artisanat". Y Camdeborde, cuisinier;
"Je suis indigné que, dans un pays comme la France, on
puisse mourir de froid dans la rue". C Féral-Schuhl;
"Penser que les parents sont responsables de la
pathologie de leur enfant, les rendre coupable de leur maladie." A. Kidjo;
La pauvreté est une question de revenus, mais aussi de conditions de vie. Si
être pauvre, c’est être victime de privations, quelles sont celles que les
Français jugent "inacceptables" ?
Quelles sont les privations qui sont
jugées les plus acceptables et celles qui sont inacceptables ? " Le consensus
n’est net que sur un petit nombre de privations, témoignant d’une vision
restrictive de la pauvreté limitée aux privations alimentaires sévères, aux
manques fonctionnels relatifs à l’habillement, à la très mauvaise qualité du
logement et aux difficultés à se soigner ", expliquent les auteurs d’une
étude réalisée à partir de l’enquête " Standards de vie " de l’Insee menée en
janvier 2006 auprès de 5 900 personnes.
Logiquement, l’accès des enfants à ces
éléments de base est largement perçu comme une nécessité : 90 % des personnes
interrogées jugent inacceptable de " ne pas pouvoir payer à ses enfants des
vêtements et des chaussures à leur taille ", 89 % de " ne pas pouvoir payer des
appareils dentaires à ses enfants " et 86 % de " ne pas avoir assez de rechange
pour envoyer ses enfants à l’école avec des vêtements toujours propres ". Pour
l’ensemble de la population, " se priver régulièrement d’un repas plusieurs fois
par semaine ", " être obligé de vivre dans un logement sans eau chaude ", " ne
pas pouvoir se payer de prothèses auditives " sont les items jugés les plus
inacceptables.
A l’opposé, tout ce qui relève du loisir,
des communications ou des nouvelles technologies n’est pas jugé le plus souvent
comme indispensable. Ainsi, 3 % seulement des personnes interrogées pensent
qu’on ne peut se passer d’un lecteur de DVD, 4 % d’un lave-vaisselle et 7 % d’un
téléphone mobile.
… Le 8 août 1945, deux jours après l’explosion
de la bombe atomique sur Hiroshima, un jour avant qu’une seconde bombe ne soit
lancée sur Nagasaki, Albert Camus publie dans Combat un article dans
lequel il s’indigne des « commentaires enthousiastes » qui saluent cette
performance technologique. Une telle célébration lui paraît indécente. Il résume
son commentaire d’une phrase : « La civilisation mécanique vient de parvenir à
son dernier degré de sauvagerie. »
… Ne nous y trompons pas : l’enjeu de l’arme
nucléaire n’est pas d’abord militaire ; il est moral, il est politique et, en
premier lieu, il est spirituel. Il est existentiel. Il ne s’agit pas d’abord de
savoir par quels moyens nous devons défendre notre société, mais de savoir
quelle société nous voulons défendre. Il s’agit de savoir quelles valeurs
donnent sens à notre existence et à l’aventure humaine, et pour la défense
desquelles il convient que nous prenions des risques. La menace de l’arme
nucléaire, qui implique par elle-même le consentement au meurtre de millions
d’innocents, est le reniement de toutes les valeurs d’humanité qui fondent notre
civilisation. Par la préméditation du meurtre nucléaire, nous avons déjà nié les
valeurs que nous prétendons défendre. Comment pourrions-nous, sans nier la
dignité de l’humanité de l’homme, consentir au meurtre nucléaire ?
Le caractère criminel de l’emploi de l’arme
nucléaire a été clairement dénoncé par la résolution de l’ONU du 24 novembre
1961. L’Assemblée Générale déclare : « Tout État qui emploie des armes
nucléaires et thermonucléaires doit être considéré comme violant la Charte des
Nations Unies, agissant au mépris des lois de l’Humanité et commettant un crime
contre l’Humanité et la civilisation. » Vous conviendrez que la condamnation est
sans appel. Face à la possibilité du crime nucléaire, l’humanité est sommée de
se réveiller de son inconscience et de résister à sa barbarie intérieure.
L’humanité, c’est-à-dire chacun de nous. Dès lors, ne sommes-nous pas mis au
défi de défendre l’Humanité et la civilisation contre le crime nucléaire ?
…. Par son consentement au meurtre nucléaire,
l’homme nie et renie la transcendance de son être spirituel. Par cet
assentiment, il « perd son âme », comme on disait naguère. En refusant de rendre
un culte idolâtre à l’arme nucléaire, l’homme redevient maître de son propre
destin et il lui est alors possible de recouvrer sa part de transcendance.
…. Dans la société laïque et républicaine qui est la
nôtre, vous avez encore le rare privilège de pouvoir faire entendre votre voix
dans la cacophonie des bruits médiatiques qui asphyxient notre démocratie. Dès
lors, n’est-il pas de votre responsabilité de faire écho à la voix du jeune
prophète de Nazareth qui, il y a quelque deux mille ans, a délégitimé toute
violence, a demandé à ses amis de ne pas résister au mal en imitant le méchant
et de remettre leur épée au fourreau ? Durant toute sa vie, avec une liberté
magnifique, il a osé défier le pouvoir des puissants. Vous savez qu’il en est
mort. Il eut la sagesse d’abroger la loi du talion qui continue pourtant d’être
la règle de conduite des États nucléaires dont les menaces réciproques font
peser sur l’humanité tout entière le risque de l’anéantissement.
Je ne sais pas si nous sommes encore beaucoup à
attendre de vous que vous fassiez écho aux paroles de compassion, de douceur, de
justice et de paix que le Nazaréen fit entendre sur la Montagne des Béatitudes…
Mais si vous en aviez l’audace, alors soyez sûrs que, dans ce monde malade de la
violence à en mourir, ils seraient nombreux, très nombreux, parmi celles et ceux
qui sont sans voix, qu’ils croient au ciel, qu’ils n‘y croient pas ou qu’ils y
croient mal, à se réjouir de vous entendre parler haut et fort pour délégitimer
l’arme nucléaire. Dans ce monde enténébré, vous auriez contribué à entretenir la
petite flamme fragile de l’espérance.
Le 28 novembre 2010
Extraits de la lettre ouverte adressée aux évêques de
France par Jean-Marie MULLER
Je me suis pâmé, il y a huit
jours, devant un campement de Bohémiens qui s’étaient établis à Rouen. Voilà la
troisième fois que j’en vois. Et toujours avec un nouveau plaisir. L’admirable,
c’est qu’ils excitaient la Haine des bourgeois, bien qu’inoffensifs comme des
moutons. Je me suis fait très mal de voir de la foule en leur donnant quelques
sols. Et j’ai entendu de jolis mots à la Prudhomme. Cette haine-là tient à
quelque chose de très profond et de complexe. On la retrouve chez tous les gens
d’ordre. C’est la haine qu’on porte au Bédouin, à l’Hérétique, au Philosophe, au
solitaire, au poète. Et il y a de la peur dans cette haine. Moi qui suis
toujours pour les minorités, elle m’exaspère. Du jour où je ne serai plus
indigné, je tomberai à plat, comme une poupée à qui on retire son bâton.
Dès qu’il dépasse 60/65 ans, l’homme vit plus longtemps
qu’il ne produit et il coûte alors cher à la société ; il est bien préférable
que la machine humaine s’arrête brutalement, plutôt qu’elle ne se détériore
progressivement.
On pourrait accepter l’idée d’allongement de l’espérance
de vie à condition de rendre les vieux solvables et de créer ainsi un marché.
Je crois que dans la logique même du système industriel
dans lequel nous nous trouvons, l’allongement de la durée de la vie n’est plus
un objectif souhaité par la logique du pouvoir.
L’euthanasie sera un des instruments essentiels de nos
sociétés futures dans tous les cas de figure. Dans une logique socialiste, pour
commencer, le problème se pose comme suit : la logique socialiste c’est la
liberté, et la liberté fondamentale c’est le suicide ; en conséquence, le droit
au suicide direct ou indirect est donc une valeur absolue dans ce type de
société.
L’euthanasie deviendra un instrument essentiel de
gouvernement.
Extraits de L’homme nomade, Jacques ATTALI ; Ed. Le Livre
de Poche, 2005 –
7
juillet 2010, 17h25, Gare de l’Est. Je m’installe dans le TGV qui doit me
ramener à Strasbourg. La voix quelque peu métallique qui devrait nous annoncer,
par le biais du micro, un départ imminent, diffuse alors un message plus
inattendu : « Mesdames et messieurs, des Roumains sesont introduits
dans le train. Veuillez prendre garde à vos bagages… » Je sursaute, et
observe autour de moi : aucune réaction, si ce n’est quelques passagers qui
mettent leur serviette en sécurité.
Ce petit
incident, trop vite oublié, m’inspire les réflexions suivantes. L’éthique
sociale est provoquée lorsque, comme le dit Paul Ricoeur, les institutions Ne
sont pas « justes ». Le troisième terme de sa définition de l’éthique («
…dans des institutions justes ») est ici mis à mal : la parole officielle
des régulations sociales dans l’espace public a failli à sa mission. À
l’intersection des relations courtes de l’éthique interpersonnelle et des
relations longues du politique, l’institution, qui, comme on le sait, est
composée d’individus, a manqué à son devoir de prudence et d’égalité.
Le
mécanisme du bouc émissaire est à l’œuvre dès lors qu’une personne ou une
communauté se trouve stigmatisée, non pour ce qu’elle a fait mais pour ce
qu’elle est. René Girard a clairement montré que ce phénomène multiséculaire et
inconscient a pour effet, sinon pour fonction, d’unifier le groupe majoritaire
lorsque celui-ci est parcouru de tensions internes. Les rivalités mimétiques qui
menacent l’équilibre social ne trouvent leur dépassement (toujours provisoire)
que dans une forme sacrificielle d’exclusion d’une « victime émissaire »,
choisie sur une base purement arbitraire.
Le
processus d’imposition d’une idéologie délétère et de persécution d’une minorité
ne peut se déployer que grâce au consentement tacite des citoyens. La Boétie le
disait déjà en son temps : aucun pouvoir, même le plus tyrannique, ne pourrait
s’exercer sans la servitude volontaire de la population. En l’occurrence, la
passivité des passagers (et la mienne en premier !) ne laisse pas d’étonner.
Cela semble bien indiquer que, conformément aux analyses de Noam Chomsky et
Edward S. Herman, le consentement se fabrique selon des procédures précises,
subtiles et redoutablement efficientes.
Enfin,
l’incident du 7 juillet m’incite à penser les limites de l’arbitraire. Si la
voix avait indiqué que « des Noirs » ou « des Juifs » s’étaient
introduits dans le train, Il y aurait eu à l’évidence des protestations
indignées. Or, nous savons qu’une telle stigmatisation était courante, sans
pratiquement aucune réaction de la part de la population, dans d’autres pays que
le nôtre et même en France, il n’y a pas si longtemps que cela. La relativité de
ce qui fait scandale à nos yeux devrait nous conduire à interroger les
compensations secondaires que nous prodigue, ou non, le consentement à
l’arbitraire. L’approche psychanalytique, proposée par exemple par Thierry de
Saussure, pourrait à cet égard s’avérer précieuse, pour analyser, comprendre et
surmonter l’ambivalence de notre rapport à l’étrange étranger. C’est dire tout
l’intérêt d’une réflexion éthique largement interdisciplinaire, susceptible de
nourrir notre responsabilité et notre engagement citoyens.
Frédéric
Rognon - Membre du CEERE - Professeur de philosophie - Faculté de
théologie Protestante - Université de Strasbourg. (Tiré de la revue de la
Faculté de Théologie de Strasbourg)
Dans l'Est Républicain du 24 août
un article intitulé « L'Eglise et l'Etat, vieux débat», soulève la
question de la séparation de l'Eglise et de l'Etat à l'occasion des prises de
position hostiles de la hiérarchie catholique -entre autres- à l'égard de la
politique gouvernementale à l'égard des Roms.
Pour permettre à chacun de se décider en conscience, il me semble utile de
rappeler quelques principes de base de ce qu'est une société laïque et
démocratique.
La séparation de l'Eglise et de l'Etat a mis heureusement fin, en France, en
1905, à la politique concordataire qui consistait à reconnaître deux pouvoirs de
nature politique , l'un temporel (celui de l'Etat et de ses institutions )
l'autre spirituel voire divin (celui de L'Eglise ou des institutions religieuses
en général) et à institutionnaliser leur collaboration et leur
instrumentalisation réciproque ( alliance
parfois conflictuelle d'ailleurs du trône et de l'autel). La laïcité consiste à
ne reconnaître l'autorité politique qu'à l'Etat et aux collectivités publiques
démocratique. C'est la base même de la démocratie. Les religions et autres
associations de conviction doivent être exclues en tant que telles de l'exercice
du pouvoir. Elles ne peuvent revendiquer d'autorité que sur les personnes qui
reconnaissent librement cette autorité.
On notera au passage que l'exercice de cette autorité interne à l'institution
religieuse reste pour le moins problématique dans le cadre d 'une Eglise
catholique aux structures hiérarchique voire monarchiques et qui ne respecte pas
en son sein certains droits humains, notamment ceux des femmes. Il est
symptomatique à cet égard que le langage courant lorsque l'on parle des
positions de l'Eglise désigne les prises de parole de la seule hiérarchie:
évêques et-ou Pape.
La laïcité proclame la liberté de conscience personnelle. Les religions n'ont
pas à revendiquer au nom d'une vérité qu'elles affirment transcendante le droit
d'imposer à tous des décisions politiques qui relèvent en dernier ressort de la
volonté des citoyens. Ceux ci doivent avoir juridiquement l'entière liberté de
décider de leur choix de vie et donc de leur choix politique, dans le respect
des lois démocratiquement élaborées, quelle que soient leur conviction
religieuse ou philosophique.
Cela dit il est non moins évident qu'en démocratie toutes les convictions
personnelles ou partagées dans des associations, organisations, institutions de
toute nature ont le droit de s'exprimer. Il n'y a donc aucune atteinte à la
laïcité quand des groupes de croyants ou des associations agnostiques
s'expriment collectivement y compris sur tel ou tel aspect de la politique
gouvernementale. Jean Luc Mélanchon sur ce point est à la fois laïque et
démocrate, ce qui devrait être une tautologie, quand il affirme « ne pas être
hostile au fait que des religieux s'expriment ». Il va de soi que tous
les citoyens ont aussi de ce fait le droit de dire leur accord ou leur désaccord
avec les expressions en question. Dans une société pluraliste et
multiconvictionnelle telle que la nôtre la laïcité est à l'évidence le seul
moyen juridique de vivre ensemble et d'éviter les ghettos communautaristes ou
les tentatives de prise du pouvoir par des idéologies absolutistes voire
totalitaires, religieuses ou non.
Jean Riedinger
secrétaire national de l'Observatoire Chrétien de la Laïcité.
Le
collectif nancéien* contre la guerre et pour une paix juste et durable au Proche
et Moyen Orient a décidé de relayer la campagne « N’achetons pasles
produits de la colonisation du peuple palestinien, Boycott
Désinvestissement Sanctions (BDS) ». Elle s’inscrit dans le combat pour
l’application des résolutions des Nations Unies au Proche-Orient et pour une
paix négociée établissant un Etat palestinien aux côtés de l’Etat d’Israël, dans
des frontières sûres et reconnues, celles de 1967, avec Jérusalem-Est comme
capitale.
Le
collectif appelle sur cette base à la solidarité avec les forces progressistes
palestiniennes et israéliennes engagées dans ce combat non-violent.
Qu’est-ce que la campagne BDS ?
B…comme Boycott des produits en provenance des colonies illégales dans les
Territoires Palestiniens occupés.
D…comme Désinvestissement du capital des entreprises israéliennes ou
internationales qui participent à la colonisation des Territoires Palestiniens
occupés (y compris Jérusalem-Est) et à la destruction du patrimoine ou des
infrastructures palestiniens, par la fourniture de matériel ou de technologies
servant dans l’industrie israélienne d’armement ou par le biais de financements.
S…comme Sanctions, en particulier suspension de l’accord d’association entre
l’Union Européenne et Israël, jugement par des tribunaux internationaux
appropriés des responsables de crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
* Il réunit
13 organisations, associations et
partis politiques
par
Nicolas G. Hayek, le patron de la Swatch Group
Né au Liban en 1928 et agé maintenant de 82 ans,
à la tête du plus important groupe horloger du monde, avec 25 000 employés, N.
G. Hayek, d’origine libanaise et marié à une descendante d’huguenots français, a
été interviewé sur son éthique de chef d’entreprise par le mensuel de l’Eglise
protestante vaudoise, “Bonne Nouvelle ” (paru en mai 2010, Cahier La Côte, La
Morges, Suisse). Il se révolta contre la croyance en Dieu à l’âge de 12 ans car
il n’existe aucune preuve de l’existence de Dieu ; puis, maintenant, de nouveau
il croit en Dieu car “ il n’y a pas d’autre possibilité de comprendre la
création de ce monde ”.
“ Je suis un passager à bord d’un vaisseau
spatial qui s’appelle la planète Terre. Lorsque je vois que ce vaisseau spatial
est menacé par des gens qui veulent y faire des trous ou le détruire,
j’interviens. Je saute immédiatement de mon siège pour aller aider à réparer les
dégâts, avec mes moyens et avec d’autres passagers. Ensuite, lorsque c’est
terminé, je reviens m’asseoir à ma place ” (allusion à l’Exposition nationale de
2002 où le Conseil fédéral a fait appel à lui). Il se définit comme un homme
d’action et non de pouvoir : “ Je suis un homme d’action. Mais la politique, non
… Toute ma vie, j’ai été un serviteur de la communauté ”
Bien que
riche, il préfère vivre sobrement : “ Je suis un chef d’entreprise parmi les
plus riches de Suisse. Je n’ai pas d’avion privé, je ne dépense pas l’argent des
actionnaires, je refuse d’encaisser les salaires trois fois plus élevés que les
autres empochent. Je traite mes employés comme mes amis. Lorsqu’il y a une
crise, je ne renvoie pas le personnel, je les garde tous. Cela nous a coûté 150
millions de francs de plus de salaires. C’est pour cela que je suis crédible. ”.
“ (…) J’ai créé des richesses avec des artisans suisses, avec les qualités
suisses, avec la précision suisse, avec l’honnêteté suisse. Car il y a beaucoup
de Suisses honnêtes. Nous ne sommes pas tous des gangsters, comme trop de gens
le pensent. Même si nous devons reconnaître que certains de nos banquiers se
sont conduits comme des gangsters ”. “ Si je dis quelque chose aux jeunes, c’est
de ne pas planifier leur vie uniquement dans le but de devenir riches, en jouant
à la Bourse. Il faut avoir l’esprit d’entreprise, créer des choses nouvelles,
servir tout le monde. Cela donne beaucoup de plaisir ”.
Le mécénat ? Il a lancé Belenos, une
entreprise pour le développement d’énergies propres, avec le Groupe E, la
Deutsche Bank, George Clonney, l’Ecole Ammann – “ Je
dépense une partie de ma fortune pour ce genre de chose ”.
Pour en savoir plus, un livre : “ Au-delà de la saga
Swatch. Entretiens d’un authentique entrepreneur avec Friedemann Bartu ”,
éditions Albin Michel : et le site de son groupe
www.swatchgroup.ch
Tiré
de Correspondance unitarienne n° 106, août 2010
Nombreux
sont celles et ceux qui se souviennent de Sœur Sourire. Son nom était déjà comme
un rayon de soleil. Ses chansons à la guitare, Dominique … nique … nique,
Fleur de cactus, et beaucoup d’autres, ont animé pendant des années les
rassemblements de jeunes chrétiens. Elle était sœur dominicaine et chantait, au
début, pour les jeunes filles venues en retraite, dans son couvent. Quand son
premier disque fut épuisé, et qu’il s’avéra un succès également au niveau des
ventes, sa supérieure l’encouragea à en produire d’autres, et lui fit en même
temps signer un contrat, qui en attribuait, d’office et sans restriction, les
bénéfices à son ordre. Quelques années plus tard, alors que la contestation
gagnait aussi les couvents, sœur Sourire décida de quitter la communauté et de
vivre une vie laïque. Elle avait une amie qui partageait ses objectifs. Elles
aimaient la transparence. Elles ne cachèrent pas leur relation homosexuelle. La
supérieure et son couvent la rejetèrent, bien sûr, mais gardèrent le bénéfice de
la vente des disques. Et quand il se fut agi de payer les contributions sur ces
bénéfices, les sœurs répondirent à l’Etat de s’adresser aux intéressées.
Celles-ci travaillèrent avec acharnement, mais ne parvinrent pas à faire face
aux huissiers. Epuisées, déconsidérées, méprisées, et finalement dégoutées,
elles décidèrent de mettre fin à leurs jours. On retrouva leurs deux corps sans
vie, dans la petite maison qu’elles habitaient, au sein d’un quartier ouvrier.
Je n’ai aucune envie d’ajouter un commentaire.
Jacques MEURICE (tiré de "Adieu
l’Eglise" Editions L’Harmattan)
«Je
suis amoureuse de ce qui est, non parce que je suis une personne spirituelle,
mais parce que cela me fait du mal quand je conteste la réalité. Nous pouvons
savoir que la réalité est bonne telle qu’elle est, parce que lorsque nous la
contestons, nous faisons l’expérience de la tension et de la frustration. Nous
ne nous sentons alors ni naturels ni équilibrés. Lorsque nous cessons de
contester la réalité, l’action devient simple, fluide, bienveillante et sans
peur.»
– Byron Katie, extrait de Aimer ce qui est
Si je vous dis que vous êtes
absolument parfait tel que vous êtes, quelle est votre première réaction?
Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais il semble que la perspective de nous
aimer ou d’aimer notre vie telle qu’elle est nous effraie. Personne n’aime être
insatisfait, personne n’aime être frustré et se sentir limité... Or, bien que
l’on aspire tous à vivre un bonheur profond et complet, on est les premiers à
l’étouffer en cultivant des «je devrais» et des «il aurait dû» qui entrent en
conflit avec la réalité. On déplore la peur et la douleur, mais on compte sur
celles-ci pour nous amener à changer...
Question du jour: Qui serions-nous sans cette drôle d’idée? Et si on n’avait pas
besoin de rejeter et de juger une chose pour la changer? Et si le meilleur
carburant était non pas l’insatisfaction, mais un doux mélange de gratitude et
de sérénité? Je peux me tromper, mais j’observe que le fait d’aimer notre vie
telle qu’elle est – exactement telle qu’elle est – l’aide en fait à se
transformer en une version encore plus belle, encore plus magique, encore plus
appropriée...
Il n’est pas question de ne rien faire et de ne rien changer, mais d’effectuer
les changements dans la paix plutôt que dans le jugement. On n’abandonne pas
vraiment notre idéal, en réalité... On abandonne notre guerre contre le
moment présent.
Si on carbure au stress, à la peur ou au dégoût, on crée du stress, de la peur
et du dégoût – même si notre intention est de nous en libérer. Si on carbure à
l’amour, on crée différentes manifestation d’amour et on ouvre les portes à
travers lesquelles il pourra se manifester. Voilà le vrai sens de «semer ce
qu’on veut récolter»...
Sur ce, je vous souhaite une magnifique journée! Et merci de partager la magie
en si grand nombre!
2010 : une année d'actions offensives et
déterminées pour construire une société plus juste
Depuis le 1er janvier 2010, de nombreux
équipiers de La Cimade ont dû quitter la moitié des centres de rétention au sein
desquels La Cimade intervenait depuis 25 ans. C'est l'issue d'un long bras de
fer initié par le Gouvernement depuis fin 2007 pour affaiblir la capacité des
associations à défendre efficacement les droits des étrangers et à s'exprimer
publiquement sur les dégâts humains engendrés par une dangereuse politique du
chiffre.
La Cimade est déterminée à poursuivre son
action auprès des migrants, des demandeurs d'asile, des réfugiés et des exclus.
Avec les travailleurs sans-papiers en grève
et les syndicats, auprès des personnes privées de liberté, avec les associations
et mouvements qui agissent au Maghreb et en Afrique, avec les demandeurs d'asile
que nous défendons et accueillons, avec les couples mixtes franco étrangers et
avec de multiples partenaires associatifs ou réseaux œcuméniques en Europe, un
autre présent et un autre demain se construisent, une autre façon de penser et
de réaliser une société plus fraternelle.
C'est à cette utopie concrète que nous nous
attelons ensemble.
Le 7 novembre 2004, nous étions quelques
dizaines de militants sur le pont de la gare de Nancy pour huer au passage du
train chargé de déchets nucléaires. Ce train est passé à proximité de voyageurs
en attente de leur correspondance !
Quelques heures plus tard, Sébastien, 22 ans,
est mort à Avricourt, en Lorraine, renversé par la locomotive de ce convoi de
déchets nucléaires partant vers l’Allemagne. La mort de ce jeune homme plein
d’ardeur ne doit pas passer pour lettre morte. L’appel de Sébastien à refuser
l’industrie nucléaire et ses déchets éternels dangereux pour les générations
futures doit être entendu.
Voici ci-dessous, le communiqué de ses amis ;
Bichon est mort pour ses convictions
Quelques semaines auparavant il s’était
décidé avec plusieurs d’entre nous à agir pour rendre publique la vulnérabilité
d’un tel convoi. Le fait qu’il soit mort ne doit pas faire oublier que cette
action était non violente, réfléchie et volontaire.
Contrairement à ce que ce drame peut laisser
transparaître, en aucun cas notre acte était irresponsable et désespéré. Notre
engagement est le fruit de convictions profondes quant au danger certain et réel
que représente le nucléaire depuis trop longtemps. Cette action était
parfaitement planifiée, collectivement, incluant des repérages précis des lieux,
et en respectant des procédures d’arrêt éprouvées. Nous avions longuement
envisagé toutes les possibilités y compris un non arrêt du convoi. Placés en
sortie de courbe, nous pouvions être amenés à quitter les rails très rapidement,
du fait d’une visibilité réduite. Nous étions quatre couchés sur les voies ayant
chacun un bras passé de part et d’autre d’un tube d’acier glissé sous le rail
extérieur de la voie permettant ainsi un départ d’urgence plus rapide. En aucun
cas nous n’étions cadenassés et nous avions la possibilité de nous dégager
rapidement de ces tubes.
Malheureusement l’équipe chargée de stopper le train 1500m en amont n’a pas pu
agir. L’hélicoptère de surveillance précédent en permanence le convoi était
absent, « parti se ravitailler en kérosène » ; or cette équipe comptait
essentiellement sur sa présence qui signalait l’arrivée du train. Enfin,
conformément à ce qui était convenu les stoppeurs ont renoncé à arrêter le
convoi car il était accompagné de véhicules de gendarmerie le précédent à vive
allure sur le chemin les séparant de la voie.
Le convoi est donc arrivé à « 98 km/h » selon le procureur n’ayant pu être
arrêté par les militants ni averti par l’hélicoptère. Ces multiples causes
réunies nous mettaient en danger. De ce fait, les personnes couchées sur les
rails n’ont bénéficié que de très peu de temps pour s’apercevoir que le train
n’avait pas été stoppé et par conséquent n’avait pas réduit son allure. Nous
nous étions entraînés à une évacuation d’urgence de l’ordre de quelques
secondes. Sébastien à été percuté alors qu’il quittait les rails, et en aucun
cas, son bras n’est resté bloqué à l’intérieur du tube. La vitesse de
l’événement nous a dépassé et personne parmi nous n’a eu le temps de lui venir
en aide.
Avant que cela n’arrive, nous sommes restés dix heures de suite cachés en
lisière de bois à trente mètres de la voie, gelés et ankylosés par le froid.
Durant cette attente, nous n’avons pas été détecté par le dispositif de
sécurité, ni les guetteurs postés à une quinzaine de kilomètres du lieu du
blocage et chargés de nous prévenir de l’arrivée du train, ni les stoppeurs
chargés de l’arrêter, ni les bloqueurs qui avaient préalablement installé les
deux tubes sous le rail aux environs de cinq heures du matin. Il est clair que
la part de responsabilité de chaque protagoniste doit être établie. Y compris la
nôtre.
Pour l’heure nous sommes face à l’un des pires moments de notre existence.
Malgré ce que beaucoup de personnes peuvent penser nous avions des raisons
certaines d’être là. En premier lieu la sauvegarde de la planète, dont nous
assistons au déclin d’années en années, mais également le rejet de cet État
monolithique refusant toute remise en question. Nous n’avons pas décidé
d’arrêter ce train par immaturité ou par goût de l’aventure, mais parce que dans
ce pays, il faut en arriver là pour qu’une question de fond, enfin, entre dans
le magasin de porcelaine.
Sébastien est mort par accident, il ne l’a pas choisi, personne ne l’a souhaité.
Il n’est pas mort au volant en rentrant ivre de discothèque, mais en agissant
pour faire entendre ses convictions. Et c’est sans conteste pour cela que son
décès ne sera jamais, pour nous, un fait divers.
Face à une situation où nous étions si perdus, nous n’imaginions pas recevoir
tant de soutien. Nous remercions particulièrement amis et parents, de nombreuses
associations, mais également les milliers d’anonymes allemands et français ayant
organisé des manifestations et des commémorations en sa mémoire. L’ampleur de la
solidarité nous dépasse autant qu’elle nous touche. Le plus important, nous
semble de pleurer un frère et de soutenir sa famille et non d’instrumentaliser
son image. Bichon était certes à la recherche d’un monde moins fou, mais avant
tout un jeune homme rempli de joie de vivre, d’énergie et amoureux des gens. Ce
texte n’est ni une confession, ni une agression, nous voulons seulement par
celui-ci rétablir la vérité des faits.
Je m’appelle “Convention” quand les adultes décident qu’il y a des choses qui
ne se font pas... mais qui se font quand même.
Je m’appelle “mineur” comme un délit, comme moins que majeur.
Je m’appelle “naturel” quand mon père ne m’a pas reconnu et “illégitime” quand
il s’est égaré.
Je m’appelle “objet” pour le ramassage scolaire.
Je m’appelle “rationnaire” pour l’intendant du collège.
Je m’appelle “marché” pour les publicitaires du yaourt
Je m’appelle “salaire d’appoint” quand je vais chez ma gardienne
Je m’appelle “ton gosse” quand le concubin, qui s’estime chez lui, veut
regarder la télé
Je m’appelle “alibi” quand le couple bat de l’aile, et m’engendre pour se
persuader du contraire.
Je m’appelle “prestation” quand les fins de mois sont difficiles.
Je m’appelle “demi-part” pour les services fiscaux.
Je m’appelle “effectif” à l’école qui risquerait de fermer si je ne venais pas
le jour de mes deux ans.
Je m’appelle “valise” le dimanche à 18 heures, quand mon père divorcé me
ramène et me dépose au pied de l’immeuble.
Je m’appelle “à charge” ou “ayant droit” pour les organismes sociaux.
Je m’appelle “inceste” quand mon père mélange les générations.
Je m’appelle “recueilli temporaire” à défaut d’être accueilli par ma mère.
Je m’appelle “petits métiers” au Caire, “enfants soldats” en Iran ou au Sri
Lanka, “avion” (passeur de drogue) au Brésil.
Je ne sais plus comment je m’appelle... pour vous, les adultes, faiseurs
d’histoires et de guerres, et dont les bouches sont pleines de “l’intérêt
supérieur de l’Enfant”.
Parlez-en moins et soyez vous-mêmes des adultes, capables de m’accueillir dans
l’écriture de mon histoire, pas celle dont vous rêvez pour moi parce que vous
regrettez la vôtre.
Je m’appelle Victor, Livia, Noé, Selma...
Je m’appelle “demain” si aujourd’hui, nous pouvions continuer à naître à la
vie que nous avons reçue de vous, mais qui ne vous appartient pas. Comme nous,
vous l’avez reçue.
ALORS LES DROITS, POUR LES UNS ET POUR LES AUTRES, POURRONT SERVIR DE
CADRE À UNE HISTOIRE À VIVRE ENSEMBLE.
Texte présenté dans le cadre du 20ème anniversaire de la
Convention des Droits de l'Enfant à Vaux le Pénil en Seine et Marne, près de
Melun.
Un parrainage permet
de manifester concrètement sa solidarité envers les enfants et leurs parents
sans papiers, le plus souvent des réfugiés qui ont dû fuir leur pays où ils
étaient menacés,
Tous ont choisi
notre pays comme terre d'accueil et demandent la protection de notre République
; en leur proposant de les parrainer, une communauté leur dit ainsi et le plus
fortement: "Vous êtes des nôtres". Ceci représente aussi la plus
nette des réponses, très pédagogique, aux discours racistes et xénophobes.
Qu’est-ce qu’un parrainage ?
Les enfants de couples « sans papiers »
sont accompagnés, lors du parrainage, d'une marraine ou d'un parrain citoyen(ne)
et d’une marraine ou d’un parrain élu(e). Le parrainage est un acte symbolique.
• Un parrainage permet de
manifester concrètement sa solidarité envers ces enfants. Leurs parents sont
parfois des réfugiés qui ont dû fuir leur pays où ils étaient menacés,
emprisonnés, recherchés, en grand
danger. Dans d’autres cas, leurs parents ont voulu quitter un pays où ils ne
connaissaient que la misère, où ils ne pouvaient pas faire soigner leur enfant
gravement malade. Certains adolescents ou jeunes majeurs ont également vécu ces
situations mais se retrouvent seuls en France après avoir fui leur pays. Tous
ont choisi notre pays comme terre d'accueil et demandent la protection de notre
République ; une communauté leur dit ainsi et le plus fortement: "Vous êtes
des nôtres". Ceci représente aussi la plus nette des réponses, très
pédagogique, aux discours racistes et xénophobes.
• Il apporte à nos filleuls
un réconfort, un honneur, une reconnaissance... qui sont pour eux un espoir.
• Il brise enfin l'isolement
de ces enfants et leur expulsion éventuelle devient dès lors plus délicate.
C’est donc également une façon de les protéger. Ce sera l’occasion de dire
qu’au-dessus des lois de circonstances, nous plaçons les principes de solidarité
et de fraternité.
Il va de soi que ce parrainage
n’implique aucunement l’engagement pour les élus volontaires de loger eux-mêmes
ou de pourvoir aux besoins vitaux de ces personnes ou familles. Cet acte est
avant tout politique. À chacun ensuite d’utiliser au mieux ses réseaux et
compétences pour aider à l’intégration et à la régularisation des parrainés.
Les marraines et parrains sont
totalement libres de donner à cet acte l’ampleur, la constance... qu’ils (elles)
décident et peuvent mettre en œuvre. Ce, dans le respect de tous, toute aide,
même la plus minime, sera de toute façon extrêmement précieuse.
A leur arrivée en Franceles
familles sont « demandeurs d’asile » mais malheureusement, elles n’obtiennent
que rarement le statut de réfugiés, d’où des situations dramatiques lorsqu’elles
reçoivent une OQTF
Elles logent dans des foyers de type
Sonacotra, pour partie en charge de la préfecture. En fonction de leur statut,
elles sont dans des « lieux de vie » du CADA ou de l’AUDA. Faute de place, elles
sont aussi logées dans des hôtels payés par la préfecture.
Accepter de
parrainer implique de prendre le temps de savoir où en est la famille dans ses
démarches de régularisation, la soutenir en cas de rejet de sa demande ou des
recours entrepris et, en cas d’arrestation, être une des personnes qui
pourraient la soutenir, faire jouer la solidarité, faire des démarches auprès
des autorités, etc. Le parrain n’est pas seul. Les démarches , les
actions de solidarité se font en lien avec les autres militants de RESF. En résumé, parrainer c’est permettre à une famille, venue chez nous de
tisser des liens (c’est parfois plus facile quand il y a des enfants car le
barrage de la langue est vite dépassé) qui faciliteront son intégration et lui
feront découvrir un visage accueillant de la France.
Combien de temps faudra-t-il regarder passivement les
catastrophes dites "naturelles" de plus en plus fréquentes (tornades,
inondations, sécheresses, avancée des déserts, recul des glaciers, marées
noires…) avant de réagir ? Peut-on les déplorer alors qu’elles ne sont que la
conséquence des excès humains ?
Face aux constats de l’augmentation des dévastations de
l’écosystème, des gaspillages des ressources naturelles, on peut baisser les
bras tant l’ampleur des dégâts est effrayante, on peut s’en remettre aux
pouvoirs publics, aux collectivités… Mais je veux croire encore en la
puissance desactions individuelles -les petites gouttes d’eau font
les océans- et donc au pouvoir personnel du consommateur.
Il ne s’agit pas de faire du "catastrophisme", mais depuis
longtemps déjà, je nous imagine au bord du précipice, un pas de plus et … Comme
pour le corps humain, nous pouvons poser le principe de stimuler ses capacités
naturelles à se défendre sans attendre tout d’un médicament miracle, pour notre
terre nous pouvons favoriser ses ressources à nourrir tous ses habitants, si
nous ne l’appauvrissons pas par des méthodes qui ne la respectent pas.
Je dois donc faire des choix et en consommant le plus
possible bio, je veux exercer mon pouvoir de consommateur en essayant
d’être cohérente avec mes convictions :
- pour la santé de la planète :
l’agriculture biologique est respectueuse de l’environnement, de la
biodiversité...
- en soutenant les paysans qui ont fait le choix de
cette agriculture, choix courageux, pastoujours évident à
une époque où notre sociétéprône le "toujours plus"
- pour ma santé, car je pense qu’un produit
exempt de chimie a beaucoup d’avantages
- parce que ça ne me revient pas plus cher : mon
budget alimentation n’a pas augmenté
. en consommant localement
et de saison
. en diminuant la viande
(dont la production est 7 fois plus gourmande d’énergie que la même quantité de
végétal) pour privilégier le duo légumineuses céréales, équivalent en protéines
. en cultivant mon jardin
. en n’achetant
essentiellement que les produits de base
Ce sont les produits
non-bio qui devraient coûter plus cher si on calculait ce qu’ils reviennent
réellement aux contribuables que nous sommes, en coût de dépollution de l’eau,
subventions, problèmes de santé…
Et puis une de mes préoccupations depuis longtemps :
comment faire pour que ces produits sains soient abordables par tous (ainsi que
dans les écoles, les maisons de retraite et même dans les associations
humanitaires de distribution alimentaire…) et ne soient pas limités à
uneclientèle privilégiée. Plus il y aura de demande de produits bio, plus de
moyens devront être pris pour répondre à cette demande et plus ils seront
accessibles au plus grand nombre, d’où notreresponsabilité
de consommateurs.
Comment ne pas s’interroger aussi sur le plan mondial
quand tant de produits exotiques sont sur nos tables et refuser une agriculture
qui prive les pays en voie de développement de leurs cultures vivrières (pour
nourrir nos animaux)? Il est reconnu maintenant que dans les pays pauvres,
l’Agriculture biologique se révèle un atout pour la subsistance des populations,
leur santé et leur indépendance. La FAO, très sérieuse Organisation des Nations
Unies pour l’alimentation et l’agriculture, ne peut que me conforter dans mes
convictions quand elle reconnaît que l’AB peut nourrir le monde touten préservant les qualités environnementalesbien sûr et
surtout en permettant ledéveloppement de systèmes alimentairesautonomes et performants. «L’agriculture conventionnelle moderne
est réservée aux riches car elle a recours à des intrants hors de prix »,
constate Pierre Rabhi, grand défenseur de l’agroécologie.
Alors comment avoir une vision globale des
questions préoccupantes de notre époque ? Quelavenir voulons-nous
prôner pour nous, nos enfants, notre planète ? Il en est de notre responsabilité
dans nos modes alimentaires, mais aussi dans nos comportements, nos petits
gestes de tous les jours pour gérer nos déchets, pour nous soigner, nous
chauffer, nous déplacer… consommer moins, consommer mieux,consommer
autrement…
Nous savons, mais nous ne voulons pas croire !... Changer
nos habitudes, ce n’est pas facile, mais c’est urgent … et avons-nous encore le
choix ?
« Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que
ciel est en toi ?
Il est difficile au milieu du
brouhaha de notre civilisation qui a le vide et le silence en horreur,
d'entendre la petite phrase qui, à elle seule, peut faire basculer une vie :
"Où cours-tu ?"
Il y a des fuites qui sauvent la
vie : devant un serpent, un tigre, un meurtrier.
Il en est qui la coûtent : la fuite
de soi-même. Et la fuite de ce siècle devant lui-même est celle de chacun de
nous.
"Où cours-tu ?"
Si au contraire nous faisions halte
- ou volte-face - alors se révélerait l'inattendu : ce que depuis toujours nous
recherchons dehors veut naître en nous. »
Christiane SINGER(tiré du livre
"Où cours-tu" Albin Michel)
J'ai écrit ce poème voici quelques années; il est un message
d'espoir que j'offre à toutes celles et à tous ceux qui souffrent d'une façon ou
d'une autre; je souhaite qu'il leur donne un peu de réconfort....
Claudie
C’est vrai, je
suis tout nu,
L’automne a jeté
mes feuilles jusqu’à terre,
Pourtant je survivrai !
C’est vrai, je
suis tout nu,
Dans le vent,
sous la pluie, mon corps souffre,gémit ;
Les yeux du
passant découvrent mes blessures,
Mon écorce ridée, pourtant je survivrai !
Un jour viendra tu sais,
Où sous le chaud soleil d’un
printemps retrouvé,
Mon corps épanoui vivra
intensément….
Tu vois je suis image, image
d’une vie,
Où tout peut s’assombrir, où le jour
devient nuit,
Et l’on pense injustice, et l’on
devient tristesse,
Et l’on souhaite
revanche….
Soudain une heure sonne, une
aube se dessine,
Sa faible lueur doucement nous
réveille,
L’on pense espoir, l’on devient
soleil,
Et l’on
souhaite toujours….
Tu vois je suis l’image, l’image
d’une vie ;
Ecoute,
n’oublie pas :
Il faut vivre un automne pour
aimer un printemps,
Et vois- tu, sans hiver il n’y
aurait pas d’été.
Claudie Rolland
Second prix aux Jeux
Floraux de la Lyre d’Or Nîmes
J'ai rencontré l'extrème détresse, celle du Travailleur
Pauvre, de cette nouvelle pauvreté que l'on découvre de nos jours avec
stupéfaction.. et cette situation, c'est dans mon école que je l'ai découverte,
c'est celle d'une employée de l'Etat, exerçant une mission dans le cadre de la
Fonction Publique !
Souvenez vous, il y a une dizaine d'années, la gauche au
pouvoir avait institué les « Emplois Jeunes », ils travaillaient (entre autre )
dans les écoles, à remplir des tâches administratives ou d'encadrement éducatif
sous le contrôle des enseignants ; ils recevaient une formation et un soutien à
leur recherche d'emploi.
Ces contrats existent toujours, mais sont ouverts à un
public très divers, non qualifié ; la formation professionnelle et un suivi pour
la recherche d'emploi leur sont inexistants ; ces personnes travaillent 24
heures par semaine, toujours sur des tâches administratives ou d'appui aux
enseignants. Ils gagnent 800 € par mois, et ne sont pas payés lorsqu'ils sont
malades. Dans mon école, elles sont deux ; l'une a la trentaine, un projet
professionnel qu'elle gère sans aucun soutien officiel. L'autre a la
cinquantaine, un passé professionnel de secrétaire comptable, et de chômage. Et
elle accumule les difficultés. Elle est travailleur handicapée: (surdité
partielle appareillée mais d'une façon très inconfortable : son appareil siffle
lorsqu'il y a du bruit.. ) c'est déjà une belle erreur de casting de l'avoir
proposée dans une école peuplée d'enfants qui ne communiquent pas vraiment en
chuchotant. Divorcée, seule avec son fils dont elle redoute de se voir retirer
la garde à cause de ses problèmes financiers. Des soucis pour sa fille mariée
avec un homme violent. Et puis ce contrat pourri dans l'Education Nationale, où
elle redoute de tomber malade car elle ne sera pas payée ; elle me l'a expliqué
lorsque je lui ai demandé avec stupéfaction pourquoi elle venait travailler avec
une otite.
Elle a malheureusement dû se faire hospitaliser puis
rester en congés maladie plusieurs semaines pour une hernie cervicale ;et le
service payeur ( c’est le service comptabilité d’un lycée qui a hérité de la
gestion de ces contrats ),a fait des erreurs de trop perçu, ce qui peut arriver.
Mais cette personne a voulu régulariser en se trompant à nouveau dans la somme à
réclamer : elle en demandait le double, presque un ½ mois de salaire, et ne
voulait rien entendre des protestations de l’intéressée. C’est sans doute tout
cela qui a déclenché la crise de spasmophilie qui l’a fait tomber, juste en face
de ma classe un matin avant l’arrivée des élèves... elle est restée allongée une
heure, dans mes bras, par terre, raide et secouée de tremblements d’angoisse.
Et un matin, elle m’a expliqué que la secrétaire
comptable avait reconnu son erreur, mais lui avait retiré d’un coup le trop
perçu, ce qui lui laissait 300 € pour vivre le mois, alors qu’elle avait déjà
une facture de 700 € qui l’attendait. Elle m’a dit qu’elle allait démarrer une
grève de la faim. Nous l’avons soutenue et réconfortée comme nous pouvions ;
elle n’est pas venue travailler l’après midi ; et le lendemain elle a fait une
tentative de suicide qui l’a laissée plusieurs jours en réanimation.
C’est évident que cette personne, de santé physique et
mentale fragile cumulait les difficultés sociales ; mais j’ai pu mesurer son
immense sentiment d’abandon en essayant de l’aider : la plupart de mes
interlocuteurs ( service social de l’E.N., cadre du Rectorat, syndicat…) m’ont
dit ne pas être compétents pour sa situation et « ne pouvoir rien faire » :
ce statut privé au sein d’un service public lui ferme toutes les portes.
Le SGEN, consulté aussi, m’a conseillé de faire appel au médiateur de
l’Education Nationale ( ça existe ?!) Les services sociaux extérieurs se
mobilisent, heureusement…mais … faut – il boycotter et refuser dans nos
écoles ces postes pourris ?
"Nous
souffrons d’un mal incurable qui s’appelle l’espoir. Espoir de libération et
d’indépendance. Espoir d’une vie normale où nous ne serons ni héros, ni
victimes. Espoir de voir nos enfants aller sans danger à l’école. Espoir pour
une femme enceinte de donner naissance à un bébé vivant, dans un hôpital, et pas
à un enfant mort devant un poste de contrôle militaire. Espoir que nos poètes
verront la beauté de la couleur rouge dans les roses plutôt que dans le sang.
Espoir que cette terre retrouvera son nom original : terre d’amour et de paix.
Merci pour porter avec nous le fardeau de cet espoir.
Celui qui
m’a changé en exilé m’a changé en bombe… Palestine est devenue mille corps
mouvants sillonnant les rues du monde, chantant le chant de la mort, car le
nouveau Christ, descendu de sa croix, porta bâton et sorti de Palestine".
Mahmoud Darwich
(Comme des fleurs d’amandiers ou plus loin)
Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace
dans les hauts-fourneaux de l'incurie de l'humanité, nous y sommes.
Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l'homme sait le faire avec brio, qui
ne perçoit la réalité que lorsqu'elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille
cigale à qui nous prêtons nos qualités d'insouciance.
Nous avons chanté, dansé.
Quand je dis « nous », entendons un quart de l'humanité tandis que le reste
était à la peine.
Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l'eau,
nos fumées dans l'air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les
mines, nous avons mangé des fraises du bout du monde, nous avons voyagé en tous
sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent
quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la
pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu'on s'est bien amusés.
On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la
banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer
le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l'atome,
enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.
Franchement on s'est marrés.
Franchement on a bien profité.
Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus rigolo de sauter
dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.
Certes.
Mais nous y sommes.
A la Troisième Révolution.
Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la
Révolution industrielle, pour mémoire) qu'on ne l'a pas choisie. « On est
obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits
réticents et chagrins.
Oui.
On n'a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre
avis.
C'est la mère Nature qui l'a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer
avec elle depuis des décennies.
La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets.
De pétrole, de gaz, d'uranium, d'air, d'eau.
Son ultimatum est clair et sans pitié :
Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l'exception des fourmis et des araignées qui
nous survivront, car très résistantes, et d'ailleurs peu portées sur la danse).
Sauvez-moi, ou crevez avec moi.
Evidemment, dit comme ça, on comprend qu'on n'a pas le choix, on s'exécute
illico et, même, si on a le temps, on s'excuse, affolés et honteux.
D'aucuns, un brin rêveurs, tentent d'obtenir un délai, de s'amuser encore avec
la croissance.
Peine perdue.
Il y a du boulot, plus que l'humanité n'en eut jamais.
Nettoyer le ciel, laver l'eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer
le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix,
contenir l'avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la
nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile,
laisser le charbon là où il est, – attention, ne nous laissons pas tenter,
laissons ce charbon tranquille –, récupérer le crottin, pisser dans les champs
(pour le phosphore, on n'en a plus, on a tout pris dans les mines, on s'est
quand même bien marrés).
S'efforcer. Réfléchir, même.
Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être
solidaire.
Avec le voisin, avec l'Europe, avec le monde.
Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.
Pas d'échappatoire, allons-y.
Encore qu'il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l'ont fait le
savent, est une activité foncièrement satisfaisante.
Qui n'empêche en rien de danser le soir venu, ce n'est pas incompatible.
A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la
barbarie –une autre des grandes spécialités de l'homme, sa plus aboutie
peut-être.
A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.
A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.
Le
changement commence par soi. Parfois, le quotidien nous propose plusieurs choses
à résoudre, et se transforme en stress. Nous voudrions fuir la responsabilité de
ce qui se passe dans l’ici et maintenant, et en même temps, nous devons faire
face aux changements.
Nous arrivons à la fin d’une civilisation, d’un système injuste qui nous traite
en simples consommateurs. Le temps des dinosaures financiers touche à sa fin.
Cependant, la montée de la violence et les efforts en faveur de l’écologie vont
être les sujets brûlants des années à venir.
La
crise vient du mot grec « croix ». Nous sommes à un carrefour : soit nous
basculons dans la destruction et la barbarie, soit nous trouvons des solutions
qui placent l’Etre au centre,
qui développent une économie au service de l’humanité, respectueuse des biens de
la planète
où les valeurs de partage et de solidarité prennent tout leur sens. »
« J’aimerais, dans
le cadre de mes possibilités limitées, rappeler toujours l’existence d’un
horizon spirituel désintéressé, ou si vous voulez, non politique. » Vaclav Havel
Fraternellement, Jacques Durand, éditorial du journal « Soleil Levant » Décembre
2008
Après le centre provisoire de 30
places ouvert en 2007 rue de la Ronde, à Metz-Devant-les-Ponts, un centre
définitif de 98 places est inauguré à l’aube de la nouvelle année sur les Hauts
de Metz-Queuleu.
ON LES
ENFERME PARCE QU’ILS N'ONT PAS VOCATION À AVOIR DES PAPIERS « CHEZ NOUS » !
§Les
étrangers enfermés dans un Centre de Rétention Administrative n’ont commis aucun
délit ; leur seul tort est d’avoir croisé le chemin de ceux qui cherchent à
remplir leurs quotas d’expulsions. Un Centre de Rétention ne sert qu’à les
placer derrière des barreaux en attendant un charter de retour.
§Un peu
caché derrière la prison de Metz-Queuleu, le nouveau Centre de Rétention
illustre bien la honte qu’il représente pour l’administration de notre pays.
Dans un Centre de Rétention, on enferme des individus innocents de tout crime ;
on y enferme tout autant des enfants, de tous âges. Après avoir fui la guerre,
les persécutions, les discriminations ou la misère dans leur pays d’origine, ils
sont stockés dans ces lieux d'enfermement.
§Le
regard des intervenants extérieurs sur leurs conditions d’enfermement se
restreint de plus en plus. Les possibilités pour les retenus d'exercer des
recours risquent aussi d'être très réduites : les associations de conseil aux
réfugiés sont mises en concurrence et seront désormais tenues au secret
professionnel sur ce qu’elles observent. La configuration des lieux contribuera
à compliquer largement la tâche des bénévoles qui effectuent les visites
indispensables aux retenus de ces sinistres lieux.
Les
stigmatiser plutôt que les accueillir…
Les
emprisonner plutôt que leur rendre justice…
Les isoler
plutôt que les intégrer…
Mais
surtout, les soustraire à notre regard !
Vous qui avez des papiers, venez aussi visiter le centre !
Si votre âme sœur venait d’ailleurs, vos enfants y dormiront peut-être bientôt…
Un an de Cercle du silence à l’initiative des
frères franciscains à Toulouse :
« Le 30 octobre 2007, nous avons commencé très
modestement un cercle du silence sur la place du Capitole.
Nous ne cherchons pas de résultats rapides et
mesurables, nous travaillons pour un changement durable
d’attitude à l’égard des étrangers.
Environ 60 cercles du silence se réunissent
actuellement (à Nancy, à Epinal, à St Dié …).
Il nous semble qu’ils restent tous marqués par :
- un même souci de rester collé à la réalité des
Centres de Rétention Administrative (CRA) où la dignité humaine est mise en
danger,
- le même objectif : aider nos concitoyens à
prendre conscience de la réalité de l’enfermement,
- une même certitude qu’il existe des solutions
alternatives à l’enfermement d’étrangers en situation irrégulière
Le silence n’est pas seulement une stratégie
pour se faire entendre, mais un chemin pour une transformation :
- le silence permet à toute personne de nous
rejoindre, en dehors des mots vides ou qui séparent
- le silence permet à des citoyens jusque là
éloignés de tout engagement et de toute revendication sociale de faire un
premier pas.
- Le silence sert également de préparation
intérieure à des formes plus radicales d’engagement : jusqu’où va notre
cohérence entre notre désir de justice et les conséquences que nous sommes prêts
à assumer dans notre quotidien ? »
Ensemble, exigeons le respect de la
dignité de toute personne humaine…
Les propositions à
l’issue de la deuxième conférence non gouvernementale euro-africaine
Nous ne pouvons plus
laisser la question des migrations aux seules mains des Etats, qui plus est des
Etats du Nord, dans un contexte où la crise économique et financière augmente
déjà la pauvreté et risque de renforcer la xénophobie dans les pays d’accueil et
de transit des migrants.
Nous ne voulons pas, en
réponse à cette situation, d’une politique qui transforme l’Europe en
forteresse.
A nous, sociétés
civiles du Nord et du Sud, d’inventer ensemble d’autres politiques migratoires
et de développement, qui soient fondées sur la justice et le respect des droits
et de la dignité humaine.
Nous voulons des ponts,
pas des murs !
Nous demandons au
gouvernement français qui préside l’Union européenne d’impliquer les sociétés
civiles lors de la 2ème Conférence ministérielle Union européenne-Afrique sur «
Migrations et Développement » qui aura lieu à Paris fin novembre.
En ce soixantième
anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, nous lui
rappelons l’universalité de ces droits, qui s’appliquent à tous, et donc aux
migrants, qu’il aient des papiers ou non.
Nous exigeons :
1. l’application de
l’article 13 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme en incluant la
dépénalisation du franchissement "illégal" des frontières, la ratification de la
Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs
migrants et de leurs familles, et le respect effectif de la Convention
internationale sur les droits de l’enfant dans les pays de départ, de transit et
d’accueil ;
Art 13 de la DUDH «
Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à
l’intérieur d’un Etat. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris
le sien, et de revenir dans son pays. »
2. de permettre à tous
les migrants d’avoir accès à une complète citoyenneté et de fonder toutes les
réglementations concernant les migrants sur l’égalité des droits entre tous les
citoyens. Dans l’immédiat, nous exigeons d’élargir les conditions applicables
aux résidents communautaires, notamment le droit de vote, à tous les résidents ;
3. le refus de la
subordination entre le droit au séjour et le droit au travail, le respect du
droit à la vie privée et familiale et l’autonomie du statut pour chacun des
conjoints ;
4. la mise en œuvre du
droit au développement tel qu’il est défini par la déclaration sur le droit au
développement adoptée par les Nations unies en 1986 et l’annulation immédiate de
la dette des pays du Sud, d’autant qu’elle rend les Objectifs du Millénaire pour
le Développement inatteignables ;
5. des gouvernements du
Sud le refus de la signature d’accords bi ou multilatéraux qui portent atteinte
à leur intégrité et à leur dignité et comportent des conditionnalités et
notamment des clauses de réadmission ;
6. l’arrêt de la
militarisation des frontières africaines imposée par l’Union européenne ;
7. la liberté de choix
et d’accès du pays d’accueil pour les demandeurs d’asile et les réfugiés (refus
du dispositif dit « de Dublin » et des pays dits « sûrs ») et la suppression de
toutes les formes d’externalisation des procédures d’asile ;
8. une interprétation
extensive de la notion de réfugié, incluant notamment les victimes d’atteintes
aux droits économiques, sociaux et environnementaux et les persécutions
collectives ;
9. en attendant la
fermeture de tous les lieux d’enfermement, l’interdiction de la détention des
demandeurs d’asile et la création de mécanismes indépendants de contrôle de ces
lieux;
10. la protection des
femmes victimes de violences de toute nature ;
11. une réelle
visibilité des actions concrètes des femmes migrantes dans les pays d’origine,
de transit et d’accueil dans les enceintes de discussion nationale et
internationale ;
12. la protection sans
conditions des migrants mineurs et notamment l’interdiction de leur enfermement
et de leur expulsion, le respect effectif de leur droit à la formation et à
l’éducation, ainsi que la régularisation des jeunes majeurs.
Faire la guerre a toujours signifié tuer des hommes et faire pleurer des mères.
Rien de nouveau depuis l’invention de la massue. Mais aujourd’hui, près de 90%
des victimes d’un conflit sont des civils et les crimes de guerre – nettoyages
ethniques, génocides, disparitions forcées, viols systématiques…- sont devenus
le lot de tous les conflits. Et parmi eux, l’usage massif de la torture.
Si
la torture se pratique en dehors des conflits armés, la guerre lui offre un
champ particulièrement favorable pour se développer parce qu’alors elle devient
légitime dans l’esprit des protagonistes et parce que les bourreaux savent
qu’ils ne risquent pas grand-chose (part tomber dans les mains de l’ennemi).
La
Gestapo, les paras en Algérie ou les Britanniques en Irlande du Nord ont d’abord
torturé pour obtenir des renseignements (prétendaient-ils) ; les Russes en
Tchétchénie, les services secrets israéliens ou les Américains à Abou Ghraïb ou
Guantanamo ont repris le flambeau. Le prétexte est toujours le même : sauver des
vies. Ben voyons, comme si la vie était un épisode de 24 heures.
On
torture ensuite par vengeance. Vos copains se sont fait tuer. Vous avez retrouvé
leurs cadavres émasculés. Vos familles ont été massacrées. Alors tout devient
permis. Même si vous avez commencé la guerre sans être trop hostile à ceux de
l’autre camp, vous en venez à penser qu’ils n’ont plus rien d’humain. Alors
pourquoi se gêner ? Ils sont communistes, chrétiens, noirs, tutsis, laquais de
l’impérialisme, juifs, bosniaques… la liste est longue. C’est des qualificatifs
qui exacerbent l’ardeur guerrière et vous autorisent à commettre les pires
crimes contre ces sous-hommes. Et puis il faut bien que les copains ne soient
pas morts pour rien.
On
torture enfin, surtout, pour terroriser. Pour interdire toute velléité de
révolte. On ne torture pas pour faire parler, on torture pour faire taire. Pour
humilier, pour écraser. Si le torturé est nu, violé, si ses organes génitaux
sont frappés, ce n’est pas seulement pour la douleur physique occasionnée, c’est
pour détruire l’autre bien plus que dans sa chair : dans son âme. Lui et tous
ceux que l’on prétend asservir.
La
torture est-elle le pire des crimes de guerre ? Peu importe. Retenons seulement
qu’il n’existe pas de guerre sans torture et que les destructions qu’elle
engendre sont plus profondes encore que celles causées par les bombes.
Jean-Etienne de
Linarès, Délégué général de l’ACAT-France
Revue « Parvis » n°38, Juin 2008
« Je me souviens », texte d’aujourd’hui d’une grand-mère
québécoise…
Je me souviens de toutes les frustrations que les femmes
devaient accepter…
Je sais que rien n’est acquis dans la vie et qu’il faut
maintenir nos efforts pour ne pas perdre le résultat de tous nos labeurs…
Que l’on prie
Jésus, Mahomet ou Boudha m’importe peu mais nous nous sommes battus pour que
notre société soit laïque. Nous nous sommes battus pour obtenir l’égalité du
droit de parole, l’égalité de chacun au travail entre les hommes et les femmes
...
Imaginez une marmite remplie
d’eau froide, dans laquelle nage tranquillement une grenouille. Le feu est
allumé sous la marmite. L’eau se chauffe doucement. Elle est bientôt tiède. La
grenouille trouve cela plutôt agréable et continue de nager. La température
commence à grimper. L’eau est chaude. C’est un peu plus que n’apprécie la
grenouille ; ça la fatigue un peu, mais elle ne s’affole pas pour autant. L’eau
est maintenant vraiment chaude. La grenouille commence à trouver cela
désagréable, mais elle est aussi affaiblie, alors elle supporte et ne fait rien.
La température de l’eau va ainsi monter jusqu’au moment où la grenouille va tout
simplement finir par cuire et mourir, sans jamais s’être extraite de la marmite.
Plongée dans une marmite à
50°, la grenouille donnerait immédiatement un coup de pattes salutaire et se
retrouverait dehors.
Cette expérience (que je ne
recommande pas) est riche d’enseignements. Elle montre que lorsqu’un changement
négatif s’effectue de manière suffisamment lente, il échappe à la conscience et
ne suscite la plupart du temps pas de réaction, pas d’opposition, pas de
révolte.
C’est exactement ce qui se produit dans la société où nous vivons. D’année en
année, on observe une constante dégradation des valeurs, laquelle s’effectue
cependant assez lentement pour que personne - ou presque - ne s’en offusque.
Pourtant, comme la grenouille que l’on plonge brusquement dans de l’eau à 50°,
il suffirait de prendre le Français moyen du début des années 80 et, par
exemple, de lui faire regarder la TV d’aujourd’hui ou lire les journaux actuels
pour observer de sa part une réaction certaine de stupéfaction et d’incrédulité.
Il peinerait à croire que l’on puisse un jour écrire des articles aussi
médiocres dans le fond et irrespectueux dans la forme que ceux que nous trouvons
normal de lire aujourd’hui, ou que puissent passer à l’écran le genre
d’émissions débiles qu’on nous propose quotidiennement. L’augmentation de la
vulgarité et de la grossièreté, l’évanouissement des repères et de la moralité,
la relativisation de l’éthique, se sont effectués de telle façon - au ralenti -
que bien peu l’ont remarqué ou dénoncé
…
Chaque fois qu’un changement
est trop faible, trop lent, il faut soit une conscience très aiguisée soit une
bonne mémoire pour s’en rendre compte. Il semble que l’une et l’autre soient
aujourd’hui chose rare.
Sans conscience, nous
devenons moins qu’humain.
…
Le principe de la grenouille dans la marmite d’eau est un piège dont on ne se
méfie jamais trop si l’on a pour idéal la recherche de la qualité, de
l’amélioration, du perfectionnement, si l’on refuse la médiocrité, le statu quo,
le laisser-faire.
Comment, alors, ne pas succomber au piège du principe de la grenouille dans la
marmite d’eau, individuellement ou collectivement ?
Le 10 août, à Amiens, Ivan, 12 ans, tombait du 4ème étage, alors que la
police venait chercher son père.
Fin août, à Toulouse, Tarek, 24ans, se jetait aussi d'un 4ème étage...
Le 20 septembre 2007, Chunlan Liu est morte en tentant
d'échapper à la police, à son domicile.
Le15 février, John Maïna, un sportif kenyan de 20 ans, débouté du droit
d'asile, se suicidait.
Vendredi 4 avril, Baba Traoré, un jeune Malien de 29 ans poursuivi par la
police à Joinville-le-Pont, est mort noyé dans la Marne. À Joinville, déjà
Mickaël, en 2004, et Fehti, en 2006, se noyaient dans la Marne
"poursuivis par la police".
À Joinville, à Vincennes, au Mesnil-Amelot, à Toulouse, à Perpignan, àNantes, et partout en France, les sans-papiers vivent dans la peur,l'humiliation quotidienne, surexploités - et risquent leur vie à toutmoment.
D'ici à la
mi-juin, la France aura importé d'Espagne plus de 83 000 tonnes de fraises.
Enfin, si on peut appeler «fraises» ces gros trucs rouges, encore verts près de
la queue car cueillis avant d'être mûrs, et ressemblant à des tomates. Avec
d'ailleurs à peu près le goût des tomates...
/x-tad-bigger>/color>/fontfamily>
Si le
seul problème posé par ces fruits était leur fadeur, après tout, seuls les
consommateurs piégés pourraient se plaindre d'avoir acheté un produit qui se
brade actuellement entre deux et trois euros le kilo sur les marchés et dans les
grandes surfaces, après avoir parcouru 1 500 km en camion. À dix tonnes en
moyenne par véhicule, ils sont 16 000 par an à faire un parcours valant son
pesant de fraises en CO2 et autres gaz d'échappement. Car la quasi-totalité de
ces fruits poussent dans le sud de l'Andalousie, sur les limites du parc
national de Doñana, près du delta du Guadalquivir, l'une des plus fabuleuses
réserves d'oiseaux migrateurs et nicheurs d'Europe.
/x-tad-bigger>/color>/fontfamily>
Il aura fallu qu'une équipe d'enquêteurs du WWF-France s'intéresse à la marée
montante de cette fraise hors saison pour que soit révélée l'aberration
écologique de cette production qui étouffe la fraise française (dont une partie,
d'ailleurs, ne pousse pas dans de meilleures conditions écologiques). Ce qu'ont
découvert les envoyés spéciaux du WWF, et que confirment les écologistes
espagnols, illustre la mondialisation bon marché. /x-tad-bigger>/color>/fontfamily>
Cette
agriculture couvre près de six mille hectares, dont une bonne centaine empiètent
déjà en toute illégalité (tolérée) sur le parc national. Officiellement, 60% de
ces cultures seulement sont autorisées; les autres sont des extensions
«sauvages» sur lesquelles le pouvoir régional ferme les yeux en dépit des
protestations des écologistes.
/x-tad-bigger>/color>/fontfamily> Les
fraisiers destinés à cette production, bien qu'il s'agisse d'une plante vivace
productive plusieurs années, sont détruits chaque année. Pour donner des fraises
hors saison, les plants produits in vitro sont placés en plein été dans des
frigos qui simulent l'hiver, pour avancer leur production. À l'automne, la terre
sableuse est nettoyée et stérilisée, et la microfaune détruite avec du bromure
de méthyl et de la chloropicrine. Le premier est un poison violent interdit par
le protocole de Montréal sur les gaz attaquant la couche d'ozone, signé en 1987
(dernier délai en 2005); le second, composé de chlore et d'ammoniaque, est aussi
un poison dangereux: il bloque les alvéoles pulmonaires./x-tad-bigger>
/color>/fontfamily> Qui
s'en soucie? La plupart des producteurs de fraises andalouses emploient une
main-d'oeuvre marocaine, des saisonniers ou des sans-papiers sous-payés et logés
dans des conditions précaires, qui se réchauffent le soir en brûlant les résidus
des serres en plastique recouvrant les fraisiers au coeur de l'hiver. /x-tad-bigger>/color>/fontfamily>...
Un écologiste de la région raconte l'explosion de maladies pulmonaires et
d'affections de la peau./x-tad-bigger>/color>/fontfamily>
Les
plants poussent sur un plastique noir et reçoivent une irrigation qui transporte
des engrais, des pesticides et des fongicides. Les cultures sont alimentées en
eau par des forages dont la moitié ont été installés de façon illégale. Ce qui
transforme en savane sèche une partie de cette région d'Andalousie, entraîne
l'exode des oiseaux migrateurs et la disparition des derniers lynx pardel,
petits carnivores dont il ne reste plus qu'une trentaine dans la région, leur
seule nourriture, les lapins, étant en voie de disparition. Comme la forêt,
dont 2 000 hectares ont été rasés pour faire place aux fraisiers.
/x-tad-bigger>/color>/fontfamily>
/x-tad-bigger>/color>/fontfamily>
La saison est terminée au début du mois de juin. Les cinq mille tonnes de
plastique sont soit emportées par le vent, soit enfouies n'importe où, soit
brûlées sur place. /x-tad-bigger>... Et les ouvriers
agricoles sont priés de retourner chez eux ou de s'exiler ailleurs en Espagne.
Remarquez: ils ont le droit de se faire soigner à leurs frais au cas où les
produits nocifs qu'ils ont respiré ... /x-tad-bigger>
/color>/fontfamily>
La production et l'exportation de la fraise espagnole, l'essentiel étant vendu
dès avant la fin de l'hiver et jusqu'en avril, représente ce qu'il y a de moins
durable comme agriculture, et bouleverse ce qui demeure dans l'esprit du public
comme notion de saison. Quand la région sera ravagée et la production trop
onéreuse, elle sera transférée au Maroc, où les industriels espagnols de la
fraise commencent à s'installer. Avant de venir de Chine, d'où sont déjà
importées des pommes encore plus traitées que les pommes françaises... /x-tad-bigger>/color>/fontfamily>
Par Claude-Marie
Vadrot
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Politis jeudi 12 avril 2007
Pour envahir l’Irak, Bush a affirmé que Saddam
Hussein détenait des moyens de destructions massives… C’était faux mais il n’a
pas hésité à mentir pour arriver à ses fins. Il prétendait pacifier le
Moyen-Orient mais il y a mis le feu, le sang pour continuer à dominer le monde,
pour y avoir la mainmise notamment sur le pétrole. Et les occidentaux (la
plupart) l’ont soutenu, le soutiennent dans ce bras de fer.
Pour vendre son Roundup, ses insecticides ou
autres produits chimiques, l’internationale Monsanto[1]
écrase toutes les manifestations qui s’opposent à son extension. Elle n’a pas
hésité, elle n’hésite pas à mentir pour asseoir son entreprise. Elle prétend que
les OGM sont une solution au respect de l’environnement et à la faim dans le
monde mais elle ruine les petits paysans, assassine la nature, le monde animal
et humain pour rendre l’agriculture dépendante de ses semences et faire
fructifier son commerce. Et le système international, le monde tout puissant
des trusts financiers se taisent ou, pire, favorisent le combat inégal du pot de
fer de l’économie dite libérale contre le pot de terre des petits qui n’ont que
leurs bras et leur bonne volonté pour nourrir leurs enfants affamés.
Pour maintenir son autorité sur le monde, pour
asseoir sa maitrise le plus largement sur la planète, Rome avec son pouvoir
religieux pyramidal s’est imposée comme la seule Eglise du salut. Elle n’a pas
hésité à travestir la réalité historique[2],
à entretenir des images fausses pour baptiser ses adeptes, infantiliser les
fidèles et les rendre dépendants. Elle prétend annoncer le message d’amour, de
respect des petits que Jésus préconise mais elle s’appuie trop souvent sur le
riche, sur le fort, sur le conservateur pour écraser la contestation et obliger
sa ligne incontournable[3].
Quelques remarques simplement :
Le corps de Jésus ressuscité ? Que l’on croit ou
non en la résurrection de Jésus, son corps physique mutilé d’homme n’a pas
repris vie mais il a certainement été simplement caché par les adeptes de sa
secte et le tombeau a donc été vidé ! Le Jésus ressuscité traverse en effet les
murs, se volatilise dès qu’il est reconnu… Il n’a donc plus son corps d’avant,
il est autre.
La « Sainte famille unie » ? Une image totalement
fabriquée ! Jésus vivant a été isolé, rejeté de sa propre famille et s’est même
opposé à sa mère comme tout homme à forte personnalité dans une famille ! Jésus
mort, son propre frère Jacques[4]
a voulu prendre naturellement le leadership mais s’est opposé à Pierre. Celui-ci
s’est en effet imposé contre « le disciple que Jésus aimait », un 13ème
disciple dont le rôle aurait dû être essentiel mais qui a été totalement exclus
par le pouvoir religieux mis en place...
Ainsi les procédés de Bush, Monsanto ou Rome sont
assez semblables. Ils prétendent s’appuyer sur des valeurs incontestables, la
paix, le respect, la défense du démuni mais ils peuvent mentir effrontément,
déformer la réalité, briser la contestation pourtant légitime pour mieux
défendre leurs intérêts collectifs, leur pouvoir sans limite. Or Jésus, en nous
invitant à partager notre pain, nous a seulement donné son exemple : il a lavé
les pieds de son frère, il a refusé le pouvoir pour se mettre seulement au
service de ses frères. A méditer.
Pascal JACQUOT
PS Cette page peut paraître caricaturale ou
simpliste car on ne peut en quelques mots donner toutes les nuances. Elle veut
simplement mettre en évidence le danger des trois pouvoirs politique, économique
et religieux qui ne craignent pas d’écraser les droits essentiels de l’humain
pour s’imposer sans complexe.Mais il n'y a pas que Bush qui fait
la guerre pour du pétrole, il y a inconsciemment les électeurs qui l'ont mis au
pouvoir, les citoyens qui continuent de verser leurs impôts pour la guerre, les
militaires qui acceptent de partir. Il n'y a pas que les dirigeants de Monsanto
qui ruinent les paysanneries, il y a, sans peut-être le savoir, les clients qui
font prospérer cette entreprise et tous ceux qui croient encore à l'agriculture
industrielle productiviste. Il n'y a pas que Rome qui infantilise les croyants,
il y a indirectement tous les fidèles qui adulent le pape, tous ceux qui sont
prisonniers du ritualisme et du dogmatisme (et la chrétienté n'est pas la seule
dans ce cas...), ceux qui savent que les vérités enseignées par l'Eglise ne sont
pas historiques mais qui n'osent pas le dire tout haut…
[1]
Avez-vous vu le film de Monique Robin diffusé sur Arte le mardi 11 Mars,
Monsanto-O.G.M.- abeilles ? Effarant.
[2]
Avez-vous lu « Jésus et ses héritiers » de Michel Benoît chez Albin
Michel ? Incontournable.
[3]
Je ne parle évidemment pas des individus qui, à l’intérieur d’une
institution, peuvent avoir un réel comportement de service.
[4]
Jésus aurait eu plusieurs frères que l’on a voulu prendre pour des
cousins. L’affirmation que Marie aurait eu un enfant unique ne peut plus
aujourd’hui être légitimement soutenue avec les dernières découvertes
de textes.
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« Le terrain est tout, le
microbe n’est rien », voilà l’énergique affirmation du grand physiologiste
Claude Bernard. En effet, si le terrain, c’est à dire le corps de la cellule,
est sain, aucun microbe ne peut y prendre pied.
Il est bon de se rappeler que
la maladie est causée par un déséquilibre cellulaire qui permet au microbe de
s’installer et de proliférer. Il est bon aussi de ne jamais oublier que pour
rétablir une santé compromise par l’attaque d’un agent microbien quelconque, il
ne suffit pas d’administrer au patient tel ou tel antibiotique plus ou moins
actif, mais il faut s’attaquer à la racine profonde du mal, soit s’efforcer de
rétablir l’intégrité première du terrain. Or pour ce faire, pour atteindre la
cause profonde du mal, pour remédier au déséquilibre cellulaire et pour
reconstituer un terrain normal, rien ne vaut une cure de jeûne rationnellement
conduite.
Il est de fait que l’abstention
plus ou moins prolongée de nourriture donne aux organes un temps de repos en ce
qui concerne les processus d’assimilation et qui permet aux cellules d’agir en
mode éliminatoire et de chasser tous les poisons et toxines qui entravent leur
fonctionnement normal.
Lorsque la cure a été bien
conduite et lorsque la désintoxication a été suffisante, on voit les sujets
amaigris, dont les cellules ont été purifiées et rajeunies, reprendre vigueur et
poids, dès la reprise alimentaire, à condition cependant qu’elle soit adéquate
et ne reproduise pas les mêmes erreurs diététiques antérieures ayant causé le
déséquilibre conduisant à la maladie.
J’ai 67 ans et (même si je n’ai
pas peut-être pas encore atteint l’âge de la sagesse!) il y a déjà 50 ans
exactement que je connais une thérapie ancienne comme le monde mais qui hélas ne
sait pas encore être utilisée à bon escient par nos contemporains. Certainement
parce que cette méthode sollicite une prise en charge personnelle mais surtout
parce qu’elle semble trop simple, trop empirique et qu’elle ne répond pas aux
intérêts mercantilistes de notre société (elle permettrait pourtant de réduire
le trou de la sécu !). De nombreux docteurs la conseillent, parfois la
préconisent mais toujours avec beaucoup de prudence car, parler de diète à un
patient surprend quand celui-ci attend surtout un médicament miracle. Certains
docteurs ont même créé des cliniques, la Châbrerie avec le docteur Ducroc en
Dordogne, le Belvédère avec le docteur Vivini à Longwy en Meurthe et Moselle
puis dans les environs de Toulouse… C’était dans les années 80 et on aurait pu
espérer que leurs efforts soient couronnés de succès mais les obstacles auxquels
ils ont dû se confronter auraient cassé les plus solides et c’est ce qui est
arrivé. Il existe encore des cliniques de ce type en Suisse, en Allemagne et des
associations ont parfois pris le relais, « Jeûne et randonnée » par exemple mais
espérons surtout que le temps permettra de découvrir officiellement les
résultats positifs de ces pionniers.
Vous l’avez maintenant deviné,
je souhaitais vous dire toute ma conviction sur les bienfaits du jeûne dans
notre équilibre de vie. Dans notre vie stressée, avec notre consommation
déséquilibrée et souvent trop riche, trop abondante, le jeûne peut être un
véritable havre de soulagement pour retrouver la paix dans son corps et même
dans sa tête. Si l’on est un peu lourd aussi, il peut bien sûr nous soulager de
quelques kilos inutiles et si l’on est malade, il peut aider à recouvrer la
santé sans le soutien de médicaments. Le jeûne peut être court, par exemple
sauter un repas ou choisir une diète dit hydrique* de un ou deux jours mais il
peut aussi être beaucoup plus long, 8 ou 15 et même 21 jours ou plus. Une
expérience et une prudence sont alors nécessaires car, pour que le résultat soit
positif, il y a des conditions et des précautions indispensables, notamment en
ce qui concerne la réalimentation qui doit être très progressive.
Pour illustrer ce que je viens
d’écrire, permettez-moi de préciser que je vis moi-même en ce moment mon
douzième jour de jeûne complet : je n’ai absolument pas faim, je parcours à pied
2 à 4 kilomètres par jour pendant environ une heure, je me sens parfaitement
calme et serein… Certains jours sont plus difficiles que d’autres, au début
notamment mais quand on sait les réactions possibles de son corps, on ne
s’étonne pas. Il est vrai que j’ai eu, quand j’étais jeune, un problème de santé
lourd qui m’a conduit à jeûner deux fois une vingtaine de jours dans une
clinique citée plus haut. Mais depuis ce moment-là j’ai appris à pratiquer seul
en limitant en général la durée de la cure à une semaine. Vous vous demandez
certainement pourquoi cette pratique ? Ce n’est absolument pas pour répondre à
des impératifs religieux. Mais si j’avais quelques kilos à perdre, je
n’hésiterais pas à m’intéresser à cette méthode car on perd en moyenne un tiers
à un demi-kilo par jour ! Comme ce n’est pas mon cas, je souhaite simplement
donner à mes organes un moment de repos en ce qui concerne le processus
d’assimilation. Pour que les cellules de mon corps puissent agir en mode
éliminatoire et chasser le plus de poisons et toxines qui entravent leur
fonctionnement normal. Et, croyez-moi, le plaisir de se voir rajeuni,
revitalisé, de retrouver un odorat subtil, une peau fraiche, un appétit mesuré
avec un goût décuplé et un esprit libre vaut bien l’effort de s’imposer quelques
jours différents pour se sentir ensuite un peu mieux dans sa peau.
Le scandale qui secoue actuellement la Société Générale est
révélateur du décalage qui existe entre l’immense majorité des salariés
dans le monde qui se lèvent tous les jours pour travailler et le « monde
des affaires » où s’affairent quelques milliers de nantis.
En quelques jours, un seul individu (peut-être plus) est
capable de perdre 5 milliards d’euros (en en ayant joué 50) soit
l’équivalent de 5 millions de SMIC mensuel (à 1000 Euros) soit
l’équivalent de 10 000 carrières complètes de smicards (12 mois x 40
ans). Et ce chiffre pour gigantesque qu’il apparaît aux yeux du plus
grand nombre ne choque pas vraiment le « monde des affaires. »
C’est une péripétie, ce n’est pas vraiment grave, c’est les
risques du métier, et cela se situe dans la tourmente actuelle que
traverse le système bancaire depuis la « crise » des subprimes aux Etats
Unis. Lundi 21 janvier, en une journée, les bourses européennes ont
perdu 430 milliards d’euros de capitalisations (il faut en rajouter
autant pour les bourses américaines et asiatiques)!!!! Alors quelques
milliards de plus ou de moins…..
Et dire, que lorsque vous êtes à découvert de quelques
euros, on vous rappelle à l’ordre, on vous facture des frais de tenue
de compte. Quand une ménagère fait un chèque en bois elle est passible
de la prison et quand un ménage est sur-endetté c’est qu’il ne sait pas
gérer son budget….
Il y a quand même
quelque chose qui ne va pas dans ce monde pourri.
Dans les entreprises, à longueur de journée, on met la
pression sur chaque salarié de l’ouvrier à l’ingénieur pour baisser les
coûts, améliorer la rentabilité, créer de la richesse pour qu’à la fin
de l’année chaque entreprise réalise des profits et toujours plus de
profits.
C’est pour cet objectif qu’on brime les salaires, qu’on
supprime des emplois, qu’on limite les investissements, qu’on écrase les
sous-traitants (qui écrasent leurs propres salariés et sous-traitants)
et aussi qu’on ferme des entreprises rentables mais qui ne dégagent pas
« la norme » de profits souhaités (Kléber à Toul, Allevard Ascométal,
Mittal Gandrange et tant d’autres…).
Tout ça pour qu’au bout du compte, Des Mittal, Mordachov,
Michelin, Pineau, Bolloré et autres capitalistes accumulent des fortunes
qu’ils s’échangent ou placent en bourse pour les faire encore
grossir !!!
Et on nous présente ces dirigeants comme des « élites »
indispensables à l’économie, qui « font vivre » des milliers de
salariés, alors que ce sont en fait des parasites sans foi ni loi, qui
vivent eux, du travail d’autrui, sans aucune considération ni aucune
morale. Il fut un temps (il y en a encore quelques uns) où des patrons
(chrétiens) avaient une certaine éthique, où leur entreprise créait de
la richesse utile pour le pays, la région et un peu pour leurs ouvriers,
où les bénéfices réalisés étaient investis pour maintenir l’entreprise à
niveau, assurer son avenir, garantir l’emploi.
Ce capitalisme « de papa » est révolu, désormais, il n’y a
que la finance qui compte. Une entreprise ne sert plus à fabriquer des
biens, c’est un « centre de profits », pour « cracher du cash » une
vache à lait qu’on traie au maximum en la nourrissant au minimum et
qu’on mène à l’abattoir quand elle n’est plus rentable. Qu’importe,
avec les capitaux accumulés on achètera d’autres vaches et on se paiera
sur la bête !
Autre exemple, plus petit, et toujours à la société
générale. Un des administrateurs, s’est débarrassé de 85 Millions
d’euros d’actions de la société générale juste avant qu’éclate le
scandale et que le titre plonge….! Ca rappelle l’affaire Forgeard dans
Airbus. Des « cadres dirigeants » gavés de fric, sensés « mener
l’entreprise au combat », qui « motivent le personnel » et qui quittent
le navire quand il prend l’eau en réalisant de confortables plus values
grâce aux stocks options….
Là aussi, quelle morale, quel exemple donné par les élites !
Il est nécessaire que les travailleurs prennent conscience
de la réalité du monde économique d’aujourd’hui …
Le 31
janvier 2008 Texte proposé par la CGT Ascométal-Hagondange
La scène qui suit a eu lieu
dans un vol de la compagnie British Airways entre Johannesburg et Londres :
Une femme blanche, d'environ
cinquante ans, s'assied à côté d'un noir. Visiblement perturbée, elle appelle
l'hôtesse de l'air :
- Quel est votre problème, Madame? demande l'hôtesse.
- Mais vous ne le voyez donc pas? répond la dame. Vous m'avez placée à côté
d'un noir. Je ne supporte pas de rester à côté d'un de ces êtres répugnants.
Donnez-moi un autre siège.
- S'il vous plait, calmez-vous, dit l'hôtesse. Presque toutes les places de ce
vol sont prises. Je vais voir s'il y a une place disponible.
L'hôtesse s'éloigne et revient quelques minutes plus tard :
- Madame, comme je le pensais, il n'y a plus aucune place libre dans la classe
économique. J'ai parlé au commandant et il m'a confirmé qu'il n'y a plus de
place dans la classe exécutive. Toutefois, nous avons encore une place en
première classe. Avant que la dame puisse faire le moindre commentaire,
l'hôtesse de l'air continue :
- Il est tout a fait inhabituel dans notre compagnie de permettre à une personne
de classe économique de s'asseoir en première classe. Mais, vu les
circonstances, le commandant trouve qu'il serait scandaleux d'obliger quelqu'un
à s'asseoir à côté d'une personne aussi désagréable.
Et s'adressant au noir, l'hôtesse lui dit :
- Donc, monsieur, si vous le souhaitez, prenez votre bagage à main car un siège
en première classe vous attend.
Et tous les passagers autour, qui, choqués, assistaient à la scène, se levèrent
et applaudirent.
La jeunesse n’est pas une période de
la vie,
Elle est un état d'esprit,
Un effet de la volonté,
Une qualité de l’imagination,
Une intensité émotive,
Une victoire du courage sur la timidité,
Du goût de l’aventure sur l’amour du confort.
On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années :
On devient vieux parce qu’on a déserté son idéal.
Les années rident la peau, renoncer à son idéal ride l’âme.
Les préoccupations, les doutes, les craintes et les désespoirs sont les ennemis
Qui, lentement, nous font pencher vers la terre et devenir poussière avant la
mort.
Jeune est celui qui s’étonne et s’émerveille.
Il demande comme l’enfant insatiable : et après ?
Il défie les événements et trouve de la joie au jeu de la vie.
Vous êtes aussi jeune que votre foi.
Aussi vieux que votre doute.
Aussi jeune que votre confiance en vous-même.
Aussi jeune que votre espoir.
Aussi vieux que votre abattement.
Vous resterez jeune tant que vous resterez réceptif.
Réceptif à ce qui est bon et grand.
Réceptif aux messages de la nature, de l’homme et de l’infini.
Si, un jour, votre coeur allait être mordu par le pessimisme et rongé par le
cynisme,
puisse Dieu avoir pitié de votre âme de vieillard.
Texte de Samuel ULLMAN, 1870, à Birmingham (USA)
Repris,traduit en français et largement diffusé par le Général Mac Arthur, en
1945
Va, reste calme au milieu du bruit, de l'impatience
et souviens-toi de la paix qui découle du silence.
Si tu le peux mais sans renoncement, sois en bons
termes avec tout le monde, dis ce que tu penses, clairement, simplement et
écoute les autres car même les sots et les ignorants ont quelque chose à dire.
Evite les gens grossiers et violents, car ils ne
sont que tourments pour l'esprit.
Si tu te compares aux autres, tu pourras devenir
vaniteux ou amer, mais sache qu'ici-bas, il y aura toujours quelqu'un de plus
grand ou de plus petit que toi.
Sois fier de ce que tu as fait et de ce que tu veux
faire. Aime ton métier, même s'il est humble c'est un bien précieux en notre
époque troublée.
Sois prudent dans le monde des affaires, car on
pourrait te jouer de mauvais tours. Mais que ceci ne te rende pas aveugle, bien
des gens luttent pour un idéal et partout sur la terre on meurt pour ce que l'on
croit.
Sois toi-même, surtout dans tes affections. Fuis le
cynisme en amour car il est un signe de sécheresse du cœur et de
désenchantement.
Que l'âge t'apporte la sagesse et te donne la joie
d'avoir des jeunes autour de toi. Sois fort pour faire face aux malheurs de la
vie, mais ne te détruis pas avec ton imagination, bien des peurs prennent
naissance dans la fatigue et la solitude. Et, malgré la discipline que tu
t'imposes, sois bon envers toi même.
Tu es un enfant de l'univers, tout comme les arbres
et les étoiles et tu as le droit d'être ici et même si cela n'est pas clair en
toi, tu dois être sûr que tout se passe dans l'univers comme il est écrit.
Par conséquent, sois en paix avec ton Dieu quel que
soit en toi son image, et à travers ton travail et tes aspirations, au milieu de
la confusion de la vie, sois en paix avec ton âme.
Dis-toi qu'en dépit de ses faussetés, des ses
ingratitudes, de ses rêves brisés, le monde est tout de même merveilleux.
Sois prudent et tâche d'être heureux.
Traduction d’un texte qui a été gravé dans la pierre par un anonyme vers la fin
du 19e s. dans une Eglise de la côte Est des Etats Unis.
"Comment peut-on
accepter que la faim progresse et ne pas s'indigner ? Des tonnes de pain sont
jetées chaque jour alors que certains n'ont pas l'essentiel pour vivre, la pêche
industrielle gaspille les ressources de la mer alors que c'est une manne pour
tous les côtiers, des cultures industrielles fournissent des produits de
mauvaise qualité et livrent à la misère quantité de petits paysans, des élevages
industriels traitent les animaux dans des conditions insupportables qui font
honte à l'homme... La mondialisation non maitrisée, le profit, les systèmes
financiers sont les moteurs de cette situation.
Comment peut-on penser
-et accepter- que ce soit le progrès ? Quel progrès ? Comment peut-on croire que
ce soient des disfonctionnements momentanés et passagers ? Nous vivons en
réalité une situation qui nous mène tout droit à une révolution inéluctable
puique les marchandises n'ont plus de frontières et que les chomeurs sont
enfermés dans leurs pays comme dans des ghettos... Autrefois beaucoup de ruraux
étaient paysans. Ils vivaient dignement dans la pauvreté. Ce n'est même plus
possible aujourd'hui... C'est cela le progrès ? Et il faudrait l'accepter sans
s'indigner ? Et aussi sans se révolter bien sûr pour la plus grande satisfaction
des nantis !"
Le
chef spirituel du bouddhisme tibétain a signé la déclaration de solidarité et
s'est exprimé sur la lutte contre la misère.
Dans le cadre de la préparation de la Journée mondiale du refus de la misère, le
Dalaï Lama a reçu, le 16 septembre à Lisbonne, une délégation du Mouvement
international Atd Quart Monde. Eugen Brand, délégué général, et Derek Asker,
militant du Mouvement, ont échangé avec lui sur le thème misère et paix. Le chef
spirituel des bouddhistes, prix Nobel de la Paix 1989, a notamment déclaré :
« Sur un plan global, entre les riches et les pauvres, il y a une sorte
d’immense fossé. Au niveau des nations, il y a aussi d’énormes fossés. La
pauvreté est une autre source de problèmes, de difficultés et de violence. Nous
devons sérieusement nous occuper de ce fossé, au niveau global, les gens du nord
comme ceux du sud. Les personnes riches et les personnes pauvres ont chacune des
responsabilités. Bien sûr, il y a un lien entre misère et paix. La paix doit
préoccuper les riches. Sans la paix intérieure, l’économie seule crée parfois
plus de problèmes. Pour créer une société heureuse, plus d’égalité est
essentiel. En tant qu’être humain, nous sommes membres de la même famille
humaine. Votre frère est en train de mourir de faim, pendant qu’un autre frère a
tout ce qu’il faut mais il ne partage pas. C’est immoral ! Moralement, comment
est-ce possible ? C’est impossible.
La dignité, cela veut dire pouvoir avoir confiance en soi. Il faut des moyens et
pouvoir se former. Partout, dans tous mes discours publics, je parle du sérieux
nécessaire qu’implique ce fossé. Vous êtes déjà en train de mener des actions
pour le réduire. C’est pourquoi j’apprécie énormément votre magnifique travail.
Mon esprit est toujours avec vous. S’il vous plaît, continuez ce travail et
faites-le aussi savoir à de plus en plus de personnes. Cela, je crois, est
important. C’est mon sentiment. »
C’est le livre dont on parle, une merveilleuse
histoire d'amour, deux êtres si complémentaires qu'ils en sont devenus siamois,
indissociables. L'histoire ne raconte pas l'issue, ils se sont suicidés en
septembre dernier; comment pouvait-il en être autrement.
"Tu viens juste d'avoir quatre-vingt-deux ans. Tu
es toujours belle, gracieuse et désirable. Cela fait cinquante-huit ans que nous
vivons ensemble et je t'aime plus que jamais. Récemment je suis retombé amoureux
de toi une nouvelle fois et je porte de nouveau en moi un vide dévorant que ne
comble que ton corps serré contre le mien. La nuit je vois parfois la silhouette
d'un homme qui, sur une route vide et dans un paysage désert, marche derrière un
corbillard. Je suis cet homme. C'est toi que le corbillard emporte. Je ne veux
pas assister à ta crémation; je ne veux pas recevoir un bocal avec tes cendres.
J'entends la voix de Kathleen Ferrier qui chante "Die Welt ist leer, Ich will
nicht leben mehr" et je me réveille. Je guette ton souffle, ma main t'effleure.
Nous aimerions chacun ne pas avoir à survivre à la mort de l'autre. Nous nous
sommes souvent dit que si, par impossible, nous avions une seconde vie, nous
voudrions la passer ensemble."
Lettre à D., histoire
d'un amour ; André Gorz, Editions Galilée
Un donateur écrit : "J'avais décidé de ne plus soutenir d'organisation
humanitaire à cause du "gaspillage" de l'argent dépensé pour inciter les gens à
donner. Et puis, lors d'un trek en Bolivie, j'ai rencontré un guide qui m'a
raconté son histoire et qui a été sorti de prison grâce à Amnesty International.
Ce n'était plus un don anonyme que je faisais. Je vous envoie donc un chèque de
soutien et mes meilleures salutations". Pour en savoir plus, cliquer :
http://www.amnesty.fr/
- Au Zimbabwe les militants continuent d’être harcelés...
Une cinquantaine de militants ont été arrêtés au Zimbabwe lors d’un
rassemblement public qui a eu lieu le 11 mars 2007 alors même que les autorités
avaient interdit pour trois mois les défilés et manifestations. Ces militants,
parmi lesquels se trouvaient des dirigeants du principal parti de l’opposition,
le Movement for Democratic Change (MDC, Mouvement pour le changement
démocratique), ont été roués de coups au moment de leur arrestation et certains
auraient été torturés pendant leur détention aux mains de la police.
- En Côte d'Ivoire, des violences sexuelles généralisées...
À la suite du soulèvement de septembre 2002 et de la division de facto du pays
en deux, des centaines, si ce n’est des milliers de femmes et de jeunes filles
ont été victimes de viols et d’agressions sexuelles perpétrées de manière
généralisée et parfois même systématique, par toutes les parties au conflit ou
par des civils proches de ces forces et de ces groupes.
De nombreuses femmes ont subi des viols collectifs ou ont été enlevées par des
combattants qui les ont réduites à l’esclavage sexuel et les ont considérées et
traitées comme un bien qu’ils possédaient.
Des femmes ont également été attaquées pour des raisons politiques et ethniques,
notamment par les forces de sécurité gouvernementales et leurs partisans.
Les victimes de viol ont souvent été également frappées et torturées.
Certaines ont été violées en public, devant les membres de leurs fa
milles, y
compris des enfants.
D’autres ont été violées à côté du cadavre de membres de leur famille.
Ces violences ont parfois été commises par ailleurs sous la menace des armes.
lues sur le site du réseau de nos amis belges (P.A.V.E.S.)
http://www.paves-reseau.be/index.php
Les vacances ! Enfin quelques jours de farniente ou de romans à dévorer
entre quelques balades surprises, sans oublier les étapes musicales qui nous
sont proposées aux quatre coins du pays. J’en salive déjà ! Programme simple :
repos, détente ! Même mon PC va se mettre au vert !
Mais où trouver les programmes de concert et autres activités qui
rechargent les accus ? L’incontournable internet me rattrape ! Google… sans
projet défini, je tape : « Où va-t-on ? » Je tombe sur une série de sites qui me
sont tout à fait inconnus, et je prends au hasard « ouvaton ». A ma grande
stupeur, on y parle de pape, d’évêques et de curés !
En 1889, le
cardinal Sarto dépêche ce mandement à l’attention de ses prêtres (dix ans plus
tard, il sera le pape Pie X).« L’usage du vélocipède et de la bicyclette s’est
tellement répandu parmi les laïcs qu’on ne croit plus, aujourd’hui, pouvoir
vivre sans cela ; comme cette nouveauté paraît prendre faveur auprès du clergé,
je juge nécessaire d’ordonner aux ecclésiastiques qu’ils aient à s’en abstenir.
Mes séminaristes savent déjà ce que j’en pense. Je prie les curés de me signaler
ceux qui, pendant les vacances, m’auraient désobéi. Je dois, naturellement,
défendre à tous mes prêtres ce que j’ai défendu aux clercs. Rien, en effet, ne
me semble plus contraire à la dignité d’un ecclésiastique que de s’asseoir à
califourchon sur une machine de cette sorte : cette attitude n’étant pas en
harmonie avec la gravité qu’exige notre état. Tout ce qui nous rapproche des
habitudes laïques nous expose au reproche de frivolité. On ne manquera pas
d’objecter les avantages de la bicyclette : la rapidité avec laquelle le prêtre
se porte au chevet des malades, l’économie de ce mode de transport... Toutes ces
considérations ont, en effet, leur poids. Mais elles doivent céder avant la
dignité et le sérieux que sont les premiers devoirs du prêtre. »
J’espérais très
sincèrement que ce problème de dignité était d’un temps révolu ! Que nenni !
L’un des points
les plus discutés aujourd’hui, à Rome, de la réforme liturgique d’après le
Concile, est la position de l’autel qui permet au prêtre de faire face à
l’assemblée, alors qu’avant, il lui tournait le dos.
Un jeune prêtre allemand vient de présenter à l’Augustinianum un livre sur la
question, préfacé par Joseph Ratzinger, alors simple cardinal, si l’on ose dire.
Ce dernier y écrit qu’"il n’y a rien dans les textes conciliaires au sujet de
l’orientation de l’autel".
Il cite, pour mettre en cause la vague du ’face au peuple’, le célèbre petit
livre de Mgr Klaus Gamber, « Tournés vers le Seigneur », édité par Le Barroux,
et préfacé déjà par Joseph Ratzinger.
A la présentation du livre à l’Augustinianum, une présence a été remarquée :
celle de Mgr Albert Malcolm Ranjith Patabendige Don, secrétaire de la
Congrégation pour le culte divin, nommé il y a peu, précisément suite à
l’éviction d’un archevêque italien trop réformiste, Mgr Sorrentino..
Pincez-moi,
pincez-vous ! C’est du niveau d’une caméra cachée ? Non, c’est la triste réalité
d’un certain monde. Alors, c’est décidé, je pars en vacances. J’ai vraiment
envie de penser à autre chose…ou de penser tout court !
La construction de l’Europe est quelque chose
d’unique dans l’histoire des peuples. Pendant des siècles, les nations du
continent européen ont été en conflit ; elles ont imposé à la terre entière un
impérialisme militaire, économique, culturel et religieux ; elles ont été à
l’origine des deux guerres mondiales. L’Europe s’est construite d’abord à partir
de la réconciliation franco-allemande. Cette réconciliation et cette amitié
entre nos deux peuples est un évènement considérable, qui permet d’oser espérer
un jour une issue pacifique à nombre de conflits actuels dans le monde : Israël
et Palestine, Inde et Pakistan, etc. Certains ont pu dire à juste titre que
l’Europe - devenue plus sage après tant d’horreurs - avait à jouer dans le monde
un rôle spirituel, c’est à dire la mission de lui apporter du sens.
L’échec, dû à la position française, du projet de
Communauté Européenne de Défense, qui aurait donné à l’Europe naissante une
identité et une finalité politique, a amené les promoteurs de l’idée européenne
à la fonder sur un projet économique, un projet libéral dès l’origine, avec la
création de la C.E.C.A., puis de la C.E.E. Il apparaît par ailleurs tout à fait
évident qu’à partir de 1995, il aurait fallu approfondir la construction
politique d’une Europe à 15 plutôt que d’avancer dans une construction d’une
Europe à 25, davantage économique que politique.
L’Europe a pourtant quelque chose d’important et
d’urgent à dire et à faire face aux immenses défis du XXIème siècle :
sur-développement matériel et aliénation publicitaire dans les pays riches,
exploitation et misère croissante des pays pauvres, saccage de la planète
(épuisement des ressources, pollution de l’eau, du sol, de l’air,
désertification, effet de serre, réduction de la biodiversité, etc.),
uniformisation culturelle, course aux armements, autant de manifestations d’un
déficit de citoyenneté et de sens dans nos sociétés. Par exemple, aucune
préparation sérieuse n’est pensée face à l’épuisement rapide des ressources
pétrolières, sinon une fuite en avant dans le nucléaire, une technologie
centralisatrice et non maîtrisée avec ses trois d : danger, dépense, déchets...
L’Europe dont le monde a besoin pourrait prendre
des orientations totalement nouvelles et conformes à l’avenir de la planète et
de l’humanité : promouvoir une décroissance durable et heureuse dans les pays
dits développés, développer en grand l’agriculture biologique, promouvoir les
cultures vivrières et l’autonomie alimentaire, favoriser les énergies
renouvelables, mettre en œuvre les stratégies non-violentes d’intervention et de
défense, pousser à la création d’une instance mondiale de gestion des ressources
limitées de la terre et de la biosphère, etc. Face à des « Grands », USA, Chine,
qui ne semblent avoir pour seule obsession que la croissance et la puissance
économique ou militaire, l’Europe pourrait manifester le primat de l’être sur
l’avoir et du politique sur l’économique, et impulser des initiatives fortes
pour réconcilier l’homme et la nature, la société et la sagesse, l’économie et
l’éthique, la science et la conscience.
Face à ces constats, comment voter lors du
référendum sur le traité constitutionnel européen ? Voter oui, c’est
inscrire dans le marbre une orientation économique libérale - qui n’a pas
d’ailleurs absolument pas sa place dans une constitution – et une idéologie de
compétition, alors que l’humanité a besoin de coopération, ce qui ne peut mener
la planète que dans des crises économiques, sociales et écologiques majeures.
Voter non, c’est en rester à un statut très insatisfaisant, celui du
traité de Nice, et se priver d’avancées réelles, même si elles restent trop
timides, vers une Europe plus démocratique et plus politique.
La vraie question me semble être : un non,
notamment celui de la France, conduirait-il à une stagnation et un blocage
durable de la construction européenne, ou laisserait-il l’Europe se faire sans
la France selon cette logique économique libérale ? Ou au contraire, un non
serait-il l’occasion d’un sursaut ? Un sursaut pour que les peuples d’Europe se
posent les vraies questions sur l’avenir de la planète et de l’humanité,
puissent définir de nouvelles orientations de société et rédiger un texte
meilleur.
Parmi mes amis « non-violents », beaucoup voteront
non, à regret parce qu’ils croient à l’Europe, et quelques uns voteront
oui, à regret parce qu’ils voudraient une autre Europe... Mais une chose
nous paraît évidente : quel que soit le résultat du vote des 25 pays de
l’Europe, le débat et le combat pour une autre société devront se poursuivre.
Pas seulement dans les urnes, mais aussi par nos comportements de parents,
d’éducateurs, de travailleurs, de consommateurs, de contribuables, de citoyens.
Quand la légalité est manifestement contraire à la légitimité, cette action
n’exclut pas la désobéissance civile ouverte et l’acceptation sereine de
poursuites pénales : par exemple l’arrachage de plants de maïs transgénique
quand l’Etat laisse faire en plein champ des cultures de telles plantes, alors
même que les compagnies d’assurance refusent d’en prendre en charge les risques.
Et si, à l’aube du troisième millénaire, nous
inventions une civilisation humaine ?
Etienne Godinot*
* Membre de la rédaction de la revue
Alliance pour une Europe des consciences (Terre du Ciel – 71500 Bruailles)
et de plusieurs structures de recherche, d’information et d’action sur la
résolution non-violente des conflits, E. Godinot s’exprime ici à titre personnel
Nous, assemblées membres de l'Association
unitarienne universaliste, sommes vouées à la reconnaissance et à la
promotion des principes suivants:
1.La valeur et la dignité intrinsèques de
toute personne.
2.La justice, l'équité et la compassion comme
fondements des relations humaines.
3.L’acceptation mutuelle et l’encouragement à
la croissance spirituelle au sein de nos assemblées.
4.La liberté et la responsabilité de chaque
personne dans sa recherche de la vérité, du sens de la vie et de la
signification des choses.
5.La liberté de conscience et le recours au
processus démocratique aussi bien dans l’ensemble de la société qu’au sein de
nos assemblées.
6.L'aspiration à une humanité où règneront la
paix, la liberté et la justice pour tous.
7.Le respect du caractère interdépendant de
toutes les formes d’existence qui constituent une trame dont nous faisons
partie.
Les sources de l’Association
unitarienne universaliste
Nous avons puisé à des sources diverses la vivante
tradition que nous partageons:
·L’expérience directe du merveilleux et transcendant mystère,
universellement reconnu, qui suscite un renouveau de l’âme et une attitude
réceptive envers les forces qui sont à l’origine de la vie et veillent à son
épanouissement.
·Les paroles et les actions de visionnaires, hommes et femmes, qui
nous incitent à miser sur la justice, la compassion et le pouvoir de
transformation de l'amour pour affronter le mal sous toutes ses formes.
·La part de sagesse de toutes les religions qui est, pour nous, une
source d’inspiration morale et spirituelle.
·Les enseignements du christianisme et du judaïsme qui nous
convient à aimer notre prochain comme nous-mêmes en reconnaissance de l'amour
que Dieu nous manifeste.
·Le message humaniste qui nous incite à utiliser notre raisonnement
et à prendre en considération les résultats de la science, et qui met en garde
notre âme et notre esprit contre toute forme d’endoctrinement et de fanatisme
religieux
·Les enseignements spirituels des traditions nomades qui célèbrent
le cycle sacré de la vie, nous invitant à vivre en harmonie avec les rythmes de
la nature. Remplis de gratitude envers le pluralisme religieux qui enrichit et
ennoblit notre foi, nous sommes animés par le désir d’approfondir notre
compréhension et de développer notre perspicacité.
En tant qu’assemblées autonomes, nous souscrivons à
cette déclaration de principes, nous engageant à nous témoigner mutuellement
soutien et confiance.
Profils de libertés, www.prolib.net
Ordonnance adoptée lors des assemblées générales de
1984, 1985 et 1995.