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      REFLEXIONS    

 

 

 

Dernière mise à jour le:

mardi 31 janvier 2012  

 

 

 

 

Peut-on sortir du nucléaire 2012 02 

Jeunes migrants scolarisés 2012 01

Médecine, religion et peur 2011 11

Le pauvre et l’hypocrite 2011 09

Dans le silence des oliviers 2011 06

Le meurtre de Ben Laden 2011 05

Indignez-vous 2011 01

C’est quoi, être pauvre ? 2010 12

L’urgence de délégitimer l’arme nucléaire 2010 12

Bohémiens et bourgeois 2010 11

L’euthanasie - un instrument de gouvernement ?  2010 11

Comment fabriquer des boucs émissaires ? 2010 10

L'Eglise et l'Etat, vieux débat 2010 09

La campagne BDS 2010 08

Le sens des valeurs, l’esprit d’entreprise 2010 07

L’Eglise et Sœur Sourire 2010 05

Matin Magique 2010.04

La Cimade nous invite 2010.01

Hommage à Sébastien BRIAT 2010.01

L’enfant aux cent noms, l’enfant sans nom 2009.12

Parrainage d'enfants sans papiers 2009.11

Consomm' Acteurs 2009.10

Pour que la terre soit un jardin 2009.10

Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ? 2009.09

Un arbre m’a parlé 2009.08

Drame à l'école 2009.05

Espoir, exil, Palestine  2009.05

Nous y sommes 2009.01

Petites réflexions méditatives de l’An 9 2009.01

 

 

Un nouveau centre de rétention à Metz 2008.12

Rachel a perdu la vie pour la justice 2008 11

Un an de Cercle du silence 2008 11

Des ponts, pas des murs 2008 10

Guerres et torture 2008 10

Une enfant de 13 ans à l'ONU 2008 07

Prière secrète d’un enfant à sa mère et à son père 2008 07

Je me souviens 2008 07

Le pouvoir des étoiles 2008 06

Le principe de la grenouille chauffée 2008 04

Assez de morts ! 2008 04

Fraises espagnoles/ scandale écologique 2008 04

Bush, Monsanto et Rome  2008 04

Jeûne et témoignage 2008.03

Santé et jeûne 2008.02

Dans quel monde vivons-nous ? 2008.02

Un voisin répugnant 2008.01

Être jeune 2008.01

Etre en paix 2007.12

La faim progresse ! 2007.12

Plus d’égalité pour créer une société plus heureuse 2007.11

Histoire d'un amour  2007.11

Sorti de prison grâce à Amnesty International

Quelques lignes pour se distraire

Quelle Europe pour quelle planète ?

Principes de l'Association Unitarienne Universaliste

 

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ou en laissant vos propositions sur notre Livre d'Or;  merci à l'avance.

 

Peut-on sortir du nucléaire ?

 

 "Peut-on sortir du nucléaire ?" est une question  aussi vaine que "Peut-on abolir les privilèges ?". Non, nous ne le pouvions pas ; et pourtant, nous l’avons fait. Les seules questions valables sont donc les suivantes :  "Doit-on abolir les privilèges ?" ;  "Doit-on abolir la peine de mort ?"; "Doit-on interdire l’utilisation de l’énergie nucléaire ?".

 

La véritable question est celle de la légitimité de la politique nucléaire civil. Notre thèse est simple et claire : cette acceptabilité est nulle. Nulle, car on n’a pas le droit de prendre un risque aussi incommensurable que celui d’un accident nucléaire majeur à l’échelle du territoire national ; nulle, car on n’a pas le droit de léguer à la nation française future des déchets radioactifs de très longue vie, dont chacun ignore à ce jour s’il est possible d’en faire quelque chose de raisonnable (et dont tout porte même à croire que rien de raisonnable ne peut en être fait) ; nulle, car on n’a pas le droit de faire dépendre la nation française de l’importation de minerai  d’uranium situé pour l’essentiel dans des zones géopolitiquement instables. Nulle donc, car on n’a pas le droit de rendre les citoyens d’un Etat prétendument libre à ce point dépendants qu’en cas de crise majeure, non seulement ils n’auront plus ni éclairage, ni chauffage, mais qu’ils ne pourront même plus accéder aux informations officielles par le biais de la radio, de la télévision ou d’Internet. La politique nucléaire française, qui a poussé jusqu’à l’extrême l’expérience des moutons de Panurge vers le confort facile de la falaise dorée, n’a plus qu’une solution : accepter sa remise en cause radicale. Nier cela, ce serait nier l’exigence minimale du socle républicain, celui de la protection du territoire national et de ses membres.

Article de J-C Mathias, paru dans les "Cahiers de l’Entre-Deux-Mers" n°100

www.sortirdunucléaire.org

 

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Jeunes migrants scolarisés sur l'agglomération de Nancy : deux exemples parmi d'autres

 

M (garçon), 12 ans, arrivé en France il y a 18 mois, élève en 6ème, logeant à l’hôtel dans la même chambre que ses deux sœurs, sans poste de télévision, sans connexion Internet, avec une petite table à « partager » entre eux pour faire les devoirs.

Premier devoir de SVT[1] à rendre la semaine suivante : Sujet très intéressant mais qui commence ainsi : « Allez sur Internet et connectez-vous pour obtenir la carte d’État-major à l’échelle X sur laquelle apparaît le collège ». Et toutes les questions suivantes font appel à la lecture de cette carte… En plus de la connexion Internet, il manque à M une aide (traducteur) pour saisir complètement et de façon précise l’intitulé des questions qui ne font pas toujours appel au langage courant….

Deuxième sujet de SVT, toujours à rendre la semaine suivante : Choisir un exemple d’activité de l’homme qui modifie son environnement en positif ou en négatif : construire un panneau d’informations explicatives sur ce sujet. Ballotté depuis sa naissance sur les routes de l’exil, M n’a jamais eu accès à l’information sur ces problèmes liés à l’activité humaine et à l’environnement dans une langue qu’il maîtrise parfaitement. Réchauffement climatique, effet de serre, pollutions en tout genre… il n’en avait jamais entendu parler auparavant.

Une aide à la maison serait nécessaire, mais il n’y a pas de maison, il y a un hôtel où l’accès est interdit à toute personne non-résidente.

 

D (fille), en France depuis environ 18 mois, élève de 3ème en juin 2011.

Problème de maths posé en devoir surveillé au collège : Monsieur X possède un jardin en forme de trapèze (un trapèze, elle sait ce que c’est, elle l’a vu en classe) qui comporte deux parties dont il est dit que l’une, rectangulaire est un potager et l’autre une pelouse. La question est de déterminer la position de la limite entre « la partie cultivée et le gazon pour que les deux soient égales ». Elle n’a pas su résoudre le problème et a eu 0 n’ayant pas compris que la partie cultivée, c’est le potager et que le gazon, c’est la pelouse. Une fois éliminé ce problème de vocabulaire, la solution était très vite fournie (et exacte).

D, russophone, avait choisi au collège le russe comme LV[2]2 de façon à concentrer ses efforts sur les autres matières. En fin de 3ème, elle est orientée vers un lycée professionnel en vue d’un bac pro comptabilité, et, mauvaise surprise à la rentrée, pour un bac pro, les deux langues vivantes obligatoires doivent être choisies parmi anglais, allemand, espagnol ou italien (nouvelle loi !). Elles doivent être enseignées de préférence dans l‘établissement sinon une formation par correspondance est autorisée, mais il faut s’assurer auprès du rectorat que l’on pourra passer la langue choisie.

Aucune formation n’est donc dispensée par le CNED[3] en russe LV2. Donc pour le bac pro, en avant pour l’échec.

Dans l’école de la République, des bonnes volontés existent, mais les difficultés des enfants des migrants ne sont pas toujours perçues et, à fortiori, les réflexions sur des solutions manquent.

Hélas, beaucoup d’enfants français de milieux défavorisés se heurtent aux mêmes problèmes.

 

Catherine TOSSER

 

1 Sciences de la Vie de la Terre

2 Langue vivante

3 Centre national d'enseignement à distance


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Médecine, religion et peur

 ou l'influence cachée des croyances,

En utilisant la métaphore de l'aimant et de la limaille de fer, Olivier Clerc montre que la médecine moderne, depuis Pasteur, s'est développée selon les mêmes "lignes de force" que la religion chrétienne, et plus particulièrement catholique, dont elle a adopté les croyances, les dogmes, les rites et pratiques, sous des formes à peine différentes, devenant ainsi une sorte de religion masquée :

- le médecin a pris la place du prêtre ;
- la recherche de la santé remplace la quête du salut ;
- l'espoir de l'immortalité (par clonage, manipulations génétiques, etc.) l'emporte sur l'attente de la vie éternelle ;
- la vaccination joue le même rôle initiatique que le baptême ;
- et un hypothétique vaccin universel sauvera demain l'humanité de toutes les maladies, comme le Sauveur a racheté tous les péchés du monde.

Le pouvoir médical est aujourd'hui allié à l'État, comme l'était hier l'Église. Les « charlatans » sont poursuivis comme les « hérétiques » d'autrefois, et le dogmatisme prévaut sur l'ouverture à des théories « pas catholiques ». Un même esprit de déresponsabilisation caractérise le discours médical actuel et les sermons du passé. L'homme est aujourd'hui aliéné de son corps comme hier de son âme. Il continue d'être manipulé par la peur et par des espoirs infantiles

 

Médecine, religion et peur par Olivier Clerc, Editions Jouvence.

 

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Le pauvre et l’hypocrite.

… La question de l’explosion de la pauvreté, est devenue un phénomène aussi banal que la rentrée des classes ou le passage de l’heure d’été à l’heure d’hiver. Jusqu’à quand va-t-on tolérer que les pays développés créent des pauvres à marche forcée, comme s’il s’agissait d’une fatalité maléfique ? En France, l’Institut national de la statistique relevait récemment que le nombre de pauvres avait franchi un nouveau record pour atteindre 8,2 millions de personnes. Faut-il se contenter de les envoyer aux Restos du cœur ou agir pour les sortir de l’engrenage de la misère de masse ?

Pleurer sur le sort des plus démunis sans passer les choix publics au tamis du jugement afin d’en évaluer les conséquences concrètes, c’est le comble de l’hypocrisie. Faire des « marchés » les juges suprêmes de la politique économique, laisser le capitalisme fou imposer sa loi, refuser de mettre les banques à la raison, puis verser une larme sur les retombées d’un tel jeu de massacre, c’est  tomber sous le coup du paradoxe de Bossuet qui disait : « Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences alors qu’ils en chérissent les causes. »

Au sein de l’élite, nombreux sont ceux qui espèrent ainsi reconstituer leur prestige moral à bon compte. Les bourgeois d’antan  avaient leurs pauvres, à qui ils versaient une pièce au sortir de la messe. Leurs descendants déduisent de leurs impôts les quelques sous versés aux associations humanitaires. L’histoire n’en est pas plus morale pour autant.

Jack DION (Marianne n° 753)

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Dans le silence des oliviers

Je viens de terminer la lecture du livre "Dans le silence des oliviers" de Michel Benoit et je voudrais exprimer succinctement mes réactions.

 

Dans un premier moment, je me suis dit que ce récit présenté en roman n'attirerait ni les amateurs d'extraordinaire, ni les chercheurs de spiritualité.

Mais rapidement, au fur et mesure de la lecture, je me suis laissé fortement impressionner par ce cheminement vécu en direct par les questionnements, épreuves, appels portés par Jésus.

J'ai apprécié à travers la progression dans le temps tout ce qui permet de mieux comprendre ses réactions, son évolution, ses craintes, ses doutes, sa souffrance, sa grande solitude ... Avec le "Mal" puissant qui reste toujours actif et sape les efforts. Avec la méditation dans le silence qui est la base de l'écoute et du cheminement. Sans s'appuyer sur des miracles qui ne sont que des phénomènes naturels ! Et surtout, sans trahir la "Parole".

En préservant la sobriété des citations évangéliques mais en plaçant cette Parole dans un cadre géographique et historique concret, on devine mieux ce qui a pu réellement se passer ... 

 

C’est une analyse profonde, sérieuse, à la fois claire, précise et très judicieuse qui traduit une ambiance, une époque et présente un message "crédible" qui ne tombe pas du ciel mais se construit progressivement à travers des évènements humains.

Le tout dans un style facile, agréable, non prétentieux et non réservé à une élite ...

 

Après le livre "Dieu malgré lui" qui a été pour moi une révélation, ce roman rassemble une recherche et met en scène des hypothèses mûries, notamment celle du 13è apôtre "bien aimé".

Il traduit concrètement une démarche pour mieux en cerner la vraisemblance tout en valorisant la portée exceptionnelle du témoignage de l'homme Jésus, un grand prophète, un croyant engagé mais certainement pas un dieu.

Ce travail portera ses fruits car les hommes bienveillants qui cherchent à accueillir le "bonheur" avec leur cœur peuvent entendre facilement cette approche.

 

Pascal JACQUOT 

 

"Dans le silence des oliviers" de Michel Benoit - Editions Albin Michel :  http://michelbenoit17.over-blog.com/categorie-1011772.html

 

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♣  Le meurtre de Ben Laden ; Quand un peuple fête la mort

Tard dans la soirée du 1er mai, le Président Obama déclare à la télévision : « Je suis en mesure d’annoncer aux Américains et au monde que les États-Unis ont mené une opération qui a tué Oussama Ben Laden. (…) Justice a été faite. Justice has been done. » Oui, mais quelle justice a été faite ? Le Président américain précise qu’il avait « autorisé une opération destinée à capturer Oussama Ben Laden et à le présenter devant la justice. »  Si tel était bien l’objectif recherché, alors l’opération conduite par les militaires des forces spéciales américaines a échoué. La mort de Ben Laden signifie au contraire qu’il ne rendra jamais compte de ses actes devant la justice. Ben Laden n’a pas été capturé, il a été tué. Il n’a pas été jugé, il a été exécuté. On nous dit que la photo de son cadavre est « atroce ». Son meurtre est un acte de violence, il n’est pas un acte de justice. La justice des hommes civilisés est un acte d’humanité et non de violence.

Il y a tout lieu de penser que l’objectif des Américains n’était pas de capturer Ben Laden, mais de le tuer. Détenir comme prisonnier le leader d’Al Quaïda aurait posé à l’État américain des problèmes ingérables. Et pouvait-il se permettre d’instruire le procès de Ben Laden devant un tribunal dont il aurait fait une tribune ? Tout compte fait, sa disparition l’arrange bien. Trop bien. Le 16 mars 2010, Eric Holder, le ministre de la Justice américain, avait  déclaré devant le Congrès qu’Oussama Ben Laden ne serait « jamais traduit devant un tribunal américain » parce qu’il serait tué au moment de son arrestation. « La réalité, avait précisé le ministre, est qu’on lira ses droits au cadavre d’Oussama Ben Laden. »

La mort de Ben Laden correspond à une certaine logique, mais c’est seulement la logique de la vengeance. Ce n’est pas la justice qui a été faite, mais la vengeance. Quelle autre motivation à ce meurtre que la seule recherche de la vengeance ? Quel autre bénéfice le peuple américain peut-il espérer de cette mort que la satisfaction de son désir de vengeance ? Quand la plus grande puissance militaire du monde tue un homme désarmé qui vit dans une maison de campagne, où est le progrès de la justice ? Où le progrès de la liberté ? Où celui des droits de l’Homme ? Où l’avancée de la civilisation ? Où celle de la paix ? Où celle de la démocratie ? Tuer un homme, ce n’est pas défendre une cause, c’est tuer un homme.

L’immersion en mer du corps de Ben Laden, quelles que soient les précautions qui ont pu être prises, est non seulement contraire aux règles de l’islam, elle est contraire aux lois de l’humanité. Comme si le meurtre de l’ennemi ne suffisait pas et qu’il fallait pourvoir à son anéantissement.

Certes, nul ne peut avoir oublié l’horreur des attentats du 11 septembre 2001 qui a traumatisé le peuple américain. Ben Laden, comme l’a souligné Barack Obama, était « responsable du meurtre de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants innocents ». Mais en quoi le meurtre de Ben Laden rend-il justice aux victimes et à leurs familles ?  Ce meurtre ne satisfait que la justice archaïque de la loi du talion dont la caractéristique est précisément de redoubler la violence. Ce meurtre ne fait que banaliser la mort.

Certes, le terrorisme islamiste fait peser une réelle menace sur les démocraties et celles-ci ont le droit et le devoir de se défendre. Mais le meurtre de Ben Laden mérite-t-il d’être salué comme une grande victoire de la démocratie sur le terrorisme ? Est-il de nature à renforcer la sécurité des démocraties ? Rien n’est moins sûr. L’élimination de Ben Laden ne saurait affaiblir l’idéologie du terrorisme. D’aucuns vont certainement vouloir venger la mort de celui qui a été martyrisé. Point n’est besoin d’être un grand expert pour penser qu’une radicalisation des réseaux terroristes est fort probable et que, de ce fait, les risques d’attentats sont accrus. Là encore, tout cela est conforme à la logique de la violence.

Aussitôt, peu après minuit, de Washington à New York des milliers d’Américains sont descendus dans la rue et se sont rassemblés pour fêter cette mort comme on fête une magnifique victoire. La télévision américaine nous a montré des images de foules en liesse chantant et dansant pour hurler leur joie. « USA, USA ! », criaient en riant à gorge déployée ces femmes et ces hommes pour exprimer leur fierté d’être Américains.

En France, tous ceux qui s’appliquent à tenir un langage politiquement correct  ont affirmé qu’ils se réjouissaient de la mort de Ben Laden qui signifiait à leurs yeux une victoire de la démocratie sur le  terrorisme. Tous semblent s’accorder avec le communiqué publié le 2 mai par la Présidence de la République française : « Justice est faite ». Et tous semblent se satisfaire de cette justice expéditive.

Certes, il suffit  d’un peu de psychologie pour comprendre la satisfaction et le soulagement ressentis par ceux-là mêmes qui ont été douloureusement meurtris par les agissements criminels de Ben Laden. C’est « humain », « bien humain ». Mais cette compréhension compatissante ne saurait venir donner raison aux manifestations exorbitantes qui ont eu lieu. La décence aurait voulu que cette satisfaction soit retenue au lieu qu’elle laisse place à une explosion débridée de jouissance. En  ces circonstances, il faut nous ressouvenir des paroles d’humanité du poète : « Seul le silence est grand ; tout le reste est faiblesse… » Si j’osais, j’ajouterais : danser, chanter, crier, est également lâche…

Comment l’homme peut-il fêter la mort en criant de joie ? Ne faut-il pas pour cela que la violence soit profondément ancrée dans son cœur et dans son esprit ? Ne faut-il pas pour cela que la violence ait détruit toute une part de l’humanité en lui ? Comment l’homme peut-il respecter l’humanité en lui s’il ne respecte pas l’humanité en l’autre, fut-il son pire ennemi ? Le sang de l’ennemi est toujours le sang de l’humanité. Le meurtre est toujours un échec, un drame et un malheur. La tragédie de la violence c’est précisément qu’elle enferme chacun des deux adversaires dans un engrenage où l’un et l’autre finissent par perdre le sens sacré de la vie. Chacun reste prisonnier de la logique de la violence qui est une logique de mort.

Jean-Marie Muller, Philosophe et écrivain. porte parole du Mouvement pour une Alternative Non-violente ( MAN : www.nonviolence.fr )

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Indignez-vous

 

"Le motif de base de la Résistance était l'indignation. Nous, vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre l'héritage de la Résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques , intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.

Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous, d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux. Quand quelque chose vous indigne come j'ai été indigné par le nazisme, alors on devient militant, fort et engagé. On rejoint le courant de l'histoire et le grand courant de l'histoire doit se poursuivre grâce à chacun. Et ce courant va vers plus de justice, plus de liberté ..."

 

Tiré de "Indignez-vous" par Stephan HESSEL Editions Indigène

 Ancien déporté et résistant, ancien ambassadeur, co-rédacteur de la Déclaration Universelle des Droits de l'homme, Stéphan Hessel a 93 ans.

 

Indignations :

"L'injustice, en particulier dans le choix des hommes. Et l'utilisation quasi éhontée, quotidienne, du mensonge." Général J. L. Georgelin;
 

"La souffrance en général, et plus particulièrement celle des enfants. L'injustice ... La trahison .... La désinvolture ... " J. C. Casadesus;
 

"Ce qui m'indigne, c'est que l'école ne joue plus son rôle d'ascenseur social." M. Erra;

 

"Je suis indigné que l'on puisse faire fortune en faisant de la politique". Marc Blondel;
 

"Je suis horrifié par les dégâts que le trio industrie agroalimentaire - grande distribution - publicité commet sur notre agriculture paysanne et notre artisanat". Y Camdeborde, cuisinier;
 

"Je suis indigné que, dans un pays comme la France, on puisse mourir de froid dans la rue". C Féral-Schuhl;
 

"Penser que les parents sont responsables de la pathologie de leur enfant, les rendre coupable de leur maladie." A. Kidjo;

 

Et vous, qu'est-ce qui vous indigne ?

Pour participer, cliquer :

 

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C’est quoi, être pauvre ?

La pauvreté est une question de revenus, mais aussi de conditions de vie. Si être pauvre, c’est être victime de privations, quelles sont celles que les Français jugent "inacceptables" ?

Quelles sont les privations qui sont jugées les plus acceptables et celles qui sont inacceptables ? " Le consensus n’est net que sur un petit nombre de privations, témoignant d’une vision restrictive de la pauvreté limitée aux privations alimentaires sévères, aux manques fonctionnels relatifs à l’habillement, à la très mauvaise qualité du logement et aux difficultés à se soigner ", expliquent les auteurs d’une étude réalisée à partir de l’enquête " Standards de vie " de l’Insee menée en janvier 2006 auprès de 5 900 personnes.

Logiquement, l’accès des enfants à ces éléments de base est largement perçu comme une nécessité : 90 % des personnes interrogées jugent inacceptable de " ne pas pouvoir payer à ses enfants des vêtements et des chaussures à leur taille ", 89 % de " ne pas pouvoir payer des appareils dentaires à ses enfants " et 86 % de " ne pas avoir assez de rechange pour envoyer ses enfants à l’école avec des vêtements toujours propres ". Pour l’ensemble de la population, " se priver régulièrement d’un repas plusieurs fois par semaine ", " être obligé de vivre dans un logement sans eau chaude ", " ne pas pouvoir se payer de prothèses auditives " sont les items jugés les plus inacceptables.

A l’opposé, tout ce qui relève du loisir, des communications ou des nouvelles technologies n’est pas jugé le plus souvent comme indispensable. Ainsi, 3 % seulement des personnes interrogées pensent qu’on ne peut se passer d’un lecteur de DVD, 4 % d’un lave-vaisselle et 7 % d’un téléphone mobile.

Source : Observatoire des inégalités; Pour en savoir plus, cliquer 

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L’urgence de délégitimer l’arme nucléaire

…      Le 8 août 1945, deux jours après l’explosion de la bombe atomique sur Hiroshima, un jour avant qu’une seconde bombe ne soit lancée sur Nagasaki, Albert Camus publie dans Combat un article dans lequel il s’indigne des « commentaires enthousiastes » qui saluent cette performance technologique. Une telle célébration lui paraît indécente. Il résume son commentaire d’une phrase : « La civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. »

…     Ne nous y trompons pas : l’enjeu de l’arme nucléaire n’est pas d’abord militaire ; il est moral, il est politique et, en premier lieu, il est spirituel. Il est existentiel. Il ne s’agit pas d’abord de savoir par quels moyens nous devons défendre notre société, mais de savoir quelle société nous voulons défendre. Il s’agit de savoir quelles valeurs donnent sens à notre existence et à l’aventure humaine, et pour la défense desquelles il convient que nous prenions des risques. La menace de l’arme nucléaire, qui implique par elle-même le consentement au meurtre de millions d’innocents, est le reniement de toutes les valeurs d’humanité qui fondent notre civilisation. Par la préméditation du meurtre nucléaire, nous avons déjà nié les valeurs que nous prétendons défendre. Comment pourrions-nous, sans nier la dignité  de l’humanité de l’homme, consentir au meurtre nucléaire ?

Le caractère criminel de l’emploi de l’arme nucléaire a été clairement dénoncé par la résolution de l’ONU du 24 novembre 1961. L’Assemblée Générale déclare : « Tout État qui emploie des armes nucléaires et thermonucléaires doit être considéré comme violant la Charte des Nations Unies, agissant au mépris des lois de l’Humanité et commettant un crime contre l’Humanité et la civilisation. » Vous conviendrez que la condamnation est sans appel. Face à la possibilité du crime nucléaire, l’humanité est sommée de se réveiller de son inconscience et de résister à sa barbarie intérieure. L’humanité, c’est-à-dire chacun de nous. Dès lors, ne sommes-nous pas mis au défi de défendre l’Humanité et la civilisation contre le crime nucléaire ? 

…. Par son consentement au meurtre nucléaire, l’homme nie et renie la transcendance de son être spirituel. Par cet assentiment, il « perd son âme », comme on disait naguère. En refusant de rendre un culte idolâtre à l’arme nucléaire, l’homme redevient maître de son propre destin et il lui est alors possible de recouvrer sa part de transcendance.

…. Dans la société laïque et républicaine qui est la nôtre, vous avez encore le rare privilège de pouvoir faire entendre votre voix dans la cacophonie des bruits médiatiques qui asphyxient notre démocratie. Dès lors, n’est-il pas de votre responsabilité de faire écho à la voix du jeune prophète de Nazareth qui, il y a quelque deux mille ans, a délégitimé toute violence, a demandé à ses amis de ne pas résister au mal en imitant le méchant et de remettre leur épée au fourreau ? Durant toute sa vie, avec une liberté magnifique, il a osé défier le pouvoir des puissants. Vous savez qu’il en est mort. Il eut la sagesse d’abroger la loi du talion qui continue pourtant d’être la règle de conduite des États nucléaires dont les menaces réciproques font peser sur l’humanité tout entière le risque de l’anéantissement.

Je ne sais pas si nous sommes encore beaucoup à attendre de vous que vous fassiez écho aux paroles de compassion, de douceur, de justice et de paix que le Nazaréen fit entendre sur la Montagne des Béatitudes… Mais si vous en aviez l’audace, alors soyez sûrs que, dans ce monde malade de la violence à en mourir, ils seraient nombreux, très nombreux, parmi celles et ceux qui sont sans voix, qu’ils croient au ciel, qu’ils n‘y croient pas ou qu’ils y croient mal, à se réjouir de vous entendre parler haut et fort pour délégitimer l’arme nucléaire. Dans ce monde enténébré, vous auriez contribué à entretenir la petite flamme fragile de l’espérance. 

                                          Le  28 novembre 2010

Extraits de la lettre ouverte adressée aux évêques de France par Jean-Marie MULLER                        

Pour avoir la lettre intégrale, cliquer

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Bohémiens et bourgeois 

Je me suis pâmé, il y a huit jours, devant un campement de Bohémiens qui s’étaient établis à Rouen. Voilà la troisième fois que j’en vois. Et toujours avec un nouveau plaisir. L’admirable, c’est qu’ils excitaient la Haine des bourgeois, bien qu’inoffensifs comme des moutons. Je me suis fait très mal de voir de la foule en leur donnant quelques sols. Et j’ai entendu de jolis mots à la Prudhomme. Cette haine-là tient à quelque chose de très profond et de complexe. On la retrouve chez tous les gens d’ordre. C’est la haine qu’on porte au Bédouin, à l’Hérétique, au Philosophe, au solitaire, au poète. Et il y a de la peur dans cette haine. Moi qui suis toujours pour  les minorités, elle m’exaspère. Du jour où je ne serai plus indigné, je tomberai à plat, comme une poupée à qui on retire son bâton.

            Gustave Flaubert le 12 juin 1867

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L’euthanasie - un instrument de gouvernement ?

 

Dès qu’il dépasse 60/65 ans, l’homme vit plus longtemps qu’il ne produit et il coûte alors cher à la société ; il est bien préférable que la machine humaine s’arrête brutalement, plutôt qu’elle ne se détériore progressivement.

On pourrait accepter l’idée d’allongement de l’espérance de vie à condition de rendre les vieux solvables et de créer ainsi un marché.

Je crois que dans la logique même du système industriel dans lequel nous nous trouvons, l’allongement de la durée de la vie n’est plus un objectif souhaité par la logique du pouvoir.

L’euthanasie sera un des instruments essentiels de nos sociétés futures dans tous les cas de figure. Dans une logique socialiste, pour commencer, le problème se pose comme suit : la logique socialiste c’est la liberté, et la liberté fondamentale c’est le suicide ; en conséquence, le droit au suicide direct ou indirect est donc une valeur absolue dans ce type de société.

L’euthanasie deviendra un instrument essentiel de gouvernement.

 

Extraits de L’homme nomade, Jacques ATTALI ; Ed. Le Livre de Poche, 2005 – 

Publié Par CITE et CULTURE :

http://www.citeetculture.com/article-attali-pour-l-euthanasie-a-62-ans-57318950.html

 

NDLR : Quelles réactions, quels frissons vous inspirent cette froide proposition d'un notable de notre temps ?

N'hésitez pas à nous les transmettre en cliquant :

 

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Comment fabriquer des boucs émissaires ?

Lorsque l’institution faillit ...

7 juillet 2010, 17h25, Gare de l’Est. Je m’installe dans le TGV qui doit me ramener à Strasbourg. La voix quelque peu métallique qui devrait nous annoncer, par le biais du micro, un départ imminent, diffuse alors un message plus inattendu : « Mesdames et messieurs, des Roumains se sont introduits dans le train. Veuillez prendre garde à vos bagages… » Je sursaute, et observe autour de moi : aucune réaction, si ce n’est quelques passagers qui mettent leur serviette en sécurité.

Ce petit incident, trop vite oublié, m’inspire les réflexions suivantes. L’éthique sociale est provoquée lorsque, comme le dit Paul Ricoeur, les institutions Ne sont pas « justes ». Le troisième terme de sa définition de l’éthique (« …dans des institutions justes ») est ici mis à mal : la parole officielle des régulations sociales dans l’espace public a failli à sa mission. À l’intersection des relations courtes de l’éthique interpersonnelle et des relations longues du politique, l’institution, qui, comme on le sait, est composée d’individus, a manqué à son devoir de prudence et d’égalité.

Le mécanisme du bouc émissaire est à l’œuvre dès lors qu’une personne ou une communauté se trouve stigmatisée, non pour ce qu’elle a fait mais pour ce qu’elle est. René Girard a clairement montré que ce phénomène multiséculaire et inconscient a pour effet, sinon pour fonction, d’unifier le groupe majoritaire lorsque celui-ci est parcouru de tensions internes. Les rivalités mimétiques qui menacent l’équilibre social ne trouvent leur dépassement (toujours provisoire) que dans une forme sacrificielle d’exclusion d’une « victime émissaire », choisie sur une base purement arbitraire.

Le processus d’imposition d’une idéologie délétère et de persécution d’une minorité ne peut se déployer que grâce au consentement tacite des citoyens. La Boétie le disait déjà en son temps : aucun pouvoir, même le plus tyrannique, ne pourrait s’exercer sans la servitude volontaire de la population. En l’occurrence, la passivité des passagers (et la mienne en premier !) ne laisse pas d’étonner. Cela semble bien indiquer que, conformément aux analyses de Noam Chomsky et Edward S. Herman, le consentement se fabrique selon des procédures précises, subtiles et redoutablement efficientes.

Enfin, l’incident du 7 juillet m’incite à penser les limites de l’arbitraire. Si la voix avait indiqué que « des Noirs » ou « des Juifs » s’étaient introduits dans le train, Il y aurait eu à l’évidence des protestations indignées. Or, nous savons qu’une telle stigmatisation était courante, sans pratiquement aucune réaction de la part de la population, dans d’autres pays que le nôtre et même en France, il n’y a pas si longtemps que cela. La relativité de ce qui fait scandale à nos yeux devrait nous conduire à interroger les compensations secondaires que nous prodigue, ou non, le consentement à l’arbitraire. L’approche psychanalytique, proposée par exemple par Thierry de Saussure, pourrait à cet égard s’avérer précieuse, pour analyser, comprendre et surmonter l’ambivalence de notre rapport à l’étrange étranger. C’est dire tout l’intérêt d’une réflexion éthique largement interdisciplinaire, susceptible de nourrir notre responsabilité et notre engagement citoyens.

Frédéric Rognon - Membre du CEERE - Professeur de philosophie - Faculté de théologie Protestante - Université de Strasbourg. (Tiré de la revue de la Faculté de Théologie de Strasbourg)

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L'Eglise et l'Etat, vieux débat

Dans l'Est Républicain du 24 août un article intitulé « L'Eglise et l'Etat, vieux débat», soulève la question de la séparation de l'Eglise et de l'Etat à l'occasion des prises de position hostiles de la hiérarchie catholique -entre autres- à l'égard de la politique gouvernementale à l'égard des Roms.
Pour permettre à chacun de se décider en conscience, il me semble utile de rappeler quelques principes de base de ce qu'est une société laïque et démocratique.
La séparation de l'Eglise et de l'Etat a mis heureusement fin, en France, en 1905, à la politique concordataire qui consistait à reconnaître deux pouvoirs de nature politique , l'un temporel (celui de l'Etat et de ses institutions ) l'autre spirituel voire divin (celui de L'Eglise ou des institutions religieuses en général) et à institutionnaliser leur collaboration et leur instrumentalisation réciproque ( alliance
parfois conflictuelle d'ailleurs du trône et de l'autel). La laïcité consiste à ne reconnaître l'autorité politique qu'à l'Etat et aux collectivités publiques démocratique. C'est la base même de la démocratie. Les religions et autres associations de conviction doivent être exclues en tant que telles de l'exercice du pouvoir. Elles ne peuvent revendiquer d'autorité que sur les personnes qui reconnaissent librement cette autorité.
On notera au passage que l'exercice de cette autorité interne à l'institution religieuse reste pour le moins problématique dans le cadre d 'une Eglise catholique aux structures hiérarchique voire monarchiques et qui ne respecte pas en son sein certains droits humains, notamment ceux des femmes. Il est symptomatique à cet égard que le langage courant lorsque l'on parle des positions de l'Eglise désigne les prises de parole de la seule hiérarchie: évêques et-ou Pape.
La laïcité proclame la liberté de conscience personnelle. Les religions n'ont pas à revendiquer au nom d'une vérité qu'elles affirment transcendante le droit d'imposer à tous des décisions politiques qui relèvent en dernier ressort de la volonté des citoyens. Ceux ci doivent avoir juridiquement l'entière liberté de décider de leur choix de vie et donc de leur choix politique, dans le respect des lois démocratiquement élaborées, quelle que soient leur conviction religieuse ou philosophique.
Cela dit il est non moins évident qu'en démocratie toutes les convictions personnelles ou partagées dans des associations, organisations, institutions de toute nature ont le droit de s'exprimer. Il n'y a donc aucune atteinte à la laïcité quand des groupes de croyants ou des associations agnostiques s'expriment collectivement y compris sur tel ou tel aspect de la politique gouvernementale. Jean Luc Mélanchon sur ce point est à la fois laïque et démocrate, ce qui devrait être une tautologie, quand il affirme « ne pas être hostile au fait que des religieux s'expriment ». Il va de soi que tous
les citoyens ont aussi de ce fait le droit de dire leur accord ou leur désaccord avec les expressions en question. Dans une société pluraliste et multiconvictionnelle telle que la nôtre la laïcité est à l'évidence le seul moyen juridique de vivre ensemble et d'éviter les ghettos communautaristes ou les tentatives de prise du pouvoir par des idéologies absolutistes voire totalitaires, religieuses ou non.              

Jean Riedinger secrétaire national de l'Observatoire Chrétien de la Laïcité.

 

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La campagne BDS

Le collectif nancéien* contre la guerre et pour une paix juste et durable au Proche et Moyen Orient a décidé de relayer la campagne « N’achetons pas les produits de la colonisation du peuple palestinien, Boycott Désinvestissement Sanctions (BDS) ». Elle s’inscrit dans le combat pour l’application des résolutions des Nations Unies au Proche-Orient et pour une paix négociée établissant un Etat palestinien aux côtés de l’Etat d’Israël, dans des frontières sûres et reconnues, celles de 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale.

Le collectif appelle sur cette base à la solidarité avec les forces progressistes palestiniennes et israéliennes engagées dans ce combat non-violent.

Qu’est-ce que la campagne BDS ?

B…comme Boycott des produits en provenance des colonies illégales dans les Territoires Palestiniens occupés.

D…comme Désinvestissement du capital des entreprises israéliennes ou internationales qui participent à la colonisation des Territoires Palestiniens occupés (y compris Jérusalem-Est) et à la destruction du patrimoine ou des infrastructures palestiniens, par la fourniture de matériel ou de technologies servant dans l’industrie israélienne d’armement ou par le biais de financements.

S…comme Sanctions, en particulier suspension de l’accord d’association entre l’Union Européenne et Israël, jugement par des tribunaux internationaux  appropriés des responsables de crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

* Il réunit 13 organisations, associations  et partis politiques

 

Pour en savoir plus et participer à la campagne

 

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Le sens des valeurs, l’esprit d’entreprise

par Nicolas G. Hayek, le patron de la Swatch Group

Né au Liban en 1928 et agé maintenant de 82 ans, à la tête du plus important groupe horloger du monde, avec 25 000 employés, N. G. Hayek, d’origine libanaise et marié à une descendante d’huguenots français, a été interviewé sur son éthique de chef d’entreprise par le mensuel de l’Eglise protestante vaudoise, “Bonne Nouvelle ” (paru en mai 2010, Cahier La Côte, La Morges, Suisse). Il se révolta contre la croyance en Dieu à l’âge de 12 ans car il n’existe aucune preuve de l’existence de Dieu ; puis, maintenant, de nouveau il croit en Dieu car “ il n’y a pas d’autre possibilité de comprendre la création de ce monde ”.

“ Je suis un passager à bord d’un vaisseau spatial qui s’appelle la planète Terre. Lorsque je vois que ce vaisseau spatial est menacé par des gens qui veulent y faire des trous ou le détruire, j’interviens. Je saute immédiatement de mon siège pour aller aider à réparer les dégâts, avec mes moyens et avec d’autres passagers. Ensuite, lorsque c’est terminé, je reviens m’asseoir à ma place ” (allusion à l’Exposition nationale de 2002 où le Conseil fédéral a fait appel à lui). Il se définit comme un homme d’action et non de pouvoir : “ Je suis un homme d’action. Mais la politique, non … Toute ma vie, j’ai été un serviteur de la communauté ”

Bien que riche, il préfère vivre sobrement : “ Je suis un chef d’entreprise parmi les plus riches de Suisse. Je n’ai pas d’avion privé, je ne dépense pas l’argent des actionnaires, je refuse d’encaisser les salaires trois fois plus élevés que les autres empochent. Je traite mes employés comme mes amis. Lorsqu’il y a une crise, je ne renvoie pas le personnel, je les garde tous. Cela nous a coûté 150 millions de francs de plus de salaires. C’est pour cela que je suis crédible. ”. “ (…) J’ai créé des richesses avec des artisans suisses, avec les qualités suisses, avec la précision suisse, avec l’honnêteté suisse. Car il y a beaucoup de Suisses honnêtes. Nous ne sommes pas tous des gangsters, comme trop de gens le pensent. Même si nous devons reconnaître que certains de nos banquiers se sont conduits comme des gangsters ”. “ Si je dis quelque chose aux jeunes, c’est de ne pas planifier leur vie uniquement dans le but de devenir riches, en jouant à la Bourse. Il faut avoir l’esprit d’entreprise, créer des choses nouvelles, servir tout le monde. Cela donne beaucoup de plaisir ”. 

Le mécénat ? Il a lancé Belenos, une entreprise pour le développement d’énergies propres, avec le Groupe E, la Deutsche Bank, George Clonney, l’Ecole Ammann – “ Je dépense une partie de ma fortune pour ce genre de chose ”. 

Pour en savoir plus, un livre : “ Au-delà de la saga Swatch. Entretiens d’un authentique entrepreneur avec Friedemann Bartu ”, éditions Albin Michel : et le site de son groupe www.swatchgroup.ch

Tiré de Correspondance unitarienne n° 106, août 2010

http://labesacedesunitariens.over-blog.com

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L'Eglise et Sœur Sourire

Nombreux sont celles et ceux qui se souviennent de Sœur Sourire. Son nom était déjà comme un rayon de soleil. Ses chansons à la guitare, Dominique … nique … nique, Fleur de cactus, et beaucoup d’autres, ont animé pendant des années les rassemblements de jeunes chrétiens. Elle était sœur dominicaine et chantait, au début, pour les jeunes filles venues en retraite, dans son couvent. Quand son premier disque fut épuisé, et qu’il s’avéra un succès également au niveau des ventes, sa supérieure l’encouragea à en produire d’autres, et lui fit en même temps signer un contrat, qui en attribuait, d’office et sans restriction, les bénéfices à son ordre. Quelques années plus tard, alors que la contestation gagnait aussi les couvents, sœur Sourire décida de quitter la communauté et de vivre une vie laïque. Elle avait une amie qui partageait ses objectifs. Elles aimaient la transparence. Elles ne cachèrent pas leur relation homosexuelle. La supérieure et son couvent la rejetèrent, bien sûr, mais gardèrent le bénéfice de la vente des disques. Et quand il se fut agi de payer les contributions sur ces bénéfices, les sœurs répondirent à l’Etat de s’adresser aux intéressées. Celles-ci travaillèrent avec acharnement, mais ne parvinrent pas à faire face aux huissiers. Epuisées, déconsidérées, méprisées, et finalement dégoutées, elles décidèrent de mettre fin à leurs jours. On retrouva leurs deux corps sans vie, dans la petite maison qu’elles habitaient, au sein d’un quartier ouvrier. Je n’ai aucune envie d’ajouter un commentaire.

Jacques MEURICE  (tiré de "Adieu l’Eglise" Editions L’Harmattan)

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Matin Magique

«Je suis amoureuse de ce qui est, non parce que je suis une personne spirituelle, mais parce que cela me fait du mal quand je conteste la réalité. Nous pouvons savoir que la réalité est bonne telle qu’elle est, parce que lorsque nous la contestons, nous faisons l’expérience de la tension et de la frustration. Nous ne nous sentons alors ni naturels ni équilibrés. Lorsque nous cessons de contester la réalité, l’action devient simple, fluide, bienveillante et sans peur.»
– Byron Katie, extrait de Aimer ce qui est

Si je vous dis que vous êtes absolument parfait tel que vous êtes, quelle est votre première réaction?

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais il semble que la perspective de nous aimer ou d’aimer notre vie telle qu’elle est nous effraie. Personne n’aime être insatisfait, personne n’aime être frustré et se sentir limité... Or, bien que l’on aspire tous à vivre un bonheur profond et complet, on est les premiers à l’étouffer en cultivant des «je devrais» et des «il aurait dû» qui entrent en conflit avec la réalité. On déplore la peur et la douleur, mais on compte sur celles-ci pour nous amener à changer...

Question du jour: Qui serions-nous sans cette drôle d’idée? Et si on n’avait pas besoin de rejeter et de juger une chose pour la changer? Et si le meilleur carburant était non pas l’insatisfaction, mais un doux mélange de gratitude et de sérénité? Je peux me tromper, mais j’observe que le fait d’aimer notre vie telle qu’elle est – exactement telle qu’elle est – l’aide en fait à se transformer en une version encore plus belle, encore plus magique, encore plus appropriée...

Il n’est pas question de ne rien faire et de ne rien changer, mais d’effectuer les changements dans la paix plutôt que dans le jugement. On n’abandonne pas vraiment notre idéal, en réalité... On abandonne notre guerre contre le moment présent.

Si on carbure au stress, à la peur ou au dégoût, on crée du stress, de la peur et du dégoût – même si notre intention est de nous en libérer. Si on carbure à l’amour, on crée différentes manifestation d’amour et on ouvre les portes à travers lesquelles il pourra se manifester. Voilà le vrai sens de «semer ce qu’on veut récolter»...

Sur ce, je vous souhaite une magnifique journée! Et merci de partager la magie en si grand nombre!

Marie Pier

http://www.MatinMagique.com

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La Cimade nous invite : http://www.cimade.org/

« Il n’y a pas d’étrangers sur cette terre ! »

2010 : une année d'actions offensives et déterminées pour construire une société plus juste

Depuis le 1er janvier 2010, de nombreux équipiers de La Cimade ont dû quitter la moitié des centres de rétention au sein desquels La Cimade intervenait depuis 25 ans. C'est l'issue d'un long bras de fer initié par le Gouvernement depuis fin 2007 pour affaiblir la capacité des associations à défendre efficacement les droits des étrangers et à s'exprimer publiquement sur les dégâts humains engendrés par une dangereuse politique du chiffre.

La Cimade est déterminée à poursuivre son action auprès des migrants, des demandeurs d'asile, des réfugiés et des exclus.

Avec les travailleurs sans-papiers en grève et les syndicats, auprès des personnes privées de liberté, avec les associations et mouvements qui agissent au Maghreb et en Afrique, avec les demandeurs d'asile que nous défendons et accueillons, avec les couples mixtes franco étrangers et avec de multiples partenaires associatifs ou réseaux œcuméniques en Europe, un autre présent et un autre demain se construisent, une autre façon de penser et de réaliser une société plus fraternelle.

C'est à cette utopie concrète que nous nous attelons ensemble.

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Hommage à Sébastien BRIAT tué le 7 novembre 2004 par un train de déchets nucléaires

Le 7 novembre 2004, nous étions quelques dizaines de militants sur le pont de la gare de Nancy pour huer au passage du train chargé de déchets nucléaires. Ce train est passé à proximité de voyageurs en attente de leur correspondance !

Quelques heures plus tard, Sébastien, 22 ans, est mort à Avricourt, en Lorraine, renversé par la locomotive de ce convoi de déchets nucléaires partant vers l’Allemagne. La mort de ce jeune homme plein d’ardeur ne doit pas passer pour lettre morte. L’appel de Sébastien à refuser l’industrie nucléaire et ses déchets éternels dangereux pour les générations futures doit être entendu.

Voici ci-dessous, le communiqué de ses amis ;

Bichon est mort pour ses convictions

Quelques semaines auparavant il s’était décidé avec plusieurs d’entre nous à agir pour rendre publique la vulnérabilité d’un tel convoi. Le fait qu’il soit mort ne doit pas faire oublier que cette action était non violente, réfléchie et volontaire.

Contrairement à ce que ce drame peut laisser transparaître, en aucun cas notre acte était irresponsable et désespéré. Notre engagement est le fruit de convictions profondes quant au danger certain et réel que représente le nucléaire depuis trop longtemps. Cette action était parfaitement planifiée, collectivement, incluant des repérages précis des lieux, et en respectant des procédures d’arrêt éprouvées. Nous avions longuement envisagé toutes les possibilités y compris un non arrêt du convoi. Placés en sortie de courbe, nous pouvions être amenés à quitter les rails très rapidement, du fait d’une visibilité réduite. Nous étions quatre couchés sur les voies ayant chacun un bras passé de part et d’autre d’un tube d’acier glissé sous le rail extérieur de la voie permettant ainsi un départ d’urgence plus rapide. En aucun cas nous n’étions cadenassés et nous avions la possibilité de nous dégager rapidement de ces tubes.

Malheureusement l’équipe chargée de stopper le train 1500m en amont n’a pas pu agir. L’hélicoptère de surveillance précédent en permanence le convoi était absent, « parti se ravitailler en kérosène » ; or cette équipe comptait essentiellement sur sa présence qui signalait l’arrivée du train. Enfin, conformément à ce qui était convenu les stoppeurs ont renoncé à arrêter le convoi car il était accompagné de véhicules de gendarmerie le précédent à vive allure sur le chemin les séparant de la voie.

Le convoi est donc arrivé à « 98 km/h » selon le procureur n’ayant pu être arrêté par les militants ni averti par l’hélicoptère. Ces multiples causes réunies nous mettaient en danger. De ce fait, les personnes couchées sur les rails n’ont bénéficié que de très peu de temps pour s’apercevoir que le train n’avait pas été stoppé et par conséquent n’avait pas réduit son allure. Nous nous étions entraînés à une évacuation d’urgence de l’ordre de quelques secondes. Sébastien à été percuté alors qu’il quittait les rails, et en aucun cas, son bras n’est resté bloqué à l’intérieur du tube. La vitesse de l’événement nous a dépassé et personne parmi nous n’a eu le temps de lui venir en aide.

Avant que cela n’arrive, nous sommes restés dix heures de suite cachés en lisière de bois à trente mètres de la voie, gelés et ankylosés par le froid. Durant cette attente, nous n’avons pas été détecté par le dispositif de sécurité, ni les guetteurs postés à une quinzaine de kilomètres du lieu du blocage et chargés de nous prévenir de l’arrivée du train, ni les stoppeurs chargés de l’arrêter, ni les bloqueurs qui avaient préalablement installé les deux tubes sous le rail aux environs de cinq heures du matin. Il est clair que la part de responsabilité de chaque protagoniste doit être établie. Y compris la nôtre.

Pour l’heure nous sommes face à l’un des pires moments de notre existence. Malgré ce que beaucoup de personnes peuvent penser nous avions des raisons certaines d’être là. En premier lieu la sauvegarde de la planète, dont nous assistons au déclin d’années en années, mais également le rejet de cet État monolithique refusant toute remise en question. Nous n’avons pas décidé d’arrêter ce train par immaturité ou par goût de l’aventure, mais parce que dans ce pays, il faut en arriver là pour qu’une question de fond, enfin, entre dans le magasin de porcelaine.

Sébastien est mort par accident, il ne l’a pas choisi, personne ne l’a souhaité. Il n’est pas mort au volant en rentrant ivre de discothèque, mais en agissant pour faire entendre ses convictions. Et c’est sans conteste pour cela que son décès ne sera jamais, pour nous, un fait divers.

Face à une situation où nous étions si perdus, nous n’imaginions pas recevoir tant de soutien. Nous remercions particulièrement amis et parents, de nombreuses associations, mais également les milliers d’anonymes allemands et français ayant organisé des manifestations et des commémorations en sa mémoire. L’ampleur de la solidarité nous dépasse autant qu’elle nous touche. Le plus important, nous semble de pleurer un frère et de soutenir sa famille et non d’instrumentaliser son image. Bichon était certes à la recherche d’un monde moins fou, mais avant tout un jeune homme rempli de joie de vivre, d’énergie et amoureux des gens. Ce texte n’est ni une confession, ni une agression, nous voulons seulement par celui-ci rétablir la vérité des faits.

Ses compagnes et compagnons de route

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♣  L’enfant aux cent noms, l’enfant sans nom

  Je m’appelle “Convention” quand les adultes décident qu’il y a des choses qui ne se font pas... mais qui se font quand même.
  Je m’appelle “mineur” comme un délit, comme moins que majeur.
  Je m’appelle “naturel” quand mon père ne m’a pas reconnu et “illégitime” quand il s’est égaré.
  Je m’appelle “objet” pour le ramassage scolaire.
  Je m’appelle “rationnaire” pour l’intendant du collège.
  Je m’appelle “marché” pour les publicitaires du yaourt 
  Je m’appelle “salaire d’appoint” quand je vais chez ma gardienne 
  Je m’appelle “ton gosse” quand le concubin, qui s’estime chez lui, veut regarder la télé 
  Je m’appelle “alibi” quand le couple bat de l’aile, et m’engendre pour se persuader du contraire. 
  Je m’appelle “prestation” quand les fins de mois sont difficiles.
  Je m’appelle “demi-part” pour les services fiscaux. 
  Je m’appelle “effectif” à l’école qui risquerait de fermer si je ne venais pas le jour de mes deux ans. 
  Je m’appelle “valise” le dimanche à 18 heures, quand mon père divorcé me ramène et me dépose au pied de l’immeuble. 
  Je m’appelle “à charge” ou “ayant droit” pour les organismes sociaux. 
  Je m’appelle “inceste” quand mon père mélange les générations. 
  Je m’appelle “recueilli temporaire” à défaut d’être accueilli par ma mère. 
  Je m’appelle “petits métiers” au Caire, “enfants soldats” en Iran ou au Sri Lanka, “avion” (passeur de drogue) au Brésil.
 
  Je ne sais plus comment je m’appelle... pour vous, les adultes, faiseurs d’histoires et de guerres, et dont les bouches sont pleines de “l’intérêt supérieur de l’Enfant”.
  Parlez-en moins et soyez vous-mêmes des adultes, capables de m’accueillir dans l’écriture de mon histoire, pas celle dont vous rêvez pour moi parce que vous regrettez la vôtre.
 
  Je m’appelle Victor, Livia, Noé, Selma...
  Je m’appelle “demain” si aujourd’hui, nous pouvions continuer à naître à la vie que nous avons reçue de vous, mais qui ne vous appartient pas. Comme nous, vous l’avez reçue.
 
  ALORS LES DROITS, POUR LES UNS ET POUR LES AUTRES, POURRONT  SERVIR DE CADRE À UNE HISTOIRE À VIVRE ENSEMBLE.

Texte présenté dans le cadre du 20ème anniversaire de la Convention des Droits de l'Enfant à Vaux le Pénil en Seine et Marne, près de Melun.

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Parrainage d'enfants sans papiers

Un parrainage permet de manifester concrètement sa solidarité envers les enfants et leurs parents sans papiers, le plus souvent des réfugiés qui ont dû fuir leur pays où ils étaient menacés,

Tous ont choisi notre pays comme terre d'accueil et demandent la protection de notre République ; en leur proposant de les parrainer, une communauté leur dit ainsi et le plus fortement: "Vous êtes des nôtres". Ceci représente aussi la plus nette des réponses, très pédagogique, aux discours racistes et xénophobes.

Qu’est-ce qu’un parrainage ?

 Les enfants de couples « sans papiers » sont accompagnés, lors du parrainage, d'une marraine ou d'un parrain citoyen(ne) et d’une marraine ou d’un parrain élu(e). Le parrainage est un acte symbolique.

 • Un parrainage permet de manifester concrètement sa solidarité envers ces enfants. Leurs parents sont parfois des réfugiés qui ont dû fuir leur pays où ils étaient menacés, emprisonnés, recherchés, en grand danger. Dans d’autres cas, leurs parents ont voulu quitter un pays où ils ne connaissaient que la misère, où ils ne pouvaient pas faire soigner leur enfant gravement malade. Certains adolescents ou jeunes majeurs ont également vécu ces situations mais se retrouvent seuls en France après avoir fui leur pays. Tous ont choisi notre pays comme terre d'accueil et demandent la protection de notre République ; une communauté leur dit ainsi et le plus fortement: "Vous êtes des nôtres". Ceci représente aussi la plus nette des réponses, très pédagogique, aux discours racistes et xénophobes.

 • Il apporte à nos filleuls un réconfort, un honneur, une reconnaissance... qui sont pour eux un espoir.

 • Il brise enfin l'isolement de ces enfants et leur expulsion éventuelle devient dès lors plus délicate. C’est donc également une façon de les protéger. Ce sera l’occasion de dire qu’au-dessus des lois de circonstances, nous plaçons les principes de solidarité et de fraternité.

Il va de soi que ce parrainage n’implique aucunement l’engagement pour les élus volontaires de loger eux-mêmes ou de pourvoir aux besoins vitaux de ces personnes ou familles. Cet acte est avant tout politique. À chacun ensuite d’utiliser au mieux ses réseaux et compétences pour aider à l’intégration et à la régularisation des parrainés.

Les marraines et parrains sont totalement libres de donner à cet acte l’ampleur, la constance... qu’ils (elles) décident et peuvent mettre en œuvre. Ce, dans le respect de tous, toute aide, même la plus minime, sera de toute façon extrêmement précieuse.

A leur arrivée en France les familles sont « demandeurs d’asile » mais malheureusement, elles n’obtiennent que rarement le statut de réfugiés, d’où des situations dramatiques lorsqu’elles reçoivent une OQTF

Elles logent dans des foyers de type Sonacotra, pour partie en charge de la préfecture. En fonction de leur statut, elles sont dans des « lieux de vie » du CADA ou de l’AUDA. Faute de place, elles sont aussi logées dans des hôtels payés par la préfecture.

Accepter de parrainer implique de prendre le temps de savoir où en est la famille dans ses démarches de régularisation, la soutenir en cas de rejet de sa demande ou des recours entrepris et, en cas d’arrestation, être une des personnes qui pourraient la soutenir, faire jouer la solidarité, faire des démarches auprès des autorités, etc. Le parrain n’est pas seul. Les démarches , les actions de solidarité se font en lien avec les autres militants de RESF.
En résumé, parrainer  c’est permettre à une famille, venue chez nous de tisser des liens (c’est parfois plus facile quand il y a des enfants car le barrage de la langue est vite dépassé) qui faciliteront son intégration et lui feront découvrir un visage accueillant de la France.

Pour tout renseignement complémentaire ; aller sur le site : http://www.fsl-nancy.fr/droits-de-l-enfant

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Consomm' Acteurs

 

Combien de temps faudra-t-il regarder passivement les catastrophes dites "naturelles" de plus en plus fréquentes (tornades, inondations, sécheresses, avancée des déserts, recul des glaciers, marées noires…) avant de réagir ? Peut-on les déplorer alors qu’elles ne sont que la conséquence des excès humains ?

 

Face aux constats de l’augmentation des dévastations de l’écosystème, des gaspillages des ressources naturelles, on peut baisser les bras tant l’ampleur des dégâts est effrayante, on peut s’en remettre aux pouvoirs publics, aux collectivités… Mais je veux croire encore en la puissance des actions individuelles -les petites gouttes d’eau font les océans- et donc au pouvoir personnel du consommateur.

 

Il ne s’agit pas de faire du "catastrophisme", mais depuis longtemps déjà, je nous imagine au bord du précipice, un pas de plus et … Comme pour le corps humain, nous pouvons poser le principe de stimuler ses capacités naturelles à se défendre sans attendre tout d’un médicament miracle, pour notre terre nous pouvons favoriser ses ressources à nourrir tous ses habitants, si nous ne l’appauvrissons pas par des méthodes qui ne la respectent pas.

Je dois donc faire des choix et en consommant le plus possible bio, je veux exercer mon pouvoir de consommateur en essayant d’être cohérente avec mes convictions :

- pour la santé de la planète : l’agriculture biologique est respectueuse de l’environnement, de la biodiversité...

- en soutenant les paysans qui ont fait le choix de cette agriculture, choix courageux, pas toujours évident à une époque où notre société prône le "toujours plus"

- pour ma santé, car je pense qu’un produit exempt de chimie a beaucoup d’avantages

- parce que ça ne me revient pas plus cher : mon budget alimentation n’a pas augmenté

. en consommant localement et de saison

. en diminuant la viande (dont la production est 7 fois plus gourmande d’énergie que la même quantité de végétal) pour privilégier le duo légumineuses céréales, équivalent en protéines

. en cultivant mon jardin

. en n’achetant essentiellement que les produits de base

Ce sont les produits non-bio qui devraient coûter plus cher si on calculait ce qu’ils reviennent réellement aux contribuables que nous sommes, en coût de dépollution de l’eau, subventions, problèmes de santé…

 

Et puis une de mes préoccupations depuis longtemps : comment faire pour que ces produits sains soient abordables par tous (ainsi que dans les écoles, les maisons de retraite et même dans les associations humanitaires de distribution alimentaire…) et ne soient pas limités à uneclientèle privilégiée. Plus il y aura de demande de produits bio, plus de moyens devront être pris pour répondre à cette demande et plus ils seront accessibles au plus grand nombre, d’où notre responsabilité de consommateurs.

 

Comment ne pas s’interroger aussi sur le plan mondial quand tant de produits exotiques sont sur nos tables et refuser une agriculture qui prive les pays en voie de développement de leurs cultures vivrières (pour nourrir nos animaux)? Il est reconnu maintenant que dans les pays pauvres, l’Agriculture biologique se révèle un atout pour la subsistance des populations, leur santé et leur indépendance. La FAO, très sérieuse Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, ne peut que me conforter dans mes convictions quand elle reconnaît que l’AB peut nourrir le monde tout en préservant les qualités environnementales bien sûr et surtout en permettant le développement de systèmes alimentaires autonomes et performants. «L’agriculture conventionnelle moderne est réservée aux riches car elle a recours à des intrants hors de prix », constate Pierre Rabhi, grand défenseur de l’agroécologie.

 

Alors comment avoir une vision globale des questions préoccupantes de notre époque ? Quel avenir voulons-nous prôner pour nous, nos enfants, notre planète ? Il en est de notre responsabilité dans nos modes alimentaires, mais aussi dans nos comportements, nos petits gestes de tous les jours pour gérer nos déchets, pour nous soigner, nous chauffer, nous déplacer… consommer moins, consommer mieux, consommer autrement…

 

Nous savons, mais nous ne voulons pas croire !... Changer nos habitudes, ce n’est pas facile, mais c’est urgent … et avons-nous encore le choix ?

                                                                                                                      Odile

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Pour que la terre soit un jardin 2009.10

En chemin j'ai rencontré des enfants comme moi,

Jardiniers en herbe, des semeurs de joie

Ils partaient de bon matin courant dans la rosée

Cultiver des fleurs de solidarité

 

Pour que la terre soit un jardin

Préparons ensemble le terrain

Pour que cessent les guerres

Vive la paix sur terre

Pour que la terre soit un jardin

 

Avant nous, d'autres ont planté l'arbre de la Liberté

II a pris racine, des fruits en sont nés

Gavroche chante parmi nous le chant des opprimés

Citoyens du monde, solidarité

 

C'est la vie que l'on préfère

A l'hiver nucléaire

Messieurs les présidents

Aimez le printemps

Tant d'enfants n'ont pas de pain

Le jardin doit pousser

Arrosons la terre de solidarité.

 

Danielle KELDER

La Panade. Editions Ouvrières

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Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ? 2009.09

 

« Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que ciel est en toi ?

Il est difficile au milieu du brouhaha de notre civilisation qui a le vide et le silence en horreur, d'entendre la petite phrase qui, à elle seule, peut faire basculer une vie :

"Où cours-tu ?"

Il y a des fuites qui sauvent la vie : devant un serpent, un tigre, un meurtrier.

Il en est qui la coûtent : la fuite de soi-même. Et la fuite de ce siècle devant lui-même est celle de chacun de nous.

"Où cours-tu ?"

Si au contraire nous faisions halte - ou volte-face - alors se révélerait l'inattendu : ce que depuis toujours nous recherchons dehors veut naître en nous. »

 Christiane SINGER (tiré du livre "Où cours-tu"  Albin Michel)

 

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Un arbre m’a parlé  2009.08

J'ai écrit ce poème voici quelques années; il est un message d'espoir que j'offre à toutes celles et à tous ceux qui souffrent d'une façon ou d'une autre; je souhaite qu'il leur donne un peu de réconfort....
Claudie
 

C’est vrai, je suis tout nu,

L’automne a jeté mes feuilles jusqu’à terre,

                       Pourtant je survivrai !

   C’est vrai, je suis tout nu,

  Dans  le vent, sous la pluie, mon corps souffre,gémit ;

 Les yeux du passant découvrent mes blessures,

 

                         Mon écorce ridée, pourtant je survivrai !

                                                        Un jour viendra tu sais,

                                                Où sous le chaud soleil d’un printemps retrouvé,

                                                Mon corps épanoui vivra intensément….

                                                Tu vois je suis image, image d’une vie,                                                                                                                                                                                

                                     Où tout peut s’assombrir, où le jour devient nuit,

                                                Et l’on pense injustice, et l’on devient tristesse,

 Et l’on souhaite revanche….

                                                 Soudain une heure sonne, une aube se dessine,

                                                 Sa faible lueur doucement nous réveille,

                                                 L’on pense espoir, l’on devient soleil,

                                                                      Et l’on souhaite toujours….

                                                Tu vois je suis l’image, l’image d’une vie ;

 

  Ecoute, n’oublie pas :

                                                Il faut vivre un automne pour aimer un printemps,

                                                 Et vois- tu, sans hiver il n’y aurait pas d’été.

Claudie Rolland

 

                                                    Second  prix aux Jeux Floraux de la Lyre d’Or   Nîmes

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♣  Drame à l'école 2009.05

 J'ai rencontré l'extrème détresse, celle du Travailleur Pauvre, de cette nouvelle pauvreté que l'on découvre de nos jours avec stupéfaction.. et cette situation, c'est dans mon école que je l'ai découverte, c'est celle d'une employée de l'Etat, exerçant une mission dans le cadre de la Fonction Publique !

 Souvenez vous, il y a une dizaine d'années, la gauche au pouvoir avait institué les « Emplois Jeunes », ils travaillaient (entre autre ) dans les écoles, à remplir des tâches administratives ou d'encadrement éducatif sous le contrôle des enseignants ; ils recevaient une formation et un soutien à leur recherche d'emploi.

 Ces contrats existent toujours, mais sont ouverts à un public très divers, non qualifié ; la formation professionnelle et un suivi pour la recherche d'emploi leur sont inexistants ; ces personnes travaillent 24 heures par semaine, toujours sur des tâches administratives ou d'appui aux enseignants. Ils gagnent 800 € par mois, et ne sont pas payés lorsqu'ils sont malades. Dans mon école, elles sont deux ; l'une a la trentaine, un projet professionnel qu'elle gère sans aucun soutien officiel. L'autre a la cinquantaine, un passé professionnel de secrétaire comptable, et de chômage. Et elle accumule les difficultés. Elle est travailleur handicapée: (surdité partielle appareillée mais d'une façon très inconfortable : son appareil siffle lorsqu'il y a du bruit.. ) c'est déjà une belle erreur de casting de l'avoir proposée dans une école peuplée d'enfants qui ne communiquent pas vraiment en chuchotant. Divorcée, seule avec son fils dont elle redoute de se voir retirer la garde à cause de ses problèmes financiers. Des soucis pour sa fille mariée avec un homme violent. Et puis ce contrat pourri dans l'Education Nationale, où elle redoute de tomber malade car elle ne sera pas payée ; elle me l'a expliqué lorsque je lui ai demandé avec stupéfaction pourquoi elle venait travailler avec une otite.

 Elle a malheureusement dû se faire hospitaliser puis rester en congés maladie plusieurs semaines pour une hernie cervicale ;et le service payeur ( c’est le service comptabilité d’un lycée qui a hérité de la gestion de ces contrats ),a fait des erreurs de trop perçu, ce qui peut arriver. Mais cette personne a voulu régulariser en se trompant à nouveau dans la somme à réclamer : elle en demandait le double, presque un ½ mois de salaire, et ne voulait rien entendre des protestations de l’intéressée. C’est sans doute tout cela qui a déclenché la crise de spasmophilie qui l’a fait tomber, juste en face de ma classe un matin avant l’arrivée des élèves... elle est restée allongée une heure, dans mes bras, par terre, raide et secouée de tremblements d’angoisse.

 Et un matin, elle m’a expliqué que la secrétaire comptable avait reconnu son erreur, mais lui avait retiré d’un coup le trop perçu, ce qui lui laissait 300 € pour vivre le mois, alors qu’elle avait déjà une facture de 700 € qui l’attendait. Elle m’a dit qu’elle allait démarrer une grève de la faim. Nous l’avons soutenue et réconfortée comme nous pouvions ; elle n’est pas venue travailler l’après midi ; et le lendemain elle a fait une tentative de suicide qui l’a laissée plusieurs jours en réanimation.

 C’est évident que cette personne, de santé physique et mentale fragile cumulait les difficultés sociales ; mais j’ai pu mesurer son immense sentiment d’abandon en essayant de l’aider : la plupart de mes interlocuteurs ( service social de l’E.N., cadre du Rectorat, syndicat…) m’ont dit ne pas être compétents pour sa situation et « ne pouvoir rien faire » : ce statut privé au sein d’un service public lui ferme toutes les portes.           
Le SGEN, consulté aussi, m’a conseillé de faire appel au médiateur de l’Education Nationale ( ça existe ?!) Les services sociaux extérieurs se mobilisent, heureusement…mais … faut – il boycotter et refuser dans nos écoles ces postes pourris ?

 Claire CARTON (avril 2009)

 

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Espoir, exil, Palestine  2009.05

"Nous souffrons d’un mal incurable qui s’appelle l’espoir. Espoir de libération et d’indépendance. Espoir d’une vie normale où nous ne serons ni héros, ni victimes. Espoir de voir nos enfants aller sans danger à l’école. Espoir pour une femme enceinte de donner naissance à un bébé vivant, dans un hôpital, et pas à un enfant mort devant un poste de contrôle militaire. Espoir que nos poètes verront la beauté de la couleur rouge dans les roses plutôt que dans le sang. Espoir que cette terre retrouvera son nom original : terre d’amour et de paix. Merci pour porter avec nous le fardeau de cet espoir.

Celui qui m’a changé en exilé m’a changé en bombe… Palestine est devenue mille corps mouvants sillonnant les rues du monde, chantant le chant de la mort, car le nouveau Christ, descendu de sa croix, porta bâton et sorti de Palestine".

Mahmoud Darwich  (Comme des fleurs d’amandiers ou plus loin)

 

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Nous y sommes 2009.01

Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l'incurie de l'humanité, nous y sommes.
Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l'homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu'elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d'insouciance.
Nous avons chanté, dansé.
Quand je dis « nous », entendons un quart de l'humanité tandis que le reste était à la peine.
Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l'eau, nos fumées dans l'air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout du monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu'on s'est bien amusés.
On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l'atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.
Franchement on s'est marrés.
Franchement on a bien profité.
Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.
Certes.
Mais nous y sommes.
A la Troisième Révolution.
Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu'on ne l'a pas choisie. « On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins.
Oui.
On n'a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis.
C'est la mère Nature qui l'a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies.
La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets.
De pétrole, de gaz, d'uranium, d'air, d'eau.
Son ultimatum est clair et sans pitié :
Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l'exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d'ailleurs peu portées sur la danse).
Sauvez-moi, ou crevez avec moi.
Evidemment, dit comme ça, on comprend qu'on n'a pas le choix, on s'exécute illico et, même, si on a le temps, on s'excuse, affolés et honteux.
D'aucuns, un brin rêveurs, tentent d'obtenir un délai, de s'amuser encore avec la croissance.
Peine perdue.
Il y a du boulot, plus que l'humanité n'en eut jamais.
Nettoyer le ciel, laver l'eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l'avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, – attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille –, récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n'en a plus, on a tout pris dans les mines, on s'est quand même bien marrés).
S'efforcer. Réfléchir, même.
Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.
Avec le voisin, avec l'Europe, avec le monde.
Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.
Pas d'échappatoire, allons-y.
Encore qu'il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l'ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante.
Qui n'empêche en rien de danser le soir venu, ce n'est pas incompatible.
A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie –une autre des grandes spécialités de l'homme, sa plus aboutie peut-être.
A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.
A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.

 Fred Vargas
Archéologue et écrivain

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Petites réflexions méditatives de l’An 9 2009.01

 

 Le changement commence par soi. Parfois, le quotidien nous propose plusieurs choses à résoudre, et se transforme en stress. Nous voudrions fuir la responsabilité de ce qui se passe dans l’ici et maintenant, et en même temps, nous devons faire face aux changements.

Nous arrivons à la fin d’une civilisation, d’un système injuste qui nous traite en simples consommateurs. Le temps des dinosaures financiers touche à sa fin. Cependant, la montée de la violence et les efforts en faveur de l’écologie vont être les sujets brûlants des années à venir.

La crise vient du mot grec « croix ». Nous sommes à un carrefour : soit nous basculons dans la destruction et la barbarie, soit nous trouvons des solutions qui placent l’Etre au centre,

qui développent une économie au service de l’humanité, respectueuse des biens de la planète

 où les valeurs de partage et de solidarité prennent tout leur sens. »

« J’aimerais, dans le cadre de mes possibilités limitées, rappeler toujours l’existence d’un horizon spirituel désintéressé, ou si vous voulez, non politique. » Vaclav Havel

Fraternellement, Jacques Durand, éditorial du journal « Soleil Levant » Décembre 2008

 

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Un nouveau centre de rétention à Metz 2008.12

 

 

 Après le centre provisoire de 30 places ouvert en 2007 rue de la Ronde, à Metz-Devant-les-Ponts, un centre définitif de 98 places est inauguré à l’aube de la nouvelle année sur les Hauts de Metz-Queuleu.  

 

ON LES ENFERME PARCE QU’ILS  N'ONT PAS VOCATION À AVOIR DES PAPIERS « CHEZ NOUS » !

 

§     Les étrangers enfermés dans un Centre de Rétention Administrative n’ont commis aucun délit ; leur seul tort est d’avoir croisé le chemin de ceux qui cherchent à remplir leurs quotas d’expulsions. Un Centre de Rétention ne sert qu’à les placer derrière des barreaux en attendant un charter de retour.

 

§     Un peu caché derrière la prison de Metz-Queuleu, le nouveau Centre de Rétention illustre bien la honte qu’il représente pour l’administration de notre pays. Dans un Centre de Rétention, on enferme des individus innocents de tout crime ; on y enferme tout autant des enfants, de tous âges. Après avoir fui la guerre, les persécutions, les discriminations ou la misère dans leur pays d’origine, ils sont stockés dans ces lieux d'enfermement.

 

§     Le regard des intervenants extérieurs sur leurs conditions d’enfermement se restreint de plus en plus. Les possibilités pour les retenus d'exercer des recours risquent aussi d'être très réduites : les associations de conseil aux réfugiés sont mises en concurrence et seront désormais tenues au secret professionnel sur ce qu’elles observent. La configuration des lieux contribuera  à compliquer largement la tâche des bénévoles qui effectuent les visites indispensables aux retenus de ces sinistres lieux.

 

Les stigmatiser plutôt que les accueillir…

Les emprisonner plutôt que leur rendre justice…

Les isoler plutôt que les intégrer…

Mais surtout, les soustraire à notre regard !

 

Vous qui avez des papiers, venez aussi visiter le centre !

Si votre âme sœur venait d’ailleurs, vos enfants y dormiront peut-être bientôt…

 

Réseau Education Sans Frontières Moselle

Contact : resf57@wanadoo.fr www.educationsansfrontieres.org
C/o LDH,  3 rue Gambetta - 57 METZ Tel.0687951720

 

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Rachel a perdu la vie pour la justice 2008 11

 

Rachel Corrie a perdu la vie pour la justice et la paix; elle avait 23 ans ...

Elle avait rejoint le groupe palestinien Mouvement International de Solidarité qui tente de s'opposer aux démolitions...

"Elle était assise dans la trajectoire du bulldozer, le conducteur l'a vu, a continué et lui est passé dessus..."

Pour évoquer son combat et sa triste fin, voici un diaporama émouvant. Cliquer

 

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Un an de Cercle du silence 2008 11

 

Un an de Cercle du silence à l’initiative des frères franciscains à Toulouse :

« Le 30 octobre 2007, nous avons commencé très modestement un cercle du silence sur la place du Capitole.

Nous ne cherchons pas de résultats rapides et mesurables, nous travaillons pour un changement durable

d’attitude à l’égard des étrangers.

Environ 60 cercles du silence se réunissent actuellement (à Nancy, à Epinal, à St Dié …).

Il nous semble qu’ils restent tous marqués par :

- un même souci de rester collé à la réalité des Centres de Rétention Administrative (CRA) où la dignité humaine est mise en danger,

- le même objectif : aider nos concitoyens à prendre conscience de la réalité de l’enfermement,

- une même certitude qu’il existe des solutions alternatives à l’enfermement d’étrangers en situation irrégulière

Le silence n’est pas seulement une stratégie pour se faire entendre, mais un chemin pour une transformation :

- le silence permet à toute personne de nous rejoindre, en dehors des mots vides ou qui séparent

- le silence permet à des citoyens jusque là éloignés de tout engagement et de toute revendication sociale de faire un premier pas.

- Le silence sert également de préparation intérieure à des formes plus radicales d’engagement : jusqu’où va notre cohérence entre notre désir de justice et les conséquences que nous sommes prêts à assumer dans notre quotidien ? »

 

Ensemble, exigeons le respect de la dignité de toute personne humaine…

 

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♣  Des ponts, pas des murs 2008.10

Les propositions à l’issue de la deuxième conférence non gouvernementale euro-africaine

 

Nous ne pouvons plus laisser la question des migrations aux seules mains des Etats, qui plus est des Etats du Nord, dans un contexte où la crise économique et financière augmente déjà la pauvreté et risque de renforcer la xénophobie dans les pays d’accueil et de transit des migrants.

Nous ne voulons pas, en réponse à cette situation, d’une politique qui transforme l’Europe en forteresse.

A nous, sociétés civiles du Nord et du Sud, d’inventer ensemble d’autres politiques migratoires et de développement, qui soient fondées sur la justice et le respect des droits et de la dignité humaine.

Nous voulons des ponts, pas des murs !

Nous demandons au gouvernement français qui préside l’Union européenne d’impliquer les sociétés civiles lors de la 2ème Conférence ministérielle Union européenne-Afrique sur «  Migrations et Développement » qui aura lieu à Paris fin novembre.

En ce soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, nous lui rappelons l’universalité de ces droits, qui s’appliquent à tous, et donc aux migrants, qu’il aient des papiers ou non.

 

Nous exigeons :

 

1. l’application de l’article 13 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme en incluant la dépénalisation du franchissement "illégal" des frontières, la ratification de la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et de leurs familles, et le respect effectif de la Convention internationale sur les droits de l’enfant dans les pays de départ, de transit et d’accueil ;

Art 13 de la DUDH « Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays. »

 

2. de permettre à tous les migrants d’avoir accès à une complète citoyenneté et de fonder toutes les réglementations concernant les migrants sur l’égalité des droits entre tous les citoyens. Dans l’immédiat, nous exigeons d’élargir les conditions applicables aux résidents communautaires, notamment le droit de vote, à tous les résidents ;

 

3. le refus de la subordination entre le droit au séjour et le droit au travail, le respect du droit à la vie privée et familiale et l’autonomie du statut pour chacun des conjoints ;

 

4. la mise en œuvre du droit au développement tel qu’il est défini par la déclaration sur le droit au développement adoptée par les Nations unies en 1986 et l’annulation immédiate de la dette des pays du Sud, d’autant qu’elle rend les Objectifs du Millénaire pour le Développement inatteignables ;

 

5. des gouvernements du Sud le refus de la signature d’accords bi ou multilatéraux qui portent atteinte à leur intégrité et à leur dignité et comportent des conditionnalités et notamment des clauses de réadmission ;

 

6. l’arrêt de la militarisation des frontières africaines imposée par l’Union européenne ;

 

7. la liberté de choix et d’accès du pays d’accueil pour les demandeurs d’asile et les réfugiés (refus du dispositif dit « de Dublin » et des pays dits « sûrs ») et la suppression de toutes les formes d’externalisation des procédures d’asile ;

 

8. une interprétation extensive de la notion de réfugié, incluant notamment les victimes d’atteintes aux droits économiques, sociaux et environnementaux et les persécutions collectives ;

 

9. en attendant la fermeture de tous les lieux d’enfermement, l’interdiction de la détention des demandeurs d’asile et la création de mécanismes indépendants de contrôle de ces lieux;

 

10. la protection des femmes victimes de violences de toute nature ;

 

11. une réelle visibilité des actions concrètes des femmes migrantes dans les pays d’origine, de transit et d’accueil dans les enceintes de discussion nationale et internationale ;

 

12. la protection sans conditions des migrants mineurs et notamment l’interdiction de leur enfermement et de leur expulsion, le respect effectif de leur droit à la formation et à l’éducation, ainsi que la régularisation des jeunes majeurs.

 

Montreuil, le 17 octobre 2008

Signataires : plus de 300 organisations

 

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Guerres et torture 2008.10

Faire la guerre a toujours signifié tuer des hommes et faire pleurer des mères. Rien de nouveau depuis l’invention de la massue. Mais aujourd’hui, près de 90% des victimes d’un conflit sont des civils et les crimes de guerre – nettoyages ethniques, génocides, disparitions forcées, viols systématiques…- sont devenus le lot de tous les conflits. Et parmi eux, l’usage massif de la torture.

Si la torture se pratique en dehors des conflits armés, la guerre lui offre un champ particulièrement favorable pour se développer parce qu’alors elle devient légitime dans l’esprit des protagonistes et parce que les bourreaux savent qu’ils ne risquent pas grand-chose (part tomber dans les mains de l’ennemi).

La Gestapo, les paras en Algérie ou les Britanniques en Irlande du Nord ont d’abord torturé pour obtenir des renseignements (prétendaient-ils) ; les Russes en Tchétchénie, les services secrets israéliens ou les Américains à Abou Ghraïb ou Guantanamo ont repris le flambeau. Le prétexte est toujours le même : sauver des vies. Ben voyons, comme si la vie était un épisode de 24 heures.

On torture ensuite par vengeance. Vos copains se sont fait tuer. Vous avez retrouvé leurs cadavres émasculés. Vos familles ont été massacrées. Alors tout devient permis. Même si vous avez commencé la guerre sans être trop hostile à ceux de l’autre camp, vous en venez à penser  qu’ils n’ont plus rien d’humain. Alors pourquoi se gêner ? Ils sont communistes, chrétiens, noirs, tutsis, laquais de l’impérialisme, juifs, bosniaques… la liste est longue. C’est des qualificatifs qui exacerbent l’ardeur guerrière et vous autorisent à commettre les pires crimes contre ces sous-hommes. Et puis il faut bien que les copains ne soient pas morts pour rien.

On torture enfin, surtout, pour terroriser. Pour interdire toute velléité de révolte. On ne torture pas pour faire parler, on torture pour faire taire. Pour humilier, pour écraser. Si le torturé est nu, violé, si ses organes génitaux sont frappés, ce n’est pas seulement pour la douleur physique occasionnée, c’est pour détruire l’autre bien plus que dans sa chair : dans son âme. Lui et tous ceux que l’on prétend asservir.

La torture est-elle le pire  des crimes de guerre ? Peu importe. Retenons seulement qu’il n’existe pas de guerre sans torture et que les destructions qu’elle engendre sont plus profondes encore que celles causées par les bombes.

Jean-Etienne de Linarès, Délégué général de l’ACAT-France  Revue « Parvis » n°38, Juin 2008

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Une enfant de 13 ans à l'ONU

Discours tenu à l'ONU par une jeune adolescente aux décideurs de ce monde.

Un appel vibrant, sincère et qui interpelle !

A méditer... (vidéo en anglais mais traduction française écrite sur l'écran)


         http://www.youtube.com/watch?v=5JvVf1piHXg

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 ♣ Prière secrète d’un enfant à sa mère et à son père

 

Maman, papa, c’est important, pour moi,

que vous sachiez me dire non,

que vous ne me laissiez pas croire

que vous pouvez être tout pour moi,

que je peux être tout pour vous.

 

Pour lire le texte entier de Jacques Salomé, cliquer

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Je me souviens

« Je me souviens », texte d’aujourd’hui d’une grand-mère québécoise…

Je me souviens de toutes les frustrations que les femmes devaient accepter…

Je sais que rien n’est acquis dans la vie et qu’il faut maintenir nos efforts pour ne pas perdre le résultat de tous nos labeurs…

Que l’on prie Jésus, Mahomet ou Boudha m’importe peu mais nous nous sommes battus pour que notre société soit laïque. Nous nous sommes battus pour obtenir l’égalité du droit de parole, l’égalité de chacun au travail entre les hommes et les femmes ...

Cliquer le diaporama  "Je me souviens…"

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Le pouvoir des étoiles

 

Jeu de quelques photos intitulé "Le pouvoir des étoiles" pour synthétiser les différents problèmes dans le monde.

Ce diaporama a été présenté à l'ONU par le norvégien Charung Gollar.

 

Cliquer  "Le pouvoir des étoiles"

 

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Le principe de la grenouille chauffée !

 

 

 

Imaginez une marmite remplie d’eau froide, dans laquelle nage tranquillement une grenouille. Le feu est allumé sous la marmite. L’eau se chauffe doucement. Elle est bientôt tiède. La grenouille trouve cela plutôt agréable et continue de nager. La température commence à grimper. L’eau est chaude. C’est un peu plus que n’apprécie la grenouille ; ça la fatigue un peu, mais elle ne s’affole pas pour autant. L’eau est maintenant vraiment chaude. La grenouille commence à trouver cela désagréable, mais elle est aussi affaiblie, alors elle supporte et ne fait rien. La température de l’eau va ainsi monter jusqu’au moment où la grenouille va tout simplement finir par cuire et mourir, sans jamais s’être extraite de la marmite.

Plongée dans une marmite à 50°, la grenouille donnerait immédiatement un coup de pattes salutaire et se retrouverait dehors.

Cette expérience (que je ne recommande pas) est riche d’enseignements. Elle montre que lorsqu’un changement négatif s’effectue de manière suffisamment lente, il échappe à la conscience et ne suscite la plupart du temps pas de réaction, pas d’opposition, pas de révolte.


C’est exactement ce qui se produit dans la société où nous vivons. D’année en année, on observe une constante dégradation des valeurs, laquelle s’effectue cependant assez lentement pour que personne - ou presque - ne s’en offusque. Pourtant, comme la grenouille que l’on plonge brusquement dans de l’eau à 50°, il suffirait de prendre le Français moyen du début des années 80 et, par exemple, de lui faire regarder la TV d’aujourd’hui ou lire les journaux actuels pour observer de sa part une réaction certaine de stupéfaction et d’incrédulité. Il peinerait à croire que l’on puisse un jour écrire des articles aussi médiocres dans le fond et irrespectueux dans la forme que ceux que nous trouvons normal de lire aujourd’hui, ou que puissent passer à l’écran le genre d’émissions débiles qu’on nous propose quotidiennement. L’augmentation de la vulgarité et de la grossièreté, l’évanouissement des repères et de la moralité, la relativisation de l’éthique, se sont effectués de telle façon - au ralenti - que bien peu l’ont remarqué ou dénoncé

Chaque fois qu’un changement est trop faible, trop lent, il faut soit une conscience très aiguisée soit une bonne mémoire pour s’en rendre compte. Il semble que l’une et l’autre soient aujourd’hui chose rare.

Sans conscience, nous devenons moins qu’humain.


Le principe de la grenouille dans la marmite d’eau est un piège dont on ne se méfie jamais trop si l’on a pour idéal la recherche de la qualité, de l’amélioration, du perfectionnement, si l’on refuse la médiocrité, le statu quo, le laisser-faire.
Comment, alors, ne pas succomber au piège du principe de la grenouille dans la marmite d’eau, individuellement ou collectivement ?

 

Olivier Clerc

http://www.olivierclerc.com/dossiers/dossiers.php?id_dossier=149

 

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Assez de morts !

 

Ivan, Chunlan Liu, John Maïna, Baba Traoré...

Assez de morts ! Régularisons maintenant !

Le 10 août, à Amiens, Ivan, 12 ans, tombait du 4ème étage, alors que la police venait chercher son père.

Fin août, à Toulouse, Tarek, 24ans, se jetait aussi d'un 4ème étage...

Le 20 septembre 2007, Chunlan Liu est morte en tentant d'échapper à la police, à son domicile.

Le15 février, John Maïna, un sportif kenyan de 20 ans, débouté du droit d'asile, se suicidait.

Vendredi 4 avril, Baba Traoré, un jeune Malien de 29 ans poursuivi par la police à Joinville-le-Pont, est mort noyé dans la Marne. À Joinville, déjà Mickaël, en 2004, et Fehti, en 2006, se noyaient dans la Marne "poursuivis par la police".

 

À Joinville, à Vincennes, au Mesnil-Amelot, à Toulouse, à Perpignan, à Nantes, et partout en France, les sans-papiers vivent dans la peur, l'humiliation quotidienne, surexploités - et risquent leur vie à tout moment.

 

Dignité pour les sans-papiers

Régularisation des sans-papiers

Arrêt de la politique du chiffre

 

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Fraises espagnoles/ scandale écologique 2008 04

D'ici à la mi-juin, la France aura importé d'Espagne plus de 83 000 tonnes de fraises. Enfin, si on peut appeler «fraises» ces gros trucs rouges, encore verts près de la queue car cueillis avant d'être mûrs, et ressemblant à des tomates. Avec d'ailleurs à peu près le goût des tomates...

Si le seul problème posé par ces fruits était leur fadeur, après tout, seuls les consommateurs piégés pourraient se plaindre d'avoir acheté un produit qui se brade actuellement entre deux et trois euros le kilo sur les marchés et dans les grandes surfaces, après avoir parcouru 1 500 km en camion. À dix tonnes en moyenne par véhicule, ils sont 16 000 par an à faire un parcours valant son pesant de fraises en CO2 et autres gaz d'échappement. Car la quasi-totalité de ces fruits poussent dans le sud de l'Andalousie, sur les limites du parc national de Doñana, près du delta du Guadalquivir, l'une des plus fabuleuses réserves d'oiseaux migrateurs et nicheurs d'Europe. 
Il aura fallu qu'une équipe d'enquêteurs du WWF-France s'intéresse à la marée montante de cette fraise hors saison pour que  soit révélée l'aberration écologique de cette production qui étouffe la fraise française (dont une partie, d'ailleurs, ne pousse pas dans de meilleures conditions écologiques). Ce qu'ont découvert les envoyés spéciaux du WWF, et que confirment les écologistes espagnols, illustre la mondialisation bon marché. 
Cette agriculture couvre près de six mille hectares, dont une bonne centaine empiètent déjà en toute illégalité (tolérée) sur le parc national. Officiellement, 60% de ces cultures seulement sont autorisées; les autres sont des extensions «sauvages» sur lesquelles le pouvoir régional ferme les yeux en dépit des protestations des écologistes.

Les fraisiers destinés à cette production, bien qu'il s'agisse d'une plante vivace productive plusieurs années, sont détruits chaque année. Pour donner des fraises hors saison, les plants produits in  vitro sont placés en plein été dans des frigos qui simulent l'hiver, pour avancer leur production. À l'automne, la terre sableuse est nettoyée et stérilisée, et la microfaune détruite avec du bromure de méthyl et  de la chloropicrine. Le premier est un poison violent interdit par le protocole de Montréal sur les gaz attaquant la couche d'ozone, signé en 1987 (dernier délai en 2005); le second, composé de chlore et d'ammoniaque, est aussi un poison dangereux: il bloque les alvéoles pulmonaires.

Qui s'en soucie? La plupart des producteurs de fraises andalouses  emploient une main-d'oeuvre marocaine, des saisonniers ou des sans-papiers sous-payés et logés dans des conditions précaires, qui se réchauffent le soir en brûlant les résidus des serres en plastique recouvrant les fraisiers au coeur de l'hiver. ... Un écologiste de la région raconte l'explosion de maladies pulmonaires et d'affections de la peau.

Les plants poussent sur un plastique noir et reçoivent une irrigation qui transporte des engrais, des pesticides et des fongicides. Les cultures sont alimentées en eau par des forages dont la moitié ont été installés de façon illégale. Ce qui transforme en savane sèche une partie de cette région d'Andalousie, entraîne l'exode des oiseaux migrateurs et la disparition des derniers lynx pardel, petits carnivores dont il ne reste plus qu'une trentaine dans la région, leur seule nourriture, les lapins, étant en voie de disparition. Comme la forêt, dont 2 000 hectares ont été rasés pour faire place aux fraisiers. 
 
La saison est terminée au début du mois de juin. Les cinq mille tonnes de plastique sont soit emportées par le vent, soit enfouies n'importe où, soit brûlées sur place.  ... Et les ouvriers agricoles  sont priés de retourner chez eux ou de s'exiler ailleurs en Espagne. Remarquez: ils ont le droit de se faire soigner à leurs frais au cas où les produits nocifs qu'ils ont respiré ... 
La production et l'exportation de la fraise espagnole, l'essentiel étant vendu dès avant la fin de l'hiver et jusqu'en avril, représente ce qu'il y a de moins durable comme agriculture, et bouleverse ce qui demeure dans l'esprit du public comme notion de saison. Quand la région sera ravagée et la production trop onéreuse, elle sera transférée au Maroc, où les industriels espagnols de la fraise commencent à s'installer. Avant de venir de Chine, d'où sont déjà importées des pommes  encore plus traitées que les pommes françaises... 

Par Claude-Marie Vadrot 
Politis jeudi 12 avril 2007

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Bush, Monsanto et Rome  2008 04

 

Pour envahir l’Irak, Bush a affirmé que Saddam Hussein détenait des moyens de destructions massives… C’était faux mais il n’a pas hésité à mentir pour arriver à ses fins. Il prétendait pacifier le Moyen-Orient mais il y a mis le feu, le sang pour continuer à dominer le monde, pour y avoir la mainmise notamment sur le pétrole. Et les occidentaux (la plupart) l’ont soutenu, le soutiennent dans ce bras de fer.

Pour vendre son Roundup, ses insecticides ou autres produits chimiques, l’internationale Monsanto[1] écrase toutes les manifestations qui s’opposent à son extension. Elle n’a pas hésité, elle n’hésite pas à mentir pour asseoir son entreprise. Elle prétend que les OGM sont une solution au respect de l’environnement et à la faim dans le monde mais elle ruine les petits paysans, assassine la nature, le monde animal et humain pour rendre l’agriculture dépendante de ses semences et faire fructifier son commerce. Et  le système international, le monde tout puissant des trusts financiers se taisent ou, pire, favorisent le combat inégal du pot de fer de l’économie dite libérale contre le pot de terre des petits qui n’ont que leurs bras et leur bonne volonté pour nourrir leurs enfants affamés.

Pour maintenir son autorité sur le monde, pour asseoir sa maitrise le plus largement sur la planète, Rome avec son pouvoir religieux pyramidal s’est imposée comme la seule Eglise du salut. Elle n’a pas hésité à travestir la réalité historique[2], à entretenir des images fausses pour baptiser ses adeptes, infantiliser les fidèles et les rendre dépendants. Elle prétend annoncer le message d’amour, de respect des petits que Jésus préconise mais elle s’appuie trop souvent sur le riche, sur le fort, sur le conservateur pour écraser la contestation et obliger sa ligne incontournable[3]. Quelques remarques simplement :

Le corps de Jésus ressuscité ? Que l’on croit ou non en la résurrection de Jésus, son corps physique mutilé d’homme n’a pas repris vie mais il a certainement été simplement caché par les adeptes de sa secte et le tombeau a donc été vidé ! Le Jésus ressuscité traverse en effet les murs, se volatilise dès qu’il est reconnu… Il n’a donc plus son corps d’avant, il est autre.

La « Sainte famille unie » ? Une image totalement fabriquée ! Jésus vivant a été isolé, rejeté de sa propre famille et s’est même opposé à sa mère comme tout homme à forte personnalité dans une famille ! Jésus mort, son propre frère Jacques[4] a voulu prendre naturellement le leadership mais s’est opposé à Pierre. Celui-ci s’est en effet imposé contre « le disciple que Jésus aimait », un 13ème disciple dont le rôle aurait dû être essentiel mais qui a été totalement exclus par le pouvoir religieux mis en place...

Ainsi les procédés de Bush, Monsanto ou Rome sont assez semblables. Ils prétendent s’appuyer sur des valeurs incontestables, la paix, le respect, la défense du démuni mais ils peuvent mentir effrontément, déformer la réalité, briser la contestation pourtant légitime pour mieux défendre leurs intérêts collectifs, leur pouvoir sans limite. Or Jésus, en nous invitant à partager notre pain, nous a seulement donné son exemple : il a lavé les pieds de son frère, il a refusé le pouvoir pour se mettre seulement au service de ses frères. A méditer.

 

Pascal JACQUOT

 

PS Cette page peut paraître caricaturale ou simpliste car on ne peut en quelques mots donner toutes les nuances. Elle veut simplement mettre en évidence le danger des trois pouvoirs politique, économique et religieux qui ne craignent pas d’écraser les droits essentiels de l’humain pour s’imposer sans complexe. Mais il n'y a pas que Bush qui fait la guerre pour du pétrole, il y a inconsciemment les électeurs qui l'ont mis au pouvoir, les citoyens qui continuent de verser leurs impôts pour la guerre, les militaires qui acceptent de partir. Il n'y a pas que les dirigeants de Monsanto qui ruinent les paysanneries, il y a, sans peut-être le savoir, les clients qui font prospérer cette entreprise et tous ceux qui croient encore à l'agriculture industrielle productiviste. Il n'y a pas que Rome qui infantilise les croyants, il y a indirectement tous les fidèles qui adulent le pape, tous ceux qui sont prisonniers du ritualisme et du dogmatisme (et la chrétienté n'est pas la seule dans ce cas...), ceux qui savent que les vérités enseignées par l'Eglise ne sont pas historiques mais qui n'osent pas le dire tout haut… 


[1] Avez-vous vu le film de Monique Robin diffusé sur Arte le mardi 11 Mars, Monsanto-O.G.M.- abeilles ? Effarant.

[2] Avez-vous lu « Jésus et ses héritiers » de Michel Benoît chez Albin Michel ? Incontournable.

[3] Je ne parle évidemment pas des individus qui, à l’intérieur d’une institution, peuvent avoir un réel comportement de service.

[4] Jésus aurait eu plusieurs frères que l’on a voulu prendre pour des cousins. L’affirmation que Marie aurait eu un enfant unique ne peut plus aujourd’hui être légitimement soutenue  avec les dernières découvertes de textes.

 

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Santé et jeûne 2008.02

« Le terrain est tout, le microbe n’est rien », voilà l’énergique affirmation du grand physiologiste Claude Bernard. En effet, si le terrain, c’est à dire le corps de la cellule, est sain, aucun microbe ne peut y prendre pied.

Il est bon de se rappeler que la maladie est causée par un déséquilibre cellulaire qui permet au microbe de s’installer et de proliférer. Il est bon aussi de ne jamais oublier que pour rétablir une santé compromise par l’attaque d’un agent microbien quelconque, il ne suffit pas d’administrer au patient tel ou tel antibiotique plus ou moins actif, mais il faut s’attaquer à la racine profonde du mal, soit s’efforcer de rétablir l’intégrité première du terrain. Or pour ce faire, pour atteindre la cause profonde du mal, pour remédier au déséquilibre cellulaire et pour reconstituer un terrain normal, rien ne vaut une cure de jeûne rationnellement conduite.

Il est de fait que l’abstention plus ou moins prolongée de nourriture donne aux organes un temps de repos en ce qui concerne les processus d’assimilation et qui permet aux cellules d’agir en mode éliminatoire et de chasser tous les poisons et toxines qui entravent leur fonctionnement normal.

Lorsque la cure a été bien conduite et lorsque la désintoxication a été suffisante, on voit les sujets amaigris, dont les cellules ont été purifiées et rajeunies, reprendre vigueur et poids, dès la reprise alimentaire, à condition cependant qu’elle soit adéquate et ne reproduise pas les mêmes erreurs diététiques antérieures ayant causé le déséquilibre conduisant à la maladie.

Docteur Berthollet (Le retour à la santé par le jeûne). http://www.ffjr.com/Bertholet.htm

Quelques sites :

http://www.jeune-et-randonnee.com/

http://www.croisadepourlasante.org/

http://www.assiseschretiennesdujeune.fr/

 

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Jeûne et témoignage 2008.03

J’ai 67 ans et (même si je n’ai pas peut-être pas encore atteint l’âge de la sagesse!) il y a déjà 50 ans exactement que je connais une thérapie ancienne comme le monde mais qui hélas ne sait pas encore être utilisée à bon escient par nos contemporains. Certainement parce que cette méthode sollicite une prise en charge personnelle mais surtout parce qu’elle semble trop simple, trop empirique et qu’elle ne répond pas aux intérêts mercantilistes de notre société (elle permettrait pourtant de réduire le trou de la sécu !). De nombreux docteurs la conseillent,  parfois la préconisent mais toujours avec beaucoup de prudence car, parler de diète à un patient surprend quand celui-ci attend surtout un médicament miracle. Certains docteurs ont même créé des cliniques, la Châbrerie avec le docteur Ducroc en Dordogne, le Belvédère avec le docteur Vivini à Longwy en Meurthe et Moselle puis dans les environs de Toulouse… C’était dans les années 80 et on aurait pu espérer que leurs efforts soient couronnés de succès mais les obstacles auxquels ils ont dû se confronter auraient cassé les plus solides et c’est ce qui est arrivé. Il existe encore des cliniques de ce type en Suisse, en Allemagne et des associations ont parfois pris le relais, « Jeûne et randonnée » par exemple mais espérons surtout que le temps permettra de découvrir officiellement les résultats positifs de ces pionniers.

Vous l’avez maintenant deviné, je souhaitais vous dire toute ma conviction sur les bienfaits du jeûne dans notre équilibre de vie. Dans notre vie stressée, avec notre consommation déséquilibrée et souvent trop riche, trop abondante, le jeûne peut être un véritable havre de soulagement pour retrouver la paix dans son corps et même dans sa tête. Si l’on est un peu lourd aussi, il peut bien sûr nous soulager de quelques kilos inutiles et si l’on est malade, il peut aider à recouvrer la santé sans le soutien de médicaments. Le jeûne peut être court, par exemple sauter un repas ou choisir une diète dit hydrique* de un ou deux jours mais il peut aussi être beaucoup plus long, 8 ou 15 et même 21 jours ou plus. Une expérience et une prudence sont alors nécessaires car, pour que le résultat soit positif, il y a des conditions et des précautions indispensables, notamment en ce qui concerne la réalimentation qui doit être très progressive.

Pour illustrer ce que je viens d’écrire, permettez-moi de préciser que je vis moi-même en ce moment mon douzième jour de jeûne complet : je n’ai absolument pas faim, je parcours à pied 2 à 4 kilomètres par jour pendant environ une heure, je me sens parfaitement calme et serein… Certains jours sont plus difficiles que d’autres, au début notamment mais quand on sait les réactions possibles de son corps, on ne s’étonne pas. Il est vrai que j’ai eu, quand j’étais jeune, un problème de santé lourd qui m’a conduit à jeûner deux fois une vingtaine de jours dans une clinique citée plus haut. Mais depuis ce moment-là j’ai appris à pratiquer seul en limitant en général la durée de la cure à une semaine. Vous vous demandez certainement pourquoi cette pratique ? Ce n’est absolument pas pour répondre à des impératifs religieux. Mais si j’avais quelques kilos à perdre, je n’hésiterais pas à m’intéresser à cette méthode car on perd en moyenne un tiers à un demi-kilo par jour ! Comme ce n’est pas mon cas, je souhaite simplement donner à mes organes un moment de repos en ce qui concerne le processus d’assimilation. Pour que les cellules de mon corps puissent agir en mode éliminatoire et chasser le plus de poisons et toxines qui entravent leur fonctionnement normal. Et, croyez-moi, le plaisir de se voir rajeuni, revitalisé, de retrouver un odorat subtil, une peau fraiche, un appétit mesuré avec un goût décuplé et un esprit libre vaut bien l’effort de s’imposer quelques jours différents pour se sentir ensuite un peu mieux dans sa peau.

Le 18 Février 2008                               Pascal  Jacquot     pascal.jacquot@free.fr

* jeûne avec boissons, eau et tisane

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Dans quel monde vivons-nous ? 2008.02

 

            Le scandale qui secoue actuellement la Société Générale est révélateur du décalage qui existe entre l’immense majorité des salariés dans le monde qui se lèvent tous les jours pour travailler et le « monde des affaires » où s’affairent quelques milliers de nantis.

 

            En quelques jours, un seul individu (peut-être plus) est capable de perdre 5 milliards d’euros (en en ayant joué 50) soit l’équivalent de 5 millions de SMIC mensuel (à 1000 Euros) soit l’équivalent de 10 000 carrières complètes  de smicards (12 mois x 40 ans). Et ce chiffre pour gigantesque qu’il apparaît aux yeux du plus grand nombre ne choque pas vraiment  le « monde des affaires. »

 

            C’est  une péripétie, ce n’est pas vraiment grave, c’est les risques du métier, et cela se situe dans la tourmente actuelle que traverse le système bancaire depuis la « crise » des subprimes aux Etats Unis. Lundi 21 janvier, en une journée, les bourses européennes ont perdu 430 milliards d’euros de capitalisations (il faut en rajouter autant pour les bourses américaines et asiatiques)!!!! Alors quelques milliards de plus ou de moins…..

 

            Et dire, que lorsque vous êtes à découvert de quelques euros, on vous rappelle à l’ordre, on vous facture des  frais  de tenue de compte. Quand une ménagère fait un chèque en bois elle est passible de la prison et quand un ménage est sur-endetté c’est  qu’il ne sait pas gérer son budget….

         Il y a quand même quelque chose qui ne va pas dans ce monde pourri.

 

            Dans les entreprises, à longueur de journée, on met la pression sur chaque salarié de l’ouvrier à l’ingénieur pour baisser les coûts, améliorer la rentabilité, créer de la richesse pour qu’à la fin de l’année chaque entreprise réalise des profits et toujours plus de profits.

 

            C’est pour cet objectif qu’on brime les salaires, qu’on supprime des emplois, qu’on limite les investissements, qu’on écrase les sous-traitants (qui écrasent leurs propres salariés et sous-traitants) et aussi qu’on ferme des entreprises rentables mais qui ne dégagent pas « la norme » de profits souhaités (Kléber à Toul, Allevard Ascométal, Mittal Gandrange et tant d’autres…).

 

            Tout ça pour qu’au bout du compte, Des Mittal, Mordachov, Michelin, Pineau, Bolloré et autres capitalistes accumulent des fortunes qu’ils s’échangent ou placent en bourse pour les faire encore grossir !!!

 

            Et on nous présente ces dirigeants comme des « élites » indispensables à l’économie, qui « font vivre » des milliers de salariés, alors que ce sont en fait des parasites sans foi ni loi,  qui vivent eux, du travail d’autrui, sans aucune considération ni aucune morale. Il fut un temps (il y en a encore quelques uns) où des patrons (chrétiens) avaient une certaine éthique, où leur entreprise créait de la richesse utile pour le pays, la région et un peu pour leurs ouvriers, où les bénéfices réalisés étaient investis pour maintenir l’entreprise à niveau, assurer son avenir, garantir l’emploi.

 

            Ce capitalisme « de papa » est révolu, désormais, il n’y a que la finance qui compte. Une entreprise ne sert plus à fabriquer des biens, c’est un « centre de profits », pour « cracher du cash » une vache à lait qu’on traie au maximum en la nourrissant au minimum et qu’on mène à l’abattoir quand elle n’est plus rentable. Qu’importe,  avec les capitaux accumulés on achètera d’autres vaches et on se paiera sur la bête !

 

            Autre exemple, plus petit, et toujours à la société générale. Un des administrateurs, s’est débarrassé de 85 Millions d’euros d’actions de la société générale juste avant qu’éclate le scandale et que le titre plonge….! Ca rappelle l’affaire Forgeard dans Airbus. Des « cadres dirigeants » gavés de fric, sensés « mener l’entreprise au combat », qui « motivent le personnel » et qui quittent le navire quand il prend l’eau en réalisant de confortables plus values grâce aux stocks options….

Là aussi, quelle morale, quel exemple donné par les élites !

 

            Il est nécessaire que les travailleurs prennent conscience de la réalité du monde économique d’aujourd’hui …

 

 Le  31 janvier 2008     Texte proposé par la CGT Ascométal-Hagondange

 

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Un voisin répugnant 2008.01

La scène qui suit a eu lieu dans un vol de la compagnie British Airways entre Johannesburg et Londres :

Une femme blanche, d'environ cinquante ans, s'assied à côté d'un noir. Visiblement perturbée, elle appelle l'hôtesse de l'air :
- Quel est votre problème, Madame? demande l'hôtesse.
- Mais vous ne le voyez donc pas? répond la dame. Vous m'avez  placée à côté d'un noir. Je ne supporte pas de rester à côté d'un de ces êtres répugnants. Donnez-moi un autre siège.
- S'il vous plait, calmez-vous, dit l'hôtesse. Presque toutes les places de ce vol sont prises. Je vais voir s'il y a une place disponible.
L'hôtesse s'éloigne et revient quelques minutes plus tard :
- Madame, comme je le pensais, il n'y a plus aucune place libre dans la classe économique. J'ai parlé au commandant et il m'a confirmé qu'il n'y a plus de place dans la classe exécutive. Toutefois, nous avons encore une place en première classe. Avant que la dame puisse faire le moindre commentaire, l'hôtesse de l'air continue :
- Il est tout a fait inhabituel dans notre compagnie de permettre à une personne de classe économique de s'asseoir en première classe. Mais, vu les circonstances, le commandant trouve qu'il serait scandaleux d'obliger quelqu'un à s'asseoir à côté d'une personne aussi désagréable.
Et s'adressant au noir, l'hôtesse lui dit :
- Donc, monsieur, si vous le souhaitez, prenez votre bagage à main car un siège en première classe vous attend.

Et tous les passagers autour, qui, choqués, assistaient à la scène, se levèrent et applaudirent.

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Être jeune 2008.01
 

La jeunesse n’est pas une période de la vie,
Elle est un état d'esprit,
Un effet de la volonté,
Une qualité de l’imagination,
Une intensité émotive,
Une victoire du courage sur la timidité,
Du goût de l’aventure sur l’amour du confort.
On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années :
On devient vieux parce qu’on a déserté son idéal.
Les années rident la peau, renoncer à son idéal ride l’âme.
Les préoccupations, les doutes, les craintes et les désespoirs sont les ennemis
Qui, lentement, nous font pencher vers la terre et devenir poussière avant la mort.
Jeune est celui qui s’étonne et s’émerveille.
Il demande comme l’enfant insatiable : et après ?
Il défie les événements et trouve de la joie au jeu de la vie.
Vous êtes aussi jeune que votre foi.
Aussi vieux que votre doute.
Aussi jeune que votre confiance en vous-même.
Aussi jeune que votre espoir.
Aussi vieux que votre abattement.
Vous resterez jeune tant que vous resterez réceptif.
Réceptif à ce qui est bon et grand.
Réceptif aux messages de la nature, de l’homme et de l’infini.
Si, un jour, votre coeur allait être mordu par le pessimisme et rongé par le cynisme,
puisse Dieu avoir pitié de votre âme de vieillard.

Texte de Samuel ULLMAN, 1870, à Birmingham (USA)
Repris,traduit en français et largement diffusé par le Général Mac Arthur, en 1945

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Etre en paix 2007.12

 

Va, reste calme au milieu du bruit, de l'impatience et souviens-toi de la paix qui découle du silence.

Si tu le peux mais sans renoncement, sois en bons termes avec tout le monde, dis ce que tu penses, clairement, simplement et écoute les autres car même les sots et les ignorants ont quelque chose à dire.

Evite les gens grossiers et violents, car ils ne sont que tourments pour l'esprit.

Si tu te compares aux autres, tu pourras devenir vaniteux ou amer, mais sache qu'ici-bas, il y aura toujours quelqu'un de plus grand ou de plus petit que toi.

Sois fier de ce que tu as fait et de ce que tu veux faire. Aime ton métier, même s'il est humble c'est un bien précieux en notre époque troublée.

Sois prudent dans le monde des affaires, car on pourrait te jouer de mauvais tours. Mais que ceci ne te rende pas aveugle, bien des gens luttent pour un idéal et partout sur la terre on meurt pour ce que l'on croit.

Sois toi-même, surtout dans tes affections. Fuis le cynisme en amour car il est un signe de sécheresse du cœur et de désenchantement.

Que l'âge t'apporte la sagesse et te donne la joie d'avoir des jeunes autour de toi. Sois fort pour faire face aux malheurs de la vie, mais ne te détruis pas avec ton imagination, bien des peurs prennent naissance dans la fatigue et la solitude. Et, malgré la discipline que tu t'imposes, sois bon envers toi même.

Tu es un enfant de l'univers, tout comme les arbres et les étoiles et tu as le droit d'être ici et même si cela n'est pas clair en toi, tu dois être sûr que tout se passe dans l'univers comme il est écrit.

Par conséquent, sois en paix avec ton Dieu quel que soit en toi son image, et à travers ton travail et tes aspirations, au milieu de la confusion de la vie, sois en paix avec ton âme.

Dis-toi qu'en dépit de ses faussetés, des ses ingratitudes, de ses rêves brisés, le monde est tout de même merveilleux.

Sois prudent et tâche d'être heureux.

Traduction d’un texte qui a été gravé dans la pierre par un anonyme vers la fin du 19e s. dans une Eglise de la côte Est des Etats Unis.

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La faim progresse ! 2007.12
A la suite de l'article "Chaque année, la faim progresse", le message qui suit, signé "Indignation", a été laissé sur notre Livre d'Or. Il nous invite à réagir :

 

"Comment peut-on accepter que la faim progresse et ne pas s'indigner ? Des tonnes de pain sont jetées chaque jour alors que certains n'ont pas l'essentiel pour vivre, la pêche industrielle gaspille les ressources de la mer alors que c'est une manne pour tous les côtiers, des cultures industrielles fournissent des produits de mauvaise qualité et livrent à la misère quantité de petits paysans, des élevages industriels traitent les animaux dans des conditions insupportables qui font honte à l'homme... La mondialisation non maitrisée, le profit, les systèmes financiers sont les moteurs de cette situation.

Comment peut-on penser -et accepter- que ce soit le progrès ? Quel progrès ? Comment peut-on croire que ce soient des disfonctionnements momentanés et passagers ? Nous vivons en réalité une situation qui nous mène tout droit à une révolution inéluctable puique les marchandises n'ont plus de frontières et que les chomeurs sont enfermés dans leurs pays comme dans des ghettos... Autrefois beaucoup de ruraux étaient paysans. Ils vivaient dignement dans la pauvreté. Ce n'est même plus possible aujourd'hui... C'est cela le progrès ? Et il faudrait l'accepter sans s'indigner ? Et aussi sans se révolter bien sûr pour la plus grande satisfaction des nantis !"

 

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Plus d’égalité pour créer une société plus heureuse

 

Le chef spirituel du bouddhisme tibétain a signé la déclaration de solidarité et s'est exprimé sur la lutte contre la misère.
Dans le cadre de la préparation de la Journée mondiale du refus de la misère, le Dalaï Lama a reçu, le 16 septembre à Lisbonne, une délégation du Mouvement international Atd Quart Monde. Eugen Brand, délégué général, et Derek Asker, militant du Mouvement, ont échangé avec lui sur le thème misère et paix. Le chef spirituel des bouddhistes, prix Nobel de la Paix 1989, a notamment déclaré :

« Sur un plan global, entre les riches et les pauvres, il y a une sorte d’immense fossé. Au niveau des nations, il y a aussi d’énormes fossés. La pauvreté est une autre source de problèmes, de difficultés et de violence. Nous devons sérieusement nous occuper de ce fossé, au niveau global, les gens du nord comme ceux du sud. Les personnes riches et les personnes pauvres ont chacune des responsabilités. Bien sûr, il y a un lien entre misère et paix. La paix doit préoccuper les riches. Sans la paix intérieure, l’économie seule crée parfois plus de problèmes. Pour créer une société heureuse, plus d’égalité est essentiel. En tant qu’être humain, nous sommes membres de la même famille humaine. Votre frère est en train de mourir de faim, pendant qu’un autre frère a tout ce qu’il faut mais il ne partage pas. C’est immoral ! Moralement, comment est-ce possible ? C’est impossible.
La dignité, cela veut dire pouvoir avoir confiance en soi. Il faut des moyens et pouvoir se former. Partout, dans tous mes discours publics, je parle du sérieux nécessaire qu’implique ce fossé. Vous êtes déjà en train de mener des actions pour le réduire. C’est pourquoi j’apprécie énormément votre magnifique travail. Mon esprit est toujours avec vous. S’il vous plaît, continuez ce travail et faites-le aussi savoir à de plus en plus de personnes. Cela, je crois, est important. C’est mon sentiment. »

Pour en savoir plus sur le mouvement ATD Quart Monde  http://www.refusonslamisere.org/atd/

 

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Histoire d'un amour  2007.11

 

C’est le livre dont on parle, une merveilleuse histoire d'amour, deux êtres si complémentaires qu'ils en sont devenus siamois, indissociables. L'histoire ne raconte pas l'issue, ils se sont suicidés en septembre dernier; comment pouvait-il en être autrement.

"Tu viens juste d'avoir quatre-vingt-deux ans. Tu es toujours belle, gracieuse et désirable. Cela fait cinquante-huit ans que nous vivons ensemble et je t'aime plus que jamais. Récemment je suis retombé amoureux de toi une nouvelle fois et je porte de nouveau en moi un vide dévorant que ne comble que ton corps serré contre le mien. La nuit je vois parfois la silhouette d'un homme qui, sur une route vide et dans un paysage désert, marche derrière un corbillard. Je suis cet homme. C'est toi que le corbillard emporte. Je ne veux pas assister à ta crémation; je ne veux pas recevoir un bocal avec tes cendres. J'entends la voix de Kathleen Ferrier qui chante "Die Welt ist leer, Ich will nicht leben mehr" et je me réveille. Je guette ton souffle, ma main t'effleure. Nous aimerions chacun ne pas avoir à survivre à la mort de l'autre. Nous nous sommes souvent dit que si, par impossible, nous avions une seconde vie, nous voudrions la passer ensemble."

Lettre à D., histoire d'un amour ; André Gorz, Editions Galilée

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Sorti de prison grâce à Amnesty International

 

Un donateur écrit : "J'avais décidé de ne plus soutenir d'organisation humanitaire à cause du "gaspillage" de l'argent dépensé pour inciter les gens à donner. Et puis, lors d'un trek en Bolivie, j'ai rencontré un guide qui m'a raconté son histoire et qui a été sorti de prison grâce à Amnesty International. Ce n'était plus un don anonyme que je faisais. Je vous envoie donc un chèque de soutien et mes meilleures salutations". Pour en savoir plus, cliquer : http://www.amnesty.fr/

 

Pour découvrir quelques actions : http://www.amnesty.fr/index.php/amnesty/s_informer/actualites

- Au Zimbabwe les militants continuent d’être harcelés...

Une cinquantaine de militants ont été arrêtés au Zimbabwe lors d’un rassemblement public qui a eu lieu le 11 mars 2007 alors même que les autorités avaient interdit pour trois mois les défilés et manifestations. Ces militants, parmi lesquels se trouvaient des dirigeants du principal parti de l’opposition, le Movement for Democratic Change (MDC, Mouvement pour le changement démocratique), ont été roués de coups au moment de leur arrestation et certains auraient été torturés pendant leur détention aux mains de la police.
- En Côte d'Ivoire, des violences sexuelles généralisées...
À la suite du soulèvement de septembre 2002 et de la division de facto du pays en deux, des centaines, si ce n’est des milliers de femmes et de jeunes filles ont été victimes de viols et d’agressions sexuelles perpétrées de manière généralisée et parfois même systématique, par toutes les parties au conflit ou par des civils proches de ces forces et de ces groupes.
De nombreuses femmes ont subi des viols collectifs ou ont été enlevées par des combattants qui les ont réduites à l’esclavage sexuel et les ont considérées et traitées comme un bien qu’ils possédaient.
Des femmes ont également été attaquées pour des raisons politiques et ethniques, notamment par les forces de sécurité gouvernementales et leurs partisans.
Les victimes de viol ont souvent été également frappées et torturées.
Certaines ont été violées en public, devant les membres de leurs fa

milles, y compris des enfants.
D’autres ont été violées à côté du cadavre de membres de leur famille.
Ces violences ont parfois été commises par ailleurs sous la menace des armes.

 

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Se distraire

 Quelques lignes  pour nous distraire

lues sur le site du réseau de nos amis belges (P.A.V.E.S.) http://www.paves-reseau.be/index.php

Les vacances !  Enfin quelques jours de farniente ou de romans à dévorer entre quelques balades surprises, sans oublier les étapes musicales qui nous sont proposées aux quatre coins du pays. J’en salive déjà ! Programme simple : repos, détente ! Même mon PC va se mettre au vert !

Mais où trouver les programmes de concert et autres activités qui rechargent les accus ? L’incontournable internet me rattrape ! Google… sans projet défini, je tape : « Où va-t-on ? » Je tombe sur une série de sites qui me sont tout à fait inconnus, et je prends au hasard « ouvaton ». A ma grande stupeur, on y parle de pape, d’évêques et de curés !

En 1889, le cardinal Sarto dépêche ce mandement à l’attention de ses prêtres (dix ans plus tard, il sera le pape Pie X).« L’usage du vélocipède et de la bicyclette s’est tellement répandu parmi les laïcs qu’on ne croit plus, aujourd’hui, pouvoir vivre sans cela ; comme cette nouveauté paraît prendre faveur auprès du clergé, je juge nécessaire d’ordonner aux ecclésiastiques qu’ils aient à s’en abstenir. Mes séminaristes savent déjà ce que j’en pense. Je prie les curés de me signaler ceux qui, pendant les vacances, m’auraient désobéi. Je dois, naturellement, défendre à tous mes prêtres ce que j’ai défendu aux clercs. Rien, en effet, ne me semble plus contraire à la dignité d’un ecclésiastique que de s’asseoir à califourchon sur une machine de cette sorte : cette attitude n’étant pas en harmonie avec la gravité qu’exige notre état. Tout ce qui nous rapproche des habitudes laïques nous expose au reproche de frivolité. On ne manquera pas d’objecter les avantages de la bicyclette : la rapidité avec laquelle le prêtre se porte au chevet des malades, l’économie de ce mode de transport... Toutes ces considérations ont, en effet, leur poids. Mais elles doivent céder avant la dignité et le sérieux que sont les premiers devoirs du prêtre. »

J’espérais très sincèrement que ce problème de dignité était d’un temps révolu ! Que nenni ! 

L’un des points les plus discutés aujourd’hui, à Rome, de la réforme liturgique d’après le Concile, est la position de l’autel qui permet au prêtre de faire face à l’assemblée, alors qu’avant, il lui tournait le dos.
Un jeune prêtre allemand vient de présenter à l’Augustinianum un livre sur la question, préfacé par Joseph Ratzinger, alors simple cardinal, si l’on ose dire.
Ce dernier y écrit qu’"il n’y a rien dans les textes conciliaires au sujet de l’orientation de l’autel".
Il cite, pour mettre en cause la vague du ’face au peuple’, le célèbre petit livre de Mgr Klaus Gamber, « Tournés vers le Seigneur », édité par Le Barroux, et préfacé déjà par Joseph Ratzinger.
A la présentation du livre à l’Augustinianum, une présence a été remarquée : celle de Mgr Albert Malcolm Ranjith Patabendige Don, secrétaire de la Congrégation pour le culte divin, nommé il y a peu, précisément suite à l’éviction d’un archevêque italien trop réformiste, Mgr Sorrentino.
.

Pincez-moi, pincez-vous ! C’est du niveau d’une caméra cachée ? Non, c’est la triste réalité d’un certain monde. Alors, c’est décidé, je pars en vacances. J’ai vraiment envie de penser à autre chose…ou de penser tout court !

Philippe Liesse (Evangile sans frontières)

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Quelle Europe pour quelle planète ?

 

La construction de l’Europe est quelque chose d’unique dans l’histoire des peuples. Pendant des siècles, les nations du continent européen ont été en conflit ; elles ont imposé à la terre entière un impérialisme militaire, économique, culturel et religieux ; elles ont été à l’origine des deux guerres mondiales. L’Europe s’est construite d’abord à partir de la réconciliation franco-allemande. Cette réconciliation et cette amitié entre nos deux peuples est un évènement considérable, qui permet d’oser espérer un jour une issue pacifique à nombre de conflits actuels dans le monde : Israël et Palestine, Inde et Pakistan,  etc. Certains ont pu dire à juste titre que l’Europe - devenue plus sage après tant d’horreurs - avait à jouer dans le monde un rôle spirituel, c’est à dire la mission de lui apporter du sens.

 

L’échec, dû à la position française, du projet de Communauté Européenne de Défense, qui aurait donné à l’Europe naissante une identité et une finalité politique, a amené les promoteurs de l’idée européenne à la fonder sur un projet économique, un projet libéral dès l’origine, avec la création de la C.E.C.A., puis de la C.E.E. Il apparaît par ailleurs tout à fait évident qu’à partir de 1995, il aurait fallu approfondir la construction politique d’une Europe à 15 plutôt que d’avancer dans une construction d’une Europe à 25, davantage économique que politique.

 

L’Europe a pourtant quelque chose d’important et d’urgent à dire et à faire face aux immenses défis du XXIème siècle : sur-développement matériel et aliénation publicitaire dans les pays riches, exploitation et misère croissante des pays pauvres, saccage de la planète (épuisement des ressources, pollution de l’eau, du sol, de l’air, désertification, effet de serre, réduction de la biodiversité, etc.), uniformisation culturelle, course aux armements, autant de manifestations d’un déficit de citoyenneté et de sens dans nos sociétés. Par exemple, aucune préparation sérieuse n’est pensée face à l’épuisement rapide des ressources pétrolières, sinon une fuite en avant dans le nucléaire, une technologie centralisatrice et non maîtrisée avec ses trois d : danger, dépense, déchets...

 

L’Europe dont le monde a besoin pourrait prendre des orientations totalement nouvelles et conformes à l’avenir de la planète et de l’humanité : promouvoir une décroissance durable et heureuse dans les pays dits développés, développer en grand l’agriculture biologique, promouvoir les cultures vivrières et l’autonomie alimentaire, favoriser les énergies renouvelables, mettre en œuvre les stratégies non-violentes d’intervention et de défense, pousser à la création d’une instance mondiale de gestion des ressources limitées de la terre et de la biosphère, etc. Face à des « Grands », USA, Chine, qui ne semblent avoir pour seule obsession que la croissance et la puissance économique ou militaire, l’Europe pourrait manifester le primat de l’être sur l’avoir et du politique sur l’économique, et impulser des initiatives fortes pour réconcilier l’homme et la nature, la société et la sagesse, l’économie et l’éthique, la science et la conscience.

 

Face à ces constats, comment voter lors du référendum sur le traité constitutionnel européen ? Voter oui, c’est inscrire dans le marbre une orientation économique libérale - qui n’a pas d’ailleurs absolument pas sa place dans une constitution – et une idéologie de compétition, alors que l’humanité a besoin de coopération, ce qui ne peut mener la planète que dans des crises économiques, sociales et écologiques majeures. Voter non, c’est en rester à un statut très insatisfaisant, celui du traité de Nice, et se priver d’avancées réelles, même si elles restent trop timides, vers une Europe plus démocratique et plus politique.

 

La vraie question me semble être : un non, notamment celui de la France, conduirait-il à une stagnation et un blocage durable de la construction européenne, ou laisserait-il l’Europe se faire sans la France selon cette logique économique libérale ? Ou au contraire, un non serait-il l’occasion d’un sursaut ? Un sursaut pour que les peuples d’Europe se posent les vraies questions sur l’avenir de la planète et de l’humanité, puissent définir de nouvelles orientations de société et rédiger un texte meilleur.

 

Parmi mes amis « non-violents », beaucoup voteront non, à regret parce qu’ils croient à l’Europe, et quelques uns voteront oui, à regret parce qu’ils voudraient une autre Europe...  Mais une chose nous paraît évidente :  quel que soit le résultat du vote des 25 pays de l’Europe, le débat et le combat pour une autre société devront se poursuivre. Pas seulement dans les urnes, mais aussi par nos comportements de parents, d’éducateurs, de travailleurs, de consommateurs, de contribuables, de citoyens. Quand la légalité est manifestement contraire à la légitimité, cette action n’exclut pas la désobéissance civile ouverte et l’acceptation sereine de poursuites pénales : par exemple l’arrachage de plants de maïs transgénique quand l’Etat laisse faire en plein champ des cultures de telles  plantes, alors même que les compagnies d’assurance refusent d’en prendre en charge les risques.

 

Et si, à l’aube du troisième millénaire, nous inventions une civilisation humaine ? 

Etienne  Godinot*

 

* Membre de la rédaction de la revue Alliance pour une Europe des consciences (Terre du Ciel – 71500 Bruailles) et de plusieurs structures de recherche, d’information et d’action sur la résolution non-violente des conflits, E. Godinot s’exprime ici à titre personnel

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Association Unitarienne Universaliste

 

Nous, assemblées membres de l'Association unitarienne universaliste, sommes vouées à la reconnaissance et à la promotion des principes suivants:

1.        La valeur et la dignité intrinsèques de toute personne.

2.        La justice, l'équité et la compassion comme fondements des relations humaines.

3.        L’acceptation mutuelle et l’encouragement à la croissance spirituelle au sein de nos assemblées.

4.        La liberté et la responsabilité de chaque personne dans sa recherche de la vérité, du sens de la vie et de la signification des choses.

5.        La liberté de conscience et le recours au processus démocratique aussi bien dans l’ensemble de la société qu’au sein de nos assemblées.

6.        L'aspiration à une humanité où règneront la paix, la liberté et la justice pour tous.

7.        Le respect du caractère interdépendant de toutes les formes d’existence qui constituent une trame dont nous faisons partie.

 

Les sources de l’Association unitarienne universaliste

Nous avons puisé à des sources diverses la vivante tradition que nous partageons:

·         L’expérience directe du merveilleux et transcendant mystère, universellement reconnu, qui suscite un renouveau de l’âme et une attitude réceptive envers les forces qui sont à l’origine de la vie et veillent à son épanouissement.

·         Les paroles et les actions de visionnaires, hommes et femmes, qui nous incitent à miser sur la justice, la compassion et le pouvoir de transformation de l'amour pour affronter le mal sous toutes ses formes.

·         La part de sagesse de toutes les religions qui est, pour nous, une source d’inspiration morale et spirituelle.

·         Les enseignements du christianisme et du judaïsme qui nous convient à aimer notre prochain comme nous-mêmes en reconnaissance de l'amour que Dieu nous manifeste.

·         Le message humaniste qui nous incite à utiliser notre raisonnement et à prendre en considération les résultats de la science, et qui met en garde notre âme et notre esprit contre toute forme d’endoctrinement et de fanatisme religieux

·         Les enseignements spirituels des traditions nomades qui célèbrent le cycle sacré de la vie, nous invitant à vivre en harmonie avec les rythmes de la nature. Remplis de gratitude envers le pluralisme religieux qui enrichit et ennoblit notre foi, nous sommes animés par le désir d’approfondir notre compréhension et de développer notre perspicacité.

En tant qu’assemblées autonomes, nous souscrivons à cette déclaration de principes, nous engageant à nous témoigner mutuellement soutien et confiance.

Profils de libertés, www.prolib.net

Ordonnance adoptée lors des assemblées générales de 1984, 1985 et 1995.

Traduite pour l’Église unitarienne de Montréal.

 

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