Accueil
Ecoute et Partage
Activités
Nouvelles
Réflexions
Spiritualité
Services
Mot mensuel
Clins d'oeil
Liens
Horizon 88
Plan du site

 

Spiritualité et humanisme                        Retour Ecoute et Partage              

              

Dernière mise à jour le :  lundi 30 janvier 2012

 

Pour nous, la seule religion qui soit est l'amour, la seule classe est celle de l'humanité et le seul langage, celui du coeur.

"Nous ne naissons ni dans le judaïsme, ni dans le christianisme, ni dans l’islam, nous naissons dans l’humanité." Yeshayahou Leibowitz

"Le mystère de Dieu est "ce qui est de moi, qui ne pourrait pas être sans moi et qui est plus que de moi" . Marcel Légaut

"La spiritualité, c'est le feu intérieur d'un être en recherche de conscience et de liberté au coeur d'un univers dont il est solidaire." Pierre de Locht

"Dans le vrai rapport de la prière, ce n’est pas Dieu qui entend ce qu’on lui demande, mais celui qui prie, qui continue de prier jusqu’à être lui-même celui qui entend ce que Dieu veut." Sören Kierkegaard

 

Terre-Mère 2012 02

Heureux ceux 2012 01

La parabole des nombrils 2011 12

Union de prières 2011 11

Notre aventure humaine 2011 10

Se libérer de la religion 2011 07

Je crois en toi 2011 06

Message d'Espérance - Parvis 2011 05

Chapeau l’Artiste 2011 04

Dans la simplicité, la joie et le secret 2011 02

Khalis, chanteur algérien 2011 02

Souffle de vie 2011 01

Le mépris des pauvres 2010 12

Pour vous, qui est Jésus ? 2010 11

Jeunes étudiants pleins d'espoir 2010 10

A quoi servent les évangiles ? 2010 09

Partager ses biens selon Jacques 2010 08

Le pape et l'Eglise ouvrent (enfin) leurs yeux ? 2010 07

Le Pacte des Catacombes 2010 05

Conversations mécréantes 2010 04

Petites réflexions au détour d'un chemin 2010 03

Jésus au pieds nus  2009 12

En cette période de Noël … l’Espérance 2009 12

Jésus n’est pas le Jésus-Christ des Églises 2009 12

Devenir grain de sable 2009 12

Vigilance 2009 11

Les bienfaits de la réflexion sur l'impermanence 2009 10

Credo alternatif  2009 09

Y a-t-il trois militants en cette cité ? 2009 09

Rétribution 2009 06

Spiritualité et lieux de vie 2009 05

Nous sommes (aussi) l'Église 2009 04

 Le Vatican dit-il la vérité ? 03.2009

Se désarmer 01.2009

Mon Rivage 11.2008

Légende hindoue 10.2008

A l'école de la vie 10.2008

Lettre à un ami canadien 09.2008

Entre nous soit dit: Sélectionner ses immigrés ? 08.2008

Autre chose est en train de naître 07.2008

Prière pour nous tous 07.2008

Quel Dieu ? 07.2008

Chrétien, ai-je quelque chose en plus ? 06.2008

Jésus n’a pas fondé de religion 03.2008

♠. Je suis 02.2008

♠. Notre lumière intérieure 02.2008

♠. Communiqué de presse de l’Église réformée 02.2008

♠. Noël : L’Enfant et L’Espérance 12.2007

♠. Vivre, aimer la vie et ... message évangélique 12.2007

♠. Quête de la foi et marginalité 12.2007

♠. Après quoi courons-nous ? 12.2007

♠. Redécouverte de Jésus et déstabilisation 11.2007

. Noé : Sauver la vie 10.2007

. Creuser son puits  10.2007

. Manifeste de Golias 09.2007

. Une Église qu'on ne peut plus transformer

. Pour une Spiritualité Laïque et Universelle

. Intégrisme et spiritualité

. L'abbé Pierre et le successeur de Pierre

. Dieu n'existe pas

. Un philosophe

. Qui est Dieu pour moi aujourd'hui ?  01.2007

. Clivages artificiels  01.2007

. Lettre à mes amis catholiques

. Témoignage  10.2006

. Je vieillis 10.2006

. Au 17ème siècle, un ancien jésuite

. Je ne crois pas...  01.2006

. Jésus, pour moi maintenant  10.2005

. Une parole, un message 10.2005

. Liberté  05.2006

. Hors de l'Église, le salut ? 05.2005

. Credo laïque  10.2004

. Parler de Dieu et de Jésus entre croyants  10.2004

. Comme un tricot : la vie  05.2004

. Profession de foi 

. Jésus simplement  12.2003

 

 

 Et si vous donniez un avis à la suite de votre lecture en cliquant ici ! :

 

« Nous confondons souvent le psychique et le spirituel. La sérénité, la détente, le bien - être sont des résultats appréciables, mais l’âme reste hors d’atteinte. Le psychique ne dépassera jamais la thérapie, qui n’a qu’un but : le mieux - être.

Le spirituel, lui, nous travaille dans une perspective radicalement différente : le plus - être. Par une croissance purement qualitative : il faut qu’il grandisse et que je diminue.»

Philippe Mac Léod

 

Terre - Mère

 

Déclaration d'un écologiste qui présente sa religion comme "Terre-Mère" dans ses échanges sur Facebook

 

Je n'adhère a aucune religion en particulier, et si j'ai écrit Mère-Terre, c'est en toute simplicité mais non sans sincérité : Je prône et agis avec le plus grand respect pour les éléments de la nature. Ayant grandi en pleine ville et y ayant vécu pratiquement toute ma vie (comme tout le monde), j'ai décidé d'écouter plutôt ma conscience et de changer de cap !

 

Je ne connais pas grand chose concrètement à l'écologie mais j'y vais de tout ce que je peux faire dans mon quotidien. J'étudie de façon autonome sur le sujet et je m'intéresse aussi beaucoup au développement personnel et à la spiritualité. Seulement pour moi, contrairement, à ce que j'ai pu rencontrer dans mon entourage, la spiritualité se doit de se ramener vers du concret. Ce que je veux dire est que j'inclus dans ma démarche tous les éléments de notre existence, comme les instincts, l'Ego, etc. Je pense que chaque partie de nous peut nous servir à grandir SI en harmonie avec un tout et SI vécu avec conscience. Nous ne pouvons pas, à mon avis, faire une démarche personnelle remplie de bonnes réflexions et de bonnes intentions sans considérer notre environnement..

 

Et puis, que dire autre de plus vrai que simplement ce sujet et sa réalité m'interpellent. La faune et la flore m'ont toujours très attiré même lorsque j'étais tout petit et que je vivais dans le béton.

 

Alors, je ne suis pas un Amérindien avec toutes leurs belles connaissances sur les thèmes d'animaux, etc., (peut-être dans une autre vie) mais je vis en fonction du respect de Terre-Mère et je m'engage de plus en plus de façon réelle et concrète dans ma vie de tous les jours... tout simplement.

 

P.S. : Je ne sais pas quelle est ma mascotte mais j'ai rencontré plusieurs fois, en méditation profonde, le loup et la libellule.

 

Tiré du n°12 de Correspondance Unitarienne : http://labesacedesunitariens.over-blog.com

 

Haut de page ¿

 

Heureux ceux

 

"Bienheureux ceux qui savent rire d'eux-mêmes :
Ils n'ont pas fini de s'amuser.

Bienheureux ceux qui savent distinguer une montagne d'une taupinière :
Il leur sera épargné bien des tracas.

Bienheureux ceux qui sont capables de se reposer et de dormir sans chercher d'excuses:
Ils deviendront sages.

Bienheureux ceux qui savent se taire et écouter :
Ils apprendront des choses nouvelles !

Bienheureux ceux qui sont assez intelligents pour ne pas se prendre au sérieux :
 Ils seront appréciés de leur entourage.

Heureux êtes-vous si vous savez regarder sérieusement les petites choses et paisiblement les choses sérieuses :
Vous irez loin dans la vie...

Heureux êtes-vous si vous savez admirer un sourire et oublier une grimace :
Votre route sera ensoleillée....."


Réflexions (anciennes) de Joseph Folliet où humour et sagesse se mêlent !
 

Haut de page ¿

La parabole des nombrils

Ca me tracasse beaucoup, dit Dieu, cette manie qu’ils ont de se regarder le nombril au lieu de regarder les autres.

J’ai fait les nombrils sans trop y penser, dit Dieu, comme un tisserand qui arrive à la dernière maille et qui fait un nœud, comme ça, pour que ça tienne, à un endroit qui ne paraît pas trop... J’étais trop content d’avoir fini !

L’important, pour moi, c’était que ça tienne.

Et, d’habitude, ils tiennent bon, mes nombrils, dit Dieu, mais ce que je n’avais pas prévu, ce qui n’est pas loin d’être un mystère, même pour moi, dit Dieu, c’est l’importance qu’ils accordent à ce dernier petit nœud, intime et bien caché.

Oui, de toute ma création, dit Dieu, ce qui m’étonne et que je n’avais pas prévu, c’est tout le temps qu’ils mettent, dès que ça va un peu mal, à la moindre contrariété, tout le temps qu’ils mettent à se regarder le nombril, au lieu de regarde les autres, au lieu de voir les problèmes des autres.

Vous comprenez, dit Dieu, j’hésite, je me suis peut-être trompé ?

Mais, si c’était à recommencer, si je pouvais faire un rappel général, comme les grandes compagnies de voitures, si ce n’était pas trop de tout recommencer, dit Dieu, je le leur placerais en plein milieu du front.

Comme cela, dit Dieu, au moins ils seraient bien obligés de regarder le nombril des autres.

 

(à la manière de Péguy)

Tiré de La Vie Nouvelle  http://www.lvn.asso.fr/spip.php?article99

Haut de page ¿

Union de prières

J’étais seule et j’admirais les nuages si blancs, unis ou éparpillés tels des agneaux d’un troupeau céleste. Je priais, je méditais, ces deux activités étant si proches dans un tel endroit de paix. Le fil de mes pensées fut interrompu par des sons venant du ciel, j’en étais persuadée.
Plusieurs personnes parlaient, une à une, utilisant des mots poignants qui faisaient revenir à ma mémoire de si tristes souvenirs.
« Je suis un Libanais torturé et mis à mort pour avoir voulu être libre, libre d’aimer et de vivre. »
« Je suis une jeune fille du Rwanda. J’ai été tuée avec ma famille par des membres d’une autre tribu, nous étions pourtant du même pays, du même sang. »
« Je suis une Palestinienne tuée dans le camp de Sabra, à Beyrouth, j’étais enceinte de six mois. »
« Je suis un Américain tué sur le lieu de mon travail, un jour de septembre. Un avion a percuté l’immeuble où je me trouvais. »
« Je suis un Algérien qu’on a égorgé tout simplement parce que j’aimais parler la belle langue d’un moine français, tué lui aussi avec ses compagnons peu de temps après moi. »
« Je suis un Arabe tué par l’armée de mon pays obéissant à des ordres donnés par mon président. Peut-on mourir deux fois ? Mourir d’incrédulité face aux commanditaires du crime et d’un arrêt du cœur ? »
« Je suis une mère libanaise morte avant de revoir son fils, ne sachant pas s’il était encore en vie, emprisonné ou exécuté. Il était tellement beau dans son uniforme. »
D’autres voix se faisaient entendre et je n’en pouvais plus de pleurer. Je compris combien il était urgent de changer les mentalités, combien il était primordial de penser à toutes les victimes des attentats, des crimes ou des massacres perpétrés à travers le monde, de penser à leur douleur, à leurs souffrances sans parler de religion à moins que cela ne soit pour prier de tout cœur.
J’ai regardé le ciel à travers mes larmes et j’ai dit à toutes ces personnes que le destin a unies dans le malheur : « Je suis citoyenne du monde, votre peine doit être mienne et je mêle mes larmes aux vôtres. » Que les douces paroles d’un Ave Maria s’envolent vers le ciel, unies aux mots d’une prière récitée devant un mur de Jérusalem, à des versets du Coran lus avec piété dans une mosquée, à la fumée des encensoirs d’un temple bouddhiste. Unissons nos prières pour vaincre le mal qui ronge ce monde de plus en plus fou.

Léna NJEIM  (l'Orient le jour, journal francophone de Beyrouth)

Haut de page ¿

 

♠    Notre aventure humaine

 

C’est en dehors de nos Églises, je le sais, que bien des hommes recherchent ce Dieu d’amour que seul l’Esprit peut nous donner de connaître et d’aimer. Je le regrette, mais je les comprends. Toutes les institutions, tous les signes, même les plus sacrés, se dégradent s’ils n’acceptent pas à chaque printemps de faire peau neuve, quels que soient le prix et l’ampleur des déchirements et des souffrances à consentir. Nos communautés, comme toutes les institutions, n’échappent pas au temps et à son usure.

L’Église, à divers moments de son histoire, a pris peur de l’Esprit, a cessé d’être mystique et créatrice pour devenir juridique et moralisante. Alors les bourrasques de l’Esprit ont soufflé à sa périphérie et parfois contre elle dans une grande exigence de vie créatrice, de justice et de beauté. « Il y a des athées ruisselants de la parole de Dieu », disait Péguy, et c’est toujours vrai.

Je crois que Dieu nous accompagne tous dans notre aventure humaine et que seule sa présence est éternelle, et non pas les structures, les paroles, les images que, peu à peu, au fil des siècles, nous avons adoptées pour nous signifier à nous-mêmes son compagnonnage. Notre Église n’a rien à redouter des critiques qui lui viennent d’ailleurs si elle sait les écouter comme un appel de Dieu.

Elle ne saurait verrouiller les portes pour disposer plus sûrement d’elle-même. Elle se reçoit à chaque instant de Dieu pour être sans cesse envoyée, immergée dans le monde, pauvre, modeste, fraternelle, messagère de joie, donnant sa voix aux pauvres, aux hommes que l’on torture ou que l’on tue, à tous ceux-là qui nous crient silencieusement l’Évangile.

 

Mgr Guy-Riobé, évêque d’Orléans

Le Monde, 9-10 juillet 1978 (huit jours avant sa mort).

 

Haut de page ¿

 

Se libérer de la religion

 

C'est l'évangile qui est notre première passion. Et non pas l'Eglise en tant qu'institution sociopolitique qui, trop à souvent, se soucie plus de sa survie que de sa vocation à incarner l'évangile. Mais que cela ne fasse pas oublier que c'est malgré tout par l'Eglise que le message évangélique s'est transmis, et qu'il n'existe peut-être pas d'autres canaux pour continuer à le transmettre.

Dans les faits, l'évangile a été accaparé par les institutions ecclésiastiques. Elles ont voulu s'approprier cette source d'eau vive pour en contrôler le cours, se mesurant au souffle et au feu de l'Esprit pour les diriger. Pourquoi et comment une telle chose a-t-elle été osée, et avec quelles conséquences ? Institution sociale, l'Eglise s'est très tôt alliée aux puissants pour servir sa propre gloire sous couvert de la gloire de Dieu, et ce péché originel la poursuit.

Pour rendre l'évangile au monde, il faut le libérer de la religion qui l'a travesti. L'avenir de Dieu parmi les hommes ne se joue pas dans les sanctuaires et moyennant des rites, ni dans les facultés de théologie. Il se joue dans la splendeur et la boue du monde, dans la jubilation et la détresse des cœurs qui aiment et haïssent, dans l'enfantement, la mort et le désir d'infini. Et ce parmi toutes les nations, toutes les cultures et toutes les religions.

Loin de se réduire aux structures et aux représentations qu'elle a héritées de l'histoire, l'Eglise n'existe pour les hommes et pour Dieu que là où se vit l'évangile. Sans doute lui faudra-t-il, pour renaitre, emprunter des formes et des appellations inédites. Ce n'est pas la continuité apostolique et le droit canon, ni même telle orthodoxie qui la constitue. C'est l'amour et le service des hommes auxquels le Christ s'et identifié.

 

Jean-Marie Kohler (tiré Les Parvis N°50)

 

Haut de page ¿

 

Je crois en toi

 

Tu sais que ce n’est pas facile de croire en toi, nom de Dieu !

Mais le fait que je te nomme me laisse quand même douter de mon athéisme !…

Ce qui me fait mal, je te l’ai déjà dit, c’est la mort d’enfants innocents.

Je t’en ai déjà parlé, tu te souviens, au moment du génocide des Tutsis au Ruanda.

Je t’ai même dit : « Mais qu’est-ce que tu fous là-haut ? »

Et tu m’as répondu : « Et toi, en bas, qu’est-ce que tu fais pour que çà change ? »

 

C’est vrai que tu as raison… mais je ne peux rien faire contre les catastrophes qu’on appelle naturelles… Et si tu ne peux rien n’y faire non plus,  c’est sans doute que tu n’es pas le Dieu tout-puissant auquel on a voulu me faire croire !

Alors, merci d’être le Dieu impuissant et désacralisé qui a besoin de nous. Merci de ne pas être le Dieu « prêt à porter » dont avait voulu m’affubler l’instruction religieuse de mon enfance.

 

Je crois en toi dont le visage a pour nom Jésus, le montreur de chemin de salut.

Je crois en toi engagé dans l’histoire des hommes.

Je crois en toi qui comptes sur nous pour t’aider à réaliser la réussite de l’humanité.

Je crois en toi qui vient vers nous et que nous pouvons rejoindre.

Je crois en toi, Dieu en mouvement qui rends libre et nous aides à nous dépoussiérer de nos certitudes.

Je crois en toi, Dieu en devenir, Dieu présent mais en même temps futur,

Dieu qui deviens Toi à mesure que l’Humanité devient de plus en plus Elle.

Je crois que nous participons à la vie nouvelle de ton Fils en mettant en œuvre son message libérateur.

 

Je crois qu’il y a chemin de résurrection chaque fois que les femmes, les hommes et les enfants de cette terre se lèvent et luttent pour un monde juste, pacifique et fraternel. Je crois en Toi qui veut le « debout » de l’Humanité !

Claude Simon , PO de Caen

"Chemins nouveaux" N°33 -  62 Av H Barbusse 93220 Gagny

 

Haut de page ¿

 

Message d'Espérance - Parvis - Lyon 12 novembre 2010

 

Il ne suffit plus de se préoccuper du devenir des Eglises, il faut donc prioritairement :

Examiner l'évolution du monde auquel est destiné le message de l'Evangile.

• Se lever pour lutter contre l'iniquité et la violence inhérentes à cette évolution technique et marchande qui ruine les valeurs constitutives de l'humanité et met à mal la Planète.

S'engager dans des lieux de solidarité, de désobeissance et de positions alternatives.

• Remettre le monde à l'endroit en donnant la parole aux exclus.

• Laisser les prophètes prophétiser et porter à la lumière ce qui est en train de naître.

Oui, pour nous le message libérateur de l'Evangile est nécessaire au monde : il ne peut plus être porté par voie d'autorité.

C'est le temps pour tous, hommes et femmes, d'en être pleinement responsables dans nos sociétés sécularisées.

C'est donc le temps de donner plein essor à nos communautés héritières de Vatican ll pour y vivre

- le partage authentique de la Parole,

- des célébrations tissées de nos expériences,

- et le travail d'actualisation du Message :

                                  Une Eglise Autre est possible !

C'est le temps aussi de renforcer publiquement nos réseaux d'humanisme :

                               Un autre monde est possible ! 

                                 Le temps vient d'envisager l'avenir

                                  avec la Force et la Jeunesse de l'Esprit

                                           Souffle d'Amour et de Vie

                                                qui recrée le monde.

 

Haut de page ¿

 

Chapeau l’Artiste !

 

En cette période pascale où une prétendue création artistique (Piss Christ) d’un prétendu artiste déchaîne la violence verbale et physique d’un certain nombre de chrétiens souhaitant défendre la chrétienté attaquée, je me suis surprise à répondre avant l’heure à l’invitation de l’Église qui, chaque Vendredi saint convie ses fidèles à contempler le Christ en croix.

Dans le silence d’une chapelle j’ai osé poser mon regard sur cette croix en plastique immergée dans un verre d’urine et par une étrange remontée dans le temps, je me suis retrouvée aux côtés du disciple bien aimé et de Marie sa mère.

Fixant mes yeux sur le bas de la photographie, je contemplais tout d’abord ces pieds plongés dans ce verre pollué. Aux crachats anonymes d’un certain vendredi en Palestine se rajoutait l’urine d’un auteur contemporain en terre de Provence. Quel réalisme ! Quelle parabole !

Je me sentis en lien de communion immédiate avec ce Christ solidaire de tous les rejetés, bafoués, outragés du monde, depuis la création jusqu’à cette heure du Calvaire.

Jésus,
Toi l’Innocent, Tu t’es laissé condamner sans te défendre,
Je te prie pour tous ceux qui sont victimes de l’injustice et de la haine
Toi, qui t’es chargé de ta Croix sans un mot de révolte,
Je te prie pour tous ceux qui sont écrasés sous le poids de leurs souffrances.
Toi, qui as rencontré Marie Ta Mère
Sur le chemin de ton supplice,
Je te prie pour tous ceux qui ont besoin de la consolation d’une mère.
Toi, qui par trois fois es tombé sur le chemin du Calvaire,
Je te prie pour tous ceux qui sont découragés et sans espoir.
Toi, que l’on a vêtu de dérision et dépouillé de ses vêtements,
Je te prie pour tous ceux qui vivent sans dignité et sans amour.
Toi, que notre péché a cloué sur le bois de la Croix,
Je te prie pour tous ceux qui meurent par la faute des hommes.
Toi, qui dans ton dernier souffle veux pardonner à tous les hommes,
Je te prie pour tout homme qui s’agenouille devant la puissance de ton amour.
Toi, dont le corps est déposé au tombeau,
Je te prie dans l’espérance de recevoir ton Corps ressuscité.
1

Résonnaient en moi les paroles du curé de campagne de Bernanos : « vous pourriez lui montrer le poing, lui cracher au visage, le fouetter de verges et finalement le clouer sur une croix, qu’importe ? Cela est déjà fait. » Une image pourrait-elle faire plus scandale que la mort ignominieuse de l’Innocent au gibet de la croix ?!

Lui qui, étant de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu. Au contraire, il s'est dépouillé, devenant l'image même du serviteur et se faisant semblable aux hommes. On reconnaissait en lui un homme comme les autres. Il s'est abaissé, et dans son obéissance il est allé jusqu'à la mort, et la mort sur une croix. C'est pourquoi Dieu l'a élevé plus haut que tout ; il lui a conféré le Nom qui surpasse tous les noms, afin qu'au nom de Jésus, dans les cieux, sur la terre et dans l'abîme, tout être vivant tombe à genoux et que toute langue proclame : Jésus Christ est le Seigneur, pour la gloire de Dieu le Père 2

Je luttais contre le désir qui surgissait en moi de les laver, les essuyer, les sécher ces pieds outragés par les immondices, mais au plus profond de moi j’entendais Ta prière : « Mon Père s’il est possible que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, pas comme je veux, mais comme tu veux ». Tu me demandais de contempler tes pieds souillés pour tenter de comprendre. « Comprenez-vous ce que je viens de faire ? »

Me sera-t-il donné un jour de comprendre ce que Tu as fait ?

Alors mon regard remonta doucement ; de Tes pieds vers Ton corps. Quel ne fut pas mon étonnement de Le découvrir peint d’un jaune éclatant et radieux. La Lumière immergée dans les eaux obscures et croupissantes de nos excréments humains resplendissait et illuminait l’ensemble.

En ce Mercredi saint, dans la contemplation de la croix je vivais Pâques avant l’Heure. Je vivais le passage du « Christ aux outrages » au « Christ de Gloire ».

Merci Monsieur Serrano, en l’espace d’une heure, en ce Mercredi saint, vous m’avez fait comprendre le lavement des pieds du Jeudi saint. Si Christ s’est agenouillé devant ses disciples ce n’est pas pour nettoyer leurs pieds, fussent-ils eux aussi dans l’urine de leurs péchés, mais pour me redire aujourd’hui que le chemin vers Dieu passe par le bas, par l’humilité et donc par les pieds, surtout s’ils sont sales.

Merci Monsieur Serrano, en l’espace d’une heure, en ce Mercredi saint, vous m’avez permis de contempler la croix du Vendredi saint plantée dans la boue de mon péché pour pouvoir en émerger, tirée par le bras puissant d’Amour. C’est devant elle que je m’inclinerai dans quelques heures.

Merci Monsieur Serrano, en l’espace d’une heure, en ce Mercredi saint, vous m’avez fait contempler la Gloire du Ressuscité. Il nimbe de sa Lumière le tombeau jonché de toutes les sécrétions peccamineuses. Dans quelques jours la pierre en sera roulée et le Feu allumé de la nuit pascale l’illuminera.

Merci Monsieur Serrano, vous ne fûtes pas un serviteur inutile. Le Seigneur, par vous, malgré vous, au-delà de vous, a su se frayer passage vers mon cœur.

Alors avec tous les chrétiens j’ai envie de vous souhaiter : belle montée vers Pâque, Monsieur Serrano.

Quant à Toi Seigneur : Chapeau l’Artiste !

Nathalie Gadéa

1 – Extrait de « Le livre de toutes les prières » - Éditions Mame/Edifa 2006

2 – Lettre de Paul aux Philippiens 2,6-11

 

Haut de page ¿

 

Dans la simplicité, la joie et le secret

 

« Garde-toi d'étaler ta justice devant les hommes pour en être admiré.

Que ta discipline intérieure ne te donne pas un air triste, comme un hypocrite qui affiche un visage tout défait pour se faire voir des hommes.

Oins ta tête, lave ton visage afin que seulement ton Père qui est dans le secret connaisse l'intention de ton cœur.

Maintiens-toi dans la simplicité et dans la joie, la joie des miséricordieux, la joie de l'amour fraternel.

Sois vigilant. Si tu dois reprendre un frère, que ce soit entre toi et lui seul. Aie le souci de communion humaine avec ton prochain. »

 

Frère Roger - (La règle de Taizé)

 

Haut de page ¿

 

Khalis, chanteur algérien

 

Jacob était mon frère,

Joséphine, ma sœur;

L'abbé, un saint Pierre,

Mon imam, un guide dont je suis fier;

Et on a plombé l'atmosphère

Quand j'ai vu tous ces innocents mourir avant l'heure ...

J'ai vu la terreur dans les yeux de celui qui prie de Seigneur;

J'ai vu la mort monter dans un bus, dans un train, foutre en l'air des destins ...

L'islam est une religion de paix, pas d'assassins ...

 

Pour découvrir tout le texte de "kamikaze", cliquer : http://www.google.fr/url?sa=t&source=web&cd=3&ved=0CCYQtwIwAg&url=http%3A%2F%2Fwww.dailymotion.com%2Fvideo%2Fx2w3dp_khalis-kamikaze-music_music&ei=35RETcDqCd-ShAfZ2_iLAg&usg=AFQjCNHbcJHrEnUkanoP-DYwm3e075m5wg
 

 

Haut de page ¿

 

Souffle de vie

 

Mon Jésus est unique à mes yeux, parmi tous les hommes qui nous font prendre conscience de la réalité humaine dans laquelle tout être puise son élan vital.

J'aime lire ce que les évangiles disent de lui : à son contact, sous son influence, les aveugles voyaient, les lépreux étaient purifiés, les morts ressuscitaient. Je comprends que ces mots désignent un dynamisme créateur, un souffle d'apaisement, une fraternité renouvelée.

Je ne dis pas qu'il était un Dieu ou un Fils de Dieu aux pouvoirs surnaturels, marchant sur l'eau, guérissant les malades, multipliant les pains et puis quittant le monde des hommes sans communiquer à personne ces pouvoirs pourtant si bienfaisants ?

Mais je sens bien que le Souffle de vie qui l'animait est le Souffle de Dieu qui monte en nous comme en lui, réoriente nos pensées et nous fait affronter le mal dans un esprit de victoire à travers nos défaites et la mort elle-même. Il nous rend humains, avec nos compagnons les autres hommes de bonne volonté.

Mon Jésus ne sacrifiait pas volontairement sa vie en une mort atroce afin d'apaiser un Dieu en rage de voir les humains se détourner de lui.

Le Dieu dont il nous manifeste la présence n'est pas un juge menaçant, obsédé par les fautes et réclamant des expiations. Je crois que Dieu a été horrifié par la mort de Jésus et par l'esprit mauvais de ses accusateurs, les intégristes juifs de son époque contre lesquels il a lutté jusqu'à la mort.

Je ne vois pas non plus en Jésus un fondateur de religion imposant des rites difficilement compréhensibles avec du vin, du pain et de l'eau et exigeant que l'on admette certains dogmes théologiques et abstraits.

Je n'aime donc pas qu'on le vitrifie dans des doctrines figées car il est toujours au-delà et ailleurs de ce que l'on peut dire de lui.

 

Gilles Castelnau  Revue Evangile et Liberté 14 rue de Trévise 75009 Paris

 

Haut de page ¿

Le mépris des pauvres

Tout compte fait, il n'y a rien de tellement nouveau au fond depuis les temps bibliques où des prophètes, parfois mal embouchés, fulminaient contre l'insolence des riches et leur mépris des pauvres qu'ilos exploitaient. La mondialisation contemporaine s'est contentée d'élargir l'espace de l'injustice. Elle pouvait "mieux faire".

Jusqu'à quand les peuples vont-ils courber l'échine sans rien dire face à l'arrogance des élites ? Faut-il en arriver à "un nouveau 1789 avec, comme à la Bastille, la prise par le peuple d'une banque centrale" ? Sans aller jusqu'à cette extrémité, on peut, en cette période de vœux, formuler celui, ardent, d'un réveil des peuples pour refuser le primat exclusif de la finance sur l'homme, le saccage de la planète nourricière, la fatalité de la faim, et pour inventer de nouveaux styles de vie et de nouvelles manières de penser. L'énoncé des principes de la destination universelle des biens de la terre et de la promotion du bien commun rappelés inlassablement par les autorités morales, à commencer par l'Eglise, est merveilleux, mais ce serait mieux si l'énoncé devenait réalité.

Gabriel MARC - Extrait d'un texte de l'ancien président du CCFD-Terre solidaire.

Haut de page ¿

Pour vous, qui est Jésus ?

 

Tous les chrétiens, de quelque confession qu’ils soient, sont censés partager la foi en la divinité du Christ. Pourtant malgré cette apparente unanimité de la foi chrétienne, jamais sans doute le dogme trinitaire n’a été aussi peu compris et suivi par les fidèles. Combien de chrétiens connaissent et comprennent la théologie trinitaire ? Combien, même parmi les plus fidèles, croient en la divinité de Jésus ?

A la question " Pour vous, qui est Jésus ? ", les réponses des Européens* varient considérablement, même chez les fidèles pratiquants. Il est d’ailleurs intéressant de constater qu’on retrouve dans les formulations nombre d’ "hérésies" des premiers siècles : « un homme choisi ou adopté par Dieu » (adoptianisme), le « Fils de Dieu, mais inférieur au Père » (subordinatianisme, arianisme), « vrai Dieu et vrai homme, mais dont la nature humaine a pâti des affres de l’incarnation » (nestorianisme), etc. Mais surtout pour de plus en plus de chrétiens croyants et pratiquants européens, Jésus n’est pas l’incarnation de Dieu. Il est conçu soit comme « Fils de Dieu », entendu en un sens symbolique, soit comme un homme exemplaire : un saint, un prophète, un sage. Et, en toute logique, la question de sa résurrection suscite presque autant de doutes que d’adhésions. Et je ne parle même pas des non-croyants et des non-pratiquants encore attachés à la culture chrétienne, pour qui Jésus n’est assurément qu’un homme.

Se pose dès lors une question d’importance : que reste-t-il de la foi chrétienne ? Ou, pour le dire autrement, qu’est-ce qu’on peut considérer comme le fondement essentiel de la foi ? Comme son substrat ?

Les dogmes de la Trinité et de l’incarnation sont partagés par la plupart des Eglises chrétiennes. Mais l’Eglise arménienne et les Eglises coptes orientales ne reconnaissent que la définition de la foi issue des trois premiers conciles. Et l’Eglise Nestorienne, que des deux premiers. Les réformés reconnaissent pleinement l’autorité des quatre premiers conciles. Les Eglises Orthodoxes en reconnaissent sept (le dernier, au VIIe siècle, statuant sur la reconnaissance du culte des icônes). L’Eglise catholique romaine compte, quant à elle vingt et un conciles et la « foi authentique » inclut l’intégralité du dogme, du concile de Nicée aux dernières déclarations papales ex cathedra, ce qui implique les trois derniers dogmes : l’Immaculée Conception (définie en 1870 par le concile Vatican I) et l’Assomption de la Vierge Marie (définie en 1950 par Pie XII).

Pour les Eglises Chrétiennes, la foi est donc exprimée dans le credo de Nicée-Constantinople tel que nous l’avons évoqué, qui définit le dogme trinitaire et celui de l’incarnation. Mais nous avons vu que la théologie trinitaire était récusée par de nombreux courants chrétiens des trois premiers siècles et sont de moins en moins compris et admis aujourd’hui par les fidèles. Cela signifie-t-il que ceux-ci n’ont pas une foi authentiquement chrétienne, que leur foi est fausse ou incomplète ? Si on répond par l’affirmative, cela reviendrait à dire que le substrat de la foi chrétienne a été progressivement défini à travers les conciles après trois ou quatre siècles de tâtonnements. Qu’en est-il alors de la foi des apôtres et des premiers témoins de la vie de Jésus qui ont « cru » en lui bien avant que ne soit conçue la théologie trinitaire, et même celle de l’incarnation ? Il parait absurde d’affirmer que Pierre, Marie de Magdala, Marc ou Paul n’avaient pas une foi authentique, ou même qu’ils auraient en une foi incomplète dans la mesure où ils n’avaient encore aucune idée d’un Dieu en trois personnes et d’un Christ en deux natures.

Au delà des credo élaborés à partir du IIe siècle, la définition de la foi chrétienne, de son substrat, de sa quintessence, c’est tout simplement celle des apôtres. Celle de ceux qui ont connu Jésus et témoigné de leur « foi » en lui, témoignages que l’on retrouve dans les plus anciens écrits chrétiens. Or quel est le fondement de foi commun à tous ces premiers témoins ? On peut le résumer en deux points élémentaires, qui concernent directement la personne et la mission de Jésus :

1. Jésus est un homme qui entretient un rapport particulier à Dieu et il a un rôle salvifique en tant qu’unique médiateur entre Dieu et les hommes ;

2. Jésus est mort et ressuscité d’entre les morts, et il continue d’être présent aux hommes de manière invisible.

Ces deux affirmations me semblent constituer la clé de voûte de l’édifice chrétien. Pour les disciples de Jésus, celui-ci est pleinement homme : il n’a jamais été conçu comme un dieu ayant pris une apparence humaine, ni comme l’incarnation du Dieu d’Abraham et de Moïse. Il entretient avec Dieu une relation singulière qui en fait non seulement le Messie attendu par les Juifs, mais, plus encore, le Fils du Père, celui que Dieu a choisi pour se révéler au monde et pour sauver le monde. Ce statut le met au-dessus de toutes les créatures, y compris les anges.

 

* La proportion des chrétiens européens qui disent croire que le « Dieu de la Bible est un en trois personnes, le Père, le Fils et le Saint-Esprit » oscille entre 20 et 40 % selon les pays (chez les baptisés).

 

 

 Tiré du livre « Comment Jésus est devenu Dieu » par Frédéric Lenoir aux éditions Fayard.

 

RDLR :   Et si vous donniez vous-même maintenant votre avis ? Cliquer (pour compléter le sondage en cours sur la page d'accueil)

Haut de page ¿

Au Rwanda de jeunes étudiants unitariens pleins d'espoir

Dans un pays meurtri par un récent génocide ethnique et où l'Eglise catholique s'est révélée particulièrement défaillante lors de ce drame, un groupe de jeunes unitariens est porteur d'espoir. Ils sont une quinzaine, après une année de fonctionnement ; ils sont étudiants ; et ils font le culte chaque dimanche. Ils sont en relation avec les unitariens du Burundi .

"Notre itinéraire commence juste au début de 2009. … Aujourd'hui, nous sommes une équipe solide, très unie depuis nos études universitaires. Nous comprenons très bien nos engagements et nous sommes fiers d'être unitariens aux Rwanda. Notre pays est malheureusement  déchiré par son Histoire ; nous avons beaucoup de choses à faire pour reconstruire notre société rwandaise" (Clément, 23 septembre 2010)

"Notre groupe s'est mis d'accord sur les points suivants :

- Nous ne croyons pas que les préceptes, doctrines religieux puissent être vrais simplement parce que certains autorités religieux l'affirment.
- Nous respectons la liberté de croyance de chacun de nos membres.
- Nous sommes libres de développer nos propre concepts en ce qui concerne Dieu : un concept qui a un sens pour nous.
- Nous n'avons pas une doctrine déterminée à l'égard de Dieu.
- Nous ne croyons pas en un Dieu surnaturel qui intervient directement et change notre vie ou notre environnement.
- Nous croyons en l'Esprit de Vie : force du bien plutôt qu’un être surnaturel.
- Lors de l'office de chaque dimanche, il est question de notre croissance (croissance humaine), de nos questions personnelles auxquelles nous sommes confrontées chaque jour, des questions sociales, ainsi que des questions morales.
- Nous croyons que le cadeau de vie constitue en soi un miracle suffisant et que nous devrions la vivre pleinement, dans la joie et de façon aussi responsable que possible. Nous ne croyons donc pas aux miracles.
- Nous considérons Jésus comme l'un des plus importants professeurs de morale et d'éthique, qui a montré aux humains comment vivre d'amour et de compassion. Nous admirons et respectons sa façon de vivre, sa capacité d'aimer, la force de son exemple et son système de valeur.
- Nous considérons la Bible comme l'un des plus importants textes religieux mais nous n'estimons pas qu'elle soit unique ou exclusive de quelque façon que ce soit. (Clément et Aline, 23 septembre 2010)

Tiré de http://afcu.over-blog.org/

Haut de page ¿

A quoi servent les évangiles ? 

À maintenir vive notre indignation. La prédication du Christ – c’est là sa force et sa vérité – lutte pour un homme debout. Quand tout nous condamne à l’échec, à l’indigence et au médiocre, l’Évangile ose son « Heureux les pauvres ! », « en avant les pauvres ! », qui sonne le glas de nos résignations et nous tire de nos longs sommeils. Quand plus rien ne nous motive pour l’action, pris que nous sommes dans la torpeur asséchante de nos idéaux morts, quand il est devenu si tentant de s’en remettre à la force des choses et de plier devant l’ampleur de la tâche, l’Évangile convoque ses lépreux, ses fous, ses pauvres et ses malades. Ceux que nous ne voulions plus voir, Jésus les place devant nous. Cette insolence-là, Jésus la tient de l’Évangile dont il se veut l’incarnation : dire au monde, dire à qui veut l’entendre, l’infinie valeur de chacun. C’est là que réside sa Bonne nouvelle : personne ne saurait être condamné à l’invisible. Puisque chacun compte aux yeux de Dieu, chacun se doit d’être reconnu par son frère en humanité. « Toute théologie chrétienne est une théologie de libération », écrit le théologien noir américain James Cone, proche en son temps de Martin Luther King, et à qui la Faculté de théologie protestante de Paris vient de remettre un doctorat honoris causa. Lire les évangiles, c’est oser voir la laideur et le tragique en face pour mieux les affronter. C’est se laisser mobiliser par une prédication de l’indignation contre l’indigne. Dire Jésus-Christ devient alors une tâche exigeante et combative. Confesser le Christ, proclamer ainsi l’union de Dieu et de l’humain, revient à soutenir l’action émancipatrice de Dieu en l’homme. L’homme de l’Évangile n’avance plus l’échine courbée et la tête baissée, il est sauvé et ressuscité, il est libéré des forces qui l’assaillent et le paralysent. L’homme de l’Évangile est un homme debout !

Raphaël Picon (article tiré du n°240 d’Evangile et Liberté)

Haut de page ¿

Partager ses biens selon Jacques, le frère du Seigneur

par Régis Pluchet ? secrétaire général de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU)

Lorsque Jésus demande au jeune homme riche de vendre tous ses biens et de donner l’argent aux pauvres, cela nous concerne-t-il aujourd’hui ? Cette exigence n’est-elle que symbolique ? Ou doit-elle être prise au pied de la lettre ?  

La réponse est à la fois oui et non. Sans doute, Jésus ne demande-t-il pas à tout le monde d’abandonner tous ses biens. Il appelle avant tout à une transformation intérieure. Il ne diabolise pas l’argent, il le remet à sa place. Mais il ne faudrait pas qu’une lecture symbolique, aujourd’hui, nous délivre de l’exigence du partage des richesses. L’épître de Jacques (2,14-17) est très claire là-dessus. La foi ne vaut rien si les riches laissent les plus démunis de côté. On voit pourtant dans les Evangiles Jésus fréquenter des hommes ou des femmes riches et accepter, quelques jours avant  sa mort, d’être oint par un parfum luxueux, dont les apôtres auraient préféré que son coût (300 deniers, soit un an de salaire) soit distribué aux pauvres. Il ne moralise pas, lorsque le geste vient du cœur et correspond aux circonstances. Il fréquente les riches autant que les pauvres, reçoit tout le monde sur un pied d’égalité, avec toutefois une attention plus particulière pour ceux qui sont en difficulté et nous rappelle que les premiers seront les derniers et les derniers seront les premiers.  

Il ne s’en prend pas tant aux riches, qu’à ceux qui sont esclaves de leurs de richesses. Et nous sommes tous concernés, car nous avons tous des richesses qu’elles soient économiques, sociales, culturelles, psychologiques ou autres : nous pouvons aussi être trop riches de notre famille, de notre milieu, de notre Eglise, de notre paroisse.  

Jésus rappelle dans ce texte (Marc 10 : 17-30) qu’il est plus facile à un chameau de passer par le chas d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu. Certains expliquent aujourd’hui qu’il ne s’agissait pas d’une aiguille à coudre, mais de la Porte de l’Aiguille à Jérusalem, qui était une porte très étroite, trop étroite pour être franchie par un chameau muni de son bardas, chargé de biens dont il fallait d’abord qu’il soit délesté. Quoiqu’il en soit de la traduction, la mise en garde est claire. Sachez partager vos richesses, sinon vous risquez d’y perdre votre âme : “ Là où est ton trésor, là est ton cœur ” dit Jésus.  

Jacques le dit aussi d’une autre manière un peu plus loin, dans le passage que nous avons lu : “ Votre richesse est pourrie, vos vêtements sont mités, votre or et votre argent sont rouillés (…). Il crie le salaire dont vous avez frustré les ouvriers qui ont moissonné vos champs et les clameurs du moissonneurs sont venues jusqu’aux oreilles du Seigneur ”. Il demande aussi qu’il n’y ait pas discrimination entre riches et pauvres dans les assemblées et que ces derniers ne soient pas mis debout par derrière et les riches assis par devant. On accuse un peu vite Jacques de trop moraliser et il est vrai que son ton est parfois excessif, mais cela ne doit pas nous empêcher de voir le caractère prophétique de sa parole. Il ne fait que redire la parole de Jésus : “ Amassez-vous plutôt des trésors dans le ciel que sur la terre, là où ni rouille, ni vers ne les détruisent ” et c’est là qu’il concluait : “ Là où est ton trésor, là est ton cœur ” (Matthieu 6, 19-21).  

Une parole toujours d’actualité dans un monde où le règne de l’argent sans frein a abouti à une telle crise, où le clinquant et le luxe s’affichent outrageusement, où certains qui ont déjà des salaires mirifiques reçoivent en outre des primes et des bonus considérables, tandis que d’autres sont jetés à la porte de leurs entreprises avec de maigres indemnités et sans considération. Une parole prophétique dans un monde où les peuples les plus riches tolèrent la pauvreté et l’injustice en leur sein et rejettent sans scrupules ceux qui viennent des pays les plus démunis et s’installent clandestinement, et on leur reproche sans doute de n’avoir pas frappé à la porte. C’est tout le sens de l’action de l’Entraide protestante de prendre au sérieux ces paroles de Jésus et de les mettre en oeuvre, comme essayaient de le faire les premiers chrétiens, lorsqu’ils mettaient en commun leurs biens.  

Ce n’est pas seulement l’aumône qui est nécessaire, mais aussi inventer des modes de partage des biens matériels et spirituels, entre nous dans les Eglises, et agir pour qu’il en soit de même dans la société. Les communautés Emmaüs de l’abbé Pierre, les Fraternités de la Mission populaire évangélique, l’Entraide protestante et bien d’autres mouvements nous montrent les chemins de ces nouveaux modes de partage, suivons-les.

Tiré de Correspondance unitarienne n° 106, août 2010

http://labesacedesunitariens.over-blog.com

Haut de page ¿

 

Le pape et l'Eglise ouvrent (enfin) leurs yeux ?

 

          L’Église catholique refuse de regarder les choses en face : elle n’est plus Mater et Magistra, mère nourricière de l’Occident et guide de ses pensées.

          Ce ne sont pas les méthodes qui ne sont plus adaptées : c’est le contenu même de la foi, le message chrétien. Ce sont des dogmes surréalistes, comme celui de la naissance virginale d’un homme-dieu, de la transformation physico-chimique d’une galette de farine en chair du Christ, du pardon des péchés dispensé par une institution incapable de se tromper, qui détiendrait seule les clés de la porte du Paradis, etc.

 

          On peut s’essouffler à mettre au point de nouvelles méthodes : le produit qu’elles prétendent promouvoir a perdu sa valeur. Le meilleur marketing du monde ne pourra jamais vendre un produit déprécié, qui ne correspond plus aux attentes du marché.

         

          Car le pape se montre désespérément aveugle, quand il écrit que la nouvelle structure voulue par lui s’adressera à « ceux pour qui Dieu est inconnu, mais qui ne veulent pas rester simplement sans Dieu ».

          Le problème, c’est précisément qu’en catholicisme, « Dieu » est connu, trop connu. On a mis 17 siècles à le décrire, à le définir jusque dans les moindres recoins de sa personne (multipliée par trois), voire de sa personnalité.

          Alors que nos contemporains n’adhèrent plus au dieu méticuleusement décrit et planifié par la pyramide des dogmes. Un dieu devenu statique tellement on a bétonné son image, un dieu sans surprise – et, de plus, propriété exclusive du Vatican.

 

          Les hommes du XXI° siècle n'ont pas changé, ils sont comme leurs prédécesseurs : « Ils ne veulent pas rester sans Dieu », dit le pape ? Mais ils ne sont pas sans Dieu ! Ce qu’ils refusent, c’est de mourir étouffés par la chape bétonnée des dogmes catholiques.

 

Pour lire tout l'article de Michel BENOIT, cliquer

 

Haut de page ¿

 

Le Pacte des Catacombes

 

            Le 16 novembre 1965, quelques jours avant la clôture du concile, 40 Pères du Concile ont célébré l'Eucharistie dans les catacombes romaines de Domitille et ont signé le « Pacte des Catacombes ». Dom Helder Camara était l'un des animateurs principaux de ce groupe prophétique. Ce Pacte, dans ses 13 points principaux, insiste sur la pauvreté évangélique de l'Eglise qui devrait être sans titres honorifiques, sans privilèges et sans ostentations mondaines. Il insiste aussi sur la collégialité et sur la coresponsabilité de l'Eglise comme Peuple de Dieu, sur l'ouverture au monde et sur l'accueil fraternel.

 

Extraits du pacte (traduction du texte anglais par F. Becker):

           

Nous, évêques réunis à Vatican II, étant conscients de la déficience de nos vie de pauvreté selon l’Evangile, encouragés les uns par les autres dans cette initiative, dans laquelle chacun de nous veut éviter singularité et présomption (manière de dire que chacun de nous veut rester anonyme),…nous engageons dans ce qui suit:

 
1. En ce qui concerne le logement, la nourriture, les moyens de transport et tout ce qui concerne ces choses, nous chercherons à vivre en accord avec le niveau moyen de vie commun à nos peuples. (cf. Mat 5,3; 6, 33-34; 8, 20)


2. Nous renonçons pour toujours à la richesse et ses apparences, particulièrement pour les vêtements (matériaux chers et couleurs brillantes), et les insignes en métaux précieux ( de telles choses doivent de fait, être évangéliques) (cf. Mc 6,9; Mat 10,9-10; At 3,6)

3. Nous ne posséderons pas de propriétés mobilières et immobilières, ou de comptes bancaires à notre nom. S’il est nécessaire de disposer de quelque biens, nous les mettrons sous le nom de notre diocèse ou d’autres groupes sociaux ou charitable. (cf. Mat 6,19-21; Lc 12,33-34)

4. A chaque fois que cela sera possible, nous confierons l’administration financière et matérielle de notre diocèse à une commission de laïcs compétents et conscients de leur rôle apostolique, étant donné que nous devons être pasteurs et apôtres plutôt qu’administrateurs.(cf Mat 10,8; At 6, 1-7)

5. Nous refusons d’être appelés dans les discours ou les textes avec des noms ou des titres qui signifient grandeur et pouvoir (votre Eminence, votre Excellence, Monseigneur…). Nous préférons être appelés par le nom évangélique de Père. (cf. Mt 20, 25-28; 23, 6-11; Jo 13,12-15)

6. Dans notre comportement et nos relations sociales, nous éviterons toute chose qui pourrait apparaître comme conférant des privilèges, des priorités, ou même une préférence quelle qu’elle soit due au riche et au puissant ( par exemple: banquets donnés ou reçus, place spéciale dans les services religieux) (cf Lc 13,12-14; 1 Cor 9,14-19)...

 ...
9. Conscients des besoins de justice et de charité et de leur relations mutuelles, nous chercherons à transformer le travail de “bienfaisance” en travaux sociaux fondés sur la charité et la justice pour assister tous ceux et celles qui en ont besoin (c'est-à-dire pas uniquement les catholiques) dans toutes leurs exigences, comme des humbles serviteurs des instances publiques appropriées (cf. Mt 25, 31-46; Lc 13, 12-14 et 33-34) ....

 

Haut de page ¿

 

Conversations mécréantes

Extraits du livre d’entretiens entre Caroline Fourest, journaliste et Talisma Nasreen, femme de lettre bangladaise.

 

C.F.: Si les extrémistes oppriment si facilement au nom du religieux, c’est que le religieux contient en soi la tentation de se sentir supérieur aux autres, de penser détenir la vérité suprême et donc de mépriser ceux qui sont d’un autre avis ou d’une autre croyance...

L’humanisme est une langue qui rassemble les humains au lieu de les diviser. Souvent les croyants « encartés » dans une religion réduisent l’humanisme à une philosophie terre à terre pour souligner le côté transcendant de la foi. Mais avoir foi en l’homme vous transcende !

 

T.N.: Certains deviennent bons parce qu’ils portent ça en eux - même s’ils affirment que c’est la religion qui les a aidés. En réalité, ces personnes croient à la moralité, sont bonnes, honnêtes. Elles remercient la religion, mais c’est faux : jamais la religion n’a rendu quelqu’un bon. Si jamais, elle a un effet, c’est de rendre mauvais les gens. La religion est pleine de haine, en particulier l’islam. Il affirme : « Tuez ces gens qui ne croient pas, haïssez les chrétiens, les juifs, battez les femmes qui ne vous obéissent pas, etc. » La religion est destinée aux hommes, aux machos. C’est de la haine et la haine entraîne la haine.

 

C.F.: Je vous suis sur le fait que la meilleure part de certains croyants est en fait leur part d’humanisme. Et sur le fait qu’en tant que système politique la religion a tendance à inciter à la haine. Contre les femmes, les non-croyants, les autres croyants, ou des croyants qui ne suivent pas exactement le même rite. Toute la différence entre un texte religieux et un texte humaniste comme la Déclaration universelle des droits de l’homme, c’est que la déclaration de 1948 ne comporte que des versets positifs, visant la liberté et la justice pour tous. Que ce soit la liberté de conscience, d’expression, le droit à l’autodétermination des peuples, le refus de la torture et de l’esclavage, le droit à l’égalité. La plupart de ces valeurs sont combattues par les textes religieux. Pour les rendre compatibles, il faut aller tordre un bout de verset ou le déterrer sous des tonnes d’autres prônant la guerre, la domination et la haine.

 

T.N.: La nature totalitaire de l’islam ressort avec le concept de guerre sainte, le jihad. Le but ultime : conquérir le monde.

 

Livre «Libres de dire, conversations mécréantes » Flammarion

 
Haut de page ¿
 
Petites réflexions au détour d'un chemin

 

Comme tout un chacun, il m'arrive fréquemment de me poser des questions sur le sens de la vie, sur Dieu, sur l'Amour, la mort, etc. Evidemment, les plus grands philosophes tentent depuis la nuit des temps de répondre à toutes ces questions métaphysiques. Chacun peut se retrouver plus ou moins dans les écrits ou les paroles de l'un ou de l'autre. Pour ma part, si je devais résumer de la manière la plus concise qui soit, l'idée que je me fais du sens réel de nos vies, je reprendrais une définition de Théodore Monod. Selon lui, la quête de Dieu et de la vérité est comparable à une montagne unique, la même pour tous, que nous gravissons les uns et les autres par des sentiers différents. Les uns montent par ici, les autres par là, mais nous avons tous les uns et les autres l'ambition de nous retrouver au sommet, dans la lumière au dessus des nuages.

 

J'aime croire que Dieu, cette lumière qui nous attend tous au sommet de la montagne, a imaginé pour chacun d'entre nous un chemin idéal qui nous mènerait à Lui, mais que dans le même temps il nous laisse totalement libre de l'emprunter ou pas.

 

Je crois aussi que nous errons le plus souvent sur des chemins de traverses, plus ou moins éloignés de ce chemin idéal. D'ailleurs, dans la Bible, l'hébreu 'Het, que l'on a traduit par le verbe "pécher", mot qui apparaît plus de 500 fois dans l'Ancien Testament, signifie littéralement : “ manquer la cible ”. Quand on s'est trompé de chemin et que l'on s'éloigne dans une mauvaise direction, c'est exactement ce que l'on fait, on manque sa cible.

 

Toutefois, je pense aussi qu'il peut être bon de s'arrêter en route, de se retourner pour observer le chemin parcouru ou simplement pour se reposer, faire halte un moment, se rafraîchir près d'un torrent, cueillir un fruit. Si Dieu a placé autant de délices le long du parcours, sachons donc en profiter !

Certains préféreront voyager seuls, d'autres à plusieurs.

 

Beaucoup chemineront avec une carte et un guide de voyage et il en existe en quantité. D'autres préféreront voyager au jugé en ne se fiant qu'à leur sens de l'orientation. Peu importe, l'essentiel c'est d'évoluer au plus près de son chemin. Il paraît que d'instinct, nous pouvons savoir si nous sommes sur la bonne voie car Dieu a placé une sorte de boussole en nous. On reconnaît le bon chemin, car c'est un chemin de joie et d'Amour.

 

Je me dis que Jésus, est un homme qui a voyagé au plus près de son chemin, en toute conscience. Je crois aussi que c'est pour cela que les hommes l'ont reconnu comme Christ ; je crois surtout que finalement c'est ce que voulait son Père. Je crois tout cela, mais je ne suis sûr de rien. …

 

Je regarde vers le sommet mais je ne vois rien là haut. Ce n'est pas grave, le bonheur, il est sur le chemin ; je commence à prendre plaisir à marcher ; quant à l'ivresse des hauts sommets, on verra cela un peu plus tard, je ne suis pas pressé.

 

Philippe Goyheneix (Béarn, France) Correspondance Unitarienne  http://labesacedesunitariens.over-blog.com

 

Haut de page ¿

 

Jésus aux pieds nus

 

Si je puis me permettre, j’ai plusieurs Jésus en réserve. Il y a d’abord le Jésus de la crèche, l’enfant qu’on a tous rêvé d’être, blotti au cœur de la grande nuit d’hiver dans l’amour de ses parents bien plus chaud que la paille et le lange, couvé du regard par ces deux gros benêts bien braves, le bœuf et l’âne, avec autour ces rudes bergers soudain plus doux que des agneaux, un petit pauvre à la Dickens bientôt couvert de cadeaux royaux. Il y a, juste à côté, un Jésus maigre, nu, seul, debout dans sa douleur, ce crucifié que nous sommes tous un jour ou l’autre dans les heures désespérées de nos vies. Il y a encore, pour ne rien vous cacher, un faux Jésus dont le ridicule me fait rire (amèrement) et que je garde comme un sûr témoin de la bêtise humaine : c’est ce Jésus au cœur phosphorescent, à l’œil extatique, couronné d’or et de pierreries – un Jésus de plâtre. Mécréant comme je suis, on dira que ça ne me regarde pas, mais tout de même : l’effet “Jésus de plâtre” nuit gravement à la santé de l’Église.

Bref. Il y a heureusement un autre Jésus, un Jésus insolent et incommode, dont il m’importe peu de savoir s’il est ou non fils de Dieu : il est frère des hommes et il n’oublie jamais qu’il est né sur la paille. Dans les années 1970, du temps où il n’était pas encore atteint de sa sinistre pathologie morale, Roger Garaudy en avait dessiné la figure exigeante : un Jésus révolutionnaire, celui qui chasse les marchands du Temple, qui tend la main à la prostituée et aux parias en tout genre, qui promeut le renversement des fausses valeurs et l’utopie de l’amour, qui croit, l’insensé, que la générosité prévaut sur la force et croit, poète intrépide, que la parole peut éveiller les consciences. C’est à ce Jésus aux pieds nus que va, on le devine, ma préférence. Et j’ai beau faire régulièrement, comme il se doit, le ménage dans ma réserve, aucun risque que je ne me défasse jamais de mon Jésus des saintes colères !

                                                                     

Jean-Pierre Siméon, Poète et dramaturge.   (Journal La Vie du 19 12 2009)                                                                      

 

Haut de page ¿

 

En cette période de Noël … plus que jamais l’Espérance

 

(…) Nous nous souvenons de la naissance de Jésus que nous célébrons. Cette mémoire que nous faisons est pour nous l’occasion de témoigner concrètement de notre Espérance, y compris sur les places publiques dans nos combats pour la justice, la liberté, la priorité de l’humain. Ce petit enfant Jésus - dont nous ne savons ni quand exactement il est né, ni dans quelles circonstances, ni en quels lieux - va grandir, apprendre, expérimenter librement sa vie à la lumière de la culture de son peuple, méditer et devenir un grand maître spirituel et humain.

 

C’est un homme (Ecce Homo) que l’on a trahi de siècle en siècle, en le divinisant sous des aspects idolâtriques en contradiction avec le Dieu qu’il annonce, en faisant de lui un fondateur de religion dogmatique et hiérarchique, en lui donnant le rôle de garant de la violence des puissants contre les faibles et les pauvres, de la violence qui exclut. Mais nous partageons avec beaucoup de croyants de toutes les époques de l’histoire, une autre idée de l’homme Jésus, de son enseignement, de ses actes et de leur caractère profondément “ révolutionnaire ” ou “ bouleversant ” au sens fort pour chacun de nous et pour l’Humanité en général.

 

Ce message évangélique, nous en sommes aujourd’hui bien humblement et souvent bien insuffisamment les héritiers et nous avons à le redire avec les mots et les actes qui conviennent au monde dans lequel nous vivons. Noël est ce moment d’émotion où nous célébrons la venue au monde d’un bébé comme tous les bébés, conçu bien entendu comme les autres, et qui nous a historiquement interpellé dans ce qu’il y a de plus essentiel : la dignité de “ fils de Dieu ” de tout être humain, y compris (voir à commencer par) les plus méprisés, les exclus, les prétendus pêcheurs, ceux qui sont en prison, les malades, les femmes méprisées et infériorisées, les étrangers, etc., ce qui devrait faire de nous des responsables pour notre temps de l’incarnation réelle de ce que, dans les évangiles, en termes sans doute vieillis, on appelle le “ Royaume ”.

 

Jean Riedinger, président d’Espérance 54 (Meurthe-et-Moselle)

 

Haut de page ¿

 

Jésus n’est pas le Jésus-Christ des Églises !

 

Jésus n’est pas le Jésus-Christ qui nous a été présenté, le Jésus-Christ des Églises, des traditions, des doctrines, des liturgies, des prédications. Jésus n’est pas ce personnage céleste et divin qui serait à adorer, cette deuxième personne d’une Trinité impensable ; il n’est pas le fondateur de la théocratie chrétienne, la chrétienté dominatrice qui lui aurait fait horreur ; il n’a institué ni religion, ni Église, ni sacerdoce, ni hiérarchie ; tout cela a été inventé par des générations “ chrétiennes ” successives, et – d’une façon ou d’une autre, nous a été imposé. On nous a obligé à croire que Dieu l’avait fait mourir “ pour expier nos fautes ” selon un prétendu péché originel, on nous a martelé que son cadavre avait repris vie, qu’il était un christ ressuscité et qu’en plus il était allé aux Enfers et qu’il était monté au Ciel, on ne sait pas trop où, et même (étant Dieu lui-même) qu’il siégeait sur un trône à la droite de Dieu … et beaucoup d’autres choses semblables.

 

Jésus de Nazareth, au contraire, a été un simple homme de foi et de courage, s’inscrivant dans la lignée des sages de tous les peuples, s’efforçant de trouver pour tous des façons de survivre et de vivre ensemble ; s’inscrivant ainsi dans le sillage des prophètes contestataires des injustices et des crimes, de la tyrannie des puissants de toute sorte, mais aussi des prophètes utopiques, proposant un sauvetage de l’Humanité et des jours heureux en recherchant la vérité dans tous les domaines, l’authenticité et non les illusions et les superstitions, bref le sauvetage de l’Humanité si folle et si fragile.

 

Jésus n’a pas été un prêtre ni un saint. Vêtu comme tout le monde et vivant comme tout le monde, il a inventé et proposé une nouvelle façon de penser et de vivre, de croire aussi, qui renverse l’ordre abominable actuel du monde et propose à des poignées d’individus sans compétences particulières pour cela, de vivre le contraire de tout ce qui fait souffrir et mourir, en s’engageant à corps perdu dans ce combat. Bien sûr il l’a vécu lui-même et il l’a payé de sa vie, car les pouvoirs religieux hypocrites et les pouvoirs politiques tyranniques n’ont pas pu supporter cet agitateur populaire. Mais sa proposition dérangeante et magnifique tient encore la route et suscite plus que jamais des poignées d’audacieux solidaires, généreux et capables d’aimer même ceux qui les combattent.

 

Sa grandiose façon de vivre peut-être vécue dans toutes les cultures, non religieuses comme religieuses, qu’elle transforme, dans nos sociétés sécularisées comme dans les christianismes traditionnels, le judaïsme et l’islam : tous ont, en effet, un grand respect et une reconnaissance pour ce rabbi inspiré exceptionnel, même s’ils ne comprennent et n’accueillent que très partiellement sa proposition inouïe, entraînant parfois des séparations et des engagements.

 

Roger Parmentier, pasteur Église Réformée de France (Correspondance Unitarienne http://labesacedesunitariens.over-blog.com/ )

 

Haut de page ¿

 

Devenir grain de sable

 

Moi, le contrôleur du métro, quand je soupçonne une personne au faciès et la dénonce,

Moi l'employé de mairie, quand je soupçonne un couple de fraude parce que l'un d'eux est étranger,

Moi, l'agent derrière mon guichet, quand j'appelle la police parce qu'une personne se présente sans carte de séjour,

Moi, le médecin, quand je refuse des soins à une personne parce qu'elle est sans papiers,

Qu'est-ce que je fais ? Qu'est-ce que je laisse faire ?

 

Moi, l'agent de préfecture, quand je refuse une carte de séjour à une femme de 65 ans, en France depuis 15 ans, qui sera expulsée,

Moi, le policier, quand j'arrête un homme et le fais enfermer dans un centre de rétention sans le laisser prévenir sa femme et ses enfants,

Moi, l'agent consulaire, quand je refuse la délivrance d'un visa de court séjour à une mère qui veut rendre visite à sa fille, en situation régulière,

Moi, le commandant de bord, quand j'accepte dans mon avion un homme qu'on attache pour l'expulser,

Qu'est-ce que je fais ? Qu'est-ce que je laisse faire ?

 

Moi, le procureur de la République, quand je lance une enquête pour empêcher une française d'épouser l'étranger sans papiers qu'elle aime,

Moi, le juge, quand je dis que mon devoir est d'appliquer la loi, en éludant la question de sa légitimité,

Moi, le responsable politique, quand je vante le "bon" chiffre des expulsions, oubliant que ce "résultat" cache des hommes, des femmes et des enfants,

Moi, le croyant, quand je ne dis rien ou ne fais rien pour défendre l'étranger, mon frère, car ce serait "faire de la politique",

Qu'est-ce que je fais ? Qu'est-ce que je laisse faire ?

 

Moi, le citoyen, quand je ne veux pas voir ce qui se fait en mon nom, alors ... Le refuse la Liberté. Je refuse l'Égalité. Je refuse la Fraternité.

Alors, comme chaque être humain, je prends conscience que tout ceci blesse à chaque fois : une personne, la société, moi-même.

Non, je ne peux pas laisser faire ! Et si je devenais un grain de sable ?

 

Appel du groupe oecuménique "Pas en notre nom !"

(avec La Cimade, Le Réseau Chrétien Immigrés, l'Entraide Protestante et le Festival de la Jeunesse Orthodoxe)

 

Haut de page ¿

 

Vigilance

 

… L’ignorance de l’avenir nous renvoie à un impératif d’action dans le présent : “ Prenez garde, veillez, car vous ne savez quand ce sera le moment ” *. Autrement dit : ne vous préoccupez pas de quand le Royaume va arriver, agissez ici et maintenant comme si le Royaume arrivait. Donc nous voyons que ce texte nous invite à un renversement de perspective : là où les auditeurs de Jésus attendent sans doute une révélation sur ce qui va arriver dans l’avenir, Jésus les renvoie à une responsabilité dans le présent.

 

… N’est-ce pas de la mort que l’on peut dire “ Veillez, car vous ne savez quand ce sera le moment ” ? La perspective de notre mort souligne avec acuité l’urgence de la vie. C’est donc bien ici encore dans l’obscurité que le veilleur guette l’apparition d’une lumière.

 

Mais où nous tournerons-nous pour apercevoir cette lumière ? Le mot d’ordre “ veillez ” me paraît rempli d’espérance, car il ne nous est pas demandé de nous réveiller, comme si nous étions déjà endormis, mais de résister à la tentation du sommeil. Un texte de l’Apocalypse le dit de manière encore plus vigoureuse “ sois vigilant, ranime ce qui te reste de vie défaillante ”**. Il ne nous est pas demandé de faire exister la vie là où elle serait absente, mais de ranimer la vie qui est encore en nous. Il me semble donc que l’exhortation à la vigilance vise à préserver et activer une vie de l’esprit qui existe déjà en chacun de nous, croyants ou non-croyants. Et ce de multiples manières.

 

Contre le sommeil de la conscience morale et politique, la vigilance préserve notre capacité d’indignation devant l’injustifiable, l’intolérable.

Contre le sommeil de l’intelligence, la vigilance nous affranchit des idées reçues et des formules creuses, elle étend le champ de notre curiosité et stimule notre désir de vérité.

Contre le sommeil de nos sens, la vigilance aiguise notre sensibilité à la beauté, beauté de la nature, beauté de l’art, d’une cantate de Bach qui est comme la promesse d’une vie meilleure.

Contre le sommeil de notre désir, la vigilance attise notre aspiration à un bonheur qui dépasse la satisfaction consumériste de nos besoins terre-à-terre.

Et par-dessus tout, contre l’endormissement dans nos relations avec autrui, la vigilance ravive la présence de l’autre ; elle nous expose à lui, dans la douleur de la compassion et l’émerveillement de la découverte ; elle empêche l’éloignement de devenir de l’indifférence, l’intimité de dégénérer en une familiarité de mauvais aloi, où l’autre finit par disparaître dans l’habitude.

 

Voilà différents domaines où la vie de l’esprit est sans cesse menacée par la tentation de l’endormissement et où le mot d’ordre “ veillez ” prend sens. Qu’est-ce qui peut nous soutenir dans l’éveil ? C’est, je crois, l’espérance … Seule la visée d’un horizon qui transcende notre présent peut nous porter au-delà de nous-mêmes. Cet horizon nous met en mouvement dans notre désir du bien, du vrai, du beau, du bonheur, de l’unité des consciences et, j’ose à peine le dire tant ce mot doit être employé avec retenue, dans notre désir de Dieu.

Didier Travier (Correspondance unitarienne ; http://labesacedesunitariens.over-blog.com/)

 

* Evangile de Marc, Chapitre 1, V.33

         ** Apocalypse 3, V. 2

 

Haut de page ¿

Les bienfaits de la réflexion sur l'impermanence

La vie est aussi éphémère qu’une goutte de rosée à la pointe d’un brin d’herbe. On ne peut arrêter la mort, de même qu’on ne peut empêcher les ombres de s’étirer au soleil couchant. Vous pouvez être extrêmement beau, vous ne séduirez pas la mort. Vous pouvez être très puissant, vous ne l’influencerez pas davantage. Même les richesses les plus fabuleuses ne vous achèteront pas quelques minutes de vie supplémentaires. La mort est aussi certaine pour vous que pour celui qui a le cœur transpercé d’un poignard.

Un jour, un rude Tibétain du Khampa vint offrir une pièce de tissu à Droubthop Tcheuyoung, l’un des plus éminents disciples de Gampopa, pour lui demander des enseignements. À plusieurs reprises Droubthop Tcheuyoung renvoya le Khampa en dépit de ses multiples supplications. Comme celui-ci insistait, le maître prit finalement les mains de l’homme dans les siennes et lui répéta trois fois:
– Je mourrai; tu mourras.
Puis il ajouta:
– Voilà tout ce que mon maître m’a enseigné. C’est tout ce que je pratique. Médite simplement là-dessus. Je te promets qu’il n’y a rien de plus grand.

L’idée de la mort tourne l’esprit vers le Dharma, elle nourrit l’assiduité, et elle permet, pour finir, de reconnaître la radieuse clarté de la dimension absolue. La mort devrait toujours être l’un des sujets essentiels de vos méditations.

Lorsque la véritable compréhension de l’impermanence aura commencé à poindre dans votre esprit, vous ne vous laisserez plus emporter par la discrimination entre ami et ennemi, vous serez à même de déchirer l’épais enchevêtrement des activités distrayantes et futiles, vous serez capable de puissants efforts, tout ce que vous ferez prendra la direction du Dharma, et vos qualités s’épanouiront comme jamais auparavant.

Khyentsé Rinpotché

Haut de page ¿

 

Credo alternatif

par Pierre Castaner, association “ Café du Courant d’Air ” (Marseille)

publié dans “ Nouvelles de communautés ”, spécial Angers novembre 2008, n° 90, mars 2009, p. 30

 

Je crois que “ le Verbe s’est fait chair ” et qu’il nous faut trouver les mots et les gestes pour le redécouvrir en nous-mêmes et dans l’Autre.

Je crois que la question du Christ est à soumettre encore et toujours, à temps et à contretemps dans un souci d’épanouissement de l’homme, pour l’élévation de l’âme et pour l’incendie de la foi qui fait feu de tout bois, dans ce monde blasé et résigné.

J’ose croire que boire, chanter, perler, cogiter, créer et prier font bon ménage hors de la pensée unique et inique.

Je crois au questionnement et à l’étonnement de l’homme. Il nous faut mijoter des projets de solidarité, prier et méditer, ramasser les forces égarées en nous ; je crois que c’est là ce qu’on nomme l’Esprit.

Je crois que Jésus comme tout le monde fréquentait les cafés de tout le monde, que Jésus mangeait et buvait à la table des hommes. Et c’est à table et autour d’un verre qu’on refaisait le monde et que la parole divine et créatrice soufflait, pour retrouver le sens de l’amitié et de la fraternité.

Je crois de plus en plus que dans nos villes, l’évangile si fragile ne peut se dire que dans un climat de sympathie et d’appétit.

 

Haut de page ¿

 

Y a-t-il trois militants en cette cité ?

par Jean-Claude Barbier (chrétien unitarien, Bordeaux)

Abraham s’entremet auprès de Dieu pour qu’il épargne Sodome et Gomorrhe et marchande le nombre de justes pouvant sauver leur cité. Dieu accepte de descendre jusqu’à dix. “ il (Abraham) dit : “ Que cela ne brûle donc pas Adonaï, je parlerai seulement cette fois : peut-être dix se trouveront là ? ”. Il (IHVH) dit “ Je ne détruirai  pas pour les dix ”. IHVH va quand il a achevé de parler avec Abrahâm. Abrahâm retourne à son lieu [aux Chênes de Mamré]” (Genèse, 18, 32-33, traduction André Chouraqui).

 

La loi française en 1901 est encore plus généreuse que le Dieu d’Abraham puisque les associations à but non lucratif ont seulement besoin de 3 personnes pour constituer un bureau avec un président, un secrétaire et un trésorier. Or, par les temps qui courent certains mouvements ont bien de la peine pour trouver des volontaires. Certains doivent même fermer boutique, d’autres se contenter d’équipe de niveau aléatoire.  

Les yeux (envieux) se tournent vers les charismatiques et la nébuleuse pentecôtiste – néo évangélique. On s’étonne aussi de constater que les catholiques traditionalistes, voir franchement réactionnaires, réussissent mieux que les libéraux et réformateurs et remplissent leurs églises et séminaires. Même tabac chez les musulmans où les soufis et les “ laïcs ” sont dilués dans des communautés toutes acquises au communautarisme religieux en terre étrangère. 

Alors les croyants libéraux ? Que se passe-t-il ? N’avons nous pas pourtant des bulletins et des journaux, des idées et des entrepreneurs, des rassembleurs d’hommes et des chefs d’orchestre, des communautés de base et des mouvements, des réseaux et des invitations à nous rencontrer ? Les engagements se raréfieraient-ils avec la liberté de pensée, loin des slogans mobilisateurs, des mots d’ordre, des affirmations dogmatiques et sans nuance, des encadrements cléricaux sécurisant ? Faut-il se résoudre à un retour aux institutions pourtant tant décriées ? 

L’Evangile ne nous dit-il pas que si des personnes se réunissent au nom de Jésus, leur maître spirituel est au milieu d’eux. Trois militants par cité, de pleine conviction et fraternité, capables de soulever des montagnes. Quand on parle de la foi est-ce cela ? Est-ce chose de plus que nos simples opinions, croyances et convictions ? Une énergie, un enthousiasme, une persévérance conforme au projet initial, et puis la joie d’un monde meilleur à construire, à transmettre à nos enfants. Trois militants par cité, bien décidés …

 

Haut de page ¿

 

Rétribution 2009 06

 

Entendu à la radio en ce début février : des habitants des Landes dévastées par la récente tempête ont été trouver un prêtre exorciste du diocèse de Dax, pour demander son aide à propos de ce qui venait de leur arriver. Aussitôt je me suis mis à penser à la vieille théorie théologique de la rétribution, dont je vois là l’incarnation vivante.

 

Elle consiste à faire un lien entre ce qui nous arrive et ce que nous méritons. Est-ce un bonheur, c’est un signe de la bienveillance de Dieu. Un malheur, de sa colère. Cette tempête est donc une malédiction, le signe d’une punition divine. Notez que cette idée affleure souvent encore dans le langage, quand nous disons devant un malheur qui nous frappe : “ Mais qu’est-ce que j’ai donc fait au Bon Dieu pour mériter cela ? ”

 

Dieu a-t-il puni les Landais de ne pas aller assez souvent à la messe ? Par quel démon ont-ils été habités, qu’il faudrait chasser par des prières ? Nous voilà, à l’époque d’Internet, en plein Moyen Âge, où les Flagellants se fouettaient pour expier les fautes leur ayant amené la peste.

 

On sait que ce problème de la justice de Dieu (théodicée) est posé dans le Livre de Job. Comment se fait-il qu’un juste soit frappé ? Aux justes récriminations de son serviteur, Dieu ne répond que par une manifestation de puissance superlative qui ne peut que l’écraser : “ Prendras-tu le crocodile à l’hameçon ? Saisiras-tu sa langue avec une corde ?” Mais je me demande si on peut vraiment se vanter d’avoir créé le crocodile…

 

Abandonnons cette idée pernicieuse d’un Dieu punissant ou récompensant, que nous formons à notre image. Il n’est que l’alibi de nos peurs et de nos espoirs. Laissons aussi derrière nous toute idée de souffrance expiatoire, et cette double peine qu’est la rétribution théologique.

 

C’est bien assez il me semble de dire que parfois nous sommes dans nos vies déjà punis par nos erreurs, sans aller jusqu’à dire que nous devons l’être pour elles. Cette notion manque singulièrement de charité. À un malheur n’en ajoutons pas un autre, en lui adjoignant l’idée d’une culpabilité, et celle d’un châtiment.

 

Michel Théron billet paru dans Golias Hebdo, n° 68, semaine du 19 au 25 février 2009, http://www.golias-editions.fr

Haut de page ¿

Spiritualité et lieux de vie 2009 05

Quitte ton chapelet, laisse ton chant, tes psalmodies. Qui crois-tu honorer dans ce sombre coin solitaire d’un temple dont toutes les portes sont fermées ? Ouvre tes yeux et vois que ton Dieu n’est pas devant toi.

Il est là où le laboureur cultive le sol dur ; et au bord du sentier où peine le casseur de pierres. Il est avec eux dans le soleil et sous l’averse ; son vêtement est couvert de poussière. Dépouille ton manteau pieux ; pareil à Lui, descends dans la poussière !

Délivrance ! Où prétends-tu trouver délivrance ? Notre maitre ne s’est-il pas joyeusement chargé des liens de la création ? Il s’est attaché avec nous pour toujours.

Sors de tes méditations et laisse de côté tes fleurs et ton encens ! Tes vêtements se déchirent et se souillent ? Qu’importe ? Va le rejoindre et tiens-toi près de Lui dans le labeur et la sueur de ton front.

Rabindranath Tagore (L’Offrande lyrique)

Haut de page ¿

Nous sommes (aussi) l'Eglise 2009 04

Bien au-delà d’une certaine mouvance généralement et paresseusement qualifiée de « contestataire », un nombre croissant de chrétiens s’interrogent sur la pertinence de leur affiliation à l’Eglise catholique. A vrai dire, la plupart ne s’étaient même jamais posé la question : ils étaient catholiques comme ils sont Français (ou Allemands ou Béninois, peu importe !), par héritage ou par convention, sinon par hasard. A travers ses propos littéralement planants (sur la contraception et le SIDA) et ses actions de réconciliation unilatérale (ces pauvres intégristes n’avaient apparemment rien demandé…), sans même parler de l’affaire de Ratisbonne jadis ou de Recife naguère, le pape Benoît XVI leur offre avec une insistance pour le moins singulière les raisons de se poser la question.

Faut-il pour autant quitter le navire en toute hâte, bruyamment ou sur la pointe des pieds, selon le tempérament, le degré d’exaspération ou de désespoir de chacun ? La réponse sera sans doute aisée pour celles et ceux qui se considèrent aujourd’hui catholiques par convention -- culturelle ou familiale -- ou par hasard. Mais qu’en sera-t-il pour tous ces autres chrétiens de confession catholique par choix, par projet ? Imagineraient-ils par exemple un seul instant renoncer à leur nationalité parce qu’ils seraient en désaccord, même de façon radicale, avec le chef de l’Etat ou le Gouvernement du moment ? Sans doute est-il plus essentiel que jamais de dire -- et de faire entendre -- que le Pape, quel qu’il soit, ne saurait parler au nom de tous les catholiques quand il quitte son rôle de garant de l’unité de l’Eglise pour s’aventurer dans l’énonciation d’une « loi naturelle » introuvable dans les textes canoniques comme dans les faits (alors que dans le même temps les défis sociaux, économiques, écologiques, culturels et spirituels s’accumulent) ; quand il déserte son rôle de gardien du dogme dans ce qu’il a de plus essentiel -- tel que synthétisé dans le symbole des apôtres puis dans le symbole de Nicée-Constantinople -- pour affirmer comme vrais et intangibles les fruits de constructions théologiques conjoncturelles et précaires qui font débat parmi les théologiens eux-mêmes ; quand il abandonne son rôle de pasteur universel et d’inspirateur du peuple de Dieu -- que nul catholique n’aurait idée de lui dénier -- pour endosser la robe du monarque de droit divin, sourd aux préoccupations réelles de ses fidèles, hermétique à l’idée même d’entrer dans un dialogue bienveillant et amoureux -- ce qui n’a jamais signifié complaisance -- avec les femmes et les hommes de son temps. Sans doute est-il plus essentiel que jamais de dire -- et de faire entendre -- que nous sommes (aussi) l’Eglise, et qu’en dehors des quelques points précédemment évoqués, nul autorité n’a le droit de parler en notre nom, de brader au passage la crédibilité de notre foi aux yeux des non-catholiques, et d’obscurcir l’annonce de l’évangile qui demeure le fondement le plus sûr de notre foi …

Pour lire la suite, cliquer:   www.nsae.fr

Karim Mahmoud-Vintam, président de l’association Nous Sommes Aussi l’Eglise

Haut de page ¿

    Le Vatican dit-il la vérité ? 2009 03
Lu dans Le Matin Dimanche, un journal suisse; Genève, 21 Déc. 2008 :

          Les églises se vident, sauf à Noël et à Pâques, et pourtant les libraires n'ont jamais autant vendu de livres sur le Christ. Pour la première fois depuis vingt siècles, cette figure a complètement échappé au contrôle des religieux et vit une nouvelle existence romanesque. Faut-il s'en réjouir ? Et quelles seront les conséquences de ce phénomène pour la chrétienté ?
              
                         (par Jocelyn ROCHAT)

          Après 17 siècles de contrôle féroce, le Christ a fini par échapper à la surveillance jalouse des Églises. Progressivement récupéré par les historiens dès 1778, Jésus est désormais tombé dans le domaine public. Le voici même, selon la formule de l'historien Michel Benoît, "devenu un people", comme Nicolas Sarkosy ou Paris Hilton.
          Grâce, ou à cause de Dan Brown et de son "Da Vinci Code", on s'interroge sur la vie sexuelle de Jésus (a-t-il épousé Marie-Madeleine, lui a-t-il fait un enfant ?). Grâce, ou à cause de Mel Gibson, nous avons vu sur écran géant les détails les plus sanglants de sa Passion.

          La montre de Jésus
          "Et si Jésus avait porté une montre comme notre président, on voudrait en connaître la marque", ironise le Français Michel Benoît. Pourtant l'historien est très loin de regretter cet intérêt pour le Jésus people. "Nous assistons à un phénomène nouveau. A travers des films et des romans à succès, un vaste public s'habitue à entendre parler de Jésus autrement, et il en redemande.

          A l'entendre, cette curiosité des foules pour un Jésus plus intime serait "une bonne nouvelle. Même si les réponses des romanciers ou des scénaristes sont souvent simplistes ou mensongères, ces nouveaux récits posent quand même la bonne question au grand public : qui était ce Jésus, sur lequel s'est construite l'identité culturelle de l'Occident ?Désormais, les gens se sentent autorisés à réclamer un droit d'inventaire, sans tabou. On peut s'interroger sur tout, et on ne se prive pas"

          "Enfin ! , s'exclame Daniel Marguerat, l'expert Lausannois du Jésus historique. Enfin le grand public se pose des questions sur Jésus et perd un peu de sa naïveté"
          Les deux chercheurs s'accordent cependant pour penser que cette nouvelle médiatisation est une arme à double tranchant. "Il faut se battre sur deux fronts : face à l'Église et face aux fausses pistes imaginées par des romanciers à succès mais peu sérieux", précise Michel Benoît. Question d'actualité, en cette période de Noël, la composition (contestée dans le camp catholique) de la Sainte Famille.

Pour lire tout l'article, cliquer : http://michelbenoit17.over-blog.com/article-28555620.html

 

Haut de page ¿

Se désarmer 2009.01

La guerre la plus dure, c'est la guerre contre soi‑même.  Il faut arriver à se désarmer. J'ai mené cette guerre pendant des années, elle a été terrible. Mais je suis désarmé.  Je n’ai plus peur de rien, car l'amour chasse la peur. Je suis désarmé de la volonté d'avoir raison, de me justifier en disqualifiant les autres. Je ne suis plus sur mes gardes, jalousement crispé sur mes richesses. J'accueille et je partage. Je ne tiens pas particulièrement à mes idées, à mes projets. Si l'on m'en présente de meilleurs, ou plutôt non, pas meilleurs, mais bons, j'accepte sans regrets. J'ai  renoncé au comparatif. Ce qui est bon, vrai, réel est toujours  pour moi le meilleur. C'est  pourquoi je n'ai  plus peur. Quand on n'a plus rien, on n'a plus  peur. Si l'on se désarme, si l'on se dépossède, si l’on s'ouvre au Dieu‑ homme  qui fait toutes choses nouvelles, alors, Lui, efface le mauvais passé et nous rend un temps neuf où tout est possible.             

Patriarche  Athénagoras

Haut de page ¿

 

Mon Rivage 11.2008

 

C’est dans le fond de moi-même l’endroit où je m’écoute. Ce n’est pas toujours facile.

C’est l’endroit où subsiste l’enfant que je fus, l’endroit où je me retrouve à chaque âge, où je trouve le fil de mon existence.

C’est l’endroit où le monde, ceux que je rencontre laissent leur empreinte, l’endroit où je reçois les paroles et gestes de bonté, de générosité, de liberté et de courage, qui comme des graines semées en terre fleurissent, grandissent, et transforment ce lopin de terre au fond de moi en un très beau jardin, dont j’essaye de prendre soin car il m’apparaît aujourd’hui être mon trésor intime, et j’y veille les personnes vivantes ou disparues qui me sont chères.

C’est l’endroit de mes questions fondamentales, l’endroit où se tiennent mes valeurs, ma compassion, là où naissent mes révoltes contre les injustices, l’endroit où se murmurent et s’affermissent des pardons alors que mon amour-propre rugit à la guerre contre celui qui m’a blessé.

C’est l’endroit où je m’ose nu, fragile, mais aussi l’endroit de ma force irréductible, qui ne peut plus s’effondrer même lorsque je me sens abandonné. C’est le rivage où j’ai fini par m’échouer lorsque le courant de la vie a emporté l’échafaudage de certitudes et de repères qui de l’extérieur me soutenaient.

Pour entrer en cet endroit, j’ôte mes costumes, je dépose les armes. Il faut que je m’abandonne à me contenter de ce que je suis seulement, de ce que la vie me donne seulement, et aussi assumer ce que la vie me propose d’assumer sans m’échapper.

J’y rencontre mon être profond, avec lequel parfois je coïncide.

Cet être m’apparaît de plus en plus clairement au fur et mesure que j’avance dans la vie, qu’elle me dénude et me martèle de sa réalité. Je le perçois incomplet mais ne cessant de grandir au fur et à mesure que je vieillis, je sens que je n’aurai jamais fini de le découvrir.

Il sait se tenir debout et marcher seul et me/se porter dans les tourmentes que je/nous traversons. Lorsque je me tiens près de lui, ou en lui, je peux regarder tranquille ma mort. Ce plus vieux et fidèle compagnon me console et se tient en moi comme une promesse d’amour envers moi-même et tous les autres. Je sais que je souffre quand je suis égaré à côté de lui. Je me rends compte que je dois prendre soin de lui. Pour lui permettre d’exister je dois l’affirmer contre les modes, les clichés, accepter son originalité. Ce n’est pas toujours facile.

De la découverte en moi de cet être qui danse et chante la jouissance de vivre, me vient mon vrai désir de rencontre avec les autres. Rencontrer non pas pour dominer, pour assouvir un désir en utilisant les autres. Mais depuis ce rivage, aller à la rencontre de celui de l’autre, témoignage que je ne suis pas isolé, mais que d’autres êtres font route et veillent aussi à côté de moi, portant leur humanité, leur lot de souffrance mais aussi de bonheur à vivre, d’engagements.

Et peu à peu au fur et à mesure de ces rencontres se dessine le portrait d’une humanité qui est toute autre que celle revendiquée, j’ai envie de dire hurlée, par les modes et les médias, les cartes géopolitiques, raciales, ethniques et religieuses. Une humanité humble mais rayonnante d’êtres debout et éveillés, qui cherchent et donnent sens à leur vie.

 

Bernard Lestriez, membre de l’Association culturelle des amis de Marcel Légaut

(bernard.lestriez@cnrs-imn.fr)

Haut de page ¿

 

Légende hindoue 10.2008

 

Une vieille légende hindoue raconte qu’il y eut un temps où tous les hommes étaient des dieux. Mais ils abusèrent tellement de leur divinité que Brahma, le maître des dieux, décida de leur ôter le pouvoir divin et de le cacher à un endroit où il leur serait impossible de le retrouver. Le grand problème fut donc de lui trouver une cachette.Lorsque les dieux mineurs furent convoqués à un conseil pour résoudre ce problème, ils proposèrent ceci : “Enterrons la divinité de l’homme dans la terre.” Mais Brahma répondit : “Non, cela ne suffit pas, car l’homme creusera et la trouvera.”

 

Alors les dieux répliquèrent : “Dans ce cas, jetons la divinité dans le plus profond des océans.”

Mais Brahma répondit à nouveau : “Non, car tôt ou tard, l’homme explorera les profondeurs de tous les océans, et il est certain qu’un jour, il la trouvera et la remontera à la surface.”

 

Alors les dieux mineurs conclurent : “Nous ne savons pas où la cacher car il ne semble pas exister sur terre ou dans la mer d’endroit que l’homme ne puisse atteindre un jour.” Alors Brahma dit : “Voici ce que nous ferons de la divinité de l’homme : nous la cacherons au plus profond de lui-même, car c’est le seul endroit où il ne pensera jamais à chercher.”

 

Depuis ce temps-là, conclut la légende, l’homme a fait le tour de la terre, il a exploré, escaladé, plongé et creusé, à la recherche de quelque chose qui se trouve en lui.

 

Karim Mahmoud-Vintam  http://www.nsae.fr

Haut de page ¿

 

A l'école de la vie 10.2008

 

   Je me suis demandé pourquoi l'Eglise qui, il n'y a pas si longtemps, nous a appris à aimer la Vie, à y rencontrer tous les hommes et à nous y plonger pour la changer et y découvrir Celui qui nous a fait à son image est devenue une vieille dame drapée dans ses certitudes, étrangère à notre vie et a celle de nos enfants, préoccupée de spiritualité et de compassion pour mettre un peu de pommade sur les plaies des blessés de la vie mais incapable de dénoncer un système politique qui fabrique les sans-papiers, les sans logis, les sans emplois... c'est à dire un système qui bafoue les droits de l'homme.

 

   Comment peut-on aimer ses frères en vérité sans prendre part au combat, y compris politique, pour bâtir un monde où la règle d'or soit: liberté, égalité, fraternité pour tous et non plus le libéralisme débridé que nous connaissons aujourd'hui?

 

   Comment peut-on prétendre secourir ceux qui sont dans la misère et accepter:

      - que ce soit les malades qui paient pour éponger le "trou" de la Sécurité Sociale alors que, comme le rappelle le rapport de la Cour des Comptes, nombre d'entreprises et de collectivités territoriales ne paient pas leurs charges sociales ou en sont exonérées.

      - que le montant de l'impôt soit limité et diminué pour les plus fortunés... alors qu'il est maintenu et aggravé pour les moins favorisés.

      - que la politique du logement laisse de coté tous les précaires en incitant à tout crin a devenir propriétaire au lieu de construire des logements sociaux en masse

      - que la politique de l'emploi consiste d'abord à culpabiliser et à sanctionner les chômeurs et à se contenter de pieuses "recommandations" pour limiter le scandale des parachutes dorés pour c eux qui ont conduit leur entreprise à la faillite.

      - que les sans papiers qui souvent travaillent et accomplissent les tâches dont personne ne veut se voient refuser leur régularisation et soient donc maintenus dans l'exclusion et trop souvent désignés comme les responsables de l'insécurité.

 

   Je sais bien que ce que je viens d'écrire a un gout de théologie de la libération et doit donc être mis au bucher, pourtant je ne peux me résoudre à renoncer à cet appel au combat pour une autre Société.

 

   Pour terminer, une nouvelle fois, je me demande pourquoi ce n'est pas la place de l'Eglise de descendre dans la rue pour défendre les retraites par répartition, le droit au logement pour tous, des papiers pour ceux qui font marcher nombre de nos entreprises ou de nos services... alors que descendre dans la rue pour défendre l'Ecole Libre, pour prôner et imposer une certaine conception du mariage à l'exclusion d'autres modes de vie, pour vouloir imposer une conception unique des choix de début et de fin de vie c'est parait-il le rôle de l'Eglise car dans ces domaines il ne s'agirait pas de politique mais de développer une "culture de vie"

 

Claude Bernot de Mouvance Parténia; Mouvance-partenia@googlegroups.com

Haut de page ¿

 

Entre nous soit dit: Selectionner ses immigrés ?

 

Une réforme du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en France (CESEDA) est en préparation. Sous couvert de maitriser l'immigration, elle évoque la possibilité d'une codification sélective des étrangers. Ceux qui ne servent pas les intérêts économiques immédiats de notre riche pays seraient maintenus à distance.

Il est vrai que la solidarité, l'attention aux pauvres, le respect de ceux qui ont un travail salarié et, plus généralement, le respect des droits fondamentaux, sont des choix magnanimes. Comme ceux des idéaux de la République. Ces choix polititqes, honorant ceux qui les font, conduisent à des projets mettant l'homme au centre, quelle que soit son origine géographique.

Avec sa famille, reconnue, logée et soignée dignement, l'immigré doit pouvoir bénéficier de l'accueil de l'Etat. Il pourra ainsi développer une citoyenneté active parce que promue, régularisée par des papiers, codifiée par de la générosité à priori et de la compréhensiuon culturelle.

Pour des chrétiens, c'est ainsi que se bâtit, dans la foi, un Royaume qui n'est pas de ce monde, mais qui s'y construit patiemment, dès aujourd'hui. Soyons attentifs aux signes précurseurs de ce Royaume, mais aussi aux contre-signes, tels ces projets législatifs visant à sélectionner, trier, ériger des murs de lois en béton, dont nous ne pourrions qu'avoir honte. Les communautés chrétiennes, avec d'autres, ont le devoir de vigilance et d'action.

Abbé Gérard MARTIN

Haut de page ¿

 

  Autre chose est en train de naître

 

Un ancien monde s’en est allé, celui de la chrétienté, propre à une « société agraire » qui n’est plus la nôtre. Notre nourriture essentielle, nous la cherchons ailleurs que dans cette hiérarchie romaine et ses inconditionnels qui continue à parler la langue d’une autre civilisation, d’une autre culture. Nous sommes revenus aux origines, à la source : la personne de Jésus rencontrée dans l’Ecriture. C’est là que la vie reprend et crée autre chose, du neuf. Nous sommes en route vers autre chose que nous ne connaissons pas et dont nous ne savons quels traits aura son visage. Etre parti sans savoir où nous allons, peut effrayer. Mais c’est par là que nous mène notre chemin de fidélité au meilleur de nous-mêmes. Il est pour nous chemin de Vie et source de Joie.

Edouard MAIRLOT (Libre Pensée Chrétienne)

Haut de page ¿

 

Lettre à un ami canadien qui est catholique romain

 

Je suis d’origine catholique romain parce que mes parents ne m’ont pas donné le choix. Baptisé sitôt né pour ne pas finir dans les limbes ou déjà en enfer ? Plutôt pour assurer un “ client ” dès la naissance ? En grandissant j’ai réfléchi tant en philosophies qu’en religions. J’ai pensé que :

- 1 Dieu existe mais n’est pas celui des religions abrahamiques car ce dieu juge, condamne, demande à être craint, et s’il est tout puissant….

- 2 Jésus est mon guide spirituel, social, politique, surtout par le sermon sur la montagne, mais il est un homme né d’une femme et d’un homme…

- 3 La hiérarchie papale ne me convient pas, elle laisse des prêtres sincères dans la misère de l’argent, du célibat mal vécu, voir de choix sexuel différent.

- 4 L’unitarisme permet de demeurer ami de tous les chrétiens, de musulmans, de juifs, de baha’is, et autres religions orientales

- 5 L’unitarisme ne cherche pas à convaincre une personne qui ne voudrait pas devenir elle-même unitarienne par choix adulte, libre, et personnel.

- 6 L’unitarisme chrétien est une chrétienté pré nicéenne, et a formé des Eglises importantes.

- 7 Enfin cette religion répond bien à mes interrogations et m’a fait connaître des amis et frères très chers à mon cœur.

- 8 Mais les chrétiens romains sont nos cousins même si nous rejetons certaines doctrines magiques ou fabuleuses.

Je te souhaite surtout, cousin du Canada, la santé, la paix, et l’amour, pour toi, ta famille, et tous ceux qui te sont chers.

 

Message du 6 août 08, Jean-Pierre Babin.

paru dans Correspondance Unitarienne, n°83

 

Haut de page ¿

 

Prière pour nous tous

Que cette flamme soit le symbole de la divine étincelle de lumière au cœur de tout être humain,
que sa flamme nous conduise vers une plus grande connaissance et tolérance,
que sa chaleur nous fasse découvrir un plus profond amour et compassion,
que sa lumière nous mène vers davantage de sagesse et d'entendement.
Oui, chacun de nous n'est qu'une flamme minuscule,
mais, ensemble, nous pouvons éclairer le monde !

http://eglise.unitarienne.francophone.over-blog.fr

Haut de page ¿

Quel Dieu ?

Je ne crois pas au dieu* qui dirigerait tout, tous les évènements, chaque instant de nos vies.
Mais je crois en un Dieu qui crée nos libertés, quels que soient nos chemins.

Je ne crois pas au dieu qui laisserait tomber, après quelques années, ses enfants au néant.
Mais je crois en un Dieu, Père toujours fidèle, serviteur de la vie.

Je ne crois pas au dieu qui pourrait décider de la mort des vivants, fixant le jour et l’heure.
Mais je crois en un Dieu qui fait vivre les morts d’une étincelle de vie.

Je ne crois pas au dieu derrière les nuages, spectateur bien lointain de l’histoire des hommes.
Mais je crois en un Dieu venu en Jésus-Christ * partager notre vie

Je ne crois pas au dieu surveillant pointilleux de tous nos manquements.
Mais je crois en un Dieu passionné de bonheur, vivant d’Esprit d’Amour, dynamisant nos cœurs

Marcel Perrier, évêque de Pamiers

* dieu est écrit avec une minuscule pour les dieux en général et un dieu en particulier, mais avec une majuscule lorsqu'il s'agit du dieu des monothéistes, pour eux unique et seul existant : Dieu.

Haut de page ¿

Chrétien, ai-je quelque chose en plus ?

            

Un ami chrétien m’écrit : « Deux "incroyants" devant qui  je semblais soutenir que les chrétiens ont quelque chose de plus, se sont vivement récriés... Alors, qu'en penser ? ».

Je comprends la réaction de ces athées car on peut entendre cette affirmation : " nous, chrétiens, avons quelque chose en plus " sous sa forme logiquement inversée " les non chrétiens ont quelque chose en moins ". Un athée peut tenir en effet le raisonnement.  "Nous avons plus de lucidité que vous. Nous ne vivons pas dans un monde imaginaire et merveilleux. Nous ne croyons pas aux « Pères Noëls » auxquels se réfèrent les croyants de toutes les religions.  Nous ne sommes pas obéissants à des autorités qui prétendent parler au nom de Dieu et donc de l’Absolue vérité. Nous avons un esprit rationnel et critique".

 

Mais avant d’être croyants ou incroyants, ceci ou cela, de telle ou telle « tribu », nous sommes des êtres humains. Nous sommes tous et également des êtres humains.

 

C’est à partir de ce que nous sommes, de ce que nous changeons, que nous pouvons ou non vivre ensemble de façon féconde pour les uns ET les autres. Nous avons besoin les uns des autres dans cette vie, cette recherche. Car personne ne peut prétendre avoir seul ou en communauté identitaire  la Vérité. On pourrait dire que c’est cet accueil absolument sincère et sans prétention d’en savoir plus, qui caractérise les chrétiens. Mais il y aurait  alors beaucoup de chrétiens parmi les athées et beaucoup de non chrétiens parmi ceux qui se disent chrétiens !

 

Ce que nous sommes, chrétiens, la Foi qui est la nôtre, vient à l’évidence de notre éducation, nos choix, notre expérience, notre façon de vivre. Si j’étais né ailleurs, dans une autre famille, un autre pays, j’aurais été d’abord  "convaincu" de la vérité du bouddhisme, de l’Islam, de l’animisme…ou d’une forme ou l’autre d’athéisme. Mais ce que j’ai reçu, enfant, ce n’est jamais la certitude. Il n’y a pas de savoir vrai qui ne soit pas passé par le doute qui accompagne toute démarche authentique : religieuse, philosophique ou scientifique. Le doute est un chemin nécessaire vers la vérité. La démarche intégriste selon laquelle on  est sur une base inébranlable, on possède LA Vérité (qui peut être religieuse ou antireligieuse),  appauvrit et étiole notre humanité. La démarche féconde de vie nous rend capables  de nous ouvrir à la pensée, les cultures, les spiritualités des non chrétiens croyants ou non.

 

Alors que signifie être chrétien ? Ce n’est pas en assénant des vérités éternelles  que Jésus procède dans l’évangile Car Jésus est humain comme nous. Et il rencontre des êtres humains auxquels il donne et dont il reçoit. Par exemple c’est une païenne de Tyr qui lui apprend que le Salut n’est pas  réservé aux juifs. Et un athée aujourd’hui peut très bien nous apprendre que la sagesse, la morale ou même la spiritualité ne sont pas réservées aux chrétiens. Tout simplement il faut nous situer consciemment dans la lignée de ce que le maître spirituel Jésus a inauguré et de ce que ceux qui ont écrit les évangiles en ont compris. Nous sommes des héritiers. Mais pas des gardiens de musée. Il faut réaliser ce que nous avons reçu, en saisir l’esprit et non la lettre, le mouvement créateur et non le passé rigidifié et mort.

 

Bref, être chrétien, c’est être un homme ou une femme comme les autres qui dispose d’un référent : Jésus et l’évangile. Un être humain qui est en débat et en dialogue avec les autres hommes, en cherchant à être  lucide sur ce qu’il croit et ne croit pas, sur ce qu’il sait et ne sait pas, sur le sens qu’il pense juste et ce qu’il rejète. Le croyant n’a pas quelque chose de plus que l’incroyant. Il a une façon personnelle de penser et de vivre comme l’incroyant à la sienne et nous avons les uns et les autres à donner et recevoir. C’est ainsi qu’ensemble dans un échange rigoureux et exigeant de part et d’autre, nous progresserons en connaissance et en réalisation de plus d’humanité.

C’est en refusant ce dialogue soit par scepticisme et tolérance "molle" (tout le monde a raison), soit au contraire par intégrisme et intolérance  que nous faisons reculer l’humain et la recherche de la vérité et du sens.

 

Jean Riedinger

Haut de page ¿

 

Jésus n’a pas fondé de religion.

 

La vérité sur Jésus, selon “ Chrétiens pour changer le monde ”, la voici en deux mots :

 

Jésus est resté fidèle à celle de ses ancêtres toute sa vie. Sa religion, ce n’est pas le christianisme, mais le judaïsme qui se pratique toujours. Jésus se comporte en bon juif quand il se rend dans les synagogues ou au Temple à Jérusalem, quand on lui donne à lire une page du prophète Isaïe, ou quand, en bon rabbin, il enseigne la règle d’or : “ Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur et de tout ton esprit ; et tu aimeras ton prochain comme toi-même ”. (Mc 12, v. 29-31; cf. Lév. 19 v.18)

 

Suivre Jésus, ce n’est donc pas avoir à renoncer à sa religion, à sa culture. Au contraire, c’est reconnaître que la religion est un fait culturel, social, qu’il n’y a pas de communauté humaine sans langue, sans religion, sans ordre social. Et chacun, autant que faire se peut, est appelé à développer les siennes pour le plus grand bénéfice de la diversité culturelle.

 

De même qu’il n’y a pas de langue plus valable que d’autres, de même il n’y a pas de religion plus vraie que d’autres. Jésus n’est pas venu nous apporter une religion soi disant la vraie, que nous devons chercher à imposer aux autres. Toute religion est vraie religion, religion de “ sacrifices et de sacrificateurs ”, religion du décalogue, c’est-à-dire des commandements si indispensables pour le vivre ensemble dans nos sociétés.

 

Pas de communauté humaine sans langue, sans religion, sans commandements : Tu ne voleras pas, tu ne tueras pas, tu ne commettras pas d’adultère, tu ne mentiras pas, tu honoreras ton père et ta mère… Partout, des prêtres et des prêtresses, des lieux sacrés, des objets du culte, des jours sacrés, etc. Jésus nous laisse à nos religions. Toutes les religions sont au service de l’ordre social et de la promotion humaine.

 

Au-delà de leur diversité, les religions ont un fond anthropologique commun : la mise en relation avec la transcendance au nom varié (Zeus, Dieu, Allah, Mawou, Vodun, God, Olou, etc.). La religion comme la langue est un produit des communautés humaines ; sous ce rapport, elle est un fait socioculturel. Mais le fond anthropologique commun propre aux différentes religions les rend aptes à être transculturelles.

 

L’homme commence souvent par la religion de ses pères mais, comme pour les langues, il peut trouver son compte en passant d’une religion à l’autre. La religion de Jésus, nous l’avons dit, c’est le judaïsme, la religion de ses pères. Il y est resté toute sa vie. Mais à la Samaritaine, il a pu dire que la religion, dans sa forme habituelle, sociologique, n’était pas un absolu. Il peut être donné à certains de s’en passer pour chercher Dieu au fond d’eux-mêmes et l’adorer en esprit et en vérité. Chaque personne humaine est en effet un temple vivant de Dieu et, le plus souvent, c’est en ce temple que Jésus priait. C’est en ce temple qu’il nous invite à prier, dans le secret. Le temps de comprendre cela vient, et pour certains il est déjà là.

 

Mais en attendant de comprendre cela, et tant qu’on a besoin des béquilles d’une religion établie quelconque, il importe de se dire que toutes les religions sont vraies et sont un secours pour nos fragilités et nos angoisses. Elles correspondent à un besoin de l'homme et l'homme de tout temps en a été le créateur. Jésus n’est pas venu fonder une nouvelle religion. Sans lui, nous avons toujours su nous débrouiller comme il faut dans ce domaine.

Albert Gandonou

 

Pour en savoir plus sur “Chrétiens pour changer le monde” ou lire la suite cliquer ci dessous:

http://labesacedesunitariens.over-blog.com/article-17712001.html

 

Haut de page ¿

 

Je suis

 

Tant que tu croiras que le Dieu que tu cherches est caché là-haut dans le ciel,

Tant que tu croiras que ton salut se trouve dans les religions, les sectes, les gourous ou autres,

Tant que tu croiras que tu es trop petit pour te pardonner et que Dieu seul peut le faire,

Tant que tu croiras que ta pensée ne peut changer le monde,

Tant que tu croiras qu'il faut pardonner aux autres au lieu de les accepter tels qu'ils sont.

Tu es seul et prisonnier mon frère!

Si tu crois que le grain de sable fait partie du désert,

Si tu crois que l'arbre est forêt,

Si tu crois que la goutte d'eau s'appelle océan,

Si tu crois que ta pensée écrit le sort du monde,

Si tu crois que ton unité fait partie du tout,

Si tu crois que le Dieu que tu cherches est en toi, et que tu es toi-même Dieu.

Si tu crois que tu es assez grand pour te pardonner et accepter les autres,

Eh bien, tu es devenu l'humanité, le vent, les montagnes et tout ce que tu désires :

Tu es libre mon frère!

Marcel Gagnon

Haut de page ¿

 

Notre lumière intérieure

Sur la route de Paris à St Malo, en 1975 ; L’arrivée en Bretagne.

 

Tout le long du jour

Sous nos yeux,

Le même paysage change constamment d’aspect.

Voici qu’apparaissent de gros nuages,

Lourds et noirs,

Qui glissent dans le ciel.

Tout ce qui nous entoure s’obscurcit

Et devient triste.

Quelques arbres dénudés qui,

Quelques instants auparavant,

Faisaient banalement partie de ce paysage,

Prennent soudain des formes fantasmagoriques

Et deviennent lugubres.

On sent le froid ;

C’est la tristesse.

 

Mais les nuages fuient et disparaissent.

Le soleil resplendit à nouveau.

Tout redevient lumineux

Et la chaleur nous pénétre.

Il fait bon vivre ;

C’est la joie.

 

De même en nous,

Notre soleil intérieur détermine nos états d’être.

Comme la nature triste ou radieuse, a pu nous influencer

Et nous rendre pessimiste ou optimiste,

Réciproquement,

Nos états d’âme peuvent modifier notre vision

De cette même nature,

Notre conception du monde,

Notre appréciation des êtres.

Tout n’est en fait

Que l’expression de ce que nous sommes nous-mêmes,

De ce qui existe au fond de nous.

 

Alors…

Essayons d’entretenir en nous,

Une luminosité permanente…

 La LUMIERE.

Laissons passer très vite les nuages dans notre ciel,

Sans les y retenir.

Tout ce qui nous entoure

Aura forcément un autre aspect :

Reflet de notre soleil intérieur.

 

                                                                       Roger Clerc

 

 

Haut de page ¿

 

Communiqué de presse de l’Eglise réformée de Marseille :

    Action chrétienne de carême 2008
 

Nous vivons actuellement des changements progressifs de la politique d’immigration, qui nous inquiètent en tant que chrétiens, car ils sont pour nous en contradiction avec les valeurs évangéliques de l’accueil et de la protection du plus faible : depuis quelques années on considère les personnes immigrées en France non comme des êtres humains égaux en dignité et en droit, mais comme une matière économique soumise aux chiffrages du gouvernement : en 2002 il y avait 10 000 reconduites à la frontière, en 2007 l’objectif des expulsions était fixé à 25 000 personnes. En 2008 le chiffre envisagé est de 30 000 personnes à expulser.
L’histoire individuelle de chaque personne, de chaque famille, devient ainsi sans importance : ce qui compte c’est d’atteindre les chiffres fixés.
Dans la politique actuelle la protection des personnes immigrées est progressivement réduite :
- Nous protestons contre l’enfermement des étrangers adultes et enfants, dans les centres de rétention administrative. Avec la pression des objectifs chiffrés et l’encombrement des centres de rétention, nous assistons actuellement à une utilisation accrue de ces locaux. Cette privation de liberté des personnes en situation irrégulière les présente comme des criminels (avec toutes les conséquences traumatisantes pour les adultes et encore plus les enfants). Cela est pour nous en contradiction avec la dignité humaine qui est indépendante d’une situation administrative.
- Nous protestons contre le projet de directive européenne sur la rétention et l’expulsion des étrangers : cette directive prévoirait une rétention administrative pouvant atteindre 18 mois (au lieu de 32 jours actuellement en France) pour des personnes étrangères et instaurerait une interdiction du territoire européen de 5 ans de pour toutes les personnes renvoyées. Ce projet de directive ouvrirait, de fait, la voie à la généralisation d’une politique d’internement des migrants.
Que voulons-nous faire ?
Le temps du carême est pour les chrétiens un temps de recueillement qui invite les croyants à méditer sur leur propre vie en ayant à l'esprit le cheminement du Christ jusqu'à la Croix. Cette démarche spirituelle a notamment pour but de raviver la foi et de sortir les chrétiens de leur inertie, de leur assoupissement. Ils sont invités à repenser ce qui est essentiel dans leur vie et à emprunter un chemin d’engagement au service des autres, selon l’exemple du Christ.
Nous invitons toutes les personnes sensibles à cette question à nous rejoindre dans le silence.
 

 Iris Reuter Terre nouvelle - Eglise réformée de France
 68 chemin des Baumillons 13015 Marseille  tél. 04 91 51 49 77
 iris.reuter@free.fr


Situation des centres de rétention administrative (CRA)
24 centres de rétention administrative (CRA) en France, c’est 1 800 places disponibles dans des locaux qui vont de 8 à 280 places. En 2002 il y avait 700 places. Les CRA sont le plus souvent inconnus du public, qu’ils soient en pleine ville ou près des aéroports. Mais ils existent et enferment de plus en plus de personnes : 31 232 personnes en 2006 dont 197 enfants (près de 300 en 2007), beaucoup étant nés en France.
Le centre de rétention à Marseille a vu augmenter sa capacité de 60 à 120 places au mois de juin 2007 : 50 % des personnes retenues sont effectivement reconduites à la frontière.

Haut de page ¿

 

 

Noël : L’Enfant et L’Espérance

Sur ma fenêtre quatre bougies se consument

La première est la Paix.

Le vent des haines, les violences des absolus religieux et idéologiques

Le vent des exploitations et des aliénations

Le vent des injustices la souffle et l’éteint.

 

La deuxième est la Foi !
Est-elle utile, est-elle efficace? A quoi bon chercher du sens ?

Tout est cru, tout est croyable , tout est toléré, tout est tolérable…
Le vent de l’ « enrichissez vous », du  « consommez » et du « ne pensez pas »,

Cette bise glacée l’éteint.


La troisième bougie est l'Amour !
Le vent des narcissismes solitaires et collectifs

Le vent du moi d’abord toujours partout

Le vent du « tout se vend et tout s’achète »

L’étreint et  l’éteint.

Mais un enfant vient de naître.
Son cri est la force de son désir de vivre

Avide de paix, de confiance et d’amour.

La quatrième bougie est l’Espérance.

 

L'enfant tient la bougie Espérance...et rallume les trois autres.

 

Joyeux jour de naissance, joyeux jour de Noël…

…des enfants naissent tous les jours

 

Le temps est venu de renaître et d’accoucher de toutes les renaissances.

                                  

Jean Riedinger                                      Noël 2007

Haut de page ¿

 

Vivre, aimer la vie et ... message évangélique

 

Le message évangélique est avant tout un espoir, une ouverture, un respect. C’est un pressant appel à vivre, à aimer la vie, à aimer l’homme, les hommes… Comment peut-il parfois faire peur lorsqu’on le présente avec des menaces et des « commandements » puisqu’il s’agit avant tout de protéger, d’aider, de partager et non d'exclure :

Ce n’est pas la richesse qui est condamnée : le riche est invité à en user  vraiment en s'inquiétant de la justice sociale…

Ce n’est pas l’acte sexuel ni son plaisir qui sont mis à l’index : l’homme et la femme peuvent jouir sans se dégrader, sans nuire…

Ce n'est pas l'autorité qui est critiquée mais celui qui en dispose n'a pas à dominer mais est invité à servir autrui…

Ce n’est pas la pratique religieuse qui est essentielle mais le respect du prochain…

Il ne nous appartient jamais de porter de jugements : des couples, des femmes choisissent un avortement … des homosexuels se marient… des jeunes vivent leur sexualité avant de s’engager…  des buveurs, des voleurs, des violents, des égocentriques, des désespérés …

Tous, nous sommes aimés de Dieu et tous nous restons libres. L’évangile est pour nous tous. Tous, nous avons droit à être heureux, vraiment heureux. Tous, nous sommes invités…

à savoir que nous comptons, à croire que chacun de nous est précieux,

à partager peut-être nos espoirs, nos souffrances éventuelles, nos besoins,

à aimer la vie, à aimer vivre.

           Il nous appartient avec tous les hommes d’accueillir les personnes pour que le respect, l’amitié, l’humanité l’emportent autant que possible sur la violence, la haine et l’inhumain. Il nous appartient aussi de créer les conditions sociales, économiques et politiques, permettant de respecter l’égalité, la liberté et la fraternité humaines.

Tract d'Espérance 54   Pour en savoir plus

Haut de page ¿

 

Quête de la foi et marginalité

 

A tel ami qui se demande : "Suis-je encore catholique ?" on pourrait répondre : "N'est-ce pas assez de te reconnaître chrétien ?" S'il se demande plus gravement : "Suis-je encore chrétien ?" la réplique pourrait être : "Mais n'es-tu pas attaché à la personne de Jésus de Nazareth, cet homme tellement accompli dans son humanité que beaucoup voient Dieu en lui ? Et ne te dis-tu pas attentif à vivre, tant bien que mal, selon son évangile ?"...

En marge de l'Institution ecclésiastique, faire vaciller des étiquettes qui relèvent plus de l'idéologie que de la foi, et voir s'effacer des cloisons interconfessionnelles… Utopies ? Ou exercice d'une liberté dont Jésus lui-même a donné un suprême exemple ?...

 

Sur le plan personnel, le croyant qui tente de vivre dans la fidélité à ce qu'il a perçu de l'Homme de Nazareth et de son évangile s'expose à devoir livrer un combat en lui-même, entre le vieux et le neuf, entre le mouvement et l'immobilité, au long d'un itinéraire assorti de nécessaires ruptures, en marche vers une inévitable marginalité …

Comment ne pas être plongé dans un certain désarroi, devant l'ampleur et la gravité des questions qui s'imposent à la conscience lucide, alors que s'effondre peu à peu tout l'édifice des croyances par lesquelles on avait cru trouver le sens de son existence, et que, dans le même temps, dans un monde en transformation accélérée, on voit grandir la foule des rejetés et des marginaux de la société, de ceux-là mêmes auxquels Jésus a accordé la priorité dans son action et sa prédication ?

Considérer cette complexe et mouvante situation, réaliser son impuissance devant la cruauté du réel… une telle prise de conscience est source de débats intimes où se retrouvent les deux options majeures que nous avons distinguées plus haut : d'une part, l'effort d'approfondissement personnel, l'interrogation sur le sens de sa vie et les sources de sa foi ; d'autre part, l'engagement solidaire, la lutte aux côtés de ceux dont la dignité est bafouée.

Finies, les facilités de croire, et la crédibilité des réponses assurées qui nous étaient données par les religions avant même que les questions ne soient existentiellement posées. Alors, à qui vous demande : "crois-tu en Dieu ?", comment répondre immédiatement de façon positive, quand on soupçonne quel contenu, quelles idées toutes faites peuvent se cacher derrière la question ?

         C'est au point que, par une saine réaction, on voudrait pouvoir éviter l'emploi du mot "Dieu", qui peut n'être qu'un concept livré à l'inévitable dérive anthropomorphique, au glissement vers la superstition ou la mythologie, ou même vers une forme insidieuse d'idolâtrie… Mais alors, si l'on renonce à ce vocable, tellement marqué et comme valorisé par la patine des siècles, comment évoquer par le langage humain cette "grande question" qui fait que "l'homme passe l'homme", comme l'affirme Pascal ? Comment tenter d'appréhender l'indicible avec des mots, certes porteurs d'un poids d'humanité, mais qui ne peuvent être vrais qu'à de rares heures de lumière, des mots qui désignent des données vitales comme : la source, l'amour, la vie, la force, l'esprit, l'origine, le feu, le souffle, etc…? De tels mots permettront-ils d'approcher, mieux que par le silence, cette mystérieuse réalité trop facilement désignée par le vocable "Dieu", lequel rappelle le Zeus de la mythologie antique ?…

Guy Lecomte (Association Culturelle Marcel Légaut)

 

Haut de page ¿

 

Après quoi courons-nous ?

 

Que faisons-nous de notre vie, de nos journées, du temps qui passe ? Après quoi courons-nous sans cesse ? L'Avent (avant-Noël) nous pose ces questions et s'offre à nous comme un chemin de ronde qu'il nous faut emprunter revêtus de l'habit du veilleur.

Etre veilleur, c'est oser traverser la nuit pour la conduire au petit jour, c'est croire que les ténèbres feront place au grand jour. Etre veilleur, c'est accepter de ne pas laisser tomber les bras, pour ête témoin du jour qui se lève, pour dire à temps et contre-temps aux dormeurs comme aux insomniaques, à ceux qui attendent comme à ceux qui n'attendent plus rien, qu'un autre temps arrive. Etre veilleur, c'est mettre au monde du jour qui vient, ce qui reste du jour qui s'endort. Etre veilleur, c'est brandir l'espérance comme la lampe qui éclaire les pas du marcheur dans sa traversée de la nuit ! Etre veilleur, c'est nous revêtir pour le combat de la lumière, et sortir de notre sommeil ! L'Avent nous invite à déprogrammer le "trop prévu" pour faire place à Celui qui vient. Nous ne savons ni le jour ni l'heure.Il est déjà là, il est venu, il reviendra.

Benoît Gscwind, Revue "Prions en Eglise"

Haut de page ¿

 

Redécouverte de Jésus et destabilisation

 

     Il y a une trentaine d'années, la "Quête du Jésus historique" a pris un tournant décisif. Il s'agit d'un mouvement, initié à la fin du XVIII° siècle, de chercheurs qui distinguaient le "Jésus de l'Histoire" du Chris de la foi.

     Ce tournant décisif, ce fut la redécouverte d'un fait jusque là passé à la trappe : Jésus était juif. C'est évident, direz-vous ! Eh bien non, cela ne l'est pas. Le fondateur du christianisme, un youpin ? Jamais ! Notre Christ à nous, il est né à Rome, de culture gréco-latine, et il est peut-être mort à Auschwitz : cela, c'était politiquement correct.

     Le grand public, en France et Allemagne, a été averti des progrès de la recherche  au moment de la série d'émissions Corpus Christi : les origines du christianisme, projetées sur ARTE et produites par Mordillat et Prieur.

     Ces deux auteurs ont ensuite publié deux livres sur le sujet : ils prennent des précautions de démineur pour en dire assez, sans en dire trop... Et c'est le cas de la plupart des historiens, théologiens et exégètes qui publient sur ce sujet.

     En effet, découvrir Jésus tel qu'en lui-même - et non tel que l'ont transformé vingt siècles d'idéologie chrétienne, une idéologie fondatrice de notre civilisation, c'est extrêmement déstabilisant.

     Je reçois ainsi des courriers de lecteurs, qui me disent combien ils ont été secoués en me lisant...

     Quand j'ai rouvert moi-même ce dossier, vers 1994, j'ai été profondément perturbé : tout ce que j'avais appris, cru et cru savoir, s'écroulait. Des pans de murs, des murs entiers tombaient l'un après l'autre dans un nuage de décombres qui obscurcissaient la vue et empêchaient de respirer. Et puis, peu à peu, un visage s'est dégagé de l'épaisse poussière des gravats : le visage d'un homme infiniment attachant, aimable, aimant. Totalement subversif,  mais en même temps totalement rempli de compassion, doux et humble de coeur.

     Je voudrais rassurer ceux qui s'intéressent à cette "Quête du Jésus historique", et s'en trouvent déstabilisés.

     D'abord, c'est la seuls chose qui "bouge" dans un paysage de post-chrétienté complètement désertique. L'Église ne se montre capable que de répéter ce qui a fait sa grandeur et sa puissance : sans se rendre compte que cette marchandise-là n'est plus achetée, qu'elle n'est même plus vendable...

     Ensuite et sourtout, ils découvriront - s'ils sont honnêtes et résolus - ce visage tellement fascinant, ils entendront sa voix.

     En découvrant ce qu'on lui a fait dire pour justifier le pouvoir de ce qui allait devenir l'Église, ils découvriront ce qu'il a vraiment dit ou voulu dire, ce qu'il a vraiment fait ou voulu faire.

     Et cette découverte, my friends, elle est rafraîchissante, elle vous propulse en avant !

     Il y faut de la patience, car les quêteurs du Jésus historique sont extrêmement discrets, on les entend à peine. Il y faut de la persévérance, car aucune Église n'est prête à relayer cette quête toute récente. On s'y sent un peu seuls...

     Mais dès que le visage de Jésus sort de la poussière et de l'ombre, on n'est jamais plus seuls.

     En mars 2008, sortira ches Albin Michel un court essai où je reprends les choses à la lumière des recherches les plus récentes. Je m'y attache pour commencer aux hériers présumés de Jésus, ceux sur lesquels nous avons des informations. Si par hasard cet essai est bien reçu par le public, il sera suivi d'un autre, qui pourrait s'intituler Jésus tel qu'en lui-même.

     Et s'il fait un "flop", je retournerai à ma solitude habitée.

     Courage donc à ceux qui cherchent : plus on s'avance vers cet homme, et plus le chemin semble court, la lumière vive, douce et paisible.

     

                                                    Michel Benoît, 20 novembre 2007     Blog http://michelbenoit17.over-blog.com/

Haut de page ¿

 

Noé : Sauver la vie

 

Vers quel destin tragique va la création de Dieu ? Sur quelle terre vivrons nos petits-enfants ? Quelle est notre place, notre responsabilité dans cette histoire ?

Pour répondre à cette question, nous allons justement lire – et actualiser – une histoire, une vieille histoire de destruction et de salut.

Genèse 6.5-22

9 Voici l’histoire de la famille de Noé. Noé était un homme juste et irréprochable au milieu de ses contemporains. Il conduisait sa vie sous le regard de Dieu.

11 Aux yeux de Dieu, les hommes s’étaient corrompus et avaient rempli la terre d’actes de violence. 12 Dieu observait ce qui se passait sur la terre, il vit que le monde était corrompu, car toute l’humanité suivait la voie du mal. L’Eternel fut peiné d’avoir créé l’homme sur la terre, et il en eut le cœur très affligé

13 Alors Dieu dit à Noé :

—J’ai décidé de mettre fin à l’existence de toutes les créatures car, à cause des hommes, la terre est remplie d’actes de violence. Je vais les détruire ainsi que la terre. 14 Mais toi, construis un grand bateau en bois.

Et moi, je vais faire venir le déluge d’eau sur la terre pour détruire, sous le ciel, tout être animé de vie. Tout ce qui est sur la terre périra. 18 Mais j’établirai mon alliance avec toi et tu entreras dans le bateau, toi, tes fils, ta femme et tes belles-filles avec toi.

19 Tu feras aussi entrer dans le bateau un couple de tous les êtres vivants, c’est-à-dire un mâle et une femelle de tous les animaux, pour qu’ils restent en vie avec toi. 20 De toutes les sortes d’oiseaux, de quadrupèdes et d’animaux qui se meuvent à ras de terre, un couple viendra vers toi pour pouvoir rester en vie.  22 Noé obéit et fit tout comme Dieu le lui avait ordonné.

 

Dieu est en colère. Dieu est triste. Ce qu’il voit le peine profondément.

L’homme est violent. L’homme fait du mal. A lui-même, aux autres, et en particulier à la nature. L’homme ne pense qu’à lui, à son confort, à son ventre, à son porte-monnaie, à sa propre satisfaction, à son propre intérêt – et tout cela n’est pas très propre !!!  

Il pense que tout est là pour lui, il croit qu’il peut profiter sans limites des ressources que la nature lui offre gratuitement. Pour assouvir ses besoins – surtout ses besoins superflus – l’homme construit des usines, il défigure le paysage, il noircit la terre, il enfume le ciel ; il ne prend pas garde aux conséquences de son désir d’avoir toujours plus, au détriment des autres, au détriment de la santé de ceux qui travaillent dans des enfers pollués, au détriment des fleurs, des animaux, et de tant d’espèces qui sont menacées par la voracité de l’homme.

« L’Éternel vit que les hommes faisaient de plus en plus de mal sur la terre » - aujourd’hui, on pourrait dire : à la terre, donc à lui-même.

Face à ce gâchis, Dieu décide de supprimer les hommes et les animaux : on passe tout au Karcher et on recommence à zéro. Ailleurs, autrement, sur d’autres bases.

Mais pas seul : Dieu appelle Noé. Il doit construire un grand bateau, Il doit y mettre un couple de chaque espèce animale.

En un mot : la mission de Noé est simple : il doit sauver le monde ; Noé est le Bruce Willis des temps antiques ! Plus clairement, la mission de Noé est de sauver la vie. La sauver de la destruction à venir. La sauver pour qu’elle puisse reprendre, continuer, s’épanouir, pour qu’on puisse encore admirer une rose, observer un chevreuil, la sauver pour qu’on puisse tout simplement… vivre.

Le déluge s’abat sur la terre, Noé rentre dans l’arche. Quelque temps plus tard, la porte du bateau s’ouvre sur la terre sèche : la vie peut reprendre son cours. Et l’histoire se termine avec un bel arc-en-ciel, qui est le signe que Dieu ne détruira jamais plus la terre.

Il n’a d’ailleurs nul besoin de le faire, car c’est l’homme lui-même qui se chargera du sale boulot !

L’humanité est sur une mauvaise pente. La vie est de nouveau menacée. Et cette fois-ci, elle l’est non pas par un décret de Dieu, comme dans l’histoire de Noé, mais par la bêtise et par la folie des hommes. Ces hommes qui ne veulent pas voir, qui ne veulent pas entendre, et qui disent : « Après moi, le déluge ! » Erreur : si rien ne change, le déluge qu’ils provoqueront eux-mêmes les entrainera dans leur perte !

Alors, que faire ? Se lamenter ? Se désintéresser ? Ou bien : en méditant ce récit, je me suis demandé si Dieu, par hasard, ne nous appellerait pas à devenir des… « nouveaux Noé » ?

Et si notre mission – dans le cadre de notre thème d’aujourd’hui – consistait à sauver la vie ?

 

Sauver la vie ; pourquoi ?

 

- parce qu’elle est création de Dieu, et de ce fait, elle a quelque chose de sacré, quelque chose de divin ; elle est à honorer, à respecter ;

- parce que, selon le récit de la Création, c’est la tâche assignée à l’homme : « Tu seras gérant de la terre », lui dit Dieu. « Tu cultiveras le jardin, tu le garderas. » C’est-à-dire : « Tu en prendras soin, tu veilleras sur lui, tu t’occuperas de lui ; tu ne le laisseras pas à l’abandon, tu ne l’exploiteras pas, tu le garderas en bon état, tu protégeras la vie, tu soigneras la vie ; le gérant doit faire prospérer ce qu’on lui confie, et quand sa tâche s’arrête, il doit rendre la « maison » dans l’état dans lequel il l’a trouvée en entrant. On pourrait se demander : dans quel état l’homme va-t-il rendre à Dieu le bien qu’il lui a confié, la terre qu’il lui a donnée ? Je pense que vous serez  d’accord avec moi pour dire qu’il n’y a pas de quoi être fier : nous rendons à Dieu une maison salement amochée…

 

- parce qu’on est dépendant de la vie ; l’écosystème dans lequel nous vivons est un équilibre très fragile ; en détruire une partie entraîne la destruction de l’autre ; une espèce de fleurs, une sorte d’insectes qui disparait et c’est une part de l’homme qui s’éteint. On le sait, mais on continue à vivre comme si nous étions totalement indépendants de la nature. Un jour, nous payerons chèrement notre orgueil.

 

- parce que c’est la seule vie que nous avons, c’est la seule terre que nous possédons ; il y a peut-être de la vie sur d’autres planètes, mais celles-ci ne sont pas accessibles en tram ou en bus… Il y a bien sûr les promesses bibliques de « nouveaux cieux et de nouvelle terre » ; encore faut-il bien interpréter ces textes, et même si on les comprend correctement, ces promesses ne doivent pas devenir des « oreillers de paresse » ; Jésus nous demande d’être  des intendants actifs dans cette vie-là (cf. paraboles de la fin des temps) et Pierre nous dit , dans les lettres où la nouvelle terre est évoquée : « Puisque cela arrivera, quelle vie sainte vous devez mener » (2 Pi 3.11) et « C’est pourquoi, dans cette attente, faites tous vos efforts pour que Dieu vous trouve purs et irréprochables » (2 Pi 3.14).

 

- parce que Dieu aime la vie. Dans le récit de la création, par 7 fois, résonne ce refrain : « Et Dieu vit que cela était bon. » Comme un artisan souriant devant son œuvre, Dieu se réjouit en contemplant les fleurs, les animaux, les poissons, les astres, l’homme et la femme. Quand on aime vraiment quelque chose ou quelqu’un, on ferait tout pour les sauver du danger qui les menacerait un jour.  Sauver la vie parce qu’on l’aime, parce qu’elle en vaut la peine. Parce qu’en la sauvant, nous nous sauverons nous-mêmes…

Aujourd’hui, Dieu nous invite à devenir des nouveaux Noé, il nous appelle à sauver la vie.

Si nous ne faisons rien, le déluge sera pour bientôt !

   René Lamey, Pasteur

Haut de page ¿

 

Creuser son puits

 

Depuis qu'un jour, il m'a demandé, tout à fait à l'improviste, de lui apprendre à prier, Mohamed a pris l'habitude de venir s'entretenir régulièrement avec moi. C'est un voisin. Nous avons aussi une longue histoire de partage. Souvent il m'a fallu faire court avec lui, ou passer des week-ends sans le rencontrer quand les hôtes se faisaient trop nombreux et absorbants. Un jour, il trouva la formule pour me rappeler à l'ordre et solliciter un rendez-vous : "Il y a longtemps que nous n'avons pas creusé notre puits ! " L'image est restée. Nous l'employons quand nous éprouvons le besoin d'échanger en profondeur. Une fois, par mode de plaisanterie, je lui posais la question : "Et au fond de notre puits, qu'est-ce que nous allons trouver ? De l'eau musulmane ou de l'eau chrétienne ?"

Il m'a regardé mi-rieur, mi chagriné : " Tout de même, il y a si longtemps que nous marchons ensemble et tu me poses encore cette question ! ... Tu sais, au fond de ce puits, ce qu'on trouve, c'est l'eau de Dieu."

Christian de Chergé, Prieur des moines de Tibhérine (assassiné en 1996)

Haut de page ¿

 

Le Manifeste de Golias

 

(...) Golias entend résister et appelle à la résistance, contre toutes les formes d'intégrisme et de fanatisme, contre la censure de la liberté de penser, de prier et d'aimer, contre la castration imposée aux clercs au nom d'une vision anachronique qui relève de l'Ancien régime et qui permet à toutes les perversités de s'y dissimuler de façon impunie, contre une vision cléricale de l'Eglise gangrenée par une soif de pouvoir qui n'a pas l'honnêteté de se reconnaitre telle et qu'entretiennent de nombreuses frustrations. A tous les niveaux, nous devons entrer en résistance spirituelle : refuser par exemple que soit exclue de la communion eucharistique une personne qui refait légitimement sa vie dans une nouvelle union d'amour, appuyer un prêtre rejeté par sa hiérarchie parce qu'il vit avec une femme, ou un homme, diffuser les oeuvres de théologiens censurés et maltraités, dénoncer les mesures répressives. Ce combat s'enracine dans la foi en Jésus et en son Evangile, dont nous sommes persuadés qu'il a peu à voir avec la vision figée de certains catéchismes. C'est précisément par attachement au Christ, à son Eglise (que nous sommes tous), à cette vie de grâce et d'amour, qui libère et rend plus audacieux, pour l'honneur d'un Dieu défiguré et blasphémé par ceux qui, en son nom, se montrent intolérants, sectaires et inhumains que nous engageons ce combat (...).

 

Pour en savoir plus: www.golias.fr

Haut de page ¿

 

Quitter une Eglise qu'on ne peut plus transformer

 

Le philosophe Paul Thibaud, président des Amitiés judéo-chrétiennes, a publié dans Le Monde du 21 juillet un article intitulé “ Benoît XVI organise le repli sur la doctrine ”, lequel présente une analyse très fine des conséquences du Motu proprio qui réhabilite la messe de Pie V (tout en excluant le pluralisme liturgique !) et de la Déclaration de la Congrégation de la foi sur les relations avec les autres Eglises chrétiennes, deux textes qui " confondent fidélité et rigidité dogmatique " et ainsi "séparent le christianisme du monde et l'empêchent de s'adresser à lui".

 

Personnellement, je m'inquiète de la pusillanimité pour ne pas dire la lâcheté des évêques après la publication de ces textes. Claude Dagens, l'évêque d'Angoulême, a su prendre quelques distances (dans La Croix du 17 juillet), mais cela reste un cas isolé et sa réaction est trop diplomatique, là où on aimerait une parole claire, forte et ferme, même s'il sait rappeler que " l'essentiel n'est pas seulement de l'ordre de la foi, mais aussi de l'ordre de la charité ".

 

Quel sens, cela a-t-il de rester dans une Eglise aussi sectaire et fermée à toute évolution, aussi repliée sur des dogmes et des rites devenus insensés, au détriment d'une attitude évangélique qui appelle à se relever quand nous sommes tombés, à la solidarité avec ceux qui sont blessés ou démunis et à un bonheur fait de simplicité fraternelle avec nos frères et soeurs humains et avec la nature qui nous environne.

 

Je pense qu'il est désormais illusoire de croire qu'il est possible de révolutionner une Eglise où tout est verrouillé. Je regrette que les mouvements catholiques réformateurs n'aient pas pris la dimension de l'impasse à laquelle sont désormais voués leurs efforts. Ces mouvements ont fait un travail considérable par le passé sur le plan intellectuel, social, théologique, mais ils sont aujourd'hui vieillissants, une partie trop grande de leur activité sert à rendre hommage à leurs leaders et aux théologiens progressistes qui meurent les uns après les autres.

 

Faute d'avoir franchement rompu avec les dogmes, d'avoir pris le risque de ruptures avec la hiérarchie ecclésiastique, d'avoir trop souvent renoncé à remettre en question la sacralité des prêtres, ils n'ont pas pu ou su entraîner des communautés importantes vers des liturgies chaleureuses et proches de la vie des gens (comme le font si bien les Eglises évangéliques, sur la base d'une théologie malheureusement trop fondamentaliste) et n'ont pas un langage adapté aux générations d'aujourd’hui.

 

Je crois qu'il faut créer des communautés dissidentes, ne pas hésiter à rentrer dans les Eglises protestantes, du moins les plus libérales, se rattacher à des courants comme les unitariens ou même créer de nouvelles Eglises.

Régis Pluchet (Le Mans)

Haut de page ¿

 

Pour une Spiritualité Laïque et Universelle, au delà des dogmes

 

Après tous les séparatismes, les affrontements, les dissensions entre cultes ou entre science et religion, il apparaît une troisième voie, une voie unificatrice. On la nomme généralement « spiritualité ». Elle n'est pas une religion, un dogme établi, mais un mode de vie, une façon d'appréhender le monde, de vivre le divin en soi, en harmonie avec les autres et la nature. Une voie qui apprend autant de la science que de la religion, en en faisant ressortir les bons éléments, car la science comme la religion font partie d'une même pièce divine et universelle. Leurs affrontements n'ont pas de sens. Leur opposition se base sur la médiocrité égocentrique de l'humain à vouloir imposer une vision dualiste du monde : Matière contre Esprit.

L'humanité a subi le chaos de ses affrontements depuis tant de siècle, elle aspire pourtant à une réelle unité, loin des vaines querelles des deux camps. Tristement la science s'est enfoncé dans une vision exclusive de la vie, un dogme matérialiste qui retient l'esprit et lui empêche d'accéder à une sensibilité plus épanouie. Les religions qui peu à peu ont dilué l'enseignement de certains éveillés et ont consciemment ou inconsciemment monopoliser la transcendance à leurs seules voies de salut.

Que choisir aujourd'hui ? La religion comme la science nous dévoile peu à peu leurs impasses dans l'accession au bonheur. L'humain n'est t-il qu'un consommateur anonyme, projetant ses désirs dans un monde froid et son seul salut serait dans l'accumulation d'objet et la réalisation de désir personnel pour lutter contre un vide intérieur qui ne cesse de ronger. L'humain n'est t-il qu'une simple créature mise au monde par un père qui à la vue du chaos du monde semble depuis longtemps lui avoir tourné le dos ?

Pour nous l'humain n'est ni un pécheur ayant mangé le mauvais fruit, ni un amas de chair et d'os juste bon à prendre quelques médicaments et accumuler des possessions pour croire exister...

"La tranquillité de l'esprit implique un non-attachement à l'égard de toutes les religions du monde.Elle est l'expression d'une spiritualité laïque qui reconnaît le sacré sans entrer dans les arcanes de son organisation humaine, trop humaine..."  René Barbier

Une des erreurs des religions, est qu'elles ont confondu l'essentiel et l'accessoire. La religion fut un outil de compréhension du divin qui répondait à un besoin ; on peut proposer ces outils à quelqu'un mais en aucun cas les imposer. Ces outils (prières, rituels, croyances...) sont des accessoires qui peuvent permettre une compréhension du divin. Mais le problème de notre monde actuel est que ces outils (accessoires) semblent avoir pris la place de l'essentiel, et c'est à cause de ces outils, de ces formes extérieures que l'humain s'entredéchire. Alors que c'est l'essentiel, qui réside au fond des religions, qu'il faut libérer. Ce fond commun des religions, c'est cette volonté de l'humain à transcender son existence et s'ouvrir à d'autres réalités. Nous devons tous prendre conscience des erreurs passées et en apprendre pour fonder un monde plus juste, qui ne soit pas un nouveau dogme.

Pourquoi ne pas libérer le spirituel du religieux, l'essentiel de l'accessoire, le fond de la forme et s'unir tous pour l'avènement d'une société où Dieu ne fait plus peur, où il ne devient plus une arme de pouvoir des castes dominantes. Mais un grand champ d'amour et de paix que nous constituons tous. Nous sommes Dieu, lorsque notre amour éclot sur les cendres de la peur..

Un monde de paix et d'harmonie est possible, nous avons toutes les ressources à notre disposition, il nous suffirait d'apprendre à les utiliser avec sagesse. Les humains peuvent jouir pleinement des avancées de la science et des médecines naturelles dites holistiques (c'est-à-dire qui prennent en compte l'humain dans sa globalité : corps, esprit, émotions…). Qu'ils puissent jouir de la chirurgie de pointe comme des thérapies psycho-corporelles (Shiatsu, Reiki…) et des médecines douces qui prennent en compte la dimension spirituelle de l'humain. Un monde où Dieu n'est plus une image, un nom, un symbole ou une église : mais juste l'Amour, ce flot d'énergie créatrice qui se vit en notre cœur, et qui se répand partout comme le ciment de nos convictions les plus nobles.

Pour nous, la seule religion qui soit est l'amour, la seule classe est celle de l'humanité et le seul langage, celui du cœur.

Michael (Mika) Abitbol 

http://www.unisson06.org/manifeste_unisson.htm

Haut de page ¿

 

Le présent est à la fois instant et éternité

 

L’homme a besoin de justifier ce qu’il vit, d’expliquer ce qu’il croit comprendre. En utilisant le mot "dieu" ou "Dieu", il exprime la puissance du créateur ou de l’inexplicable, il s’effraie ou s’émerveille de son rôle, il devine sa Force, son Amour, ses Foudres, ses Grâces…

 

Comment l’homme peut-il penser ou expliquer autrement qu’avec ses facultés d’homme ? Et comme il conçoit difficilement une horloge sans horloger, un monde aussi riche que le nôtre sans Trésor, un présent aussi cruel sans Eternité douce, il crée un « Dieu à son image », avec ses perceptions mais sans ses imperfections : il est le plus grand, infini, immortel, omniscient, omnipotent…

 

Mais Dieu, s’il "existe", s’il est, ne pense pas, ne domine pas, ne rêve pas puisqu’il ne mange pas, ne dort pas, ne naît pas, ne meurt pas… Il est Autre. Il est l’inconcevable, l’inimaginable… que nous ne pouvons même pas nommer avec nos mots. Et toute image, toute représentation, toute illustration, toute explication de "Dieu" ne peut être que fausse ou au moins incomplète. Seuls des symboles, des approches artistiques, des poèmes peuvent peut-être un peu l’évoquer. Et c’est l’acte de foi, le pari de Dieu, tout à fait respectable, auquel chacun est peut-être invité… car on ne pourra jamais démontrer son existence ou sa présence sinon ce serait une vérité scientifique !

 

Et "Dieu", s’il est, s’il est tout autre que ce que l’on peut concevoir et ne peut pas se dire, est peut-être un peu mon esprit et ce que je crois parfois sentir sans jamais pouvoir le dire. Il est à la fois avec moi et sans moi; il est peut-être aussi Présence que Silence ; le présent qui se prolonge indéfiniment et qui se renouvelle sans cesse, à la fois instant et éternité ; le silence où l’on croit entendre parler l’absence. Parfois, quand je me sens bien en moi, bien dans mon environnement, que je médite en appréciant le moment qui passe pour ne jamais revenir mais aussi ne jamais mourir, je me dis que dans mon silence confiant où rien ne compte plus, le "dieu" qui m’habite "est" certainement mon enthousiasme, mon émerveillement, mon cheminement. Bien autre que tout ce que j’ai pu apprendre, bien différent de ce que je peux imaginer. Surtout s’il est simplement ce qui reste de moi quand je ne suis plus et qui ne finit pas.

 

Ainsi, loin des religions enseignées, mon esprit se nourrit-il spirituellement d’un dieu "Autre". Et pourtant je ne saurais me dire athée parce que la définition actuelle de Dieu, qui ne correspond pas à ce que je crois sentir, me semble tout à fait passagère et ne saurait être immuable !

                                                                       Pascal JACQUOT

Haut de page ¿

 

C'est curieux quand même !

 

Dieu, au singulier, avec un D majuscule, c’est le “ Tout autre ”, celui que l’on ne peut nommer, ni même concevoir. Il est une question bien plus qu’une réponse !

Le croyant monothéiste entre en relation avec Dieu librement et par amour.

Sa perception débarrasse l’univers des dieux et démons ombrageux qui le peuplaient

Ce “ Tout autre” s’est fait particulièrement connaître à des hommes peut-être choisis par lui, des “amis de Dieu”. Mais aucun parmi ces hommes n’a affirmé être Dieu lui-même.

Ainsi, chez les croyants :

Aucun parsi ne prétend que Zoroastre était Dieu,

Aucun juif ne prétend qu’Abraham ou Moïse était Dieu,

Aucun musulman ne prétend que Mahomet était Dieu,

Aucun babi ne prétend que Le Bab était Dieu,

Aucun bahaï, ne prétend que Baha’U’Allah était Dieu,

Aucun sikh ne prétend que Gourou Nanak était Dieu,

Aucun chrétien pré-nicéen ne prétend que Jésus était Dieu,

Aucun unitarien ne prétend que Jésus était Dieu,

Et on pourrait continuer avec tous les futurs prophètes à venir !

 

Alors ! Pourquoi certains prétendent-ils que Jésus était Dieu ? Ne serait-ce pas tout simplement pour pouvoir affirmer que leur secte très particulière est ainsi la religion supérieure, dans le but de l’imposer, avec la complicité des autres pouvoirs, aux masses de fidèles bien soumis, bien craintifs, qui ne chercheront plus à se poser des questions dérangeantes ? Qui sait ? Va savoir ? 

   

Jean-Pierre Babin, intendant de l’AFCU et membre du Groupe unitarien nantais.

Haut de page ¿

 

Intégrisme et spiritualité

 

Le retour à la religion a pris, ces dernières années, une dimension spectaculaire, parfois inquiétante. On pense d’abord aux pays musulmans. Mais tout indique que l’Occident, dans des formes certes différentes, n’est pas à l’abri du phénomène. Retour de la spiritualité ? On ne pourrait que s’en féliciter. Retour de la foi ? Ce ne serait pas un problème. Mais le dogmatisme revient avec, trop souvent, et l’obscurantisme, et l’intégrisme, et le fanatisme parfois. On aurait tort de leur abandonner le terrain. Le combat pour les Lumières continue, il a rarement été aussi urgent, et c’est un combat pour la liberté.

Un combat contre la religion ? Ce serait se tromper d’adversaire. Mais pour la tolérance, pour la laïcité, pour la liberté de croyance et d’in-croyance. L’esprit n’appartient à personne. La liberté non plus.

J’ai horreur de l’obscurantisme, du fanatisme, de la superstition. Je n’aime pas davantage le nihilisme et la veulerie. La spiritualité est une chose trop importante pour qu’on l’abandonne aux fondamentalistes. La tolérance, un bien trop précieux pour qu’on la confonde avec l’indifférence ou la mollesse. Rien ne serait pire que de nous laisser enfermer dans un face à face mortifère entre le fanatisme des uns –quelle que soit la religion dont ils se réclament- et le nihilisme des autres. Mieux vaut les combattre tous, sans les confondre et sans tomber dans leurs travers respectifs. La laïcité est le nom de ce combat. Reste, pour les athées, à inventer la spiritualité qui va avec.

André Comte-Sponville (Livre «L’esprit de l’athéisme »)

Haut de page ¿

 

L'abbé Pierre et le successeur de Pierre

 

La mort de l'Abbé Pierre nous touche, parce qu'elle sonne un peu comme un bilan. Bilan d'un demi-siècle de société française d'abondance, qui laisse ses déchets à la rue aujourd'hui comme en 1954. Mais bilan aussi de l'Église catholique à l'orée du XXI° siècle.

Comment se fait-il que la figure la plus populaire d'un des pays les plus farouchement laïcs au monde soit un prêtre, qui n'a jamais caché ni sa soutane, ni sa croix de guingois sur la poitrine ? Pour deux raisons, semble-t-il :

1- D'abord, l'abbé rappelle aux plus mécréants d'entre nous que nous sommes un pays profondément marqué par les valeurs évangéliques. Les socialistes, et même les communistes, se reconnaissent dans le message de Jésus le nazôréen, sans lequel leurs partis politiques ne seraient pas ce qu'ils sont. Je n'y peux rien, c'est politiquement incorrect mais c'est ainsi.

Des évangiles, l'abbé n'a retenu qu'une chose : l'amour du prochain, dont Jésus lui-même fait l'égal de l'amour de Dieu. La re-connaissance du prochain, dont Jésus fait l'égal de la connaissance de Dieu.

Pour les Églises (qui se réclament pourtant des évangiles) la connaissance de Dieu - la possibilité de s'en faire une idée, de savoir qui il est, de le connaître - passe par le dogme. Et le dogme, c'est l'Église qui l'élabore, le façonne à son gré, le proclame puis l'impose. Tout comme Jésus, l'abbé ne se référait à aucun dogme : le prochain, c'est-à-dire l'homme ou la femme abandonnés sur la route (comme dans la parabole du Bon Samaritain), voilà le dogme. L'amour en action.

Le peuple ne s'y est pas trompé, croyants comme athés : cela sonne juste. Si Dieu existe et peut être rencontré quelque part, c'est bien dans ce regard-là. Le regard que Jésus lui-même portait, en son temps, sur le monde tel qu'il était et Dieu tel qu'il est.

Et la France, pays de Voltaire et de Hugo, se retrouve dans cette approche-là de Dieu. L'approche non-dogmatique qui est avant tout un regard sur l'autre, qui forme et éduque le regard intérieur.

2- La France se retrouve dans cette distance prise avec les dogmes. Mais aussi dans les conséquences pratiques de cette distance : par son choix des pauvres, l'abbé insulte Rome et ses richesses. Par sa préférence pour les sans-voix, il fouette Rome et son amour de la puissance. Par sa liberté sexuelle, il horrifie Rome et sa hantise du sexe.

Un abbé Pierre ne pouvait sans doute naître que dans ce pays qui n'a jamais oublié l'évangile, mais n'en retient pas forcément ce que lui conseille sa hiérarchie ecclésiale.

L'abbé Pierre ne sera jamais canonisé : le successeur de Pierre ne peut donner en exemple, au peuple qu'il administre, un homme qui lui fait ouvertement pareils pieds de nez.

Pauvre Pierre, qui n'a jamais été pape, et aurait peut-être rêvé d'être un jour  un abbé aux chaussures éculées et à la soutane verdâtre.

                                                Michel Benoît

Haut de page ¿

Dieu n'existe pas

 

Dieu existe ! Non, Dieu n'existe pas !

     Lu, dans la presse féminine, un dialogue entre le philosophe André Comte-Sponville et l'écrivain E.E. Schmitt.

     "Est-ce que Dieu existe ? Je ne sais pas, mais... je crois", dit Schmitt. A quoi Comte-Sponville répond : "Je ne sais pas si Dieu existe, mais je crois qu'il n'existe pas"

      Deux esprits aussi brillants ne peuvent accoucher que de brillantes formules. Ils ne sont pas les premiers : au cours des siècles, l'éventail des possibilités a été exploré jusque dans les moindres recoins. Depuis le "Je crois en Dieu, parce que c'est absurde" (la foi du charbonnier) jusqu'au "Je crois en Dieu, parce que la raison me le démontre" (certains théistes des Lumières). Entre-deux, on trouve la formule de St Anselme "Je crois en Dieu, afin de comprendre Dieu" - laquelle n'est pas éloignée de la position des musulmans, cf. l'article de ce blog dans "Islam, judaïsme...." à propos de Tariq Ramadan.

     On n'en sort pas, les opinions s'opposent sans jamais se rencontrer. Pourquoi ? Peut-être parce que la question est mal posée.

     En effet, tout ce brillant monde parle de "Dieu". Le mot est indistinctement employé, aussi bien par ceux qui pensent croire en lui, que par ceux qui refusent la foi, ou qui sont entre les deux. Et l'on philosophe, on philosophe...

     Or, c'est le mot Dieu lui-même qui est piégé, et rend toute réponse impossible à la question de la foi.

     Car "Dieu" est déjà, en lui-même, une invention des théologiens ou des penseurs. Quand un Occidental ou un Moyen-oriental dit "Dieu", automatiquement, sans qu'il puisse y échapper, il introduit dans son esprit - avec le mot - un vaste champ sémantique. Très différent, certes, selon les civilisations et les époques, mais très prégnant. Le mot "Dieu" véhicule ainsi avec lui, au choix : l'image du Tout-Puissant qui régit tout, celle de l'auteur ou du complice du Mal, du Père inhibiteur ou source de dépendance, de l'Amant absolu, du père fouettard, que sais-je... Jusqu'au vieillard à barbe blanche assis sur son nuage, tout là-haut, au ciel de nos enfances.

     Les théologiens sont responsables de cette enflure sémantique, sur laquelle débouche automatiquement le mot "Dieu". Et ceci a commencé très tôt, dès la deuxième étape de l'écriture de la Bible (habituellement appelée élohiste). A partir de là, à cause du texte lui-même qui se met à nommer "Dieu", puis à le décrire de plus en plus précisément, le judaïsme, suivi du christianisme et de l'islam, vont parler, et parlent encore, de "Dieu".

     Il n'en allait pas ainsi pour la première mise par écrit de la Bible (le yahviste), ou pour l'hindouisme. Là, on sait encore qu'on ne peut pas nommer "Dieu" : la toute première Bible le désigne de quatre consonnes qui ne signifient rien, et que les juifs pieux remplacent (aujourd'hui encore) par une seule, le yod ou '. Quant aux hindous, ils remplacent la désignation de "Dieu" par une simple vibration, "Ohhhmmm...."

     Quant un occidental se demande s'il croit en Dieu, il se demande en fait s'il adhère à telle ou telle représentation de "Dieu" - qu'il ira puiser, selon sa formation ou sa tradition, dans telle ou telle partie du champ sémantique générée par le mot "Dieu".

     Vous me demandez si je crois en "Dieu" ? La réponse est claire, sans appel : c'est non. Non, je ne puis adhérer à aucune des représentations ouverte par le champ sémantique "Dieu". Il me faudrait alors choisir entre les opinions des uns ou celles des autres, alignées dans les rayons de nos bibliothèques depuis plus de 25 siècles.

     Alors, en quoi croyez-vous ?

     Je ne crois pas : je constate (et il m'a fallu pour cela toute une vie de recherches tâtonnantes, d'expériences douloureuses) que derrière ce monde des apparences, il y a une réalité que la plupart appellent "Dieu", mais que je me refuse à nommer parce qu'elle est au-delà de tout mot.

     Une personne ? Mais non ! Si je dis "une personne", je rentre déjà dans la querelle des mots, dans une cage assemblée depuis les premiers conciles jusqu'à E. Mounier. Un existant ? Pas plus, vous me traînez chez Heidegger ou Sartre.

     Alors, quoi ?

     Une expérience, faite à la fois dans la vie et par l'esprit. La vie devançant presque toujours l'esprit, le travail de l'esprit éclairant lentement la vie. Une expérience, qui ne peut donc se réduire à aucun mot, même quand c'est une expérience que l'esprit prétend analyser.

     Une expérience ne se met pas en formules, ni en mots. Elle ne se décrit pas, elle est au-delà des mots. Elle se constate, quand toutefois la conscience finit, enfin, par acquiescer - toutes murailles intérieures renversées - à la force de l'évidence.

                                                  Michel BENOIT     11 janvier 2007

Haut de page ¿

 

Un philosophe

 

Feuerbach (philosophe du 19è siècle).

« Ludwig Feuerbach propose une explication de ce qu’est Dieu. Il ne nie pas son existence, il dissèque la chimère. Pas question de dire Dieu n’existe pas, mais Qu’est-ce que ce Dieu auquel la plupart croient ? Et de répondre : une fiction, une création des hommes, une fabrication obéissant à des lois particulières : les hommes créent Dieu à leur image inversée.

Mortels, finis, limités, douloureux de ces contraintes, les humains travaillés par la complétude inventent une puissance dotée très exactement des qualités opposées : avec leurs défauts retournés comme les doigts d’une paire de gants, ils fabriquent les qualités devant lesquelles ils s’agenouillent puis se prosternent. Je suis mortel ? Dieu est immortel; je suis fini ? Dieu est infini; je suis limité ? Dieu est illimité; je ne sais pas tout ? Dieu est omniscient; je ne peux pas tout ? Dieu est omnipotent; je ne suis pas doué du talent d’ubiquité ? Dieu est omniprésent; je suis créé ? Dieu est incréé; Je suis faible ? Dieu incarne la Toute-Puissance; je suis sur terre ? Dieu est au ciel; je suis imparfait ? Dieu est parfait; je ne suis rien ? Dieu est tout... »

Haut de page ¿

 

Qui est Dieu pour moi aujourd'hui ?

 

Je ne sais pas si Dieu existe ! Je suis agnostique mais, agnostique croyante. Je crois en Dieu. Alors, que puis-je en dire ? De Lui, sur Lui, je ne peux rien dire. Moïse l’avait déjà pressenti en écrivant dans la Loi : « Tu ne feras pas d’image de ton Dieu ». Pour moi, s’il ne peut y avoir d’image, tout ce que je pourrais dire ne fera pourtant que construire des images !

Durant mes jeunes années, j’avais une idée très précise de Dieu, je savais qu’il existait, j’avais la Vérité et je remerciais Dieu d’être née catholique, ce qui me permettrait si je le méritais de le rejoindre corps et âme à la fin des temps. Ces certitudes m’avaient été induites par mon éducation et me rassuraient. Toutes les images que mes parents, professeurs et lectures m’avaient données de Dieu, je les croyais justes, définitives et immuables. Petit à petit, je me sentis très mal à l’aise et très malheureuse de ne pouvoir, sans tomber dans le péché les remettre en question.

À l’adolescence, j’eus ma traversée du désert mais, je restais nomade en recherche d’un autre chemin pour arriver au même but. Je sentais que Dieu me collait à la peau et j’espérais le découvrir autrement, le connaître mieux. Et…arriva Vatican II !

Alors, mon histoire m’a entraînée à retraverser les écritures à la suite d’exégètes, de professeurs, de conférenciers, d’auteurs osant une parole libre. J’ai dû apprendre, en combattant un sentiment de culpabilité et, avec progressivement une joie de plus en plus profonde, à oser lire la bible avec une pensée libre. J’ai dû apprendre à oser manger la Parole, pour pouvoir la digérer, afin qu’elle devienne nourriture dans mon histoire. Car, en définitive, si je veux être moi, c’est bien ma conscience qui décide de mes refus ou de mon adhésion à la Parole.

C’est ainsi, qu’aujourd’hui, je dirais donc, en conscience, que Dieu m’est révélé par des hommes. Des hommes qui à l’origine appelle dieux, toutes les forces mystérieuses qui les dépassent et qu’ils ne peuvent contrôler. Plus tard, apparaîtra chez nos ancêtres dans la foi, la croyance en un seul Dieu. Cette évolution nous est racontée dans le récit mythique d’Abraham. Au fil du temps, la bible nous montre alors, différents hommes qui font des expériences spirituelles de Dieu. Nous constatons qu’une force les habite, une force qui les dépasse et les pousse à agir pour le bien de la communauté. Ces hommes nous révèlent Dieu à travers leurs expériences spirituelles. Les images qu’ils nous donnent de Dieu, les mots utilisés sont bien évidemment marqués par la culture et la cosmographie de leur époque. Dieu a le corps d’un homme et il habite dans les cieux.

À son tour, Jésus parlera de Dieu, en nous le révélant selon les critères et les traditions de son époque, mais tout en prenant une grande liberté par rapport aux enseignements du Temple. Il insistera sur la proximité de Dieu et sur toutes ses qualités d’amour pour l’humanité. En l’homme Jésus, va être rassemblées, toutes les images positives de Dieu, révélés par l’homme, tout au long de l’histoire. Jésus, cet homme extraordinaire sera justement appelé Fils de Dieu, lui qui vit en paroles et en actes de toutes les qualités de Dieu décrites par les auteurs bibliques. En Jésus, Dieu est reconnu.

Donc, je ne sais de Dieu, que ce que des hommes m’en disent. Et, cela m’intéresse. Je dois constater cependant que leurs histoires, leurs époques, leurs expériences spirituelles ne sont pas les miennes, mais que je les rejoins dans leur désir de recherche de Dieu. Aujourd’hui, des hommes et des femmes, par leurs actes et leurs paroles, sont toujours révélateurs de Dieu pour moi.

Mais non, je ne crois pas que Dieu est une personne. Je crois en une énergie spirituelle, une énergie d’Amour qui m’habite, une énergie qui est au plus profond de moi, une énergie qui me pétrit, une énergie qui déborde de moi. Je ne peux pas être moi-même sans elle, et, quand en toute liberté, je suis en union avec elle, c’est le Divin et l’humain qui communient et : l’Amour jaillit. L’homme a besoin de Dieu, mais Dieu a besoin de l’homme.

Pour moi, l’Amour, c’est Dieu et mon ami Jésus est mon chemin de Dieu. Le Dieu auquel je crois est universel, mais les chemins sont et resteront différents d’après les cultures et les époques.

Christiane Janssens, octobre 2004 Libre Pensée Chrétienne

Haut de page ¿

 

Clivages artificiels

 

On a souvent l’habitude de cataloguer les personnes, de cloisonner les groupes et parfois même de les opposer. Il me semble que les différences apparentes sont artificielles et que les oppositions sont beaucoup plus subtiles que ce que l’on veut laisser croire. En ce qui concerne les convictions spirituelles, cela est manifeste.

 

Entre un croyant et un athée, entre un chrétien et un agnostique, entre un catholique et un matérialiste, il y a parfois beaucoup plus de proximité et de croyances communes qu’entre deux croyants, deux chrétiens, deux catholiques qui se croient proches par l’étiquette mais conçoivent en réalité un Dieu complètement différent. En effet il y a des catholiques qui ne croient guère aux "miracles" de Jésus, des chrétiens qui ne croient guère en la résurrection de Jésus. Et beaucoup de militants, même athées, des droits de l’homme se sentent très proches de Jésus. Sa vie, son témoignage touchent et éclairent en effet de nombreux hommes, croyants ou incroyants, bien au-delà des sphères religieuses. Ainsi le philosophe André Comte-Sponville[1] qui se déclare athée, écrit :

 « Le nouveau-né qu’on couche dans une étable, l’enfant pourchassé, l’adolescent dialoguant avec les érudits, le même plus tard, face aux marchands du temple, la primauté de l’amour, à quoi se ramènent "toute la Loi et les prophètes", le sabbat qui est fait pour l’homme et non pas l’homme pour le sabbat, l’acceptation ou l’anticipation de la laïcité ("Rendez à César ce qui est à César… "), le sens de l’universel humain ("Ce que vous avez fait au plus petit de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait" ), l’ouverture au présent ("Prenez soin d’aujourd’hui, demain prendra soin de lui-même"), la liberté de l’esprit ("la vérité fera de vous des hommes libres"), la parabole du Bon Samaritain, celle du Jeune homme riche, celle de l’enfant prodigue, l’épisode de la femme adultère, l’accueil des bannis et des prostituées, le sermon sur la montagne ("heureux les doux, heureux les affamés de justice, heureux les artisans de paix… "), la solitude (par exemple au Mont des Oliviers), le courage, l’humiliation, la crucifixion… On serait touché à moins. Disons que je me suis forgé une espèce de Christ intérieur, "doux et humble de cœur", en effet, mais purement humain, qui m’accompagne ou me guide ».

 

Le clivage croyant / agnostique ou chrétien / incroyant est souvent artificiel. Si les religions ont souvent intérêt à l’exploiter pour conserver leur troupe (et leurs ressources !), les "fidèles" le dépassent très facilement et presque spontanément quand ils se libèrent des autorités religieuses pour s’engager dans des actions. Si les religions restent souvent sectaires en étant attachées à des principes soit disant divins plus qu’à des valeurs spirituelles, à des dogmes plus qu’à la "fraternité", beaucoup de "croyants" savent repérer l’essentiel de "l’amour" par delà le secondaire des "commandements" enseignés soit disant par le prophète. J’ai participé dernièrement à un colloque où se côtoyaient des femmes et des hommes de tous bords religieux et politiques, près de 500 personnes en tout. Il y avait des catholiques bien sûr mais aussi des protestants, des musulmans, des francs-maçons, des  incroyants… Il y avait des militants engagés à gauche et à droite… Il y avait des anciens et des jeunes, des élus et des représentants dits de la "société civile" de toutes les régions de France. Tous savaient s’écouter, tous se respectaient, tous cherchaient à se comprendre, tous étaient extrêmement proches, tous pouvaient partager sincèrement leurs préoccupations profondes. Ils avaient cependant en commun une chose, essentielle. Non pas un prophète, non pas un Dieu. Mais le souci de l’homme, l’amour de l’Homme et c’est ce qui les rassemblait spirituellement: ils pouvaient ainsi tous envisager la « Politique au risque de la spiritualité[2] » sans aucune difficulté. 

 

Pascal  Jacquot
 


[1] André Comte-Sponville (A-t-on besoin d’une religion, Paris : les Editions ouvrières) écrit aussi :

Au fond, à la lecture des évangiles, ce qui fait la valeur d’une vie humaine, est-ce le fait que la personne en question croit ou pas en Dieu,  qu’elle croit ou pas en une vie après la mort ?

S’agissant de ces deux questions, la seule vérité, pour vous comme pour moi, c’est que nous n’en savons rien ! Croyants et incroyants, nous ne sommes séparés que par ce que nous ignorons.

Il serait paradoxal d’attacher plus d’importance à ce que nous ignorons, qui peut sembler nous séparer, qu’à ce que nous connaissons très bien, d’expérience et qui nous rapproche : ce qui fait la valeur d’une vie humaine, ce n’est pas la foi, ce n’est pas l’espérance, c’est la quantité d’amour et de courage dont on est capable

 

[2] Thème du colloque

 

 

Haut de page ¿

 

Au 17ème siècle, un ancien jésuite

 

Michel Onfray, philosophe,  relève dans son livre « Traité d’athéologie », le calvaire de Cristovoa Ferreira, ancien jésuite portugais que l’on fit abjurer sous la torture en 1636 mais qui, quelques années plus tard, écrivit cependant un petit livre explosif et radical « La supercherie dévoilée » :

 

« Dans une trentaine de pages seulement, il affirme : Dieu n’a pas crée le monde ; d’ailleurs le monde ne l’a jamais été ; l’âme est mortelle ; il n’existe ni enfer, ni paradis, ni prédestination ; les enfants morts sont indemnes du péché originel qui, de toute façon, n’existe pas ; le christianisme est une invention ; le décalogue, une sottise impraticable ; le pape, un immoral et dangereux personnage ; le paiement de messes, les indulgences, l’excommunication, les interdits alimentaires, la virginité de marie, les rois mages, autant de billevesées ; la résurrection , un conte déraisonnable, risible, scandaleux, une duperie ; les sacrements, la confession, des sottises ; l’eucharistie, une métaphore ; le jugement dernier, un incroyable délire…

Peut-on charge plus violente et tirs de barrages plus concentrés ? Et le jésuite de poursuivre : La religion ? Une invention des hommes pour s’assurer le pouvoir sur leurs semblables La raison ? L’instrument permettant de lutter contre toutes ces fariboles. Cristovao Ferreira démonte toutes inventions grossières. Alors athée ? Non. Car à aucun moment il ne dit, n’écrit, n’affirme ou ne pense que Dieu n’existe pas… ».

 

A chacun de nous de critiquer, de partager partie ou totalité de ces affirmations, mais l’on peut cependant s’émerveiller qu’au 17ème siècle déjà, malgré les épreuves subies, un homme ait pu être assez lucide, assez courageux pour oser des affirmations que certains prophètes expriment encore aujourd’hui !

Haut de page ¿

 

Liberté

 

Dans le combat qui se livre en nous-mêmes entre le vieux et le neuf, entre la passivité et le dynamisme, s'impose une exigence de penser vrai, un besoin d'être au clair, autant que faire se peut, sur ce qui donne sens à notre vie, sur ce que nous croyons en vérité. Si l'on me demande de quel droit je me permets de mettre en question la religion que j'ai reçue et de contester les pratiques de l'Eglise qui l'inculque, j'invoque ma liberté de conscience et je réponds en citant Pascal, que "toute notre dignité consiste dans notre pensée", et que c'est là une liberté fondamentale, pour quiconque refuse de se mentir à soi-même.

                Ce n'est donc pas par goût de la contestation, ni par attirance du vide, si nous posons des questions qui dérangent, concernant les croyances admises depuis des siècles. Mais une passion de liberté, un besoin d'authenticité nous pousse à poursuivre notre quête… Et nous avons aujourd'hui les moyens de revenir aux sources de notre foi, en particulier de comprendre un peu mieux ce qui s'est passé il y a vingt siècles avec Jésus, puis au long de l'histoire du christianisme, et de voir comment nos anciens ont transmis, comme ils ont pu, ce qui avait été retenu du message évangélique. Car c'est évidemment à Jésus de Nazareth qu'il faut toujours revenir… Et c'est parce que nous sommes rejoints par l'appel de liberté, dont il nous a été donné un suprême exemple en mettant lui-même en question la religion de ses ancêtres, que nous sommes en droit de demander : qu'est-ce que les Eglises, depuis vingt siècles, ont fait de lui ?

                Pour vivre aujourd'hui de la foi et de la fidélité qui nous attachent à Jésus, tel qu'il nous est possible maintenant de l'approcher dans sa réalité historique, et pour recevoir de son esprit l'élan qui nous aide à "devenir humain" (selon l'expression d'Yves Burdelot), faut-il, par exemple, croire à sa naissance miraculeuse telle qu'elle est racontée dans l'évangile de Luc ? Faut-il affirmer qu'il est descendu d'auprès de Dieu -étant Dieu lui-même, deuxième personne de la Sainte Trinité, etc. ? Bien des affirmations contenues dans le corpus doctrinal sont devenues irrecevables aujourd'hui. C'est au point que beaucoup d'entre nous s'avouent incapables de faire leur la confession de foi du Credo. Et pourtant, les articles de foi du Credo méritent toujours qu'on s'interroge sur leur genèse, sur leur symbolique, qu'on reconnaisse la qualité spirituelle des théologiens qui les ont composés… Cela ne veut pas dire non plus que les sciences religieuses, l'étude des textes bibliques, l'exégèse soient aujourd'hui sans intérêt. Au contraire, il est important que ceux qui le peuvent travaillent dans ces domaines et participent aux révisions nécessaires pour dégager Jésus de certains maquillages qui l'ont défiguré. Il y a là un chantier considérable dont dépend la foi des générations à venir.

 

Guy Lecomte de l'association culturelle Marcel Légaut lors de l'A G des Parvis à Bordeaux

 

Haut de page ¿

 

Lettre à mes amis catholiques

au lendemain de l’élection papale de Joseph Ratzinger,

 

Chères Amies, Chers Amis.

 

Vous le savez bien, le choix de Joseph Ratzinger, par un collège de cardinaux truffé d’ultra-conservateurs par Jean-Paul II, ne s’est pas fait entre une mouvance plutôt conservatrice et une autre plutôt libérale - comme on dirait en politique française entre Droite et Gauche, ou en politique britannique entre Conservateurs et Travaillistes. Non ! il ne s’agit pas d’une simple alternance, mais de l’arrivée au pouvoir (ou de la prise de pouvoir par noyautage) d’une extrême droite. L’Opus Deï, dont on connaît l’entrisme dans les hautes sphères et la porte d’entrée royale que lui offrit le précédent pape, est arrivée à ses fins.

 

Il s’agit d’une victoire à la Pyrrhus car la situation de l’Eglise catholique ne lui permet pas une telle politique. En Europe occidentale et en Amérique du Nord la déchristianisation va s’en trouvée accélérée. En Amérique latine, la condamnation sans nuance de la théologie de la libération et la nomination d’évêques réactionnaires, a creusé un écart entre la hiérarchie et nombre de prêtres et de fidèles. En Afrique noire, la condamnation (criminelle) de l’usage des préservatifs a, elle aussi, plongé nombre de catholiques dans le désarroi. Si Jean-Paul II, du fait de sa résistance historique au communisme, et de sa politique de réconciliation avec les juifs et les musulmans, de son âge et de sa souffrance - c’était comme un grand-père à qui on pardonnait volontiers certains propos -, était auréolé et hors d’atteinte, il n’en est pas de même de Joseph Ratzinger qui arrive avec la réputation de champion d’un camp politico-religieux et dont les prises de position sont bien connues.

 

L’avantage du choix de nos éminents cardinaux, c’est qu’il crée une situation désormais claire et nette : un pape réactionnaire, une hiérarchie complètement domestiquée qui s’empresse de dire (hypocritement) sa joie, l’illusion de penser que le catholicisme peut surfer sur les mouvements charismatiques et la piété populaire qui remplissent la place Saint-Pierre à Rome, etc. Au tour des catholiques de base de faire leur choix, à commencer par cette question : à qui donner nos deniers du culte ?

 

Nous vous suggérons non seulement une grève des deniers du culte, mais de les donner désormais aux mouvements qui oeuvrent à la re-fondation d’un christianisme plus conforme aux Evangile et à la personne de Jésus. Nous nous tournons tout naturellement vers les grandes fédérations qui regroupent les “ catholiques réformateurs ”, en France avec le Parvis, en Belgique francophone avec les Pavés, en Europe avec le réseau Nous sommes l’Eglise et le réseau européen “ Eglise de liberté ”, etc. A elles d’organiser la collecte des fonds dont nous avons besoin pour nos multiples activités : bulletins, revues, célébrations de partage du pain et du vin entre chrétiens libres, conférences, universités d’été, publications de livres, aide à nos prêtres et théologiens en difficultés, etc. Oui, nous avons besoin de moyens financiers et logistiques. Il ne s’agit pas de dissidence, ni de fonder une autre Eglise, mais de nous donner les moyens - non seulement de survivre avec notre foi - mais pour redonner espoir à un grand nombre de nos frères.

 

Le souffle de Dieu nous l’a souvent appris : un évènement est toujours positif si les hommes savent le mettre à profit. Merci à Joseph Ratzinger de nous avoir ôté nos dernières hésitations, nos ultimes “ benoîteries ”. Le temps est désormais à l’action par le bas et non plus aux vaines attentes d’un destin qui nous viendrait d’en haut, comme par exemple d’un “ nouveau pape ”. Enfin, nous voilà totalement libres, adultes : à nous de savoir nous organiser en conséquence. Et d’abord, mettons à profit nos messageries électroniques et nos sites pour diffuser ce message !

 Avec l’espoir de reconstruire un christianisme plus fraternel.

Jean-Claude Barbier (chrétien unitarien), le 20 avril 2005.

Haut de page ¿

 

 

Témoignage

Je ne suis d'aucune Eglise, en grande partie, à cause des conflits que ma famille a eue avec celle de Rome : excommunication de mon arrière grand-mère bretonne car elle avait mis ses enfants à l'école laïque, école du diable pour les curés et que ma grand-mère avait dû payer un mois de salaire d'institutrice pour faire lever cette ex-communication par l'évêque de Quimper. J'ai compris que si Dieu peut être charitable, son Eglise, du moins celle  de Rome ne l'est pas. Le fric c'est catholic (volontairement écrit ainsi)… Bien sûr je n'ai pas été élevé dans la religion et je n'ai pas suivi le catéchisme, ce qui ne me rend pas ignare des choses de la Bible et de la vie de Jésus en laquelle je ne mets aucun doute, mais Dieu, qui est-il vraiment ? Pour moi, il est impalpable et peut être à la fois si présent. J'ai du mal de croire en un Dieu alors qu'il y a tant de souffrances et de misères sur cette terre. Pourquoi ces bébés que j'ai vus et qui naissent avec des atrocités et qui ne vivront pas plus de trois mois dans la souffrance? Oui, pourquoi tout ce mal, toutes ces guerres, toutes ces tueries alors que tout pourrait n'être que paix et amour ? Un jour, dans le Jura, alors que j'étais chez une brave tante, la tante Blanche qui m'imposait d'aller à la messe tous les dimanches, le curé me surprenant dans le cimetière m'a dit: tu ne viens pas à confesse ? Je lui ai dit que non car je n'étais pas croyant et que ce que je faisais, j'en étais conscient. Il m'a dit: tu n'es pas croyant ? Je lui ai expliqué mon incompréhension devant le mal,les tueries, la douleur des bébés, etc.. Je lui ai dit aussi comment croire alors que moi qui avait à ce moment-là quinze ans, j'avais déjà été opéré trois fois à la tête d'une tumeur. Pourquoi cette tumeur à moi ? Alors il m'a dit que je ne devais pas me plaindre car j'étais un élu de Dieu, que j'avais été choisi par lui pour expier les péchés des autres. Je lui ai répondu que j'espérais qu'ils avaient beaucoup péchés car moi j'avais beaucoup souffert, que lui -vu sa bedaine- ne devait pas être un élu de Dieu car il se portait bien. Il a haussé les épaules et a fait demi-tour. C'était un imbécile.

Mais croire en un Dieu à la façon de cette fameuse et formidable pièce de théâtre tirée du livre "Oscar et la dame rose", alors là oui…. Oui ce Dieu-là, moi j'y crois. Cela pourrait sembler stupide pour certain, mais parfois et plus souvent qu'on ne le croirait, je parle à ce Dieu, ce Dieu qui accepte mes mots et mes maux. Ce Dieu que j'appelle à l'aide parfois lorsque je me déplace à pied avec ma canne blanche et que je suis face à une difficulté. Alors, je l'appelle, je lui dis que je pourrais être son fils, que nous sommes tous ses fils et je lui demande de m'aider, d'avoir pitié. Alors est-ce juste le fait d'avoir parlé et d'avoir dit ma souffrance momentanée qui m'a soulagé? Soudain, tout devient plus clair, je m'apaise et je trouve la réponse à obstacle. Alors oui, ce Dieu-là, ce Dieu d'Oscar et la dame Rose, j'y crois.

Je ne suis d'aucune religion. J'ai été baptisé catholique lors du mariage de mes parents alors que j'avais quatre ans, pour faire plaisir au curé car ma mère n'était pas baptisée et avait payé une dispense pour pouvoir se marier à l'église. Tout ça pour faire plaisir aux parents de son futur mari qui ne sont pas venus au mariage! Mais ce baptême me dérange, il n'est pas mien, je ne reconnais pas cet Eglise d'orgueil, de fric, de débauches, cette Eglise qui résume à elle seule tous les péchés capitaux. Par contre l'Eglise protestante, plus vraie, plus proche des gens, dont les pasteurs peuvent vivre une vie normale, être mariés, avoir des enfants, me semble plus vraie. La religion musulmane elle-même a bien des aspects sympathiques lorsqu'elle n'est pas extrémiste. De toute façon tous les extrêmes sont condamnables…           Gérard

Haut de page ¿

 

Je vieillis

 

Seigneur, tu sais mieux que moi que je vieillis et qu'un jour je ferai partie des vieux.
Garde-moi de cette fatale habitude de croire

que je dois dire quelque chose à propos de tout et en toute occasion.

Débarrasse-moi du désir obsédant de mettre en ordre les affaires des autres.
Rends-moi réfléchi et non maussade, serviable mais non autoritaire.
Il me paraît dommage de ne pas utiliser toute ma vraie réserve de sagesse,

mais tu sais, Seigneur… que je voudrais garder quelques amis.

Retiens-moi de réciter sans fin des détails,

Donne-moi des ailes pour parvenir au but.

Scelle mes lèvres sur les maux et douleurs, bien qu'ils augmentent sans cesse

et qu'il soit plus doux, au fil des ans, de les énumérer.
Je n'ose pas te demander d'aller jusqu'à prendre goût au récit des douleurs des autres,

mais aide-moi à les supporter avec patience.
Je n'ose pas te réclamer une meilleure mémoire

mais donne-moi une humilité grandissante et moins d'outrecuidance

lorsque ma mémoire se heurte à celle des autres.

Apprends-moi la glorieuse leçon qu'il peut m'arriver de me tromper. Garde-moi…

Je n'ai pas tellement envie de la sainteté : certains saints sont si difficiles à vivre !

Mais une vieille personne amère est assurément l'une des inventions suprême du démon.

Rends-moi capable de voir ce qu'il y a de bon là où  on ne s'y attendait pas

et de reconnaître des talents chez des gens où on n'en voyait pas.

Et donne-moi la grâce pour le leur dire… Amen !

 

Prière écrite par une religieuse anglaise au XVII° siècle –

 communiquée par André Costabel  3 rue du Moulin à Vent 30540 Milha

Haut de page ¿

 

Je ne crois pas...

 

Je ne crois pas que Dieu ait un fils. Pourquoi pas une fille ?

Je ne crois pas qu'un homme ait été conçu du Saint-Esprit et soit né d'une vierge.

Je ne crois pas aux miracles de Jésus.

Je ne crois pas à la vision, par les apôtres, de Jésus ressuscité.

Je ne crois pas que Jésus soit le sauveur de l'humanité.

Je ne crois pas à la présence de Jésus au cœur d'un morceau de pain.

 

Si je me permets de déclarer tout cela, ainsi, un peu brutalement, c'est que bien des chrétiens, y compris la plupart des membres de la hiérarchie catholique, en parlent comme si c'était des réalités physiques historiques…, même si ce n'est pas de fait l'essentiel de la théologie et de l'exégèse. Nous sommes en pleins mythes, comme dans les religions grecque, romaine et égyptienne d'autrefois. Ayons, chrétiens du 21ème siècle, l'intelligence de comprendre et le courage de le dire. Car ce n'est pas déshonorant, ni pour la réflexion ni pour la foi, de proclamer cela. Derrière l'expérience mystique de la première communauté chrétienne, face à leur ami Jésus, il y a toute une expérience humaine, profonde et même divine… mais dite dans les cultures juive et grecque de l'époque.

 

Dieu n'est pas lié à l'humanité par un événement historique exceptionnel (la naissance, la vie, la mort de Jésus). Les premiers apôtres ont compris la présence continuelle de Dieu au cœur de chaque homme. Mais ils l'ont dit dans leur vision de l'époque, à leur manière. Nous avons à dire la même réalité dans notre culture actuelle: tout être humain est né aussi de Dieu, et pas seulement Jésus.

 

Jésus n'est pas le sauveur de l'humanité. Pour moi, cette expérience mystique des apôtres, j'ai envie de la dire d'une autre façon:

C'est à chaque être humain d'être le sauveur de son voisin.

C'est à chacun de nous d'accepter d'être sauvé par son voisin.

 

Dieu ne se situe:

-          ni à l'origine de l'univers: la création. Le monde a-t-il commencé ? C'est une question scientifique et non plus religieuse. La création, ce n'est le dogme du début du monde, mais l'affirmation que tout ce qui existe aujourd'hui vient toujours de Dieu. La création, c'est du présent et non du passé.

-          ni à l'extérieur, là-haut: bien des chrétiens réagissent encore dans cette conception religieuse : "Il descendit du ciel… Il monta au ciel." Le premier astronaute russe au retour a déclaré: je n'ai pas rencontré Dieu.

-          ni à la fin de l'humanité, marquée par le retour de Jésus et la résurrection générale: les premiers chrétiens vivaient dans l'espérance du retour de Jésus-Christ, dans les mois ou les années qui allaient venir. Nous sommes encore dans cette visée de la résurrection générale à la fin des temps: "Il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts". Il nous faudra attendre encore combien de siècles ? Comme pour la création, l'avenir et la fin du monde sont des questions scientifiques et non plus religieuses.

Mais c'est Dieu qui, au sein des mystères de chacun, donne un sens à l'avenir de l'humanité. Alors laissons de côté nos références au passé, et prenons tout notre temps pour commencer à vivre aujourd'hui ce que nous souhaitons que soit demain. Le regard des apôtres sur Jésus, c'est le regard que j'ai sur tout être humain, sur l'avenir de l'humanité.

Bien des hommes, bien des femmes le vivent actuellement, qu'ils soient chrétiens ou d'une autre religion, ou même athée, non-croyants. Nous avons ensemble à dire cette expérience qui nous est commune, même s'il nous faudra encore beaucoup d'années pour la dire par des mots, des images identiques. Donnons au christianisme un avenir qui ne soit pas celui d'une religion à part, qui s'appuie sur un évènement passé, mais celui d'un grand rêve, d'une utopie de ce que nous souhaitons que soit demain :

-          Tout être humain est un mystère au plus profond de lui-même, que chacun ne peut même pas arriver à dire. Tout être humain est un absolu, quels que soient sa race, son âge, sa culture… Chrétien , je crois que tout être humain est habité par Dieu, est parole de Dieu, présence de Dieu… et pas seulement Jésus.

-          C'est dans la solidarité, la fraternité, l'amitié, l'amour que se construit l'avenir de l'humanité. Chrétien, je crois qu'au-delà de nos tendances naturelles à la haine, la violence, la guerre… une humanité tout autre est susceptible de naître. Nous avons à lutter ensemble pour faire surgir cette humanité encore inconnue, parce que divine.

 

De plus en plus, je n'ai pas envie d'utiliser le mot "Dieu". J'ai plus envie de parler du divin qui est au plus profond d'entre nous et nous pousse à faire surgir un tout autre monde. Le divin appartient à notre nature humaine.

                                                                                                 Un chrétien d'Orléans

Haut de page ¿

 

Jésus, pour moi maintenant

 

Jésus n’est ni un dieu, ni un surhomme, ni un envoyé spécial tout droit venu du Ciel avec une lettre de mission en poche, ni le médiateur universel entre Dieu et les hommes, ni même le fondateur du christianisme.

 

Il fut et reste un Juif galiléen du 1er siècle de notre ère, un homme comme chacun de nous, né d’un père et d’une mère et enraciné dans le judaïsme de son époque dont les piliers essentiels étaient la Loi (écrite et orale) et le Temple. En effet, hors de la pratique scrupuleuse de la Loi et de l’accomplissement des rites au temple de Jérusalem - proclamaient les tenants de l’orthodoxie et du pouvoir religieux d’alors - , pas de salut.

 

Dans la fièvre de son temps où la plupart des groupes religieux guettaient l’avènement du règne de Dieu qui anéantirait les impies et ferait triompher les “ justes ”, Jésus se mit lui aussi à annoncer la venue de ce royaume mais d’une manière tout à fait originale. En s’inspirant des sources les plus pures de sa tradition, il souhaitait rénover et réformer la religion dont il était issu, pervertie par le légalisme et le ritualisme.

Tandis que les uns affirmaient que seuls ceux qui observaient scrupuleusement la lettre de la Loi (et les fameux 618 commandements) seraient sauvés, Jésus a osé prendre le contre-pied au nom même du visage du dieu dont il se réclamait. La Loi est faite pour l’homme et non l’inverse. Ce qui compte, c’est ce qui sort du cœur … Quelque soit son passé, rien n’est fatal pour l’homme. Tout être a un avenir possible, y compris les prostituées, les publicains, les “ impurs ”, etc. Tandis que les autres fondaient leur sécurité sur le Temple (“ Maître, regarde ces pierres ! ”), Jésus n’a pas craint d’affirmer que les vrais adorateurs de Dieu l’étaient en esprit et en vérité et que le Temple n’avait pas les promesses de la vie éternelle ! Tandis que d’autres encore, les esséniens, s’isolaient pour vivre dans un état de pureté rituelle grâce à des bains de purification et ainsi se mettre à l’abri de toute contamination venant des “ impurs ”, Jésus s’est plu à frayer avec les gens de mauvaise réputation et à s’asseoir à leur table : à eux aussi, Dieu s’offrait comme partenaire.

 

On sait où ce combat a conduit Jésus, combat qui a libéré, éveillé, remis debout tant d’hommes et de femmes. Suspecté, calomnié, en butte à mille tracas, il a fini par être arrêté, torturé et exécuté comme blasphémateur de Dieu. Pourtant, la brèche qu’il a ouverte ne s’est jamais refermée depuis 20 siècles et son témoignage continue, aujourd’hui comme hier, à inspirer nombre d’êtres en quête de leur humanité. Je suis de ceux-là.

 

Ce qui me passionne en effet chez Jésus, c’est sa liberté intérieure, son attention aux gens et d’abord à ceux qui étaient les plus marginalisés, sa foi dans les possibilités spirituelles des êtres, son courage et sa lucidité, l’importance qu’il accordait à des temps de ressourcement intime, en présence de Celui qu’il appelait son Père, la vérité de ses paroles accordées à ses actes, son rejet des apparences et son goût pour l’authenticité, sa capacité à se remettre en cause et à découvrir sans cesse, grâce aux évènements et aux rencontres, son propre chemin, enfin son intériorité où il puisait lumière et force pour inventer sa voie.

 

Je ne prie plus Jésus. Je ne lui demande rien, mais je recueille en moi, avec émerveillement, les traces de son passage parmi nous. Je les médite, je fais descendre au plus profond de mon être ses paroles de lumière et ses actes de libération afin qu’ils m’éveillent, me réveillent, me bousculent, me stimulent et me confirment. Ainsi Jésus m’est-il infiniment présent, comme un ferment, comme un appel, comme un horizon. De cette manière, j’espère être à sa suite disponible à Dieu, source commune d’humanisation, à l’œuvre au plus intime de chaque vie.

 

Sur les chemins d’humanité, Jésus nous précède, “ l’un d’entre nous avec une intensité d’exception ” (Stanislas Breton). Il demeure le compagnon de toujours, que je n’ai jamais fini de connaître et de reconnaître, qui me reste d’autant plus mystérieux qu’il me devient plus familier, mais que je découvre davantage à la faveur de mon propre approfondissement dont il est avec moi l’acteur silencieux. Il est de ma responsabilité - c’est aussi la charge de ceux qui vivent de son esprit - de le re-susciter à longueur de jours et de siècles. Sinon, comment demeurerait-il vivant parmi nous !

 

 Jacques Musset

membre de l’Association culturelle des amis de Marcel Légaut   -

 Texte écrit en réponse à la question : “ Et pour vous, qui suis-je ? ”

Haut de page ¿

 

Une parole, un message

 

J'ai lu un livre*. Les lignes qui suivent ne prétendent pas en faire une présentation objective ou un résumé mais elles essaient simplement d'exprimer ce que j'ai ressenti, découvert et ce que je crois.  Car il y a un monde entre le Jésus de Nazareth avec ses convictions, ses perturbations, ses énormités, ses transgressions tel qu'il apparaît dans certains textes des évangiles et toutes les interprétations, toutes les orientations théologiques avec leur pointillisme que les religions ont engendrées…

 

1. Un langage simple, un message toujours neuf

Voici un langage imagé, provocateur :

"Ne vend-on pas cinq moineaux pour dix francs ? "Chaque cheveu de votre tête est compté"  (Luc 12, 6-8)

"Quel père donnerait à son fils une pierre quand il attend du pain ?" (Mt 7, 10)

"Hypocrite, ôte d'abord la poutre de ton œil et alors tu verras clair pou ôter la paille de l'œil de ton frère" (Mt7, 5)

"Il est plus difficile à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu qu'à une corde de passer par le chas d'une aiguille" (Lc 18, 25; Mc 10, 25; Mt 19, 24)

 "Le royaume de Dieu est à l'intérieur de vous, il est nulle part ailleurs (Lc 17, 21).

 

Et voici aussi  des apostrophes cinglantes envers l'esprit méticuleux, celui qui tient compte du détail mais perd de vue l'essentiel, la réforme intérieure :

"Vous filtrez le moustique, mais vous avalez le chameau" (Mt 25, 24)

'"Vous nettoyez l'extérieur du verre et de l'assiette mais l'intérieur est tout plein de butin volé et de vice" (Mt 23, 25)

"Je suis venu jeter le feu sur la terre" (Lc 12, 49).

 

Jésus a un langage concret. Il exprime la vie, l'expérience quotidienne, il vit intensément, il aime parcourir les chemins de campagne. Et si l'on consent à regarder le monde d'un œil neuf, avec une conscience limpide, on devine le paradis potentiel de ce monde ! Comme si la nature, pour célébrer l'année nouvelle au printemps, se revêtait de pourpre (Mt 6, 28). Et même les monotones déserts, les régions glacées des pôles, les cristaux invisibles noyés dans les roches, l'évident bonheur des alouettes dans la lumière des midis d'été… Le leitmotiv de Jésus, c'est la vie, vie intégrale, puissante, dévorante, féconde, prolifique.

 

Jésus exagère parfois. C'est un signe de vitalité, c'est l'exubérance de l'esprit et du cœur. L'évangile n'a rien d'une "sagesse"; c'est un appel à une autre façon d'être, un appel pressant, exigeant, parfois cruel. Jésus dit :

"Vends tous tes biens, donne l'argent aux pauvres" (Mc 10, 17; Mt 19, 14; Lc 18, 18) et le jeune homme se retire, triste.

"J'arrive tout de suite. Mais laisse-moi d'abord enterrer mon père" (Mc 8, 10; Lc 9, 58) répond un invité. La réplique est terrifiante: "Laisse les morts enterrer les morts".

"Aimez vos ennemis" (Mt 5, 44 Lc 6, 27 et 6, 32)

"Si quelqu'un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l'autre" (Mt 5, 39; Lc 6, 29)

 

2. Un style spontané, un message qui touche

Ainsi, si nous écoutons avec attention parler Jésus, nous rencontrons un tempérament vif, primesautier, assez imprévisible, un être modeste, vraiment bon et travaillé par une passion intérieure. La parole de Jésus est concrète, spontanée, toujours jeune. C'est un langage qui parle encore aujourd'hui. Et nous entendons un message qui interpelle parce qu'il nous touche maintenant comme aux premiers temps. C'est parce que Jésus n'institue pas une religion, avec ses dogmes et ses rituels, que ce message reste vivant et n'a pris aucune ride. Il ne propose pas un culte, il appelle à une conversion. Il ne propose pas un ordre nouveau, il invite à une autre façon d'être, une nouvelle disposition orientée vers d'autres plaisirs inconcevables : celui de donner, d'aider, de pardonner… Pour Jésus, "quand tu as vu ton frère, tu as vu ton Dieu": Dieu n'est plus au "ciel", il est autour de nous, dans tous les frères humains que nous rencontrons ! "L'arrivée du royaume de Dieu n'est pas observable du dehors, on ne dira pas : il est ici, ou : il est là, car, voyez-vous, le royaume de Dieu est à l'intérieur de vous (Lc 17, 20). Le royaume de Dieu* ne vient pas s'imposer, il ne "tombe pas du ciel"; il ne fait qu'éclore en nous peu à peu et sa venue dépend de notre capacité d'accueil : ce n'est pas une chose extérieure, c'est une disposition intime. Le trésor est là, en nous, dès aujourd'hui: il suffit d'y être attentif; l'être nouveau attend en moi d'être reconnu et mis au monde (n'est-ce pas d'ailleurs ce que la théologie a matérialisé sous le nom de résurrection!).

Si Jésus interpelle les intellectuels, les docteurs, les pharisiens, c'est parce qu'ils figent la réflexion en construisant des dogmatismes, en forgeant des catéchismes. Le "pauvre en esprit" a l'ingénuité des enfants, la spontanéité de l'artiste et il conserve l'intelligence du cœur. D'ailleurs, ce qui nourrit en nous la fraternité, la bonté, la solidarité -en un mot l'humain- ne provient ni des connaissances, ni de la réussite sociale. L'essentiel se cache dans la spontanéité affective, celle de l'enfant qui est en nous : "Je te félicite, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché ces choses aux savants, aux avisés et de les avoir révélées aux enfants" (Mt 11, 25; Lc 10, 21).

 Ainsi, à travers les propos de Jésus, nous découvrons un certain style* et nous entendons presque sa voix dont le timbre est unique. Nous le reconnaissons assez facilement dans les trois évangiles synoptiques de Luc, Marc et Matthieu qui ont mis par écrit les paroles même de Jésus qui s'étaient gravées dans les mémoires : réparties vives et inattendues, paradoxes et paraboles....  

 

3. Une parole interprétée, un message orienté

La parole de Jésus  a souvent été tamisée dans les écrits et elle s'est embuée avec les années du poids des coutumes et des pratiques. Pour mieux sentir qui est vraiment Jésus, il faut essayer de distinguer les mots spontanés qu'il a réellement prononcés et les observations personnelles des rédacteurs de textes: même Matthieu, avec son érudition biblique, accumule des références à la Thora et Luc qui fut un ami de St Paul a un don de poésie et est un écrivain. Quant à l'évangile de Jean (nom collectif qui désigne un groupe de juifs chrétiens), plus tardif, déjà inspiré par une théologie en formation, les paroles même de Jésus ne sont pas présentées en direct et l'homme de Galilée n'apparaît pas avec le même style*: là, Jésus parle de lui-même, se met en avant, insiste sur ses relations avec son Père, se présente comme Messie envoyé par Dieu, se déclare "lumière du monde"(8,58), "pain de vie" (6,35), "voie, vérité et vie", (10,6) "résurrection et vie" (11.25), affirme "Personne n'accède au Père si ce n'est par moi"…

De plus les derniers mots de Jésus sur la croix sont en réalité tirés des psaumes. Le Magnificat est un bouquet de citations bibliques. Et personne n'était évidemment là pour entendre la conversation de Jésus dans le désert ou son dialogue avec le diable ! Dans ces textes on ne reconnaît plus le Jésus des trois évangiles synoptiques, humble, discret, qui ne se prétend pas Dieu ou fils de Dieu et qui répond quand on l'appelle "bon maître" : "Pourquoi m'appeler bon maître ? Seul Dieu est bon " (Mc 10, 18 et 18, 18; Mt 19, 16).

Nous le reconnaissons encore moins facilement parfois dans les propos de Paul… et je ne dirai rien des exégètes, bulles, encycliques, lettres pastorales… qui, même lorsqu'elles veulent clarifier, élucider, voilent souvent la spontanéité originale des propos de Jésus.

 

4. Jésus "christianisé", un homme déifié

La tendance à "christianiser" le langage de Jésus apparaît déjà chez Marc quand Jésus annonce sa mort et sa résurrection (8, 3; 9, 31; 10, 3). Un tel langage à connotation théologique prendra une place croissante jusqu'à envahir, plus tard, l'évangile de Jean.

Or le Christ proprement dit et sa mission relèvent de la foi, tandis que le vêcu de Jésus de Nazareth dépend de la mémoire des témoins. La foi avec les interprétations sur des phrases faussement attribuées à Jésus et surtout les textes des épîtres de Paul, rechignant à admettre l'humanité de Jésus, va perdre de vue l'homme de Galilée pour revêtir le Christ en majesté, juge des dernier temps.  Et pourtant dans Marc (15, 2), à la question sarcastique de Pilate: "Tu es le roi des juifs ?", Jésus donne une non-réponse "C'est toi qui le dis"!

Mais, ce qui a conquis le monde, ce n'est pas une religion de plus, une théologie, une doctrine; c'est la voix impérissable et proche de nos cœurs d'un être qui a mieux exprimé que quiconque ce qu'il y a en nous de plus spécifiquement humain. Un être si profondément humain que, malgré les siècles et la diversité des cultures, nous le reconnaissons encore. Or, de l'homme Jésus, on a construit le Christ pour être le médiateur entre Dieu et les hommes. Le premier, Jésus, a un tempérament complexe de routier, de poète, de meneur d'hommes, de révolutionnaire; le second, le Christ, est un être mythique. L'emprise de la théologie nous a éloignés de Jésus en le confondant pour prétendre le glorifier. En divinisant Jésus, le trahit-elle car il n'a rien affirmé sur lui-même et est resté parfaitement discret sur sa vraie nature ?

 

5. Parole et foi 

Une lecture attentive des différents textes évangéliques nous invite à bien distinguer ce qui est le compte-rendu des réactions exactes de Jésus (ou la mémoire de ses paroles) des interprétations et orientations prises ensuite par ses fans. Il ne s'agit pas ici de critiquer, encore moins de juger ces dernières car elles reposent sur ce qu'on appelle la foi.

M'est-il cependant permis de préciser ici qu'à une foi définie, codifiée qui répond aux principes théologiques d'une Eglise et qui peut peser comme un carcan sur l'esprit,  je préfère la "confiance*" qui donne un sens à notre vie: "Ce que vous demandez dans cos prières vous l'obtiendrez si vous avez confiance" (Mt 21, 22; Mc 11, 24; Jn 13, 24; 15, 7; 15, 16;  16, 23).; "Cherchez et vous trouverez, demandez et vous recevrez, frappez et l'on vous ouvrira" (Mt 2; Mc 7, 2; Lc 11,9). Car la confiance émane du cœur, émerge de l'amour, procure la paix de l'âme par un certain détachement à l'égard des biens temporels éphémères. La confiance est vivante et croît avec le temps. Dans la confiance, ce n'est pas seulement la "tête", c'est la personne entière qui participe et s'engage.

Les convictions de l'homme Jésus et son message me touchent profondément. Par contre, la déification de Jésus, sa christianisation -qui est une interprétation- m'interpellent mais je n'arrive pas à suivre. Parce que j'admire Jésus, homme accompli et parce que son "Dieu", tellement intérieur, tellement proche, tellement humaniste, me semble très attachant, je suis invité à être le disciple du prophète Jésus. Par contre comment pourrai-je accepter d'être un fidèle docile et souple d'une religion qui ligote. Je ne me sens pas concerné par tout le fatras, le pointillisme des religions qui déifient le message de Jésus en l'interprétant (le confisquant ?). Alors faut-il jeter le bébé Jésus avec l'eau du bain de la religion ? C'est souvent ce qui se passe mais pour ma part, je ne peux pas. Mais je ne peux pas non plus m'appuyer sur une religion pour découvrir le Jésus seulement homme que j'admire et qui m'invite à le suivre… Alors ? Je partage tout à fait la réflexion d'Albert Jacquard : "Est-ce parce qu'il est Dieu, ou "fils de Dieu consubstantiel au Père", ou simplement un homme qu'il faudrait prendre au sérieux ou au contraire négliger ce que dit Jésus ? Je préfère L'écouter, réfléchir à ce qu'il propose et éventuellement y adhérer. Mais pourquoi me poser des questions sur Sa nature divine, auxquelles je ne pourrai jamais avoir de réponses rigoureuses ?"

 

                                                                                  Pascal  JACQUOT

 

* Si vous souhaitez découvrir davantage le style de Jésus, mieux comprendre le royaume du Dieu de Jésus, avoir confiance et mieux appréhender une conversion, une renaissance comme Jésus nous y invite, lisez "Jésus en direct" de Jean Onimus, Edition Desclée de Brouwer

Haut de page ¿

Hors de l'Eglise, le salut ?

(à propos de la plaquette Jacques Gaillot, 10 ans déjà... , "Parvis" Hors-Série n° 12)

 

Cette plaquette rend témoignage à un homme pour lequel je n'éprouve que de la sympathie. Mais le "cas d'école" qu'il représente nous oblige à dépasser le cas particulier : l'histoire seule peut nous aider à comprendre ce qui lui est arrivé, et ce qui nous arrive.

On peut y lire que l'exclusion de J. Gaillot est "une décision exceptionnelle dans l'histoire de l'Église " (1). Écrire cela, c'est ignorer totalement l'histoire de l'Église. L'historien doit quand même rappeler que l'Église s'est construite sur l'exclusion et par l'exclusion.

Ceci, dès son origine : Paul exclut les autres apôtres, "ces gens qui se prennent pour quelque chose - ce qu'ils croient être, je n'en ai rien à faire"(2). Pierre exclut Paul (3), Jacques exclut Pierre (4)... Sans oublier le mystérieux disciple que Jésus aimait, qui joue un rôle capital dans la vie de Jésus et la première transmission de ses gestes et paroles - et qui est radicalement exclu de l'Église, au point de ne plus apparaître que comme une ombre dans le IVè évangile (5).

Faut-il continuer ? D'Arius (prêtre d'Alexandrie) à Nestorius (évêque de Constantinople) puis à Drewermann et Gaillot, la liste est très longue de ceux qui ont été exclus par l'Église.

L'Église est fondée sur le double langage : elle prêche l'amour de l'autre, mais elle ne doit son existence et sa survie qu'à l'exclusion des autres. Aux origines ce fut, rappelons-le, fort difficile : juive par sa naissance, créée sur le tombeau d'un juif, elle ne vient au jour qu'en reniant son judaïsme originel (6) - pour ensuite persécuter les juifs. Rejetant les dieux du paganisme au motif que ce sont des figures humaines divinisées, c'est en divinisant un homme qu'elle se constitue. Refuser d'être juive quand on l'est de naissance, et prétendre dépasser le paganisme quand on l'adopte, c'est un des tours de passe-passe fondateurs de l'Église. A chacune de ces étapes fondatrices, l'exclusion violente fut le moyen de l'existence et de la survie de l'Église.

Faut-il s'étonner ? Non. Le "cas Gaillot" est la répétition d'un scénario qui se met en place dès le dimanche 9 avril 30, quand le tombeau est trouvé vide aux portes de Jérusalem. Et qui, depuis, ne cesse de se répéter. Ce qui distingue J. Gaillot, c'est la médiatisation de son affaire. Mais ils sont des dizaines de milliers à avoir connu le même sort que lui. C'est mon cas, personne n'en parle et c'est bien ainsi.

Comment vivre, quand on sait cela ?

Nous devons tous à l'Église d'avoir pu connaître le fils de Joseph, Jésus le nazôréen. Sans ces apôtres, Jésus serait resté un Prasekha Bouddha : un Éveillé inconnu.

Nous leur devons d'avoir transmis ce que nous pouvons savoir de Jésus. Mais nous leur devons aussi de l'avoir transformé en Dieu, à la mesure de leur ambition qui était de conquérir le monde - ce qu'ils ont fait. Nous leur devons d'avoir fait passer leur ambition - le pouvoir - avant tout, avant Jésus lui-même.

N'attendons pas de l'Église qu'elle devienne, miraculeusement, ce qu'elle n'a jamais pu être, ce qu'elle ne sera jamais : l'expression visible, sur cette planète, du "Royaume" annoncé par le nazôréen. N'attendons pas qu'elle se transforme : si elle pouvait le faire, elle l'aurait fait depuis longtemps. Les occasions n'ont pas manqué, des hommes et des femmes éminents l’ont souvent tenté. Cela ne s'est pas fait : cela ne se fera pas.

Comprenons que l'Église chrétienne, comme l'Église musulmane, ne peut renoncer  ni à ses dogmes, ni aux pratiques nécessaires pour préserver ces dogmes. Qu'elle ne peut pas renoncer à l'autoritarisme constitutif qui est le sien. L'Islam sans le Djihad n'est plus l'Islam, l'Église chrétienne sans l'intolérance n'est plus l'Église.

Les sociétés totalitaires sont bâties comme un jeu de dominos. Le jour où le Parti Communiste français a renoncé au dogme de la lutte des classes, il s'est effondré. Le jour où l'Église renoncera au plus petit de ses dogmes, elle s'effondrera. Les papes le savent, et c'est pourquoi il n'y aura jamais de pape réformateur. Ni de prêtres mariés, ni de femmes ordonnées. Ni de J. Gaillot, qui serait évêque tout en restant J. Gaillot.

Que faire?

Revenir à Jésus, d'abord. Nous avons aujourd'hui des moyens de le connaître et de  le rencontrer, dont nos parents ne disposaient pas. Malgré tout, ils ont souvent su le trouver : honte à nous, si nous ne travaillons pas à mieux connaître Jésus, avec les moyens dont nous disposons maintenant.

Ensuite, ne pas haïr l'Église : et pour cela, ne nourrir à son égard aucune illusion. Elle fait ce pour quoi elle est née, ce qu'elle a toujours fait : conquérir le pouvoir, puis le conserver. Laissons à Don Quichotte la lutte contre les moulins : l'Église est inamovible. On ne peut pas lui en vouloir, c'est sa nature. Tenter de la faire évoluer, c'est cultiver d'abord la déception, puis la rancœur, et enfin l'agressivité.

Et encore : Aimer sincèrement les hommes et les femmes qui composent cette Église-là. Même Ies prélats, allez ! Ce sont les victimes de leur aveuglement. Mais sans cet aveuglement, ils ne seraient plus prélats.

Tâcher de trouver quelques autres qui savent tout cela, et ne s'usent donc plus en vain pour transformer l'Église-mammouth en gracieuse libellule. Mais qui aiment Jésus, veulent s'asseoir à ses pieds, faire silence et l'écouter.

Dès qu'on rencontre quelques personnes (on ne fera jamais nombre) qui aiment ainsi Jésus : s'asseoir avec elles, émerveillés de pouvoir partager le même amour.

Hors de l'Église, le salut ? Hélas. L'Église est un tremplin : on ne s'envole que quand on l'a quittée.

L'aimer, parce qu'elle nous a donné l'élan initial. La quitter pour le poursuivre. Regretter qu'elle ne puisse pas suivre : mais ne pas la regretter, elle. Aimer enfin ceux qui ne peuvent pas vivre sans elle : ils seront peut-être les tremplins de nos enfants, demain.

Michel Benoît, janvier 2005

 

1 - Plaquette Jacques Gaillot, 10 ans déjà ... , p.7.

2 - Gal 2,6

3 - Il fait tout ce qu'il peut pour, mais il échoue: Ga12.

 4 - Act 15, 13 et suivants.

5 - Jn 1, simple allusion. A partir de Jn 13, cinq mentions discrètes.

6 - Voir, par exemple, la remarquable démonstration de Paul dans l'épÎtre aux Romains.

 

Michel Benoît, auteur de "Dieu malgré lui, nouvelle enquête sur Jésus", (Robert Laffont, 2001) anime une session en juin à St Jacut de la Mer sur « La personne de Jésus fils de Joseph peut-on le connaître, et le rencontrer ? » 

Credo laïque

Je crois en la vie reçue gratuitement.

Je crois en la Source de cette vie,

    présence aimante qui nous accompagne

    depuis notre naissance jusqu'à notre mort et au-delà encore.

 

Je crois en la Création tout entière

    qui nous est prêtée: elle nous porte et nous nourrit.

Je crois en l'être humain, homme, femme et enfant

    à qui cette création a été confiée.

Nous en sommes les gérants

    et nous portons la responsabilité de la maintenir vivante et saine

    pour celles et ceux qui nous succéderont.

 

Je crois qu'en chacun d'entre-nous est déposée une plénitude

    qui ne demande qu'à être découverte et développée

        afin que nous portions des fruits de paix et de liberté, de bonté et de beauté.

 

Je crois que la force nous est donnée

    pour accomplir ce à quoi chacun d'entre-nous est appelé.

Je crois que l'Esprit agit en nous.

    Il vient nous libérer de nos peurs et de nos angoisses.

Je crois que nos faiblesses nous apprennent l'humilité

    et nous invitent ainsi à ne juger personne.

 

Je crois que notre foi se renouvelle chaque jour:

    elle puise ses racines dans les chercheuses et les chercheurs de sens qui nous ont précédés.

Elle est le fruit d'un lieu et d'une culture donnés.

Elle est appelée à se transfigurer.

Je crois que le doute est nécessaire pour ne jamais nous sentir arrivés car tout chemin se fait en marchant.

 

Je crois qu'aucune tradition religieuse ou laïque

    ne détient la Vérité pleine et entière.

Je crois au contraire que les religions et les sociétés de par leur incomplétude

    ont à travailler en solidarité pour défendre une éthique planétaire commune

    sans laquelle nous courrons à notre anéantissement.

 

Je crois enfin que "l'Homme passe l'Homme"

    car malgré toutes nos faiblesses, nos égoïsmes et nos manques

    nous portons en nous plus grand que nous.

 Et cela m'est un émerveillement perpétuel.

                                                                                              Marianne Putallaz

                                                                                              La Pastourelle

Haut de page ¿

Parler de Dieu et de Jésus entre croyants

Ce texte est une réaction au langage que j'entends en milieu chrétien notamment au cours des célébrations.

 

DIEU.

 

Pour moi, Dieu est Mystère. Il est l'Inconnaissable, l'Indicible. "Pourquoi jacasses-tu au sujet de Dieu ? Tout ce que tu peux dire de lui est contraire à la vérité." (Maître Eckhart)  "De Dieu, on ne peut rien dire." (Karl Rahner). Donc arrêtons d'en parler sans cesse.

 

Mais l'homme peut se laisser habiter par ce mystère de Dieu, même sans le connaître. Il est "ce qui est de moi, qui ne pourrait être sans moi et qui n'est pas que de moi." (M. Légaut).

Je peux alors parler de divin en l'homme, d'énergie divine, de souffle créateur, de réalité ultime, du moi profond, du moi essentiel, du Soi, du Je, de l'Etre..."Dieu ne fait pas nombre avec l'homme" disait Maurice Bellet. Je souscris.

 

Mais le langage qui fait de Dieu un personnage extérieur dont on décrit le fonctionnement et auquel on attribue des qualités et des sentiments humains me le rend étranger.

Ainsi, et pour cette raison, je ne peux pas dire :

.Dieu est Trinité ;

.Dieu est père (ou mère) ;

.Dieu nous aime ;

.Dieu s’est fait homme ;

.Dieu accueille, pardonne ;

.Dieu est créateur, tout-puissant, glorieux ;

.Dieu est faible, fragile, vulnérable ;

.Dieu possède le règne, la puissance et la gloire ;

.Dieu veille sur la vie des hommes et du monde ;

.Dieu veut que..., attend de nous que..., appelle l'homme à... Dieu est mort sur la croix (chant à St Bernard).

 

Pour moi, il n'y a ni parole de Dieu, ni gloire de Dieu, ni dialogue avec Dieu, ni manifestation de Dieu puisque Dieu ne m'est pas extérieur.

 

Tout ce langage très anthropomorphique appliqué à Dieu me gêne et il a pour moi des relents d'idolâtrie. Pourtant c'est le langage courant de l'Eglise et beaucoup s'y sentent à l'aise...

 

JESUS

 

A l'instar des premiers disciples, je ne crois pas que Jésus soit Dieu.

Pour moi, il est un homme, seulement un homme, mais un homme qui a su se laisser complètement habiter par le divin (qu'il appelait abba). Il est ainsi devenu un humain totalement accompli, comme nous sommes tous appelés à le devenir.

 

C'est le Jésus de l'Evangile, avant l'Eglise et avant les dogmes qui m'intéresse et non les titres qu'on lui a attribués depuis (le Christ, le Fils unique de Dieu, le Sauveur...) et qui risquent d'occulter l'authenticité de son humanité.

J'aimerais, quand on fait ensemble mémoire de Jésus, qu'on se réfère seulement au Jésus de l'Evangile et à son message.

 

J'aimerais qu'on utilise le récit du dernier repas rapporté par Luc (la plus ancienne des formulations au dire des historiens): "et quand ce fut l'heure, il se mit à table et ses disciples avec lui. Après avoir reçu la coupe et rendu grâce, il dit: "Prenez-la et partagez entre vous, car, je vous le dis, je ne boirai plus désormais du produit de la vigne, jusqu'à ce que vienne le Royaume de Dieu." (Luc, 17-18).

On ferait alors passer le pain et le vin en disant simplement: "Le pain en souvenir de Jésus. Le vin en souvenir de Jésus." Ou toute autre parole évocatrice de Jésus.

 

Et surtout qu'on ne parle pas de corps du Christ, ni de sang versé pour la rémission des péchés, ce que Jésus

n'a sans doute jamais dit, ni pensé.

 

M. Thérèse ABELA

 Haut de page ¿

Comme un tricot : la vie

La vie est comme un tricot. Dieu nous donne la laine et les aiguilles.

Il nous dit : "Tricote de ton mieux, une maille à la fois."

Une maille est une journée, sur l'aiguille du temps.

Dans un mois, 30 ou 31 mailles. Dans dix ans : 3650 mailles.

Quelques-unes sont à l'endroit, d'autres sont à l'envers.

Il y a aussi des mailles échappées, mais on peut les reprendre.

Que mailles manquées !

 

La laine que Dieu m'a donnée pour tricoter ma vie est de toutes les couleurs;

Rose comme mes joies,

Noire comme mes peines,

Grise comme mes doutes,

Verte comme mes espérances,

Rouge comme mes affections,

Bleue comme mes dédirs,

Blanche comme mon don total à celui que j'aimme.

 

Seigneur, donne-moi le courage de terminer mon tricot,

Afin que tu le trouves digne de l'exposition éternelle des travaux des hommes.

                                                        R. Allais

Haut de page ¿

Profession de foi

Je ne croirai jamais que Christ est mort pour moi ;
je veux croire qu'il est vivant pour nous tous.

 

Je ne croirai jamais en un dieu qui serait là pour nous juger ;
je veux croire en Dieu qui nous accepte tels que nous sommes.

 

Je ne croirai jamais que l'enfant qui vient de naître
porte le poids d'un péché qui eut lieu des millénaires avant sa venue au monde.


Je veux croire en la positivité de la vie,

au geste inaugural de commencement absolu, présent en toute naissance.

 

Je ne croirai jamais qu'il nous faudrait souffrir pour mériter demain un paradis ;
je veux croire au bonheur de la vie,
à la fragilité de l'existence,
à la possibilité toujours donnée d'accéder à la vie éternelle.

 

 Je ne croirai jamais aux histoires de double nature,
de trinité ou d'immaculée conception ;
je veux croire à l'appel de notre Dieu, à la dignité humaine,
à la liberté souveraine de la conscience.

 

Je ne croirai jamais que la nature soit mauvaise et que le corps soit méprisable;
je veux croire que Dieu nous a donné la chance de la vie,
la joie du corps fait pour aimer, le risque de la rencontre,
l'espérance de ce qui vient.

 

Je ne croirai jamais en un Dieu qui ne serait présent que pour les seuls chrétiens;
je veux croire que Dieu est à l'œuvre dans toutes les cultures
qu'il parle au cœur de l'homme,
sans se soucier des frontières artificielles
dans lesquelles nous nous emprisonnons.

 

Je ne croirai jamais que la résignation et l'obéissance soient des vertus;
je ne peux croire qu'à la tendresse partagée, à l'avenir toujours ouvert,
à ce Royaume qu'il nous faut construire, aux côtés de notre Dieu.

 

En Grec, "hérésie" désigne un choix, quel qu'il soit.
Est par conséquent "hérétique" quiconque choisit ce qu'il veut croire.

Ce texte est tiré de Théolib    theolib@club-internet.fr

Haut de page ¿

Jésus simplement

Il y a des hommes et des femmes

Qui croient assez en Jésus pour s’inspirer foncièrement de lui dans leur vie, mais sans jamais penser qu’il soit Dieu, Fils Unique, Seconde Personne de la Trinité.

 

Il y a des hommes et des femmes

Qui ayant cru longtemps que Jésus était Dieu, soit par discipline, soit par conformisme, soit par conscience profonde et vivante d’un mystère d’Amour, ont cessé de croire en lui de cette façon, par prise de conscience d’un Jésus, prophète exceptionnel de Dieu, et témoin non moins exceptionnel de la grandeur de l’homme, ferment d’humanité par le témoignage de toute sa vie et de sa mort.

 

Ces hommes et ces femmes

Se trouvent en porte à faux constant et en frustration fondamentale dans les expressions de la vie de l’Eglise, même la plus ouverte ( son type de structure, d’autorité et de partage ; sa prière liturgique, foncièrement trinitaire ; sa façon de parler de Jésus ou de s’adresser à lui ; son interprétation imposée des récits évangéliques) ; sans pouvoir faire état de leurs propres manières d’être disciples de Jésus, de s’inspirer de lui dans leur vie ;  sans pouvoir proposer d’autres types de célébrations qui leur sembleraient plus authentiques.

 

Il nous semble important que ces hommes et ces femmes,

Respectant ceux qui adhèrent au credo officiel de l’Eglise,

Puissent partager entre eux leurs expériences de disciples de Jésus afin d’en mieux déployer la richesse et la fécondité, dans une libre fidélité à eux-mêmes et dans un esprit résolument œcuménique.

                                                                                  Georges Sauvage

Haut de page ¿

 

 Accueil    Plan du Site  Infos  Calendrier  Sondages  Clins d'oeil  Contact  Présentation  Propos  Projets  Loisirs